Ben Weider est il historien ?

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Hypolite

Message par Hypolite » 10 mars 2003, 21:50

Encore une fois, l'objectivité en histoire n'existe pas et certaines affirmations de Tulard n'auraient presque rien à envier à Caratini ! :roll:
Ce que vous appelez de "l'objectivité" n'est que de la frilosité et du "politiquement correct" ! :?

Florian

Message par Florian » 10 mars 2003, 22:05

Mais cette question de l'objectivité est à la fois primoridale et insignifiante:
-Il est évident qu'on ne peut pas faire de la bonne histoire en partant avec des partis pris exacérbés comme le font des gens comme Caratini ou Weider.
-Il est fort probable qu'il soit presqu'impossible d'être totalement objectif (mais tout cela dépend de ce que l'on traite, on peut exposer des faits, des chiffres objectivement). Mais est ce que cela empêche de tout faire pour l'être?
Pour moi, l'objectivité est un préalable à toute bonne historiographie, mais ce n'est pas ce qui fait sa qualité.
Et puis cette question de l'objectivité ne se pose vraiment que dans des domaines très précis. Les médiévistes ou les historiens de l'Antiquité ne sont par exemple pas vraiment concernés.

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Cyril Drouet
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Re: Ben Weider est il historien ?

Message par Cyril Drouet » 26 janv. 2019, 10:43

Albert a écrit : M. Ben Weider n'a jamais prétendu être un historien !
C'est une homme d'affaires qui, parti de zéro, est devenu le milliardaire que l'on sait.
Son père, au moment de sa mort, lui a fait promettre de défendre la mémoire de l'Empereur Napoléon pour ses bienfaits à l'égard du peuple juif (entre autres).
A près de 80 ans, il tient parole et il la tiendra jusqu'à son dernier souffle, soyez-en sûr.
Il est l'avocat qui a fait défaut à l'Empereur au Congrès de Vienne en 1814-15...
Quant aux écrits de Jean Tulard cités par Ben Weider, ce sont bien ses écrits :fou:
Qu'on veuille le réduire idéologiquement passe encore, mais le dépeindre physiquement de façon aussi peu élogieuse est suspect. A cet égard, Jean Tulard quitte son statut d'enseignant pour se ranger dans le camp des pamphlétaires. Après en avoir été le président, sa présidence d'Honneur de l'Institut Napoléon devient discutable.
Récemment, l'un des membres de ce forum nous a rapporté une anecdote croustillante sur sa rencontre avec Jean Tulard, dans les ...toilettes d'un aéroport... que je me suis empressé d'effacer afin qu'elle ne puisse nuire à la réputation de ce dernier.
Quand je lis la description qu'il donne de Napoléon, à l'évidence, lui et moi n'avons pas reçu la même éducation.

Albert



Il est bien navrant (pour ne pas dire plus... :? ), mais éclairant (c'est toujours ça... :roll: ), de voir les mensonges et les méthodes de Weider appuyés de cette manière...




Je m'explique :
Petites manipulations et tour de passe-passe de M. Weider :


Weider a écrit : ….Contrairement à sa légende, l’homme se révèle souvent hésitant…
Ici Weider "oublie" de terminer la phrase : "Contrairement à sa légende, l’homme se révèle souvent hésitant lorsqu'il n'est pas sur un terrain qui lui est familier : il remet sa décision constamment pour le problème de jonction du Louvre et des Tuileries, par exemple"


Weider a écrit : ….Il est émotif, coléreux, dépressif…
Là encore, Ici Weider "oublie" des passages (pour ce qui est d'être dépressif, je laisse Tulard a ses considérations qui me semblent bien difficiles à démontrer):
Il est émotif, coléreux (mais beaucoup de ses colères sont feintes), dépressif ("toujours seul au milieu des hommes, je rentre pour rêver avec moi-même et me livrer à toute la vivacité de la mélancolie. De quel côté est-elle tournée aujourd'hui ? Du côté de la mort. Puisque je dois mourir ne vaut-il pas autant se tuer ?") : il tentera, semble-t-il de se suicider en 1814."


Weider a écrit : ….Initié par une prostituée du Palais Royal, il a découvert l’amour dans les bras de Joséphine qui avait le plus joli petit cul du monde.
Là encore, Ici Weider "oublie" des passages et transforme la prose de celui sur lequel il crache:
"Initié par une prostituée du Palais Royal (il a confié lui même cette rencontre), il a découvert l’amour dans les bras de Joséphine (dont il parlera en des termes de garnison : "Elle avait le plus joli petit c... du monde")


Weider a écrit : Rien ne permet d’affirmer qu’il eut plus que de l’affection pour sa soeur Pauline. (ceci est une perfide calomnie)
"Perfide calomnie" ? Pour que cela en soit une, il aurait fallu écrire : " Rien ne permet d’affirmer qu’il n'eut pas plus que de l’affection pour sa soeur Pauline.".
Non seulement Weider ne comprend pas ici ce qu'il lit, mais là encore, il "oublie" des passages :
"Rien ne permet d’affirmer qu’il eut plus que de l’affection pour sa soeur Pauline, mais les pamphlets du temps parlèrent d'une complicité amoureuse."





Weider n'a pas seulement manipulé de manière malhonnête les écrits de Tulard, il les a aussi commenté laconiquement mais surtout de manière bien légère (je ne m'en tiendrai ici qu'aux points aisément abordables, sans besoin de se lancer dans de longs développements)

Weider a écrit : Napoléon a souffert, comme tous les cavaliers de son temps, de crises d’hémorroïdes. (mensonge)
"Mensonges" ? A la lecture, on pourrait penser à des crises régulières ; ce qui ne semblent pas être cas, mais Bonaparte a bien souffert d'hémorroïdes durant la premières campagne d'Italie :
"Mon Frère, j'apprends que vous avez des hémorroïdes. Le moyen le plus simple de les faire disparaître, c'est de vous faire appliquer trois ou quatre sangsues. Depuis que j'ai usé de ce remède, il y a dix ans, je n'en ai plus été tourmenté."
(Napoléon à Jérôme, 26 mai 1807)


Weider a écrit : ….On sait aussi qu’en 1814, au moment du départ pour l’Île d’Elbe, il était atteint d’une maladie vénérienne. (mensonge et perfide calomnie)
Les éléments manquent, mais de là à balayer tout cela par une telle accusation : "mensonge et perfide calomnie", c'est sans doute un peu trop rapide et surtout beaucoup trop fort.
Sans doute Tulard fait-il là une allusion à l’ouvrage du commissaire prussien Waldbourg-Truchsess (Nouvelle relation de l’itinéraire de Napoléon, de Fontainebleau à l’île d’Elbe) :
« Une circonstance que je voudrais omettre, mais que ma qualité d'historien ne me permet pas de passer sous silence, c'est que notre intimité avec l'Empereur auprès duquel nous étions sans cesse dans la même chambre, nous fit découvrir qu'il était attaqué d'une maladie galante; il s'en cachait si peu, qu'il employait en notre présence les remèdes nécessaires; et nous apprîmes de son médecin, que nous questionnâmes, qu'il en avait été attaqué à son dernier voyage à Paris. »

Charras (Histoire de la campagne de 1815) s’en est fait également l’écho :
« Nous-même, jusqu'ici, nous n'avions pas cru devoir parler, même par allusion, d'une troisième maladie, accidentelle celle-là, qui gêna, incommoda beaucoup Napoléon; mais, puisqu'on a tant de peine à admettre qu'il ait pu être malade, nous serons moins réservé dans cette note spéciale : Napoléon, au retour de l'Ile d'Elbe, avait contracté la maladie dont mourut François 1er.
M. Thiers, qui a été fort avant, dit-on, dans l'intimité de Jérôme Bonaparte, ne peut ignorer cela; car l'ancien roi de Westphalie n'en a jamais fait mystère. Il y a onze ans, notamment, il en témoignait dans deux lettres que nous avons lues et qui existent sans doute encore. »

A noter que l’ouvrage de Waldbourg-Truchsess arriva à Sainte-Hélène. Gourgaud interrogea Bertrand sur la question (Journal de Sainte-Hélène) :
« L’affaire galante est fausse, à moins que l’on n’ait cru que l’Empereur prenait du réglisse pour cela. »





Comme on le voit, la manière dont Weider a abordé les écrits de Tulard est fort discutable et sur certains points tout simplement malhonnête.
Pour ce qui est de sa conclusion, elle est lourde de sens :
Weider a écrit : " ["Les citations ci-dessus"] montrent clairement que Jean Tulard est un contempteur de Napoléon"

Rien que cela...
Penchons-nous donc sur ces fameuses citations si « éclairantes » sur les agissements de Tulard. J'ai plus haut déjà évoqué certaines citations manipulées et tronquées, j'y reviens et en abordent d'autres :

Tulard a écrit : Au physique il y a Bonaparte, le maigre aux longs cheveux et Napoléon, le ventripotent aux cheveux ras.
Il est étonnant que Weider cite ici ce passage, ma foi fort anodin, pour démontrer l’anti-napoléonisme de Tulard. Au pire, pourrait-on rétorquer que Bonaparte n’a pas toujours été maigre et n’a pas toujours eu les cheveux longs, et que Napoléon n’a pas toujours été ventripotent. Les témoignages et l’iconographie sur ces points sont suffisamment nombreux et riche pour qu’il ne soit pas nécessaire de s’étendre.

Tulard a écrit : Il parlait vite, avec un accent corse mais, à l’écrit, ne faisait pas plus de fautes d’orthographe que ses contemporains.

-Le débit :
« Bonaparte s'exprime d'une manière brève et énergique »
(D'Andigné, Mémoires)

« Dialogue vif, rapide »
(Planat de la Faye Vie de Planat de la Faye : souvenirs, lettres et dictées recueillis et annotés par sa veuve)

« Il parle vite »
(Senhouse, lettres à son épouse publiées par le Macmillan Magazine)


-L'accent :
"Un accent étranger, désagréable à l'oreille"
(D’Andigné, Mémoires)

« Lorsqu'il s'exprimait en français, on s'apercevait qu'il était étranger. »
(Chaptal, Mes souvenirs sur Napoléon)


-L'orthographe
« Il en était de même de l'orthographe [ses défaut de prononciation qu'il remarquait et corrigeait chez les autres]; la plupart du temps il n'en écrivait pas un mot, et si nos copies lui eussent été portées en faute, il s'en fût plaint.
Un jour l'Empereur me disait:
"Vous n'écrivez pas l'orthographe, n'est-ce pas ?"
Ce qui fit sourire malignement le voisin, qui prenait cela pour un jugement. L'Empereur, qui s'en aperçut, reprit:
"Du moins, je le suppose; car un homme public et dans les grandes affaires, un ministre, ne peut, ne doit pas écrire l'orthographe. Ses idées doivent courir plus vite que sa main, il n'a le temps que de jeter des jalons; il faut qu'il mette des mots dans des lettres et des phrases dans des mots; c'est ensuite aux scribes à débrouiller tout cela.»
(Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène)
« Il écrivait par exemple cabinet, gabinet, Caffarelli Gaffarelli, afin que, enfin que, infanterie, enfanterie. »
(Méneval, Souvenirs historiques)

« Je ne puis m’empêcher de faire remarquer comment, connaissant si bien les auteurs qu’il demandait et les généraux dont il voulait avoir l’histoire, il a pu écrire Ducecling, Océan. Certes, pour deviner Ossian, il fallait bien connaître sa passion favorite pour ce barde. »
(Bourrienne, Mémoires)

« Il ne traçait que des caractères imparfaits et n'achevait jamais ni le mot ni la ligne, passant du reste sans scrupule par-dessus toutes les exigences de l'orthographe »
(Fain, Mémoires)

« L'orthographe de son écriture était incorrecte, quoiqu'il sût bien en reprendre les fautes dans l'écriture des autres. C'était une négligence passée en habitude; il ne voulait pas que l'attention qu'il aurait donnée à l'orthographe, pût brouiller ou rompre le fil de ses idées. »
(Méneval, Napoléon et Marie-Louise, Souvenirs historiques)

« Je préviens une fois pour toutes, que dans les copies que je donnerai des écrits de Bonaparte, je rétablirai l'orthographe qui est en général si extraordinairement estropiée, qu'il serait ridicule de les copier exactement »
(Bourrienne, Mémoires)

« Souvent aussi il lui arrivait par insouciance et par distraction, d’offenser l’orthographe, et l’on n’ a point manqué d’en tirer la conséquence qu’il était complètement ignorant. »
(Fleury de Chaboulon, Mémoires pour servir à l’histoire de la vie privée, du retour et du règne de Napoléon en 1815 »)

Tulard a écrit : Il est émotif, coléreux (mais beaucoup de ses colères sont feintes)
Les colères feintes :
« Les actes de l'Empereur, quelque passionnés qu'ils parussent, étaient toujours accompagnés de calculs. « Quand un de mes ministres, disait-il, ou quelque autre grand personnage avait fait une faute grave, qu'il y avait vraiment lieu à se fâcher, que je devais vraiment me mettre en colère, être furieux, alors j'avais toujours le soin d'admettre un tiers à cette scène ; j'avais pour règle que quand je me décidais à frapper, le coup devait porter sur beaucoup ; celui qui le recevait ne m'en voulait ni plus ni moins ; et celui qui en était le témoin, dont il eût fallu voir la figure et l'embarras, allait discrètement transmettre au loin ce qu'il avait vu et entendu : une terreur salutaire circulait de veine en veine dans le corps social. Les choses en marchaient mieux ; je punissais moins, je recueillais infiniment, et sans avoir fait beaucoup de mal »
(Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène)

Tulard a écrit : "Contrairement à sa légende, l’homme se révèle souvent hésitant lorsqu'il n'est pas sur un terrain qui lui est familier : il remet sa décision constamment pour le problème de jonction du Louvre et des Tuileries, par exemple"
Sans rentrer dans les détails, on peut citer la conclusion de Poisson dans son chapitre consacré au Louvre (Napoléon 1er et Paris) :
« Sans pouvoir faire aboutir une solution satisfaisante qu’il ne concevait pas, il avait eu du moins le mérite d’écarter une erreur, mais l’on avait perdu beaucoup de temps et l’achèvement du Louvre s’en trouvera reculer de quarante ans. Les hésitations de Napoléon et de Fontaine avaient retardé les travaux et empêché leur conclusion »

Tulard a écrit : "Initié par une prostituée du Palais Royal (il a confié lui même cette rencontre), il a découvert l’amour dans les bras de Joséphine (dont il parlera en des termes de garnison : "Elle avait le plus joli petit c... du monde")
La prostituée :
Ecrit daté du 22 novembre 1787 :
"Je sortais des Italiens et me promenais à grands pas sur les allées du Palais Royal. Mon âme, agitée par les sentiments vigoureux qui la caractérisent, me faisait supporter le froid avec indifférence ; mais, l’imagination refroidie, je sentis les rigueurs de la saison et gagnai les galeries. J’étais sur le seuil de ces portes de fer quand mes regards errèrent sur une personne du sexe. L’heure, la taille, sa grande jeunesse ne me firent pas douter qu’elle ne fût une fille. Je la regardais : elle s’arrêta non pas avec cet air grenadier [des autres], mais un air convenant parfaitement à l’allure de sa personne. Ce rapport me frappa. Sa timidité m’encouragea et je lui parlai… Je lui parlai, moi qui, pénétré plus que personne de l’odieux de son état, me suis toujours cru souillé par un seul regard… Mais son teint pâle, son physique faible, son organe doux, ne me firent pas un moment en suspens. Ou c’est, me dis-je, une personne qui me sera utile à l’observation que je veux faire, ou elle n’est qu’une bûche.
– Vous aurez bien froid, lui dis-je, comment pouvez-vous vous résoudre à passer dans les allées ?
– Ah ! monsieur, l’espoir m’anime. Il faut terminer ma soirée.
L’indifférence avec laquelle elle prononça ces mots, le flegmatique de cette réponse me gagna et je passai avec elle.
– Vous avez l’air d’une constitution bien faible. Je suis étonné que vous ne soyez pas fatiguée du métier.
– Ah ! dame, monsieur, il faut bien faire quelque chose.
– Cela peut-être, mais n’y a-t-il pas de métier plus propre à votre santé ?
– Non, monsieur, il faut vivre.
Je fus enchanté, je vis qu’elle me répondait au moins, succès qui n’avait pas couronné toutes les tentatives que j’avais faites.
– Il faut que vous soyez de quelques pays septentrionaux, car vous bravez le froid.
– Je suis de Nantes en Bretagne.
– Je connais ce pays-là… Il faut, mademoiselle, que vous me fassiez le plaisir de me raconter la perte de votre p…
– C’est un officier qui me l’a pris.
– En êtes-vous fâchée ?
– Oh ! oui, je vous en réponds. (Sa voix prenait une saveur, une onction que je n’avais pas encore remarquée). Je vous en réponds. Ma soeur est bien établie actuellement. Pourquoi ne l’eus-je pas été ?
– Comment êtes-vous venue à Paris ?
– L’officier qui m’avilit, que je déteste, m’abandonna. Il fallut fuir l’indignation d’une mère. Un second se présenta, me conduisit à Paris, m’abandonna, et un troisième avec lequel je viens de vivre trois ans, lui a succédé. Quoique Français, ses affaires l’ont appelé à Londres et il y est. Allons chez vous.
– Mais qu’y ferons-nous ?
– Allons, nous nous chaufferons et vous assouvirez votre plaisir.
J’étais bien loin de devenir scrupuleux, je l’avais agacée pour qu’elle ne se sauvât point quand elle serait pressée par le raisonnement que je lui préparais en contrefaisant une honnêteté que je voulais lui prouver ne pas avoir…"


La citation sur Joséphine :
« Elle avait le plus joli petit c... qui fût possible »
(Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène)





Ainsi, pour ne pas être qualifier de "contempteur de Napoléon" (sic), il faudrait taire certains aspects (dont certains bien anodins) de la vie de Napoléon ou de son physique pourtant sourcés ? Quelle misère...
Et puis, non seulement Weider tronque les citations qu'il nous donne, mais il en cache d'autres qui n'iraient guère de pair avec ses accusations vis à vis du "contempteur de Napoléon", vis à vis de celui à cause de qui (rien que cela) "se diffusent et se perpétuent les mensonges les plus grossiers et les calomnies les plus perfides" :
Tulard a écrit : "Sa mémoire était prodigieuse"
"Sa culture incontestable"
"Très propre"
"Ses qualités de général"
"L'administrateur fut peut-être d'ailleurs supérieur au général"
"Il a imposé des conceptions administratives qui annoncent une nouvelle époque"
"L'esprit de courtisan à part, les conseillers d'Etat le virent avec admiration mener leurs débats"


Cachez donc ces louanges que je ne saurais voir...
La napoléonâtrie n'est pas seulement une approche partisane et malhonnête de l'histoire napoléonienne, c'est aussi un prisme déformant où tout ce qui ne courbe pas l'échine face à l'Idole est vu immanquablement comme un anti-napoléonien à combattre et, en certains lieux :roll: , à faire taire.
Outre ses positions vis à vis de la thèse de l'empoisonnement, Tulard n'échappe pas à la règle et le torchon de Weider en est malheureusement la triste et lamentable démonstration.
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: Ben Weider est il historien ?

Message par Bernard » 26 janv. 2019, 11:30

Cyril Drouet a écrit :
26 janv. 2019, 10:43
Outre ses positions vis à vis de la thèse de l'empoisonnement, Tulard n'échappe pas à la règle et le torchon de Weider en est malheureusement la triste et lamentable démonstration.
Votre démonstration est intéressante et bien argumentée. Mais qu'avez-vous voulu dire par cette dernière phrase beaucoup moins claire que la longue démonstration qui précède ?

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Re: Ben Weider est il historien ?

Message par Cyril » 26 janv. 2019, 11:50

Bon j'ai tout lu :mrgreen:

Je vous l’avoue sans honte, je ne lis pas toujours vos longs textes (A tous pas seulement Cyril).
C'est assez intéressant, mais à la fin on tombe et c'est bien une habitude sur une des deux choses qui titillent au choix: empoisonnement ou tombeau.
Je ne vais pas dire que c'est in-intéressant comme sujets mais il faut l'avouer moi je m'en fiche, admettons que notre cher Empereur est mort empoisonné et que ces cendres ne sont pas à Paris....bon et bien....cela ne change pas grand chose, au pire quelques lignes dans la grande Histoire de L'Empire et de Napoléon.
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Re: Ben Weider est il historien ?

Message par Cyril Drouet » 26 janv. 2019, 11:56

Bernard a écrit :
26 janv. 2019, 11:30
Cyril Drouet a écrit :
26 janv. 2019, 10:43
Outre ses positions vis à vis de la thèse de l'empoisonnement, Tulard n'échappe pas à la règle et le torchon de Weider en est malheureusement la triste et lamentable démonstration.
Votre démonstration est intéressante et bien argumentée. Mais qu'avez-vous voulu dire par cette dernière phrase beaucoup moins claire que la longue démonstration qui précède ?
J'ai voulu dire que le torchon de Weider démontre que lorsque l'on verse dans la napoléonâtrie (Weider était un triste exemple de ce genre d’idolâtrie), on n'a pas seulement une approche malhonnête et partisane de l'histoire napoléonienne, mais l'on voit aussi faussement des anti-napoléoniens partout, individus qu'il convient (pour la Cause) de faire taire et sur lesquels il est louable de cracher.
J'ai précisé également : "outre ses positions vis à vis de la thèse de l'empoisonnement", puisque si la haine de Weider vis à vis de Tulard peut, comme dit plus haut, s'expliquer par une approche diamétralement différente de l'histoire napoléonienne, elle peut également l'être au regard des échanges amers nés de la thèse de l'empoisonnement défendue par Weider et combattue par Tulard. A ces occasions, la condescendance flirtant avec un mépris à peine déguisé de Tulard vis à vis de Weider n'a sans doute pas aidé ce dernier à adoucir ses positions.
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Re: Ben Weider est il historien ?

Message par Cyril Drouet » 26 janv. 2019, 12:05

Cyril a écrit :
26 janv. 2019, 11:50
C'est assez intéressant, mais à la fin on tombe et c'est bien une habitude sur une des deux choses qui titillent au choix: empoisonnement ou tombeau.
Non, il ne s'agit de cela ici (voir ma précision plus haut sur ma référence à l'empoisonnement).


La problématique de Weider (avec Tulard en ligne de mire) est celle-ci :
"C’est surtout en France que se diffusent et se perpétuent les mensonges les plus grossiers et les calomnies les plus perfides contre Napoléon."

Avec comme objectif à atteindre :
"Faire connaître au monde entier le vrai Napoléon, débarrassé de toutes espèces de mensonges et de calomnies."

Et tout cela pour éclairer "l'ensemble de l'humanité" :
"Napoléon, débarrassé de toute légende et vu sous l’angle de la stricte vérité, est le seul homme capable, en ce début de millénaire, de devenir un symbole universel.
La mise en lumière de ses exploits, de son grand bon sens, de son effarante énergie entièrement consacrée à l’amélioration des conditions de vie des populations de toutes races et religions, de son charisme, de son esprit de tolérance et de sa volonté permanente de paix, sera pour les chefs d’État un modèle à suivre et, pour les peuples du monde entier, un puissant facteur d’amitié, d’enthousiasme et d’union."

Amen ! :lol:
Talleyrand disait "Tout ce qui est excessif est insignifiant", mais là ça le mérite d'être comique... :mrgreen:
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Re: Ben Weider est il historien ?

Message par Bernard » 26 janv. 2019, 13:24

Cyril Drouet a écrit :
26 janv. 2019, 11:56
J'ai voulu dire que le torchon de Weider démontre que lorsque l'on verse dans la napoléonâtrie (Weider était un triste exemple de ce genre d’idolâtrie), on n'a pas seulement une approche malhonnête et partisane de l'histoire napoléonienne, mais l'on voit aussi faussement des anti-napoléoniens partout, individus qu'il convient (pour la Cause) de faire taire et sur lesquels il est louable de cracher.
J'ai précisé également : "outre ses positions vis à vis de la thèse de l'empoisonnement", puisque si la haine de Weider vis à vis de Tulard peut, comme dit plus haut, s'expliquer par une approche diamétralement différente de l'histoire napoléonienne, elle peut également l'être au regard des échanges amers nés de la thèse de l'empoisonnement défendue par Weider et combattue par Tulard. A ces occasions, la condescendance flirtant avec un mépris à peine déguisé de Tulard vis à vis de Weider n'a sans doute pas aidé ce dernier à adoucir ses positions.[/justify]
Merci, c'est plus clair. Je partage cette vision. En tout domaine, les excès aboutissent à des comportements et/ou des conclusions erronés.

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Re: Ben Weider est il historien ?

Message par Cyril » 26 janv. 2019, 14:57

Merci pour cette explication de texte...

je me range de ce côté également :)
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Re: Ben Weider est il historien ?

Message par Cyril Drouet » 27 janv. 2019, 11:32

Cyril Drouet a écrit :
26 janv. 2019, 12:05
Talleyrand disait "Tout ce qui est excessif est insignifiant", mais là ça le mérite d'être comique... :mrgreen: [/justify]
Cependant, le rire à lecture de la prose de ces gens là se transforme également en d'insupportables grincements de dents :
Weider : "son effarante énergie entièrement consacrée à l’amélioration des conditions de vie des populations de toutes races"

Ignorance crasse ? cynisme ? aveuglement ?
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