Une fille de l'AIGLON...

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Abraca

Education

Message par Abraca » 23 mars 2011, 18:50

"Quelquefois, le matin, échappant à ses gouvernantes, il se faufilait jusqu'aux grands appartements et arrivait seul à la porte du cabinet de l'Empereur.
L'enfant, élevant vers l'huissier sa tête blonde et dorée, disait, faisant la grosse voix :
-Ouvrez, je veux voir papa.
-Sire, répondait l'huissier, je ne puis ouvrir à Votre Majesté.
-Pourquoi ? Je suis le petit roi !
-Mais Votre Majesté est toute seule....
Napoléon avait défendu qu'on laissât entrer chez lui son fils lorsqu'il n'était pas accompagné de Mme de Montesquiou. Il voulait ainsi lui donner "une haute idée de la puissance de sa gouvernante" et l'incliner à la docilité.
Le premier jour que le garçon du cabinet lui défendît la porte, les yeux de l'enfant s'emplirent de larmes. Mais il ne répliqua pas et attendit Mme de Montesquiou qui, s'étant mise à sa recherche, survint l'instant d'après. Aussitôt, saisissant la main de sa gouvernante, il regarda fièrement l'huisssier :
-Ouvrez maintenant, commanda-t-il. Le petit roi le veut !
L'huissier, souriant, salua, et, ouvrant la porte à deux battants, annonça :
-Sa Majesté, le Roi de Rome."

Toujours Octave Aubry.

louis gaillard

Message par louis gaillard » 24 mars 2011, 21:52

Gravure de presse d'après D.Vierge publiée dans le Monde illustré : Woolwich - les officiers de l'artillerie anglaise déposent le cercueil du Prince impérial sur l'affût de canon qui doit le conduire à Chislehurst (1879)

http://www.proverbes.net/img/boutique/m ... -grand.jpg

louis gaillard

Message par louis gaillard » 24 mars 2011, 21:55

Un parallèle avec l'image précédente ?
15 décembre 1940 : Le cercueil contenant les restes mortels du Roi de Rome est remis aux Autorités françaises dans la Cour de l'Hôtel des Invalides à Paris.

http://napoleon1er.perso.neuf.fr/Retour ... 2-1940.jpg

McDonald

Paris Match en 1811

Message par McDonald » 25 mars 2011, 16:18

Les vœux de l'Empire sont comblés : le Roi de Rome a vu le jour dans le mois consacré, par le peuple de Mars, à ce Dieu de la guerre et de la victoire; à l'instant où la nature rajeunie célèbre le retour du printemps ; et dans cette ville devenue la capitale de l'Europe, qui, depuis un temps que l'on fait remonter à Charles VII, n'avait pu s'enorgueillir d'avoir vu naître dans ses murs le fils de son souverain.

Dès le 19, à huit heures du soir, S. M. avait ressenti les premières douleurs ; les princes et princesses de la famille, les grands dignitaires, les ministres, les grands officiers de l'Empire et de la Couronne, avertis par la dame d'honneur, se sont aussitôt rendus au Palais des Tuileries.

Depuis neuf heures jusqu'à six heures du matin, les douleurs se sont succédées avec des intervalles ; à six heures, elles se sont ralenties ; mais à huit elles ont repris avec plus de vivacité, sans interruption, et se sont terminées par la plus heureuse délivrance.

L'Empereur, qui pendant tout le travail, n'a pas cessé de prodiguer à l'Impératrice les soins les plus touchants, a montré à cet heureux instant la plus vive satisfaction, et sachant avec quelle impatience le peuple français attendait le moment où il pourrait partager sa joie, S. M. a donné l'ordre de faire tirer les salves de cent un coups de canon, qui devaient annoncer à la France ce grand événement.

Paris, en effet, en attendait l'annonce avec la plus vive impatience : l'amour de la patrie et du souverain, joint au sentiment de la piété la plus louable, avait attiré dans tous les temples une foule considérable de fidèles qui, au premier son du bourdon de la métropole, s'étaient réunis pour faire en commun la prière qui s'élevait de fous les cœurs. La nuit se passa dans l'attente. A dix heures du matin le premier coup de canon se fait entendre, toutes les fenêtres sont garnies ; dans les places publiques, les rues, les marchés, tout mouvement est interrompu, le passant s'arrête, tout reste suspendu, toutes les oreilles sont attentives; vieillards, femmes, enfants, tous écoutent en silence et comptent avec une égale anxiété. La joie inspirée, par le premier coup de canon, était un hommage rendu à l'Impératrice, délivrée des douleurs de l'enfantement. Le nombre de vingt-un coups devait désigner la naissance d'une princesse, et ils étaient entendus avec un vif intérêt; mais qui pourrait décrire le sentiment partagé dans la même seconde par six cent mille individus, et cette attente presque idéale, entre le signal qui annonçait un bienfait du ciel, et celui qui devait annoncer la marque la plus éclatante de sa faveur et de la protection spéciale dont il couvre cet Empire? Enfin le bruit si désiré se fait entendre : c'est un prince, s'écrient toutes les bouches à-la-fois, c'est un prince, vive l'Empereur ! vive Napoléon ! Les acclamations, les applaudissements, toute l'énergie, toute la vivacité, tout le désordre de la joie populaire éclatent partout en même temps ; les citoyens s'embrassent, des larmes coulent des yeux des vieillards, des femmes, des guerriers; à l'instant les ateliers sont désertés, les travaux abandonnés, les chaires restent muettes; on dit même que sur les bancs de Thérnis, l'organe du ministre public s'est tout-à-coup interrompu pour saluer un si beau jour, et que le cours de la justice a été suspendu pour suivre le mouvement de l'allégresse publique.

Laissons-la éclater aux Tuileries, sous les fenêtres de l'appartement de l'auguste mère, et dans tous les lieux publics consacrés aux réjouissances; suivons le récit officiel de ce qui s'est passé au palais impérial :

<< Dès que, l'enfant a été présenté à S. M. l'Empereur, la gouvernante l'a présenté à S. A. S. Mgr. la prince archichancelier de l'Empire, qui avait assisté à l'accouchement.

S. A. S. s'est rendue immédiatement dans le salon de l'Impératrice, où elle a fait dresser par S Exe. M. le comte Regnaud de Saint-Jean-d'Angely, secrétaire de l'état de la famille impériale, le procès-verbal de la naissance et l'acte civil, qui a été signé, comme témoins, par S. A. I. Mgr. le grand-duc de Wurtzbourg et S. A. . Mgr. le prince Eugène, vice-roi d'Italie. Ces formalités étant remplies, SAI. l'Empereur s'est rendu dans le salon et a apposé sa signature sur les registres, qui ont été signés aussi par S. A. I. Madame mère , S. M., .la reine d'Espagne, S. M. la reine Hortense, S. A-I. Mme la princesse Pauline, S. A. I. Mgr. le prince Borghèse, et S. A. I. Mgr. le prince vice-roi d'Italie.

Au même instant, le roi de Rome, suivi par le colonel-général de la garde de service, et précédé par les officiers de son service, a été porté par Mme la comtesse de Montesquiou, gouvernante des enfants de France, dans son appartement.

L'Empereur a reçu ensuite les félicitations des princes, princes grands-dignitaires , des ministres , des grands-officiers de la couronne et des grands-officiers de 1 Empire.

S. M. a envoyé à l'instant le premier page au Sénat, et le second au corps municipal, pour les informer de la naissance du roi de Rome.

Des pages ont été aussi envoyés au Sénat d'Italie et aux corps municipaux de Milan et de Rome, pour leur porter cette nouvelle.

S. Exc. M. le comte de Ségur, grand-maître des cérémonies, a envoyé chez les ambassadeurs, M. le baron du Hamel, maître des cérémonies, et chez les ministres étrangers, M. d'Argainarata, aide des cérémonies, pour leur annoncer cet événement.

S. Exe» M. le duc de Cadore, ministre des relations extérieures, a dépêché de suite des courriers extraordinaires aux ambassadeurs et ministres de l'Empereur dans les cours étrangères, pour leur faire part de l'accouchement de l'Impératrice.

Les lettres aux princes et princesses, parents de l'Empereur et de l'Impératrice, ont été écrites de la main de 'Empereur, et portées par des officiers de sa maison.

S. Exc. M- le comte de Montalivet, ministre de l'intérieur, a envoyé des courriers dans les départements pour les informer de la naissance du roi de Rome. LL. EExc. MM. le duc de Feltre et le comte Deçrès, ministres de la guerre et de la marine, ont envoyé' des ordres dans les villes de guerre et dans les ports pour que les mêmes salves d'artillerie soient tirées et que les flottes soient pavoisées.

S. A. S. Mgr. le prince de Neiifchàtel et de Wagram, major-général de l'armée, a envoyé dans tous les pays et places occupés par les armées françaises l'ordre de tirer les mêmes salves qu'à Paris.

Toute la nuit qui a précédé l'heureuse délivrance de l'Impératrice, les églises de Paris étaient remplies d'une foule immense de peuple qui élevait ses vœux au ciel pour le bonheur de LL. MM. Dès que les salves se firent entendre, on vit de toutes parts les habitants de Paris se mettre à leurs fenêtres , descendre à leurs portes, remplir les rues et compter les coups de canon avec une vive sollicitude, ils se communiquaient leurs émotions, et ont laissé enfin éclater une joie unanime, lorsqu'ils ont vu que toutes leurs espérances étaient remplies, et qu'ils avaient un gage de la perpétuité de leur bonheur.

Le soir, le roi de Rome a été ondoyé dans la chapelle du palais des Tuileries , par S. Em. Mgr. le cardinal grand-aumônier, et le TeDeum a été chanté en présence des personnes dont il a été fait mention ci-dessus. >>

Après cette cérémonie, de l'ordre de S. M., le roi de Rome a reçu les grands cordons de la Légion d'honneur et de la Couronne de fer.

Le soir Paris entier a été illuminé ; un magnifique feu d'artifice a été tiré sur la place de la Concorde; une foule de transparents contenant des emblèmes et des devises ingénieuses ont été les interprètes des sentiments du public; chaque théâtre a fait hommage d'un impromptu sûr d'avance d'exciter les transports des spectateurs. Toutefois Paris, dans ce beau jour, n'a pas fait seul éclater ces sentiments; le télégraphe qui, surpassant la fiction, est plus rapide que l'aile même de la Renommée, avait porté l'heureuse nouvelle à Turin, à Milan, à Amsterdam, à Strasbourg ; le canon retentissait sur le Pô, sur la Seine, sur le Rhin et sur l'Elbe presque à la même heure. En même temps une aéronaute intrépide [Mongolfière] se confiait à la direction du vent; de sa galerie s'échappaient les bulletins de l'heureuse naissance. Bientôt on apprendra sur quelle terre amie elle aura été portée ; il n'en est aucune où elle n'ait pu trouver les cœurs disposés à bénir sa venue, à moins que le caprice des vents ne la porte sur cette île jalouse qui frémira de rage en apprenant que le mot le plus ingénieux, mais aussi le plus ennemi que la haine ait pu inventer, se trouve aujourd'hui sans application.


Extrait du Journal Hebdomadaire Mercure de France, daté du samedi 23 mars 1811.

McDonald

Les Tabloids Anglais en 1811

Message par McDonald » 25 mars 2011, 22:29

Naissance D'un Nouveau Napoléon.
Race d'Agamemuon, qui ne finis jamais !

Le canon a tonné : 101 coups de foudre ont annoncé à l'univers épouvanté la venue de son maître futur. C'est le 20 Mars à 9 heures du matin que la sultane favorite du serrail des Tuileries a émis cet auguste fruit de la grande pensée de son seigneur et maître, et l'illustre bambin a été proclamé à l'instant Roi des Romains. II a été ondoyé par son grand oncle le grand aumônier, en attendant que ses grands cousins Alexandre et, Charles, ses parrains futurs, lui donnant leurs noms à la suite de celui de Napoléon, semblent lui destiner, dès ce moment, l'empire d'Alexandre le Grand joint à celui de Charlemagne.

Malheureusement pour de si hautes destinées le bruit se répand que le 3eme jour après sa naissance, le petit austro-corse, qui avait déjà pris le sein de sa nourrice avec autant d'avidité que son père avait pris le trône de son bienfaiteur, a eu un cholera morbus et une colique si violente qu'elle a emporté le petit immortel dans l'autre monde, malgré tous les médecins, toutes les médecines et les soins de toutes les gouvernantes des enfants de France qui n'ont pas manqué d'avoir pendant la durée de ces crises les yeux sur le nez de l'enfant.

Nous ne garantissons pas le fait, mais l'empressement avec lequel ce bruit se répand prouve assez les vœux qu'on fait pour la non perpétuité de cette race sacrée.


Extrait du journal L'Ambigu du 30 mars 1811. L'Ambigu est journal d'un émigré français paraissant à Londres 3 fois par mois et traduisant en français les principaux extraits des journaux anglais.

louis gaillard

Message par louis gaillard » 29 mars 2011, 17:00

Voici un aperçu de ce qui est exposé à Fontainebleau :
Expo consacrée au Roi de Rome – vue le 25 mars 2011

François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter : Barcelonette du roi de Rome à Saint-Cloud, offert par madame de Montesquiou, sa gouvernante. (1810 – Fontainebleau)

Dans une vitrine, nombreuses pièces de layette :
Robe du roi de Rome - Robe et collerette du roi de Rome - etc.

François Gérard : Portrait du roi de Rome (Fontainebleau).

Vase étrusque « carafe ». Napoléon présente le Roi de Rome (1812 – Fondation Napoléon)
Tasse et soucoupe de la manufacture de Dihl (1811 – musée Légion-Honneur)

Innocent-Louis Goubaud : Baptême du Roi de Rome à ND, le 9 juin 1811. Grand dessin (Versailles)

Bonnet que Son Altesse Impériale le Roi de Rome porta lors de son baptême dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Isabey : Napoléon présentant le Roi de Rome nouveau né à l’Impératrice Marie-Louise. Aquarelle (1811- New York)

Coupe Baptistère du Roi de Rome, par Pierre Paraud. Vermeil. (1811)
Berceau du Roi de Rome aux Tuileries (Fontainebleau).

Henri-Joseph Ruxthiel : Buste en marbre du Roi de Rome (Fontainebleau)

P.-P. Prud’hon : Le Roi de Rome
Philippe-Auguste Hennequin : Allégorie de la naissance du Roi de Rome (Lyon).

Antoine-Jean Gros : Napoléon place Marie-Louise et le Roi de Rome sous la protection de la Garde Nationale. Grand dessin préparatoire.

Louis Lafitte : Allégorie à la naissance du roi de Rome (Fontainebleau)

Deux habits d’enfant du Roi de Rome

Alexandre Menjaud : Napoléon à son déjeuner joue avec le Roi de Rome. (Fontainebleau)

Alexandre Rémy (18e siècle-19e siècle) : La Vertu, la Sagesse et la Justice entourent le berceau du roi de Rome en présence de la ville de Paris Musée Napoléon Ier (1812 – Fontainebleau)
http://www.photo.rmn.fr/LowRes2/TR1/L4U ... 545670.jpg

Gravure anonyme : Sa Majesté le roi de Rome.
Abel Blouet : Le Roi de Rome jouant dans sa voiture aux Tuileries (vers 1812)

Vitrine contenant de nombreux objets ayant appartenu au Roi de Rome : jouets, armes en réduction, jeux éducatifs, etc.
Epée du roi de Rome - sabre - etc.

Plaque de porcelaine - Manufacture de Sèvres : Marie-Louise guidant les premiers pas du Roi de Rome (musée Légion d'Honneur)
Modifié en dernier par louis gaillard le 29 mars 2011, 22:23, modifié 2 fois.

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C-J de Beauvau
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NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par C-J de Beauvau » 05 déc. 2017, 08:14

PROCÈS-VERBAL DE L’AUTOPSIE DU CADAVRE DE SON ALTESSE
LE DUC DE REICHSTADT.

« Dans la section du cadavre de Son Altesse le duc de Reichstadt, laquelle a eu lieu à Schoënbrunn le 23 juillet 1832[37], les soussignés ont vu et constaté ce qui suit :

« A. Examen extérieur. — Le corps entièrement émacié ; outre les taches bleues particulières aux cadavres, on a trouvé les traces des sangsues appliquées au cou, et, sur le sommet de la tête ainsi que sur la poitrine, celles de frictions, instituées avec la pommade émétique ; aux deux bras, des taches de vésicatoires. La caisse de la poitrine était en proportion du corps étroite et longue ; le sternum aplati ; le cou long.
« La longueur de son corps était de cinq pieds neuf pouces. La peau rude à l’attouchement et facile à détacher.

« B. Dans la cavité de la tête. — La consistance du crâne était assez compacte ; cependant, le long des sutures, déjà entièrement fermées, il était transparent et adhérent sur plusieurs points à la dure-mère. En ôtant la partie supérieure du crâne, il est sorti une petite quantité d’humeur séreuse, à la suite d’une lésion de la dure-mère, occasionnée par la scie ; la dure-mère extraordinairement épaisse. Dans la direction du processus falciformis, elle était fortement attachée à la pie-mère par des filaments fibreux. Les vaisseaux sanguins du cerveau étaient remplis d’un sang foncé. Le cerveau, plus compact qu’il ne l’est généralement, et comme pressé par ses enveloppes. Dans le ventricule gauche du cerveau s’est trouvée près d’une demi-once de sérosité, et un drachme environ dans le ventricule droit ; à la base du crâne, après avoir ôté le cerveau, une once à peu près de sérosité. Le cervelet est aussi plus compact qu’à l’ordinaire ; au reste dans un état sain.

« C. Dans la cavité de la poitrine. — Le sternum n’avait que la largeur d’un demi-pouce et il était extrêmement court. Le poumon droit était attaché, en même temps, à la plèvre, au médiastinum et au diaphragme. Toute sa substance ne consistait que dans d’innombrables sacs de matières (vomiques), qui formaient une base squirrheuse, carcinomateuse et contenant une matière fluide, ichoreuse et de la plus mauvaise odeur. À la partie supérieure du poumon gauche, il y avait un gros tubercule, près de passer en suppuration ; le reste du poumon gauche était aussi normal que le cœur et le péricarde.
« La glande thymus, bien plus grande qu’à l’ordinaire, cartilagineuse et endurcie. La substance, grumeleuse à l’attouchement, offrait, dans l’intérieur, le même aspect que celle du poumon détruit lorsqu’il avait été délivré de la matière. La membrane muqueuse de la trachée-artère de tous côtés corrodée, probablement par le passage du liquide ichoreux qui sortait du poumon.

« D. Dans la cavité du bas-ventre. — Le foie gros ; sa substance cependant normale. La vessie du fiel petite, contenant peu de bile jaune ; le pancréas sain ; la rate extraordinairement grande et molle, l’estomac plus petit qu’à l’ordinaire, du reste normal ; l’omentum et le mésentère sans graisse ; les glandes mésentériques plus grandes et plus dures qu’à l’ordinaire. Rien d’anormal dans tout le canal intestinal. Les deux reins, particulièrement le gauche, plus grands que de coutume ; du reste, sains, ainsi que la vessie urinaire.

« Semlitsch, chirurgien de la Cour ;
« Joh. Malfatti, archiatre du prince ;
« François Wiehrer, docteur-médecin ;
« Jos. de Hieber, médecin de la Cour ;
« Dr Rinna, médecin de la Cour ;
« Dr Zungerl, médecin du château impérial. »
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Re: Autopsie du Duc de Reichstadt

Message par L'âne » 05 déc. 2017, 10:57

Merci C-J de Beauvau pour ces éléments.

Voici ce qu'écrit Hector FLEISCHMANN dans son ouvrage "Le Roi de Rome et les femmes" :
"Avec des apparences contraires, il reçut de la nature un corps faible. Une crue extraordinaire, qui tenait à une espèce de rachitisme, l’a beaucoup énervé. Plusieurs des organes les plus importants ne se développèrent pas suffisamment, tandis que d’autres semblèrent absorber toutes les puissances de sa vie. Son estomac était extraordinairement petit et son cerveau énorme. Un régime mal entendu, la rareté de ses repas, d’abord faute d’appétit et ensuite résultat d’une erreur de jugement, ont sans doute contribué à augmenter cet état de souffrances."

Le compte rendu ne mentionne pas un cerveau "énorme" et l'estomac est "plus petit qu’à l’ordinaire" et non "extraordinairement petit"...
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Re: Autopsie du Duc de Reichstadt

Message par C-J de Beauvau » 05 déc. 2017, 11:34

Je ne sais que vous dire car ("mon") compte rendu de l'autopsie provient en effet du livre d'Hector FLEISCHMANN dans son ouvrage "Le Roi de Rome et les femmes"
voir en fin de page .
https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Roi_d ... s_femmes/4
Aurait il été transformé ? :o
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Re: Autopsie du Duc de Reichstadt

Message par L'âne » 05 déc. 2017, 12:13

C-J de Beauvau a écrit :
05 déc. 2017, 11:34
Je ne sais que vous dire car ("mon") compte rendu de l'autopsie provient en effet du livre d'Hector FLEISCHMANN dans son ouvrage "Le Roi de Rome et les femmes"
Non, il doit s'agir d'une erreur d'interprétation de l'auteur lorsqu'il écrit à propos des souffrances endurées par l'Aiglon.
Aurea mediocritas

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