Généraux : Junot

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Demi-solde
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Re: Junot le perturbé...

Message par Demi-solde » 09 nov. 2017, 23:02

On peut tout de même supposer que les multiples traumatismes crâniens, les séquelles et douleurs inhérentes n’ont pas dû arranger son état...


Au combat de la Glisuelle le 11 juin 1792, Junot, volontaire au 2ème bataillon de volontaires de la Côte d’Or, est grièvement blessé d’un coup de sabre à la tête qui lui met la cervelle à nu.

Au combat de Desenzano, lors de la bataille de Lonato, le 16 thermidor an IV (3 août 1796), il reçut effectivement six coups de sabre dont un lui fend la tempe gauche et un semble-t-il à la nuque.

Le 22 germinal an VII (11 avril 1799), Junot n’a pas manqué à sa réputation de vaillant
soldat puisqu’il « a eu son chapeau percé d'une balle et forte contusion à la tête, la manche de son habit également percée et forte contusion au bras. » (Kléber)

Enfin, le 19 janvier 1811, lors de la bataille de Rio Mayor, Junot est blessé grièvement d’une balle au bas du front à Rio Mayor, le nez cassé, la balle s’arrête dans la joue. A l’été 1811 de retour à Paris souffre encore des suites de sa blessure de Rio Mayor, lui ayant excessivement gonflé le nez.


Pour ce qui est de la blessure qui laissait entrapercevoir les battements du cerveau, la première biographe de Junot, sa femme, la duchesse d’Abrantès, en donne deux origines différentes...

« Pendant la campagne d’Italie, au combat de Lonato, il reçut, comme on vient de le voir tout à l’heure, cette belle blessure que l’on voyait à sa tempe gauche, mais la plus affreuse de ses blessures était un coup de feu reçu en Allemagne, lorsqu’il y était simple volontaire. Cette blessure, dont la cicatrice seule faisait frémir, avait du être terrible. On sentait le battement du cerveau, et jamais un peigne ne pouvait la toucher. La cicatrice était longue au moins d’un pouce et profonde de sept à huit lignes. A des intervalles assez rapprochés, pendant les trois ou quatre années qui suivirent cette campagne, cette blessure se rouvrait d’une manière aussi singulière qu’effrayante, et le sang circulant avec une violente rapidité, Junot courait chaque fois le risque d’une hémorrhagie (sic). Un jour, à Milan, étant chez madame Bonaparte, où ils jouaient au vingt-et-un, Junot était assis à une table ronde, tournant le dos à la porte du cabinet du général en chef. Le général sort de son cabinet sans être entendu de Junot. Il fait signe de ne rien dire, et s’avançant doucement, il met sa main dans cette belle chevelure blonde qu’avait alors le jeune aide-de-camp, et lui tire fortement les cheveux. Junot ne put retenir un demi-cri, tant la douleur est violente. Il sourit, mais son visage est devenu pâle comme celui d’un mort, puis d’une rougeur effrayante. Le général retire sa main ; elle était pleine de sang. »

« Junot souffrait cruellement de ses blessures depuis son retour de Russie… La dernière surtout, qu’il avait reçue en Espagne dans l’hiver de 1811, fut d’un effet terrible sur son organisation. Il s’y joignit un renouvellement de souffrance pour une autre blessure reçue en Italie à Lonato. Cette blessure lui ouvrait le crâne ;… elle avait laissé un sillon tellement profond, qu’on y pouvait y mettre un doigt couché en travers. Cette cicatrice fut si longtemps à se refermer, que le général Bonaparte la rouvrit en voulant plaisanter, près de six mois après qu’elle fut fermée… J’ai mis tous ces détails, quoique j’en aie parlé dans mon Ve volume, parce que la dernière de ces blessures a probablement attaqué les fibres du cerveau et remis en désordre tout l’équilibre cérébral… Junot, sans rien avoir perdu de ses facultés intellectuelles, était dans un état étrange… il était souvent dans une somnolence très marquée pendant le jour, et la nuit ne lui amenait aucun sommeil… »


Cordialement

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Maria Kel
 
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Re: Junot le perturbé...

Message par Maria Kel » 09 nov. 2017, 23:25

Merci pour ce texte très intéressant, pauvre Junot. Il parait qu'il avait changé après sa blessure de Lonato (il était devenu encore plus irascible)
“Le grand orateur du monde, c'est le succès.”

Napoléon

Peyrusse

Junot en Russie (d'après Arthur Chuquet)

Message par Peyrusse » 09 nov. 2017, 23:54

"On sait que l'Escadron sacré, ou, comme on la nomma aussi, la garde d'honneur, ou, comme l'appelle Junot, les compagnies d'officiers, fut constitué à Bobr au matin du 23 novembre [1812] et formé de tous les officiers de cavalerie encore montés qui n'avaient plus de troupes à conduire. Il eut pour chef suprême Murat, le roi de Naples, et pour colonel le général Grouchy. Junot, dans la lettre suivante, prie l'Empereur, inutilement du reste, de lui donner le commandement de l'escadron sacré.

Arthur CHUQUET

---------------------------------
Bobr, 23 novembre 1812.

Sire, il ne me reste pas un soldat d'infanterie du 8ème corps, je n'ai pas une pièce de canon et ma cavalerie a à peine cent chevaux. Votre Majesté appelle à sa garde les officiers de sa cavalerie. Je les commande aujourd'hui, et s'ils doivent être employés près de Votre Majesté Impériale, ne serai-je pas jugé digne de les commander aussi ? Qui pourra y mettre plus de dévouement ? Et quel officier général date d'aussi longtemps que moi l'honneur de garder Votre Majesté ? C'est aujourd'hui, Sire, que je réclame le souvenir des bontés dont j'ai été comblé depuis vingt ans. Servir près de Votre Majesté dans cette époque difficile, lui consacrer mes veilles et exposer ma vie avec délices pour elle, voilà mes derniers vœux, voilà. Sire, la dernière grâce que je sollicite de Votre Majesté Impériale à qui je dois tout ce que je suis, ce que ma vie ne peut payer.

Arthur Chuquet, « 1812. La Guerre de Russie. Notes et Documents. Troisième série », Fontemoing et Cie, Editeurs, 1912, p.55.

Peyrusse

Junot en Russie (d'après le général de Dedem de Gelder)

Message par Peyrusse » 09 nov. 2017, 23:58

"Tandis que nous nous étions rendus maîtres de cette ville [Smolensk], le général Gouvion Saint-Cyr avait remporté une victoire signalée, sur le prince de Wittgenstein, les 17 et 18 août [à Polotsk] ; il y avait gagné le bâton de maréchal. Cette récompense fit plaisir à toute l’armée, dont le nouveau maréchal était aimé et estimé.Moins heureux, le duc d’Abrantès [général Junot], au combat de Valoutina dans les environs de Smolensk, fit faire un faux mouvement aux troupes placées sous ses ordres, ce qui lui valut sa disgrâce. L’Empereur le traita avec dureté, lui reprocha publiquement sa conduite dilapidatoire et ses vols au Portugal, et, lorsque les chefs de corps furent réunis au Kremlin, il dit tout haut : « Quant au duc d’Abrantès, il ne doit point se trouver ici ». En effet, celui-ci avait eu la prudence de ne point se montrer. » "
-------------------------------
« Un général hollandais sous le Premier Empire. Mémoires du général Baron de Dedem de Gelder (1774-1825) », Plon, 1900, p.233. En 1812, cet officier commanda une brigade sous les ordres du maréchal Davout. Plus tard, lors de la retraite de Russie, le général de Dedem de Gelder est à l’avant-garde sous les ordres de Murat.

Peyrusse

Junot, encore...

Message par Peyrusse » 10 nov. 2017, 00:05

Extrait d’une lettre d’une lettre de Guillaume Peyrusse à son frère André. Elle est datée de Dresde, 8 septembre 1813.
-------------
"Le duc d’Abrantès [général Junot] avait été envoyé en Illyrie, il y est devenu fou à lier, il a été ramené dans sa famille où il est mort. Il n’avait pas été très heureux en Russie, il y a eu un transport au cerveau ; voilà tout ce que nous ne savons. "

(Lettres inédites du baron Guillaume Peyrusse écrites à son frère André, pendant les campagnes de l’Empire, de 1809 à 1814. Publiées d’après les manuscrits originaux, avec une notice sur Peyrusse par Léon-G. Pélissier », Perrin et Cie, 1894, p. 166 et pp.167-169).

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Demi-solde
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Re: Junot en Russie (d'après Arthur Chuquet)

Message par Demi-solde » 10 nov. 2017, 19:57

Peyrusse a écrit :
09 nov. 2017, 23:54
"On sait que l'Escadron sacré, ou, comme on la nomma aussi, la garde d'honneur, ou, comme l'appelle Junot, les compagnies d'officiers, fut constitué à Bobr au matin du 23 novembre [1812] et formé de tous les officiers de cavalerie encore montés qui n'avaient plus de troupes à conduire. Il eut pour chef suprême Murat, le roi de Naples, et pour colonel le général Grouchy. Junot, dans la lettre suivante, prie l'Empereur, inutilement du reste, de lui donner le commandement de l'escadron sacré."

Arthur CHUQUET
Je crois me souvenir que l'embryon de l'escadron sacré est constitué à Krasnoïe le 17 novembre par un groupe d'officiers encore montés (il reste alors quelques 500 chevaux) et placé alors sous le commandement de Junot.

Ce qui lui fera peut-être espérer obtenir le commandement de l'escadron sacré lors de sa création à Bobr...

Cordialement

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Cyril Drouet
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Re: Généraux : Junot

Message par Cyril Drouet » 03 janv. 2019, 17:59

Un document intéressant : la lettre du consul de Trieste, Siguier, adressée à Eugène, le 28 juin 1813 :
"Monseigneur,
La nature du mal qui influait depuis quelque temps d'une manière progressive et toujours plus forte sur l'état physique et moral de S. E. M. le Duc d'Abrantès, vient de prendre le caractère le plus fâcheux.
Votre Altesse impériale avait déjà pu le préjuger par ma lettre d'hier; aujourd'hui l'officier de gendarmerie de Goritz vient de rendre à son chef à Trieste le rapport officiel dont voici l'extrait : M. le Duc d'Abrantès est sorti de chez lui cette nuit après avoir mis le feu lui-même à son palais et s'est mis à courir les rues en criant qu'on avait voulu l'assassiner et que les brigands avaient mis le feu chez lui. Il était suivi d'un de ses aides-de-camp accouru au bruit et qui cherchait vainement à le retenir. Bientôt le commandant d'armes et le commandant de la gendarmerie l'ont joint. M. le Duc venait d'entrer dans un cabaret où il a continué à dire et à faire toutes sortes d'extravagances. On a essayé de le ramener dans son palais où le feu avait été promptement éteint, mais on n'a pu l'y décider. Se trouvant cependant fatigué, il s'est fait un lit avec des chaises, y a fait porter du foin et s'est jeté dessus. Son délire continuait encore à 3 heures du matin, moment où le rapport a été écrit. Une estafette a été envoyée à Laybach pour informer M. l'Intendant Général de ce pénible événement."



Au reçu de la missive, Eugène avertit l'Empereur (30 juin 1813) :
" Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que j'ai reçu ce matin les deux lettres que je joins ici en original. Les renseignements particuliers que j'avais sont d'accord avec ces deux rapports. Je pense qu'il devient très-urgent, pour le service de Votre Majesté, de désigner un bon officier général pour remplir les fonctions de gouverneur de l'Illyrie. Le duc d'Abrantès n'est définitivement plus bon à rien, et je pense que Votre Majesté peut l'autoriser à rentrer en France, pour y soigner sa santé. Comme il était cependant de mon devoir de pourvoir au plus pressé, j'ai envoyé de suite en Illyrie l'adjudant commandant Lecat pour remplir les fonctions de chef d'état-major. C'est un officier fort tranquille et sûr, qui a l'habitude des détails et qui fera sûrement exécuter les ordres qu'il recevra."

Lettre suivie d'une seconde le 2 juillet suivant :
"J'ai l'honneur aussi d'adresser ci-joint à Votre Majesté le rapport que me fait le colonel de gendarmerie de l'Illyrie sur la continuation de la maladie du duc d'Abrantès. J'ai écrit à l'intendant général des provinces Illyriennes pour qu'il donne tous ses soins au gouverneur général, qu'il le fasse garder soigneusement chez lui, si son état de démence continue, et que, pour peu que cet état cause le moindre scandale, il le dirige sur la France pour y faire soigner sa santé."




L'Empereur répondit en ces termes le 6 juillet :
" Après un événement comme celui-là, il n'y a pas un moment à perdre pour donner ordre au duc d'Abrantès de se rendre chez lui en Bourgogne. L'administration passera dans les mains de l'intendant. Envoyez un militaire prendre le commandement par intérim, jusqu'à ce que j'aie nommé un autre gouverneur; vous pouvez donner cette mission à un de vos aides de camp, qui vous rendra compte de tout et soumettra ce qu'il y a d'important à votre décision."

Et poursuivait ainsi deux jours plus tard :
" Mon fils, je suis surpris qu'après tout ce qu'a fait le duc d'Abrantès vous ne l'ayez pas renvoyé en France. Je ne puis que vous exprimer mon mécontentement de ce que vous n'avez pas fait cesser un spectacle aussi affligeant pour des Français en pays étranger. Faites-le partir sans délai, et, comme il ne faut pas qu'il aille à Paris, où il est trop connu, il faut qu'il soit conduit chez son père, aux environs de Dijon. Écrivez au ministre de la guerre pour que sa femme aille à sa rencontre et se charge de le conduire."



Le même jour, le rapport de d'Eugène était toujours aussi alarmant :
" Sire,
J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que le duc d'Abrantès a quitté inopinément Gorizia pour se rendre probablement à Venise. Il lui a pris en route un accès de fureur assez violent pour obliger les personnes qui l'accompagnaient à s'arrêter. On a dû même lui ôter ses armes, car il en usait contre les personnes qui lui causaient la moindre contrariété. Il paraissait hier un peu plus calme, sans cependant avoir pu retrouver sa raison. Votre Majesté pourra en juger par la copie de la lettre que j'ai reçue de lui ce matin. J'ai recommandé au général Verdier, qui est sur les lieux, de prendre les plus grands soins de sa personne, et je compte le voir moi-même après-demain en passant à Trévise. Je jugerai alors l'état réel de son mal ; et s'il est tel que les apparences le font craindre, je prendrai le parti de l'envoyer, sous la conduite d'un bon officier, dans sa famille, pour s'y soigner et j'en préviendrai le duc de Feltre."

La lettre du duc d'Abrantès évoquée ici par le vice-roi mérite d'être rapportée :
" Monseigneur,
Si j'osais proposer à V. A. I. un petit déjeuner pour demain à midi, je le prierais de partir avec toute sa maison, ses fusils et ses chiens, pour chasser jusqu'à dix heures aux cailles. Nous trouverons peut-être quelques perdrix, des lièvres, des renards et quelques chevreuils. Nous partirons à huit ou neuf heures du soir.
J'aurai soin de choisir votre place et j'espère de nous amuser un peu.
J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect de V. A. I., Monseigneur, le très humble, très obéissant serviteur et ami depuis seize ans, tant à Palmanon où j'ai son médecin que du côté de San-Stefano de Pernetti, où nous avions des canons, et où V. A. I. a mis avec moi pour la première fois le sabre à la main. Vous étiez bien jeune alors et à présent vous êtes un bien grand général et vous pouvez nous admettre à partager votre gloire ; mais aujourd'hui ce n'est pas de la guerre dont il faut parler; je ne pense qu'à la paix et j'ai un projet immense qui, je suis sûr, réussira avec tous les souverains du monde et dont le grand Napoléon sera le chef.
Je vous fais, de mon autorité privée, roi depuis l'Adige Jusqu'à Cattaro. Je vous donne tout ce que les Turcs possèdent en Bosnie, en..., en... jusqu'au Bosphore de Trace, Je vous donne une isle dans l'Adriatique, une dans la mer Noire, une dans la mer Rouge, une dans la Méditerranée, une dans l'Océan, une dans l'Inde.
16 portions des mines d'or, d'argent et de diamants sont distribuées de la manière suivante :
A S. M. le Grand Napoléon : 4 ;
A S. A. I. le vice-roi que je fais empereur ou comme Napoléon voudra: 2;
Au prince de Neuchâtel que je fais empereur d'Autriche : 1/2;
Aux rois de la Confédération, à l'empereur d'Autriche que Napoléon fera, comme il voudra, empereur d'Espagne ou roi, au roi de Naples, au roi de Hollande, au roi de Westphalie, au roi (sic), et à tous les rois que l'Empereur fera encore : 4 ;
Aux Anglais 1/2, et à moi 1/2, pour gouverner le Brésil, le Portugal, la moitié de l'Amérique septentrionale dont les Anglais auront l'autre moitié, les isles de la mer du Sud, les grandes Indes et la Chine si l'Empereur le veut.
Nous nous emparerons de tout et nous nous ferons couronner au milieu de dix millions de soldats, tous amis, au milieu de Pékin et dans dix ans tout cela sera exécuté. Je vous dirai tous les détails des détails de vive voix."


Le 10 juillet, Eugène rencontrait Junot, et en témoignait ainsi le lendemain à Napoléon :
"J'ai vu hier, moi-même, à Trévise, le duc d'Abrantès; je me suis assuré qu'il avait tout à fait perdu la tête, et qu'il avait le plus grand besoin de soigner sa santé. J'ai pris les mesures pour que deux officiers et deux ordonnances le ramènent avec tous les soins possibles au sein de sa famille, et j'ai fait remettre les fonds convenables, car il était sous ce rapport dénué de toutes ressources. "



Il ne restait au duc d'Abrantès que 19 jours à vivre...
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Re: Généraux : Junot

Message par Marc Morillon » 17 févr. 2019, 14:54

Bonjour à tous

En relisant tout cela et dans l'hypothèse où Junot ait effectivement souffert de la syphilis, mal fréquent à l'époque, il est bien probable que ces accès de folie ne soient pas liés aux traumatismes crâniens mais bien à une atteinte cérébrale que l'on voit dans la phase tardive dite tertiaire de la maladie. D'autres personnalités ont souffert de cette forme cérébrale de la maladie avec des conséquences diverses: le président Paul Deschanel et le général Gamelin...
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Re: Généraux : Junot

Message par Turos M. J. » 17 févr. 2019, 15:25

Je pense que c'est une hypothèse très fiable.
... il pourrait aussi s'agir des effets lointains du soleil ou d'un coup de chaleur qu'il aurait pu avoir en Russie en juillet ou en août 1812.

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Re: Généraux : Junot

Message par Demi-solde » 17 févr. 2019, 18:31

Marc Morillon a écrit :
17 févr. 2019, 14:54
En relisant tout cela et dans l'hypothèse où Junot ait effectivement souffert de la syphilis, mal fréquent à l'époque, il est bien probable que ces accès de folie ne soient pas liés aux traumatismes crâniens mais bien à une atteinte cérébrale que l'on voit dans la phase tardive dite tertiaire de la maladie.
Vous avez raison, les accès de folie font immanquablement penser à la syphilis, mais les deux atteintes ne sont pas antinomiques, au contraire. Dès le combat de la Glisuelle, Junot est grièvement blessé, souffrant d'un grave traumatisme crânien avec fracture du crâne. Et l'on ignore évidemment les dommages cérébraux plus profonds de ce coup de sabre (comme des suivants...). Dès le 11 juin 1792 donc, Junot est un grand blessé et les normes actuelles lui interdiraient purement et simplement tout retour au front. Mais il y retourna, et tête la première...

Ne restait plus à la probable syphilis qu'à ronger ce que les multiples et sévères traumatismes crâniens n'avaient pas encore atteint... Ce cocktail ne pouvait que faire des ravages.


Cordialement

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