Joseph Fouché

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

gdeana

Re: Ministres : Joseph Fouché

Message par gdeana » 27 mars 2005, 23:12

:salut:
Qui a parlé de " trahison " ?
J'ai juste dit qu'il en avait été " l'artisan ". Autrement dit Fouché a marqué de sa présence la naissance de l'Empire et sa chute. Il était sur les fonts baptismaux, tout comme il sera aux obsèques.

Joker

Re: Ministres : Joseph Fouché

Message par Joker » 28 mars 2005, 23:45

Pour quelqu'un formé au sein de l'Eglise, quoi de plus normal, après tout ?

gdeana

Ministres : Joseph Fouché

Message par gdeana » 03 juin 2005, 13:09

:salut: 1811 :
" A Aix, où il retrouve son ancien collègue de la Convention Thibaudeau, devenu préfet des Bouches-du-Rhône, il loue l'hôtel de Forbin qu'il fait aménager pour y donner des réceptions. Introduit dans la bonne société restée royaliste, il y rencontre Gabrielle de Castellane dont il fera plus tard sa femme ".
date non mentionnée :
" Monsieur le duc d'Otrante s'est marié cette nuit, à minuit à l'Abbaye-aux-Bois. Les deux époux, en sortant de l'église, se sont rendus chez Mme de Castellane, la mère, et sont revenus tous trois ensemble, vers trois heures du matin, à l'hôtel du ministre. Mme de Castellane, après avoir conduit sa fille dans la chambre à coucher, a eu dans le salon un long entretien particulier avec M. le duc d'Otrante. M. le duc s'est montré assez galant avec sa nouvelle épouse. Il a couché avec elle et avait donné l'ordre précis que personne ne le réveillât avant dix heures du matin "
C'est le rapport de Foudras !

gdeana

Ministres : Joseph Fouché

Message par gdeana » 03 juin 2005, 13:10

:salut: A noter que Fouché n'a pas eu d'enfants de ce second mariage.

Route Napoleon

Ministres : Joseph Fouché

Message par Route Napoleon » 03 juin 2005, 15:53

Etrangement Louis XVIII avait accordé sa signature à ce mariage de la carpe et du lapin...

Sacré Fouché !

Drouet Cyril

Ministres : Joseph Fouché

Message par Drouet Cyril » 03 juin 2005, 19:24

Ernestine-Gabrielle est née à Aix en Provence, le 5 juillet 1788, de l’union d’Henri-Alphonse-Auguste de Castellane-Majastres et d’Angélique-Aglaé de Varadier de Saint-Andiol.
C’est à Aix, en 1811, en son hôtel Forbin, que Fouché, encore marié, rencontra sa future femme. Veuf de Bonne-Jeanne Coiquaud depuis le 8 octobre 1812, il l’épousera, à Paris, le 1er août 1815. Satisfaction de la duchesse :
« Cette affaire qui est fort brillante me convient sous les rapports… La connaissance que j’ai du caractère de M. le duc d’Otrante m’assure que je serai heureuse ! Il me comble de marques d’affection. »

Mais Ernestine était encore jeune. Le fils du comte Thibaudeau, lors de l’exil de Prague, comblera ses attentes jusqu’à ce que le pot aux roses soit découvert par Fouché qui s’empressera d’écrire au père de l’amant :
« Ma maison est la tienne, mon ami, mais elle ne peut plus être celle de ton fils. Son âge, qui m’avait trop disposé à l’indulgence, et mon attachement pour toi, m’ont fait tolérer beaucoup trop de choses. »

A la mort de Fouché (26 décembre 1820), Ernestine quittera Trieste pour la France. Elle résidera alors tantôt en Provence, tantôt en Suisse ou bien encore à Paris. C’est là qu’elle décèdera le 1er mai 1850.


Salutations respectueuses.

cyr-phuong jacobin94

Ministres : Joseph Fouché

Message par cyr-phuong jacobin94 » 15 févr. 2012, 20:55

Madelin, entre autres, explique fort bien que Fouché représentait toujours aux yeux de bien des gens, la Révolution. Napoléon semblant vouloir accorder aux choses et aux gens de la Révolution une faveur nouvelle - voir notamment les incidents et le "programme" de Lyon, sur la route du retour aux Tuileries, en mars 1815, - la reprise de Fouché semblait vouloir s'imposer.
De plus, ne pas le reprendre équivalait à s'en faire un ennemi ! Autant valait l'avoir "avec" soi que contre soi ! Maintes fois, depuis sa disgrâce, au profit de Savary, Fouché avait été regretté, ses capacités, son habileté ayant été bien souvent démontrées.
Bref, l'Empereur n'était pas dupe des sentiments réels de Fouché à son égard - qui avait demandé pour son ancien maître, une déportation plus lointaine que l'île d'Elbe ! Mais que pouvait-il faire d'autre ? Si, une chose : on revient à la guillotine ! Il eût fallu s'en débarrasser quand il en était encore temps ! Napoléon, pendant les Cent-Jours, avait une autre image de lui à donner, que celle d'un dictateur ! Il lui fallait composer, avec les libéraux surtout, avec les Chambres ! Grave erreur qu'il paya très cher, alors qu'il eût fallu prendre la dictature, s'appuyer sur le peuple, et l'armer, lui qui ne demandait qu'à le suivre !

Mathieu Dampierre

Re: Ministres : Joseph Fouché

Message par Mathieu Dampierre » 16 févr. 2012, 19:32

Oui, bien sûr, Fouché et Talleyrand, le diable boîteux. Et il en faut des vices pour occuper un poste politique sous sept régimes différents!

:salut:

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Cyril Drouet
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Fouché et Walcheren

Message par Cyril Drouet » 24 août 2017, 18:03

Joker a écrit :
24 août 2017, 13:31
Le problème est que Napoléon avait beaucoup de mal à déléguer et qu'il ne le faisait que contraint et forcé.
Comme en outre, il ne supportait pas qu'on lui dispute ne fut-ce qu'une parcelle de son pouvoir, si par malheur son remplaçant aux affaires prenait une initiative susceptible de nuire à sa notoriété, il fulminait.
Il en fut par exemple ainsi avec Fouché en 1806, qui alors que l'empereur était en pleine campagne de Prusse, avait dû faire face à l'invasion anglaise à Walcheren.
Les troupes anglaises s'étaient emparées de Flessingue et menaçaient Anvers.
La décision de Fouché de mobiliser les gardes nationales avait eu un effet bénéfique, de même que la désignation de Bernadotte pour diriger les opérations en Frise, ce qui avait contraint les Britanniques à évacuer leurs positions.
Mais Napoléon n'avait que modérément apprécié ces initiatives prises sans son accord et qui entachaient quelque peu son aura personnelle.


La prise d’initiative de Fouché fut au contraire saluée par l’Empereur. Ainsi, le 9 août 1809, Napoléon écrivait à son ministre :
« Vous avez bien fait de préparer les préfets à fournir des gardes nationales. »

Même chose le lendemain, avec pour bémol le fait de n’être pas passé par le biais du Conseil des ministres et de l’Archichancelier :
« Puisque vous avez bien saisi ce qu’il fallait faire, et que vous avez compris que effectivement, il y a du déshonneur pour la nation qu’à la première nouvelle du débarquement des Anglais on n’ait pas levé toutes les gardes nationales pour marcher contre eux ; pourquoi n’avez-vous pas insisté au Conseil pour faire passer votre projet ? Mais vous ne savez pas parler. »



Parallèlement, le 8 août, Cambacérès se fit au contraire vertement sermonner :
« Je suis fâché que dans le conseil du 1er vous n’ayez pas pris sur vous d’appeler les gardes nationales ; c’est se méfier à tort d’elles. »

Puis le 10 :
« Mon cousin, je suis fâché que vous ayez fait si peu d'usage des pouvoirs que je vous ai donnés dans ces circonstances extraordinaires. Réunissez fréquemment le conseil des ministres. Ne laissez pas les Anglais venir vous prendre dans votre lit. Au premier bruit d’une descente vous auriez dû lever 30 000, 40 000, 60 000 gardes nationales »

L’Archichancelier répondit penaud une semaine plus tard :
« J’ai reçu la lettre de V.M. à la date du 10. Les reproches qu’elle contient m’ont sensiblement affligé. Un vieux serviteur, qui met la délicatesse de son honneur à conserver l’estime de son Souverain, voit avec peine naître des impressions qu’il ne croit pas méritées.
[…]
Pouvais-je de mon chef ordonner un rassemblement plus considérable, lorsque des gens instruits m’assuraient que nous avions assez de moyens de défense ?
[…]
Quelle que soit la marche des évènements, et leur issue, je prie V.M. de croire que mon zèle qui ne s’est point ralenti ne s’endormira pas, que je chercherai à faire mieux puisque vous n’êtes pas content de ce que j’ai fait. »

Clarke reçut pareillement la colère de l’Empereur (deux lettres du 10 août) :
« [Fouché] s’est mis en mesure de faire ce que vous ne faisiez pas vous-même. »
« Je ne conçois pas ce que vous faites à Paris. Vous attendez sans doute que les Anglais viennent vous prendre dans votre lit ! »


Napoléon soutint l’initiative de Fouché par son décret du 7 août par lequel 30 000 gardes nationaux étaient levées dans neuf divisions militaires.
Mais Fouché alla bien plus loin en ordonnant, dans la lignée de ses premières directives, des levées bien plus vastes ; mesures susceptibles, outre les frais occasionnés, de jeter l’alarme dans les départements non concernés par la réponse militaire à apporter aux opérations anglaises à Walcheren. Si l’urgence, de l’avis même de l’Empereur, avait été correctement gérée par Fouché, il convenait à présent, l’urgence passée, de se référer aux ordres impériaux. Et, là, effectivement vinrent les reproches :

« Monsieur Fouché, je ne vous ai pas autorisé à lever des gardes nationales dans toute la France. Cependant on inquiète la population en Piémont, où vous avez écrit qu'il fallait tout préparer pour la levée. Je ne veux pas qu'on lève de gardes nationales dans ce pays. C'est une grande question que celle de savoir s'il faut une garde nationale en Piémont. »
(Napoléon à Fouché, 14 septembre 1809)

« Vous avez eu tort d’inquiéter toute la France et jusqu’au Piémont en écrivant partout pour « préparer » les gardes nationales. « Préparer » ne veut rien dire ; c’est alarmer sans raison tout l’Empire. »
(Napoléon à Fouché, 18 septembre 1809)

« Je reçois votre lettre dans laquelle vous me rendez compte que partout les cadres des gardes nationales sont formés. Je le sais et n'en suis pas content. Une pareille mesure ne peut être prise sans mon ordre. On a été trop vite. Tout ce qu'on a fait n'avancera pas d’une heure la mise en armes de mes gardes nationales, si on en avait besoin. Cela produit de la fermentation, tandis qu'il aurait suffi de mettre en mouvement les gardes nationales des divisions militaires que j'avais désignées. Mettez tous vos soins à tranquilliser les citoyens et à ce que le peuple ne soit pas dérangé de ses occupations habituelles.
Je n'ai jamais voulu avoir plus de 30 000 gardes nationales; on en a levé davantage, on a eu tort. J'ai pris pour régler tout cela un décret que le ministre de la guerre doit avoir reçu. Tout ce qu'on peut tirer de Paris volontairement, il faut l'enrégimenter; mais il faut y laisser tout ce qui veut rester, et éteindre insensiblement le mouvement qu'on avait produit, faire monter la garde par la gendarmerie, la garde de Paris et les dépôts, et faire tomber cette agitation en laissant chacun tranquille. Il ne fallait faire que ce qui était nécessaire pour me donner des soldats sur la côte; on m'en a donné, je ne puis qu'en être satisfait : mais on a fait dans beaucoup d'autres endroits un mouvement qui était inutile. »
(Napoléon à Fouché, 24 septembre 1809)

« Je vois dans le bulletin de police qu‘on a appelé les gardes nationales du Jura, de la Côte-d'0r, du Doubs, de Lot-et-Garonne; je ne veux rien de tout cela. J’ai désigné les divisions militaires qui doivent en fournir. Je ne sais quelle rage on a de mettre en mouvement toute la France. A quoi tout cela aboutit-il ? Il y a une excessive légèreté dans ces mesures. Tout cela fait beaucoup de mal, et dans cette disposition d’esprit le moindre événement amènerait une crise tandis que l‘ennemi menaçait Anvers, le mouvement des gardes nationales des départements du Nord était simple. On ne s‘amuse point à discuter lorsqu'on a l’ennemi devant soi et qu’on a à défendre ses propriétés; mais les départements placés à l’autre bout de la France n’ont pas [bon intérêt]. Ces mesures sont illégales. Contremandez-les et calmez la France. De toutes les questions politiques la moins importante n'est pas celle de savoir s‘il faut former une garde nationale en Piémont, et on se prépare à l’organiser sans prendre aucune précaution pour nommer les officiers, tout cela est de la folie.
La France ne sait ce qu’on lui demande : quand vous demandez les gardes nationales de Flandre pour accourir sur les frontières par lesquelles l'ennemi veut entamer la Flandre, c‘est une raison; mais quand on lève le Languedoc, le Piémont, la Bourgogne, on croit à une agitation qui n’existe pas : on ne remplit pas mes intentions, cela me coûte des dépenses inutiles. »
(Napoléon à Fouché, 26 septembre 1809)

« Une espèce de vertige tourne les têtes en France. Tous les rapports que je reçois m'annoncent qu'on lève des gardes nationales en Piémont, en Languedoc, en Provence, en Dauphiné. Que diable veut-on faire de tout cela ? Lorsqu'il n'y a pas d'urgence, et que cela ne pouvait se faire sans mon ordre ! Comme ces mesures passent le pouvoir ministériel, elles devaient être autorisées par le conseil des ministres; on ne ma pas envoyé ce procès-verbal. A la nouvelle de l'expédition, j'ai levé 30 000 gardes nationales, et j'ai désigné les divisions militaires qui devaient les fournir; si j'en avais voulu partout, je l'aurais dit. Que l'Artois, la Flandre, le Brabant, la Lorraine fournissent des gardes nationales pour marcher au secours d'Anvers, parce que l'ennemi a débarqué dans l'Escaut, on comprend ce que cela veut dire; mais, lorsqu'on met en armes le Piémont, le Languedoc, la Franche-Comté, le Dauphiné, ces provinces ne savent ce qu'on leur demande. Le peuple prend de l'incertitude sur le gouvernement, les esprits travaillent; le moindre incident peut faire naître une crise. Je ne sais pas si l'on doit blâmer les individus du département des Forets qui ont demandé à voir le décret qui leur ordonnait de marcher; il me semble qu'ils avaient ce droit. Aussi me suis-je empressé d'envoyer le décret pour les départements que je voulais lever. Je ne sais ce qui s'est fait aux environs de Paris; toutes les petites communes environnantes montent la garde, comme pendant la révolution. Je ne sais ce qui s'est passé à Paris. Il était plus simple d'organiser 3 000 hommes pour remplacer la garde municipale et de former deux ou trois bataillons pour aller à l'ennemi. Voilà ce qu'il y avait à faire au moment où je demande la conscription. Occupez-vous de tout calmer. Parlez de cela au conseil des ministres. Comme je ne suis pas sur les lieux, je ne puis savoir ce qu'on a fait. Prenez des mesures pour que les préfets remettent les choses dans l'état où elles étaient. Je ne veux pas de gardes nationales autres que celles que j'ai requises, et, en y pensant mûrement, je ne veux pas d'officiers que je ne connais pas. Les préfets, qui sont des têtes médiocres pour la plupart, sont loin d'avoir ma confiance pour un objet de cette importance. Si les gardes nationales étaient comme les gardes d'honneur, on aurait donné au peuple des chefs qui auraient un intérêt différent du sien, surtout s'il y avait une crise.
En résumé : que le ministre de l'intérieur ne sorte pas de ses attributions; qu'il ne fasse rien sans mon ordre s'il n'y a pas urgence, et sans un ordre du conseil, s'il y a urgence; que tout rentre à Paris dans l'ordre accoutumé; qu'on ne garde que les cinq divisions de gardes nationales des départements où je les ai appelées. J'ai ordonné au ministre de la guerre de faire rentrer la gendarmerie, hormis 500 hommes. Enfin, si l'expédition se dirigeait sur Cherbourg ou sur la Bretagne, le conseil des ministres ordonnerait la levée dans les départements environnants. Mais préparer d'avance ne signifie rien; ce n'est que l'art de mettre la France en combustion. Mon intention est que qui que ce soit ne porte l'uniforme d'officier de gardes nationales, hormis toutefois ceux des cinq divisions qui auront été brevetés par le ministre de la guerre. J'attache la plus grande importance à effacer ces fausses mesures de manière qu'il n'en reste pas de trace. Car ce serait un grand malheur qu’il y eût des citoyens considérés comme officiers de la garde nationale et qui pourraient former légalement un noyau quelconque dans un mouvement quelconque. Il n’y a rien de plus destructif de ce que j’ai fait. Les préfets nommeront des hommes qui seront bons aujourd’hui et qui seront nuisibles dans d’autres temps.
J'ai eu la pensée de former les cadres des gardes nationales de France, d'abord pour servir dans les cas pareils à ceux qui se sont présentés, mais surtout pour donner une direction à l'esprit national dans les temps de crise. Je n'ai jugé cette opération faisable que dans la quinzième année de mon règne. J'ai avancé mon système pour avoir une masse d’hommes attachés, titrés, pour en tirer des officiers.
Faites-vous représenter les circulaires des conseillers d'état, et, sans réaction, sans commotion nouvelle, faites tout rentrer dans l'ordre. Lorsque Walcheren sera repris, je diminuerai les gardes nationales dans les départements mêmes où je les ai appelées. Tout doit être effacé, hormis les gardes nationales qui restent sous les drapeaux.
Je recommande surtout que les mesures qui vont être prises le soient sans publicité, sans trouble. Mon intention est que les officiers des cinq divisions provisoirement conservées soient brevetés. Nul ne peut être officier en France sans brevet de moi. »
(Napoléon à Fouché, 26 septembre 1809)

« Je lis dans le Journal de Paris du 24 septembre qu'à Dijon, le 20 septembre, on a commencé à tirer pour la levée des gardes nationales. Je commence à être très étonné de tout ce qui se passe en France. Dans mon décret du 6 août, la 28e division militaire, dont Dijon fait partie, n'est pas comprise; et quel besoin d'ailleurs de commencer à faire tirer au 20 septembre, lorsque tout est fini ? Il y a en vérité de l'inconsidération et de la folie. On me met en armes toute la France, et inutilement. Dans mon décret du 6 août, je n'ai désigné que les 1re, 2e, 3e, 4e, 15e, 16e, 24e et 25edivisions militaires. Dijon n'est dans aucune de ces divisions. Je ne puis qu'être très mécontent de tout cela, et vous réitérer ce que je vous écris sans cesse depuis un mois, de faire cesser tout ce mouvement, sans trouble et sans réaction. »
(Napoléon à Fouché, 30 septembre 1809)

« Je reçois votre lettre du 7. Je n'ai jamais pu approuver l'appel d'autres gardes nationales que de celles intéressées à repousser l'agression des Anglais à Anvers.
La Provence, le Languedoc, le Dauphiné et les autres départements éloignés ne pouvaient avoir aucun rapport avec l'expédition anglaise. Je n'ai pu que blâmer qu'on ait levé les gardes nationales de ces provinces. D'ailleurs depuis le 9 septembre que l'expédition a cessé d'être effective, je n'ai cessé de demander qu'on les contremandât, et c'est depuis ce moment que je vois la France le plus en mouvement pour les gardes nationales. Dans un grand État, dans une grande administration, il faut du zèle et de l'activité, mais il faut aussi de la mesure et de l'aplomb. La garde nationale de Paris est dans le même cas. On ne l'a point levée quand les Anglais ont attaqué notre territoire, on l'a levée depuis qu'ils sont partis. Quand je continue à vous écrire surtout cela, ce n'est pas que je méconnaisse votre zèle; mais je ne puis voir qu'avec peine qu'on remue la France quand je me suis borné à lever 30 000 gardes nationales, en y comprenant la division du général Rampon. En dernière analyse, le résultat a été de prouver le bon esprit qui anime les Français, ce dont je n'ai jamais douté. »
(Napoléon à Fouché, 14 octobre 1809)

« J'ai reçu vos lettres; je réponds à celle du 15. Vous êtes comme don Quichotte; vous vous battez contre des moulins à vent. Je n'ai entendu dire partout que du bien de vous. Les reproches que je vous ai faits venaient de mes observations, parce que j'aime que toutes les opérations de mes ministres soient légales, et du désir que j'avais que vous eussiez mis plus d'ordre dans tout ce que vous avez fait; mais cela est loin d'effacer le mérite de ce que vous avez fait pour mon service. Vous savez que, lorsque j'ai lieu d'être mécontent, je sais le témoigner; mais vous avez l'habitude de vous exagérer toujours ce que je vous dis. »
(Napoléon à Fouché, 21 octobre 1809)
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Joker
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Re: Fouché et Walcheren

Message par Joker » 24 août 2017, 18:49

Cette affaire voit effectivement dans un premier temps le triomphe de Fouché.

Dans une circulaire adressée aux maires de France, il leur déclare : "Prouvons à l'Europe que si le génie de de Napoléon peut donner de l'éclat à la France, sa présence n'est pas nécessaire pour repousser nos ennemis."
En moins de 2 mois, il parvient à lever près de 200.000 hommes dans toute la France.
Dans les premiers jours d'août, de Vienne où il réside, Napoléon entérine les décisions prises par son ministre.
Fouché, qui n'a pas le triomphe modeste, dit publiquement à qui veut l'entendre : "La levée des gardes nationales a mieux consolidé l'empereur que le couronnement ; alors il était empereur par la seule puissance militaire et c'est la puissance civile qui vient maintenant le consacrer."
Mais ces propos sont rapportés à Napoléon qui commence à se raviser.
Il n'a besoin de personne et certainement pas de son ministre de la Police pour se sentir légitime.
Il considère que Fouché en fait trop et agit trop à sa guise.
Le 30 octobre, de retour à Paris, il a avec celui-ci une scène des plus orageuses.
Il se plaint d'abord du mauvais esprit de la bourgeoisie parisienne embrigadée dans les gardes nationales puis des gardes nationales elles-mêmes, enfin des levées massives si facilement organisées par son ministre.
"Vous pouviez donc la lever contre moi." lui rétorque-t-il.

C'est de cette époque que date la méfiance de Napoléon envers Fouché car il sait désormais que celui-ci peut improviser des armées, commander à l'opinion et qu'il possède une puissance effrayante.
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées

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