PRESSE : la censure

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Drouet Cyril

Re: PRESSE : la censure

Message par Drouet Cyril » 09 mars 2005, 19:10

Un document de circonstance : une lettre de Réal au préfet de Maine-et-Loire (24 décembre 1804).

« Les Affiches d’Angers, n° 41, Monsieur, annoncent que le 22 frimaire on a joué dans cette ville pour la première fois « La partie de chasse de Henri IV ».
On n’a pu se permettre cette représentation qu’avec votre autorisation, car je suis instruit que M. le Conseiller d’Etat directeur général de l’Instruction Publique et chargé jusqu’à ce jour d’examiner les répertoires des théâtres des départements en a toujours fait retirer cette comédie.
Il n’était pas sans danger de réchauffer le fanatisme bourbonien au moment où les vœux de la Nation viennent d’établir une nouvelle dynastie, et cet inconvénient pouvait avoir des suites plus graves encore dans le Département que vous administrez.
Son Excellence le Sénateur Ministre me charge de vous témoigner toute sa surprise de cette représentation et vous ordonne de tenir la main à ce qu’une seconde n’ait pas lieu.
Je vous invite au surplus à apporter beaucoup de circonspection dans le choix des pièces que l’on joue sur votre théâtre et à me fournir sans délai des renseignements précis sur les motifs et le fait de cette représentation.
Recevez l’assurance de mes sentiments affectueux. »

Salutations respectueuses.

Drouet Cyril

Re: PRESSE : la censure

Message par Drouet Cyril » 09 mars 2005, 21:45

Pour mémoire le préfet Hugues-Pomme-Raisin (eh oui… :lol: ) Nardon, par ailleurs tout particulièrement apprécié dans le département, ne fut pas inquiété.
C’est un reproche d’une toute autre nature qui lui valut sa disgrâce, alors qu’il était devenu préfet de Taro. Voici ce qu’écrivit Napoléon, informé par Fouché, à Lebrun :
« Je verrais avec peine que M. Nardon au lieu d’avoir amené sa femme eût amené sa maîtresse. Je désire que vous vous en expliquiez. J’ai le droit d’exiger de la moralité et surtout la plus grande décence de la part de ceux auxquels je confie des fonctions importantes. »

Qu’est-ce qu’il fallait pas entendre… :?

Destitué, Nardon deviendra intendant à Cuenca, en Nouvelle Castille. Il y mourra le 9 mai 1812.


Sources : J. Sibenaler, Les premiers préfets de Maine-et-Loire.


Salutations respectueuses.

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