Fusillés à Waterloo?

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Modérateur : Général Colbert

Espagne

Autre version de la mort de Duhesme

Message par Espagne »

Bonsoir,

j'avais il y a huit mois cité la version de Gaston BRAIVE sur le décès du général Duhesme, qui allait dans le même sens que ce que disaient Dominique T. et Joker.

Je suis en train de finir "Vie militaire du général Friant" par le comte Friant, son fils, édité en 1857 cher E. DENTU, libraire-éditeur. J'y ai trouvé une autre version du décès de ce général que je vous livre ici:

"Les circonstances d'un crime, dont l'atrocité et la froide barbarie...Le propriétaire de la maison où il a été commis, en a raconté les détails à un officier français revenant du congrès d'Aix-la-Chapelle, qui avait logé chez lui la veille de la bataille; cet officier est encore existant [en 1857]. M. Charles Liskenne rapporte ce crime en peu de mots, dans son "Esquisse historique, 221"; nous pouvons donc en donner les détails: Le général Duhesme, grièvement blessé à Genappes, ne peut aller plus loin; il reçoit l'hospitalité d'une personne dont il était connu, et qui s'empressa de lui prodiguer tous les soins qu'il était en son pouvoir de lui offrir ... Des garçons d'écurie dénoncent, le surlendemain, à des soldats prussiens la retraite du malheureux général; ils s'y précipitent et là commence un premier assassinat. Le général Duhesme, couverts de blessures, est soustrait, non sans peine, à leur férocité, et caché dans une cave; mais il y est bientôt retrouvé par ces barbares, auquels s'en étaient joints d'autres, tout aussi impatient de frapper un officier de marque blessé et sans défense. Ces vainqueurs des vainqueurs, ainsi qu'ils se sont nommés, conviennent toutefois de n'entrer dans cette cave qu'un certain nombre à la fois; et c'est ainsi que, tour à tour, ils assouvissent leur épouvantable fureur sur le corps de leur victime; car, quoique le malheureux général Duhesme eût depuis longtemps cessé d'exister, ses restes inanimés n'en étaient pas moins outragés, et l'on n'a plus relevé qu'un corps en lambeaux, sans qu'aucun officier soit venu s'opposer à un acte indigne d'un véritable soldat, ou, tout au moins, mettre un terme à cette scène d'horreur...."

Personnellement, j'ai plutôt tendance à donner foi au résultat du travail d'un historien, qui analyse les faits avec le recul nécessaire. Ces récits d'atrocités sont probablement trop proches des évènements pour ne pas être le résultat de l'amertume et de la haine anti-prussienne (et il faut être deux pour que la haine vive et s'entretienne pendant tant et tant d'années :!: ).

:salut:

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C-J de Beauvau
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La victoire française de Waterloo

Message par C-J de Beauvau »

La victoire de Mont-Saint-Jean
Le fait d’armes est méconnu mais dès les 6 et 7 juillet 1794 des combats sont livrés à Waterloo qui s’inscrivent dans les guerres de la première coalition de pays européens contre la France. Ils font suite à la bataille de Fleurus du 26 juin 1794 gagnée par les Français sur l’armée alliée des Austro-Hollandais. Refluant de toutes parts, ces derniers vont notamment tenter de protéger Bruxelles en repliant une partie de leurs troupes sur le plateau de Mont-Saint-Jean. La tactique n’est toutefois pas la bonne. Défaits à Waterloo, les coalisés vont finalement laisser le champ libre aux Français et leur permettre d’occuper Bruxelles, préparant de la sorte l’annexion des Pays-Bas autrichiens à la France. Mais avant de faire son entrée triomphale dans la future capitale belge, le général François-Joseph Lefebvre, épuisé et même crotté, ses bottes n’ayant plus été ôtées depuis dix jours selon la légende, a tenu à prendre un peu de repos dans l’auberge Bodenghien qui, la veille encore, avait hébergé les chefs de l’armée des coalisés, dont le prince de Cobourg ou le prince Frédéric d’Orange. Construite en 1705 par un entrepreneur en pavage, cette vaste demeure devint, en 1777, un poste de relais pour chevaux. À l’époque du combat précité, elle était composée de douze chambres, d’une laverie, d’une brasserie, de remises et, bien sûr, d’importantes écuries. C’est dire le confort et l’attractivité qu’elle offrait aux voyageurs de l’époque. C’est d’ailleurs dans cette même auberge que, 21 ans plus tard, le duc de Wellington combattant Napoléon va installer son quartier général, donnant au nom de Waterloo l’aura universelle qu’il connaît depuis. Et ce n’est pas un hasard. Car, contrairement à ce qu’affirment certains historiens napoléonphiles, les belligérants de 1815 connaissaient bien le terrain. Certains étaient même présents lors des combats de 1794, dont le futur maréchal Soult, chef d’État-Major de Napoléon en 1815, le général Duhesme, commandant la Jeune Garde en 1815 et même le futur maréchal Ney, alors capitaine de hussard et qui fut chargé de nettoyer la forêt de Soignes juste après les combats de 1794. Quant à Wellington, c’est dans le cadre de cette campagne, mais à Anvers, qu’il fera son baptême du feu contre les Français en tant que lieutenant-colonel du 33 e régiment de ligne. Et lors de la bataille qui le rendit célèbre, c’est en fonction d’un repérage d’un officier britannique, estimant que « la plaine de Mont-Saint-Jean pouvait être utilisée avantageusement pour arrêter une armée d’invasion française devant Bruxelles » qu’il fixa son choix de terrain pour son ultime combat contre Napoléon.
http://www.lesoir.be/archive/recup/1408 ... e-waterloo

Voir le récit
http://www.planete-napoleon.com/docs/La ... StJean.pdf

Peyrusse

Et même Hudson Lowe...

Message par Peyrusse »

Reconnaissance de la région de Waterloo par Hudson Lowe en mars 1814.

Ce document a été publié la première fois dans la « Revue des Etudes napoléoniennes », en 1935 (Janvier-juin, pp.352-353).
----------------------
"Pendant la campagne de France, le colonel Hudson Lowe était attaché à l'état-major de l’armée prussienne. M. Emile Brouwet a possédé une lettre adressée à Lord Bathurst, de Fismes, le 21 mars 1814, rendant compte de la position et des forces de Blücher (« Napoléon et son temps, I, n°214 [catalogue de la collection Brouwet]).

M. Emmanuel Fabius [grand antiquaire parisien des années 1920/1930, à Paris] nous signale un autre document de haut intérêt. C’est un rapport autographe en anglais envoyé à sir Bunbury, le 17 juillet 1814, à la suite d’un voyage de reconnaissance le long des frontières belges, de Liège à Tournai.

Les renseignements donnés sont relatifs aux fortifications de Liège, Huy, Namur, Charleroi, Mons, Ath, Tournai et à leur valeur stratégique.

Au sujet de la défense de Charleroi-où précisément Napoléon devait franchir la Sambre, le 15 juin 1815, -Hudson Lowe écrit notamment : « Here the works have been completely destroyed and the are the strongest difficulties of nature to struggle against. Its proximity to Brussels and its central position along the frontier however will not admit it to be overlooked ».

Il est facile de traduire: “Ici les ouvrages fortifies ont été détruits en totalité et il faut lutter contre les obstacles naturels les plus rudes. La proximité de Bruxelles et la position centrale sur la frontière ne permettent pas que ces travaux soient négligés.

Hudson Lowe précise l’ordre d’urgence des travaux à effectuer, conseille l’établissement de relais télégraphiques le long des grands chaussées qui vont droit d’une ville à une autre et qui, pavées en leur milieu, offrent le seul moyen de communication utilisable pour les opérations d’une grande armée.

Il ajoute quelques considérations d’ordre politique sur l’importance pour l’Angleterre de la défense des Pays-Bas…

Ainsi, par une double coïncidence, c’est le futur geôlier de l’Empereur à qui échoit, en 1814, le soin d’établir ce rapport militaire sur la région de Waterloo; quant au destinataire du dit rapport, Sir Henry Bunbury, c’est à lui qu’incombera la mission, comme sous-secrétaire d’état, de notifier à Napoléon la décision du Gouvernement anglais de l’envoyer à Sainte-Hélène."

G.M. [Georges MAUGUIN ?]

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Joker
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Re: La victoire française de Waterloo

Message par Joker »

A noter que cette bataille a fait et fait toujours l'objet d'une fort intéressante exposition au musée Wellington à Waterloo.
De nombreux objets, armes, uniformes et documents d'époque y sont présentés de manière pédagogique.
A voir jusqu'en décembre.
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées

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Bernard
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Re: La victoire française de Waterloo

Message par Bernard »

Elle fera aussi l'objet d'un article dans Traditions n° 18

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