La colonne de Rosbach

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 26 oct. 2009, 07:50

:) :salut:

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 26 oct. 2009, 08:47

Voici ce que l’on pouvait lire dans le Journal des Débat du 24 avril 1907 sous la plume de l’historien Henri Welschinger :

« Malgré la destruction faite le 30 mars 1814 dans la cour royale des Invalides, la Prusse n’y pouvait croire encore. En effet, en 1871, elle essaya de les rechercher et les reprendre, car le maréchal de Moltke revendiquait le 13 février, de droit de réclamer « sans autre forme de procès » les trophées enlevés aux troupes allemandes dans les guerres précédentes. La convention relative à l’occupation momentanée des emplacements du Point du Jour au faubourg Saint-Honoré assignait au 1er mars, comme cantonnement des troupes prussiennes les palais de l’Industrie, l’Ecole militaire et les Invalides. M. de Moltke qui avait spécialement réclamé l’épée, le cordon et l’écharpe du grand Frédéric, put se convaincre que l’Hôtel des Invalides ne possédait pas ces trophées. Il est d’ailleurs permis de croire que si, par extraordinaire, ils y avaient été, le général Trochu, les auraient certainement soustraits aux exigences de l’ennemi, comme on l’avait fait pour les diamants de la couronne et autres objets précieux. »

SCHNAPS

Message par SCHNAPS » 26 oct. 2009, 09:30

En quelque sorte Serrurier avait "verrouillé" le sujet... :lol:

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 26 oct. 2009, 09:42

Pas de mot qui fache mon cher Schnaps ! :lol:


"le maréchal de Moltke revendiquait le 13 février, de droit de réclamer « sans autre forme de procès » les trophées enlevés aux troupes allemandes dans les guerres précédentes."
C’est ce que l’on retrouve dans la Correspondance du maréchal :
« La déclaration publique de la capitulation de Paris nous procurera en outre le droit de réclamer, sans autre forme de procès, les trophées, etc., enlevées aux allemandes dans les guerres précédentes, et de prendre possession de tous les objets importants pour nous qui peuvent se trouver dans les archives françaises. »
(Moltke à Bismarck, 13 février 1871)

Si l’épée n’est pas ici citée, elle le sera en annexe de la lettre que Moltke écrira onze jour plus tard à Bismarck ; missive commençant par ces mots :
« J’ai l’honneur de prier Votre Excellence de vouloir apprécier s’il ne serait pas possible, dans les négociations pour la paix, de s’assurer la restitution des trophées allemands, etc., qui se trouvent à Paris à la suite des guerres précédentes.
La liste ci-jointe indique les objets précités, tout au moins ceux dont a connaissance ici. »


"La convention relative à l’occupation momentanée des emplacements du Point du Jour au faubourg Saint-Honoré assignait au 1er mars, comme cantonnement des troupes prussiennes les palais de l’Industrie, l’Ecole militaire et les Invalides."
Si je ne m'abuse, la convention du 26 février, sans faire de référence à la restitution des trophées, comme aurait pu le laisser présager la lettre du 13 février, ne parle pas non plus des Invalides comme cantonnement. L’hôtel des Invalides se trouvait d’ailleurs à l’extérieur de la zone d’occupation définie par ce texte.
En revanche, on trouve dans ladite convention une référence aux Invalides :
« Art. 3 :La troupe d’occupation aura la facilité de visiter les galeries du Louvre et l’établissement des Invalides. Les détails de ces promenades seront réglés d’un commun accord par les autorités militaires des deux pays.
Il est bien entendu que les soldats n’auront pas leur fusil et seront conduits par des officiers. »


A noter à ce propos, que le gouverneur de Paris, le général Vinoy, prétextant le manque de troupes pour assurer le bon ordre, s’opposa aux visites des Invalides. Le général Kameke demanda alors s’il convenait d’employer la force. Moltke lui fit savoir que non, avançant que les préliminaires de paix avaient été acceptés à Bordeaux.

C’est tout ce que j’ai sur les souhaits de Moltke à ce sujet.
Pour conclure, contrairement aux demandes de ce dernier dans sa lettre du 24 février, aucune référence aux trophées allemands ne fut faite dans les traités des 26 février et 10 mai 1871.

Gouvy

Message par Gouvy » 26 oct. 2009, 10:36

Pourtant l'épée semble bien être toujours aux Invalides :

http://www.napoleon1er.org/forum/viewto ... 31&t=19065
(voir le lien donné dans ce fil).

Cordialement,

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 26 oct. 2009, 10:40

Oui, Dominique T en a parlé plus haut (On dit qu'Eugénie aurait eu en sa possession l'épée en question).
D'où le mystère... Un de plus avec celui de la colonne de Rosbach...

Jean-Baptiste Muiron

Message par Jean-Baptiste Muiron » 26 oct. 2009, 13:10

C'est à se demander si certain de nos contemporains ne posséde pas, dans son grenier ou dans son coffre à la banque, cette épée transmise (par la main gauche) de génération en génération.

Nombre d'objets disparaissent ainsi de l'inventaire national, sans qu'on sache précisément où et quand, et se retrouvent "miraculeusement" un jour lors d'une vente. Combien de trésors cachés referont surface un jour à notre grand étonnement !!! :roll:

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 26 oct. 2009, 14:34

:sujet:

Concernant l'épée des Invalides, est-on bien sûr qu'il s'agit de l'épée de 1807 ? Connait-on son histoire postérieurement à l'année 1814 ?

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 26 oct. 2009, 16:57

Welschinger, dans l’article retranscrit plus haut, termine par ces mots :
« Les assertions du baron Ducasse et de l’un des témoins, Guiard, relatées par M. Désiré Lacroix, semblent ne pas laisser de doutes sur la disparitions des trophées de Postdam. »

Welschinger fait ici référence à la lettre de Lacroix publiée dans un article de l’Eclair, rédigé par le journaliste Georges Montorgueil (de son vrai nom Octave Lebesgue), trois jours avant qu’il n’écrive en prolongement dans le Journal des Débats.
En voici quelques extraits :
« Ducasse, avec qui j’ai eu l’honneur d’être en relations pendant plus d’un quart de siècle m’a toujours dit que les témoins de l’incinération (entre autres un nommé Guiard) avaient toujours formellement affirmé que l’épée a bien été jetée au feu.
J’ai vu Guiard en 1857, chez le commandant Ducasse ; il nous a fait une répétition de la scène à laquelle il assista :
« J’étais placé comme ceci, disait-il ; je remuais un tas de drapeaux pour que ça brûlât plus vite. J’ai vu jeté l’épée dans un tas… Ah ! oui, ça brûlait bien… Et c’était pitié. »
J’ai tellement toujours entendu soutenir la même chose, dans ce milieu renseigné où j’ai vécu, que ma foi s’est fortement assise en cette version et que lorsque j’ai dû parler dans mes ouvrages de l’épée du Grand Frédéric, j’ai toujours soutenu que ce fut dans l’autodafé du 30 mars 1814 qu’elle disparut. »

Jean-Baptiste Muiron

Message par Jean-Baptiste Muiron » 26 oct. 2009, 18:32

Pour continuer sur l'épée de Frédéric (et de manière générale sur la destruction des trophées le 30 mars 1814), il semble que les débris ayant résisté au feu (et peut être l'épée de Frédéric) furent jetés à la Seine.

En juin 1815, un ingénieur du nom de Gaillard fit effectuer des recherches à l'endroit de l'immersion, et en retira 15 ornements de bronze et 68 insignes en cuivre (mais point d'épée apparemment), débris remis aux Invalides.

Piste à "creuser" (si je peux me permettre) ? :)

:salut:

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