Bonaparte à l'armée de l'Ouest

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the argie

Message par the argie » 27 août 2003, 22:49

Napoleon n'a pas renonce a s'impliquer pour le fait que la Vendee etait une guerre civil. Il l'a fait par amour propre.Je ne parle pas de Toulon parce qu'il y avait des anglais et espagnoles. Mais le soir du 23 aout 1793 les troupes de la Convention ont pris Marseille. La ville est "noye dans le sang" Un demi-milleir de coupables, suspects, innocents sont fusilles, decapites, mitrailles. Et Napoleon, ou se trouve-il ce soir-? Il existe son billet de logement pour la nuit du 23 au 24 aut. Il porte requisition "chez le citoyen Chauvet, rue Rameau, isle 87, maison Nº1, derriere la Comedie" Le capitaine Bonaparte demeurera la jusqu'aux premiers jours de setembre, avant de partir a Toulon. L'Empereur evitera de parler de ce moment.
Comment a pris Napoleon la nouvelle de sa nomination? Depuis avoir cannonne les royaliste a Toulon, il est appele a tirer contre ceux de la Vendee. Napoleon manifestera toujours son estime pour eux mais il s'y resigne et prit le chemin le 19 floreal. Le 9 prairial il arrivait a Paris. L'emuete du 1º prairial a eu, par consequence, la proscription des derniers jacobins. Les protecteurs de Napoleon, tous jacobins, furent eloignes et le conventionnel Aubry y avait, pour les affaires militaires, acquis preponderance.
Aubry, ancien girondin, avait de l'haine pour les jacobins. A ses yeux, Napoleon etait l'ami de Robespierre. Et, aussi, Napoleon, agee de 25 ans, etait deja general, tandis qu'Aubry, artilleur lui meme, agee de 45 ans, n'etait que capitaine.
"Il etait naturel qu'il fut anime, vis-a-vis de ce camarade devenu general a 25 ans d'une jalousie qui, immediatement, se traduisit par une sorte de brimade. N'osant, en raison de ses capacites deja connues, l'epurer, il avait entendu le taquiner, l'irriter, et peut-etre, ainsi, l'acculer a la demision; il lui avait donc retire son commandement d'artilleur pour lui donner une brigade d'infanterie. Il avait bien devine que rien ne pouvait plus mortifier le jeune homme; mieux personne qu'Aubry, vieil artilleur, savant combien, chez ses camarades, le prejuge de l'armee etait puissant et il se trouvait que nul ne le partageait`plus que l'ancien officier de Valence, l'ex-cpmmandant des batteries de Toulon, l'ex-commandant de l'artillerie de l'armee d'Italie"
Le 25 prairial, Napoleon etait designe, de façon definitive, a l'armee de l'ouest, pour commander une brigade d'infanterie. Connaisseur de sa destine, il ecrivit a un ami:
"L'on n'a porte pour servir a l'armee de la Vendee comme general de ligne; je n'accepte pas; nombre de militaires dirigeront mieux que moi une brigade et peu commanderont avec plus de succes l'artillerie. Je me jette en arriere satisfait de ce que l'injustice que l'on fait aux services et assez sentieee pour ceux que veulent les apprecier"(30 thermidor)

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 27 août 2003, 23:08

Merci pour vos précieuses précisions.

J’ai sous les yeux une lettre de Hoche du 17 septembre 1795 qui dit ceci :
« Je vous donne avis, général, que le Comité de salut public ayant appelé près de lui le général de brigade Bonaparte, je le fais remplacer dans ses fonctions par le chef de brigade Dutol auquel j’ai adressé l’ordre de prendre le commandement de l’artillerie. »

Hoche ignorait-il la décision d’Aubry (qui commençait tout de même à dater) ou il y avait-il eu de nouveaux changements dans les affectations ?

Salutations respectueuses.

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Cyril Drouet
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Bonaparte à l'armée de l'Ouest

Message par Cyril Drouet » 04 oct. 2017, 18:09

Dans le fil consacré à quelques réflexions de Napoléon sur le conflit vendéen, j’avais retranscrit ce passage du Mémorial :
« Et revenant sur la guerre de la Vendée, il a rappelé qu'il avait été tiré de l'armée des Alpes pour passer à celle de la Vendée, et qu'il avait préféré donner sa démission à poursuivre un service dans lequel, d'après les impulsions du temps, il n'eût pu concourir qu'à du mal, sans pouvoir personnellement prétendre à aucun bien. »


L’affaire ne s’était pas vraiment passée de cette manière.
Petit retour en arrière :

Le 27 mars 1795, Lacombe Saint-Michel, au nom du Comité de Salut public, avertissait Pelet de la Lozère qu’il devait donner l’ordre à Bonaparte de se rendre de l’armée d’Italie à celle de l’ouest, afin d’y commander l’artillerie. L’instruction en question partit de Paris deux jours plus tard.

Le 19 avril, l’intéressé écrivait favorablement à Hoche, son futur supérieur :
"Une lettre de la commission du mouvement des armées de terre m'apprend que j'ai été nommé à commander l'artillerie de votre armée, du moment que j'aurai remis à celui qui doit me succéder, et que j'attends tous les jours, les papiers et instructions nécessaires, je partirai pour Nantes, très empressé de faire votre connaissance et servir sous vos ordres."

Le 8 mai suivant, Bonaparte quittait Marseille pour Paris. Le lendemain, il écrivait à Désirée Clary :
« J’arrive à Avignon bien affligée de l’idée de devoir être si longtemps loin de toi. La route m’a paru bien maussade. L’espérance que ma bonne Eugénie pensera souvent à son bon ami et lui conservera les sentiments affectueux qu’elle lui a promis peut seule alléger ma peine et rendre ma situation supportable.»

Bonaparte arriva dans la capitale le 25 mai. Là, un nouvel ordre allait tomber. Le 13 juin en effet, il se trouvait affecté à l’armée de l’Ouest, non dans l’artillerie, mais, dans l’infanterie.
Entre l’ordre du 29 mars et la nouvelle affectation du 13 juin, la loi du 7 mai organisant l’artillerie avait été votée et en vertu de ce texte seuls vingt officiers généraux (dont dix-huit généraux de brigade) devaient être maintenus. Or à cette époque, quarante généraux servaient dans l’artillerie ; il fallut donc faire des choix et Bonaparte ne fut pas retenu.

L'empressement apparent de la lettre 29 avril ne résista pas à cette nouvelle affectation. Le 22 juin, il écrivait à Joseph :
" Je suis employé comme général de brigade dans l'armée de l'Ouest, mais non pas dans l'artillerie. Je suis malade, ce qui m'oblige à prendre un congé de deux ou trois mois. Quand ma santé sera rétablie, je verrai ce que je ferai."

Comme indiqué dans sa lettre à Joseph, Bonaparte, avançant un état maladif, avait obtenu un congé lui permettant de gagner du temps ; temps qu’il mettait à profit afin de présenter ses doléances au Comité de salut public, le 5 août (le lendemain du renouvellement de quatre de ses membres) :
« Le général Buonaparte, élève depuis 1782, a été fait Lieutenant d'artillerie en 1785. Il est passé par les différents grades, a été fait Général d'artillerie, confirmé par la Commission, il a, compris ses campagnes, 17 ans de service.
Il a commandé l'artillerie au siège de Toulon, à la fin duquel il a été confirmé Général d'artillerie par un décret de la Convention nationale.
Il a depuis été chargé comme Général d'artillerie de l'inspection et de l'armement de la côte de la Méditerranée qui avait été en partie désarmée par les Anglais.
Il a commandé en chef l'artillerie de l'armée d'Italie pendant deux campagnes où il a obtenu l’estime de l'armée et les suffrages les plus flatteurs des Représentants du peuple et des généraux avec qui il a servi. C’est en suivant le plan de campagne qu’il a donné que l'armée s’est emparée de Saorgio, d’Oneille et d’ Ormea et que nous avons battus les ennemis à Cairo.
Au premier travail qui fut fait pour les officiers généraux il avait été nommé pour commander l’artillerie de l'armée de l’Ouest; il s'y rendait lorsqu'il a appris qu'il n'avait point été compris parmi le nombre des officiers généraux d'artillerie. Lorsqu'à son arrivée à Paris, il a demandé les raisons pour lesquelles il avait été oublié et placé dans l'infanterie, on lui a allégué :
1° Qu'il y avait un grand nombre d'officiers généraux qui avaient servi dans l'artillerie, qu'ils ne pouvaient pas tous être compris parmi ceux de ce corps, ne pouvant y en avoir que vingt.
Cependant, l’on en a créé plusieurs de nouveaux, au moment même du travail, notamment les citoyens Durtubie, Campagnol et Valstin. La nomination du premier a d'autant plus étonné que le citoyen Durtubie n'a point fait la guerre, a refusé de la faire depuis le commencement de la révolution et est le premier exemple peut-être d'un officier fait général sans avoir vu le feu.
2° L'on a allégué que le général Buonaparte était trop jeune, comme s'il n'y avait pas même des généraux en chef plus jeunes que lui ! Comme si cette objection, bonne pour qui n'aurait que trois ou quatre ans de service, était applicable à celui qui en a dix-sept, qui a mérité son avancement par des actions d'éclat et est dans la force de l'âge.
Cette raison est d'ailleurs dénuée de tout fondement, car si on compte l'ancienneté à dater du brevet de général, il est un des plus anciens des généraux de brigade d'artillerie et plusieurs de ceux qui sont compris, ont été sous ses ordres. Si l'on compte l'ancienneté, depuis le grade d'élève et d'officier, il est plus ancien que les généraux Delebel et Le Maire ; le premier n'ayant été officier qu'en 1788 et le second en 1790.
Si le général Buonaparte a été exclu du nombre des officiers généraux d'artillerie, il l'a été sans aucune raison et par l’impulsion de quelques intrigants, connus de tous temps dans le corps, par leur assiduité à circonvenir tous les hommes en place, ce qu'ils appellent faire la guerre, et avoir des années de service.
Le général Buonaparte attend de la justice des membres du Comité de salut public chargés de la partie militaire qu'ils voudront bien le restituer à ses fonctions et ne permettront pas qu’il ait la douleur, après avoir commandé l’artillerie dans les circonstances les plus fâcheuses de la guerre et avoir contribué aux succès les plus éclatants, de voir sa place occupée par des hommes qui se sont constamment tenus en arrière, qui sont absolument étrangers à nos succès, inconnus dans nos armées et qui ont l’impudence de se présenter aujourd’hui pour nous arracher le fruit de la victoire dont ils n'ont pas voulu courir les chances. »


En attendant réponse à sa plainte, Bonaparte, toujours en congé pour maladie, se voyait sommé de reprendre du service et était tancé en ces termes le 16 août :
« Le certificat du citoyen Marquis, officier de santé qui vous traite à Paris, citoyen, et que vous m'avez adressé, ne remplît pas le vœu de la loi du 2 thermidor an II, qui exige que vous vous fassiez visiter par le Conseil de santé. D'un autre côté, par votre lettre du 24 messidor [12 juillet] vous m'observiez que l'on vous faisait espérer que dans deux décades, vous seriez dans le cas de rejoindre l'armée. En conséquence, j'ai tout lieu de présumer que vous êtes en état de vous mettre en route et je vous invite à vous rendre au plus tôt à votre poste où votre présence devient de jour en jour plus nécessaire. Si votre santé ne vous permet pas de servir activement, marquez-le moi et je proposerai votre remplacement au Comité. »

Bonaparte, amer, se confiait dès lendemain 17 août, à Sucy :
" L'on m'a porté pour servir à l'armée de la Vendée comme général de la ligne : je n'accepte pas ; nombre de militaires dirigeront mieux que moi une brigade, et peu commanderont avec plus de succès l'artillerie. Je me jette en arrière, satisfait de ce que l'injustice que l'on fait aux services est assez sentie par ceux qui savent les apprécier. "


Pourtant, après s'être plaint auprès de Barras, Fréron, Pontécoulant, Debry, il fut finalement attaché au Bureau topographique du ministère de la Guerre, dès le lendemain 18 août, avant que trois jours plus tard, un arrêté ne confirme son emploi aux travaux de la direction du Comité de salut public chargée de plans de campagne et de la surveillance des opérations de l’armée de terre.

Le 30 du même mois, Canclaux, commandant de l’armée de l’Ouest, était averti des nouveaux services de Bonaparte et invité à lui trouver un remplaçant à son poste au sein de son armée.
L’armée de l’Ouest n’était donc plus à l’ordre du jour et la situation du jeune général semblait à présent plus claire. Bonaparte allait pourtant déchanter.
Ainsi, le 1er septembre, un rapport répondait enfin à ses doléances formulées le 5 août :
« La loi du 18 floréal dernier [7 mai], loi relative à l’organisation de l'arme de l’artillerie affecte pour ce service vingt officiers généraux en qualité d'inspecteurs au choix du Comité de Salut public. A l'époque de l'organisation, il s'est trouvé environ quarante officiers généraux, vingt étaient par conséquent dans le cas d'être employés dans la ligne, ou admis à la pension de retraite. Du nombre de ceux-ci se trouve le citoyen Buonaparte qui se plaint de n'y avoir pas été compris, étant général de brigade depuis le mois de nivôse de l’an II, tandis que les citoyens Durtubie, Campagnol et Valsin n'y ont été promus qu'au moment du travail même. Il observe que la nomination du premier a d'autant plus étonné qu'il n'a point fait la guerre, qu'il a refusé de la faire depuis le commencement de la Révolution et qu’il est le premier exemple peut-être d'un officier fait général sans avoir vu le feu.
Les inspecteurs généraux d'artillerie ayant été nommés au choix du Comité de Salut public, la Commission ignore quels sont les motifs qui ont exclu le citoyen Buonaparte. Sans doute que le Comité a pensé que pour remplir les fonctions de cet emploi, il ne suffisait pas d'avoir beaucoup de zèle et de courage, mais qu'il fallait y réunir une théorie couronnée par une longue expérience; sous ce rapport, le citoyen Durtubie, méritait la préférence, étant officier depuis 1755 au lieu que le citoyen Buonaparte ne l'est que depuis 1785, c'est-à-dire trente ans après lui. Quant à l'étonnement que le citoyen Buonaparte témoigne de voir le citoyen Durtubie général de brigade sans avoir vu le feu, il ignore sans doute que cet officier a fait une campagne pendant les guerres de Hanovre.
Le citoyen Buonaparte a servi depuis le commencement de la Révolution non seulement avec zèle et autorité, mais il résulte des différents rapports parvenus sur son compte, qu'il a donné des preuves de talent, la commission est même persuadée qu'il peut acquérir toutes les connaissances qui constituent le vrai officier d'artillerie. S'il a paru juste aux représentants du peuple de lui conférer le grade de général de brigade, il l'est également de récompenser d'anciens officiers qui ont quarante ans et plus de service et qui ont également fait des campagnes.
Pour mettre au surplus le Comité de Salut public à même de prononcer sur celle réclamation, on joint les services des différents officiers généraux que le citoyen Buonaparte indique :

Campagnol, 49 ans de service d’officier, 7 campagnes.
Durtubie 40 ans de service d’officier, 1 campagne.
Valsin, 38 ans de service d’officier, campagnes de la révolution.
Lemaire, 20 ans de service d’officier, campagnes de la révolution.
Debelle, 13 ans de service d’officier, campagnes de la révolution.
Buonaparte, 10 ans, lieutenant, le 1er septembre 1785, capitaine, le 6 février 1792, chef de bataillon, le 28 vendémiaire an II, général, le 28 nivôse, an II, vingt-six ans d'âge. »

En conséquence, le 15 septembre, « attendu son refus de se rendre au poste qui lui a été assigné », le Comité de salut public rayait Bonaparte de la liste des officiers généraux employés.
Bonaparte en recevait confirmation deux jours plus tard.


Comme on le voit, et contrairement à ce que dit le Mémorial, Bonaparte ne présenta pas sa démission. De plus, c’est son affectation dans l’infanterie qui déclencha sa colère alors que jusque là la direction de l’artillerie dans l’Ouest n’avait pas officiellement provoqué de rejet comme pourrait le laisser entendre Las Cases.


Le témoignage de Marmont (Mémoires) :

« Le général Bonaparte reçut la mission d’aller commander l’artillerie de l’armée de l’Ouest, en conséquence d’un travail fait et arrêté sur le rapport d’un membre du comité de salut public, Dubois de Crancé. Cette disposition parut un coup funeste au général Bonaparte, et chacun en porta le même jugement. Il quittait une armée en présence des étrangers pour aller servir dans une armée employée dans les discordes civiles. On pouvait espérer raisonnablement que la première serait appelée à frapper de grands coups, à faire des entreprises importantes et glorieuses ; dans l’autre, aucune perspective brillante n’était offerte : des services obscurs, pénibles, quelquefois déchirants, étaient la seule chose à prévoir. Il avait fait sa réputation par ses actions; mais ses actions n’avaient pas encore assez d’éclat pour faire arriver sa renommée hors de l’enceinte de l’armée où il avait servi; et, si son nom était prononcé de Marseille à Gênes avec estime et considération, il était inconnu à Paris et même à Lyon. Ce changement de destination devait donc lui paraître une véritable fatalité, et il ne s’y soumit qu’avec le plus vif regret.
[…]
A la veille de son arrivée [à Paris], un nouveau travail avait été signé, et ce travail l’excluait du service de l’artillerie. Un nommé Aubry, membre du comité de salut public, ancien officier d’artillerie, rempli de passion contre les jeunes officiers de son arme, avait blâmé l’avancement de Bonaparte. Chargé de revoir le travail de Dubois de Crancé, travail ancien déjà de trois mois, il avait rayé Bonaparte du tableau du corps. De tout temps il y a eu dans l’artillerie de grandes difficultés à un avancement extraordinaire, et rien encore n’avait motivé la nécessité de s’écarter de l’usage. Si les circonstances avaient paru expliquer la fortune de Bonaparte, elles n’étaient guère appréciées à une aussi grande distance du théâtre des événements, et un homme comme Aubry, qui n’avait pas fait la guerre, ne pouvait pas les comprendre. Au contraire, il devait apporter et il apporta dans cette affaire les passions résultant de l’âge et des préjugés.
Aubry fut donc sourd aux représentations, et repoussa impitoyablement les réclamations de Bonaparte, appuyées par tous ceux qui l’avaient vu à l’armée. Ces démarches, faites cependant avec toute l’activité de son esprit, toute l’énergie de son caractère, n’obtinrent aucun succès.
[…]
On offrit à Bonaparte de l’employer dans la ligne, c’est-à-dire de lui donner le commandement d’une brigade d’infanterie, et il refusa avec dédain cet emploi. Ceux qui n’ont pas servi dans l’artillerie ne peuvent pas deviner l’espèce de dédain qu’avaient autrefois les officiers d’artillerie pour le service de la ligne ; il semblait qu’en acceptant un commandement d’infanterie ou de cavalerie, c’était déchoir.
[…]
Bonaparte, encore sous l’empire des préjugés de son éducation, refusa donc formellement le commandement offert. »


Un mot de Bourrienne (Mémoires):
"Le gouvernement d'alors avait voulu l'envoyer dans la Vendée comme général de brigade d'infanterie. Deux motifs déterminèrent le jeune Bonaparte à refuser d'y aller. Il regardait ce théâtre comme peu digne de ses talents, et ce changement comme une espèce d'outrage. Le second motif et le plus puissant, c'est qu'il ne voulait pas changer d'arme. C'est le seul qu'il alléguait officiellement."


Une hypothèse formulée par Lentz (Le Grand Consulat) :
"La légende nous dit qu'il refusait de se battre contre d'autres Français. La vérité est peut-être plus prosaïque ; selon quelques esprits critiques. Napoléon courtisait alors Eugénie (Désirée) Clary ; fille d'un riche négociant marseillais, qui séjournait à Gênes. Sans doute préférait-il se rapprocher des Alpes plutôt que de s'éloigner un peu plus d'elle."
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: Bonaparte à l'armée de l'Ouest

Message par Cyril Drouet » 07 oct. 2017, 06:23

Cyril Drouet a écrit :
04 oct. 2017, 18:09
Dans le fil consacré à quelques réflexions de Napoléon sur le conflit vendéen, j’avais retranscrit ce passage du Mémorial :
« Et revenant sur la guerre de la Vendée, il a rappelé qu'il avait été tiré de l'armée des Alpes pour passer à celle de la Vendée, et qu'il avait préféré donner sa démission à poursuivre un service dans lequel, d'après les impulsions du temps, il n'eût pu concourir qu'à du mal, sans pouvoir personnellement prétendre à aucun bien. »
Il convient de préciser (et cela va sans doute devenir assez fréquent à présent) que cette réflexion ne se trouve pas dans la copie du manuscrit de Las Cases de la British Library.
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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