ÉCONOMIE : L'Industrie Française 1799/1815

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril »

Au 1er juillet 1815, l'arriéré s'élevait à 695 millions.

kevin

Message par kevin »

En parlant de franc germinal, sa part dans le stock total de numéraire ne dépassa probablement pas 20%soit à peine une pièce sur cinq, par exemple le 30 novembre 1810 le franc germinal fabriqué était de 256 millions de francs alors que le stock monétaire total était de 3000 milllions soit 17,20%. (source : Le prix de la Gloire Napoleon et l'argent de Pierre Branda)
Oui, Napoleon chercha toujours a se débarasser de la monnaie de l'ancien régime comme par exemple les pièces rognés et altérés n'étaient admis dans les paiements qu'au poids et ils ont été portés dans les hotels de monnaies pour y etre fondus sans aucune retenue de frais de fabrication et Napoleon donna aux pièces qui n'étaient pas fondus une valeur en franc, comme le décret du 18 aout 1810 tarifie les pièces de 6, 12, 24 sous ayant conservé leur empreinte à 25 centimes, 50 centimes et 1 franc et déclare que la monnaie de cuivre et de billon ne pourra etre utilisée dans les paiements que par l'appoint de la pièce de 5 francs.
Le décret du 12 décembre 1810 tarifie les écus de 6 et 3 livre à 5,80 francs et à 2,75 francs et le louis d'or à 23,55 francs, le double louis d'or à 47,20 francs, ces pièces pouvaient aussi à la volonté des porteurs etre reprises au poids, au tarif suivant : 3094,43 francs le kg d'or et 198,30 le kg d'argent...

Yves Martin

LA richesse de l'Angleterre

Message par Yves Martin »

Pour répondre à Yannick06 - pour mon premier article sur l'armée anglaise paru dans un numéro récent de Tradition, j'ai utilisé et approfondi les sources de Branda. La démonstration est hélas éloquente...

"L’effort fut donc très conséquent du côté anglais, supérieur de 4 points à l’effort consenti par la France sur la période 1805-1815. De plus, la capacité économique de l’Angleterre a été de plus de 2 fois supérieur sur l’ensemble de la période, pour une population 3 fois inférieure. C’est d’abord et avant tout la révolution industrielle et sa croissance économique qui a défait l’Empire. Les gouvernements anglais durent, évidemment augmenter les taxes et avoir recourt à l’emprunt (la célèbre et défunte banque Barings y fit sa richesse) mais le pays sut non seulement absorber cet effort mais aussi en bénéficier puisque les demandes de la guerre fournissaient du travail à l’ensemble de la nation britannique."

j'y ai mis pas mal de tableaux comparatifs pour étayer le propos...

tout comme dans le cas de la guerre de sécession, où la puissance économique du Nord fut largement responsable de la défaite du Sud (militairement plus doué), le conflit franco-anglais de 1792-1815 ne pouvait qu'aboutir à une défaite française sur le long terme, à moins de renverser les alliances, ce que s'attacha à faire Napoléon.

On connaît le reste de l'histoire...

YM

kevin

Message par kevin »

...Les monnaies de cuivre et de billon faussait les échanges.Ainsi par exemple les salaires journaliers étaient réglés sous cette forme d'une monnaie de cuivre et les petits commerçants devaient les accepter souvent à perte.Ils compensaient alors en augmentant le prix.Mais ils circulaient aussi dans cette France des monnaies étrangers qui apparut lors de la révolution.Alors les pièces altérées sont refusés par les comptables et lles banques de sols qui émétaient des billets payables en sous de cuivre et qui avient contribué à multiplier la mauvaise monnaie a vait aussi été supprimé.Toutes les mesures cités pourtant limitées ont provoqué des paniques et des émeutes dues à l'incompréhension générale des citoyens.
Depuis tout le regne de Napoleon, Les monnaies en or ont été frappé pour une valeur de 500 millions de francs et 900 millions de franc pour les monnaies d'argent.
En conclusion:Napoleon chercha à accroitre l'exactitude des fabrications en réduisant les tolérances du titre et de poids. Pour limiter les risques d'erreurs, les éspèces fabriquées en province sont vérifiées dans les ateliers monétaires parisiens, sous le controle de l'administration centrale.Il fallait remplacer les pièces reniées par une monnaie d'un aloi solide et définitif.
Avec le franc germinal on réalise la fusion entre monnaie de compte et monnaie réelle.
Sous l’ancien régime, la monnaie réelle, celle que chacun possédait dans sa bourse, était constituée d’écus d’argent et de louis d’or tandis que la monnaie de compte, celle qui servait à fixer les prix ou les salaires, était la livre tournois pour laquelle aucune pièce n’existait.

yannick06

Message par yannick06 »

Merci beaucoup pour toutes ces précisions. M'autorisez-vous à en faire une note sur mon blog en vous citant tous...

Bien à vous,

Yannick Augrandenis

kevin

Message par kevin »

Bien entendu mon cher Yannick j'aime rendre service et je suis content que vous vous interressez aussi à l'économie.Si vous avez encore besoin de moi faites le moi savoir.Votre blog est très interressant. :)
Merci d'avance. :salut:
P.S:J'ai moi meme écris sur l'économie et des finances sous l'empire en parlant du franc germinal, de la banque de france, comment napoleon a voulut se débarasser des anciennes monnaies ainsi que la valeur des pièces de l'ancien régime en franc et beaucoup de prix sous l'empire.
(enfin pas un livre quelques pages. :) ).Les prix sous l'empire je me les suis procuré grace aux membres du forum qui ont eu la gentillesse de me renseigner et je les remercie encore.
Je vous conseille d'aller voir le sujet "La Paye"à la 2ème page du salon premier empire.

Yves Martin

Aucun problème

Message par Yves Martin »

Yannick,

Aucun problème - envoyez moi un message personnel et je vous fais parvenir par mail l'original de mon article sous format word qui a le mérite d'avoir pas mal de tableaux et données :=)

YM

yannick06

Message par yannick06 »

Merci de votre aide.
HM, je viens de vous transmettre mon adresse personnelle.

Hate de vous lire,

Yannick Augrandenis

O.Godeille

Message par O.Godeille »

Bonjour,

quelques (longues, désolé) réflexions concernant Napoléon et l'économie :

L'archaïsme qui lui est reproché réside dans son application des théories monétaristes, qui recommandaient de ne pas s'endetter et de capter les réserves d'or , considérées comme source de richesse, par le commerce inégalitaire (biens contre numéraire). D'où son refus de l'emprunt et sa décision de vendre du blé à l'Angleterre en 1810, au moment où la disette et le marasme économique donnait sa seule éventualité de succès au blocus continental.

Au contraire l'Angleterre avait découvert au cours du siècle précédent la possibilité de démultiplier sa force financière par l'emprunt, garanti par une monnaie rendue forte par la place de l'Angleterre dans les échanges internationaux.

Il faut nuancer cette notion d'archaïsme :

- Le succès du commerce coloniale français, qui avait rattrapé l'anglais avant la Révolution, montre que dès l'ancien régime il y avait une dynamique commerciale efficace à l'oeuvre en France.
- La Révolution, et surtout le Consulat, comblèrent une grande part du retard accumulé, en abolissant les plus graves inégalités fiscales, en instituant un contrôle des comptes, une Banque nationale, une monnaie fiable.

De plus l' "archaïsme" avait un sens dans le contexte politique de l'époque : Napoléon avait vécu la banqueroute de la monarchie et du directoire, qui n'avait pas su adosser leurs dépenses à des recettes.
En s'attachant à un budget équilibré, une monnaie forte, une "rente" stable, Napoléon garantissait la viabilité de l'Etat, une étape préalable à l'émission d'emprunts, que l'Angleterre avait franchie un siècle plus tôt.

Il est remarquable qu'il ait réussi à mener cette politique pratiquement jusqu'à la fin de son règne.
La robustesse de l'économie française dont héritera la Restauration est encore prouvée par la rapidité avec laquelle, la paix revenue, la France paiera ses dettes et les indemnités de guerre.

Enfin il faut souligner que l'Angleterre n'était qu'un de ses adversaires, le plus riche, mais le moins dangereux :
- Chaque fois que l'Angleterre fut seule contre la France (1802, 1810), elle fut incapable de mener des actions efficaces. Sa puissance financière lui donnait l'hégémonie maritime, pas la capacité de mobiliser des armées de terre significatives.
- L'or anglais comme cause des guerres semble plutôt un prétexte commode invoqué par Napoléon pour masquer les causes récurrentes de conflit, qu'un facteur décisif : il ne jouera aucun rôle dans la volonté de résistance des russes, espagnols, prussiens et autrichiens, ne financera qu'une fraction de leur équipement; et aucune pièce de monnaie ne décidera un homme à se faire trouer la peau - d'ailleurs, la solde était presque toujours en retard, ce qui ne ralentissait pas les combats.

Par contre la vision monétariste a eu une conséquence beaucoup plus grave : pour accumuler les richesses en France, elle a conduit à une politique douanière protectionniste.
Au lieu de développer la concurrence et les échanges entre la France, l'Allemagne Rhénane et le Royaume d'Italie, ce qui aurait atténué les effets du blocus anglais et marginalisé la contrebande, la politique menée, pour protéger les producteurs français, avait ruiné leurs concurrents allemands et italiens, alimentant la rancoeur envers l'Empire.
Pourtant le précédent de l'abolition des droits entre provinces françaises avait montré les gains générés par la multiplication des échanges.

Sur ce sujet l'Angleterre n'était pas plus avancée : la notion d'abaissement des barrières douanières n'interviendra que bien plus tard au cours du XIXe siècle (accord de libre échange franco-anglais sous Napoléon III, Zollverein allemand à la même époque).

Donc l'opposition entre une France à l'économie "d'Etat" incapable de maîtriser les outils financiers, et vaincue par eux, et une Angleterre "moderne" championne du libre échange, a peut-être plus à voir avec les frictions actuelles entre les modèles politiques libéral/anglo-saxon et social-démocrate/européen, qu'avec l'épopée napoléonienne.

Cordialement, :salut:

Olivier

yannick06

Message par yannick06 »

Bonjour Olivier,

Je suis d'accord avec votre analyse mais avec votre conclusion. L'Angleterre a effectivement menée une politique monétaire dangereuse (risque d'inflation, etc...) mais la politique d'investissement et le cadre juridique en place a permis l'essor de la première révolution industrielle...
La France a du attendre 1850 pour connaître les premières effets de la croissance due à la RI.

L'archaïsme économique napoléonien a toujours un sens sur le plan: innovation, recherches, industrialisation. La France demeurait essentiellement agricole sous Napoléon.

Bien à vous,

Yannick Augrandenis
http://napoleon1news.canalblog.com

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