Napoléon était-il bon ou mauvais cavalier ?

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Modérateur : Général Colbert

Joséphine

Re: Napoléon cavalier

Message par Joséphine »

Napoléon ne voulait pour lui que des chevaux arabes, mais parfois, il dût se contenter aussi d'autres montures.

Quant à savoir s'il montait bien ou passablement, les renseignements que l'on peut trouver sur ce point, tant dans les Mémoires que dans les autres récits, sont souvent imprécis, et ne concordent guère ...

Chlapowski disait "On lui dresse des chevaux arabes qu'il préfère parce qu'ils s'arrêtent à l'instant, et que l'Empereur, partant tout à coup sans tenir la bride, serait tombé souvent si on n'avait pris les précautions nécessaires."

Ce que l'on peut retenir, c'est qu'il aimait descendre au galop les côtes rapides, au risque de faire rompre le cou à ceux qui le suivaient !
Il n'employait jamais d'éperons, ni la pression du mollet pour mettre le cheval au galop, mais le faisait partir d'un coup de cravache.

Plusieurs témoins ont qualifié Napoléon de "cavalier infatigable".
Caulaincourt disait :

"Quand l'Empereur montait à cheval à Varsovie, il partait ordinairement au galop, ne fut-ce que pendant deux ou trois cents pas. Quelque zèle ou activité qu'on y mit, il était donc difficile qu'une troupe fût positivement à ses côtés, au moment du départ."

Cela nous rappelle sa chevauchée folle à travers bois et chemins creux, lors de son deuxième passage à Brienne. :)

Odeleben disait quant à lui :

"Napoléon est un infatigable mais médiocre cavalier, tressautant sur la selle, rassemblant les rênes dans la main gauche et laissant pendre le bras droit."

Ce qui est certain c'est qu'il pouvait tenir en selle pendant douze à quatorze heures parfois, toujours très à l'aise et sans montrer le moindre signe de fatigue.

Quant à l'apprentissage, il me semble bien qu'il n'y en eût guère.
Napoléon, en la matière, comme d'ailleurs dans beaucoup d'autres domaines, fût un autodidacte. :)




:salut:
Joséphine

Re: Napoléon cavalier

Message par Joséphine »

Le squelette de Marengo se trouve à Londres.

Quant à Vizir, il a connu Sainte-Hélène. :)


:salut:
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la remonte
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Re: Napoléon était-il bon ou mauvais cavalier ?

Message par la remonte »

pour l'endurance ...
le baron Fain écrivait à Joseph : " Monseigneur , il est neuf heures du soir .L' Empereur qui est à cheval depuis trois heures du matin , rentre , accablé de fatigue , se jette sur le lit pour s'y reposer quelques heures , il doit remonter à cheval à minuit ... ne pouvant écrire à Votre Altesse , me charge de lui demander ce qui suit ..."

on est le 15 juin 1815 au " palais impérial " , le château de Puissant .
Napoléon vient d'opérer une manoeuvre digne de son génie , il fait mouvoir 125 000 hommes et 25 000 chevaux avec artillerie et équipages , non seulement sans désordre mais en conservant à chaque troupe son efficacité offensive , au nez et à la barbe de l'ennemi .
Il effectue le travail du major général
de plus , il fait avancer ses troupes en parallèle comme des flèches ,
en ce mois de juin à 46 ans il est le premier capitaine de son époque et peut rester ainsi 18 heures à cheval .

Quelques semaines plus tard , il paraîtra vieux bonhomme à Ste Hélène :roll:
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Cyril Drouet
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Re: Napoléon était-il bon ou mauvais cavalier ?

Message par Cyril Drouet »

« L'empereur montait à cheval sans grâce, et je crois qu'il n'aurait pas toujours été très solide si l'on n'avait pas mis tant de soin à ne lui donner que des chevaux parfaitement dressés. Il n'était sur ce point de précautions que l'on ne prit.
Les chevaux destinés au service personnel de l'empereur passaient par un rude noviciat avant d'arriver jusqu'à l'honneur de le porter. On les accoutumait à souffrir, sans faire le moindre mouvement, des tourments de toute espèces, des coups de fouets sur la tête et les oreilles ; on battait tambour, on leur tirait aux oreilles des coups de pistolet et des boites d'artifice ; on agitait des drapeaux devant leurs yeux ; on leur jetait dans les jambes de lourds paquets, quelquefois même des moutons et des cochons, il fallait qu'au milieu du galop le plus rapide (l'empereur n'aimait que cette allure) il pût arrêter son cheval tout court. Il ne lui fallait enfin que des chevaux brisés. M. Jardin père écuyer de Sa Majesté, s'acquittait de sa pénible tâche avec beaucoup d'adresse et d'habilité ; aussi l'empereur en faisait-il le plus grand cas.
[…]
L’Empereur montait à cheval très hardiment et en casse cou ; il laissait son dos se voûter sur la selle, tenant négligemment les rênes de la main droite, tandis que le bras gauche allait pendant, et toute l’habitude du corps se balançant à l’allure du cheval. Il s’abandonnait ainsi sans réserve à l’adresse de sa monture qui, au surplus, était habituée à suivre les deux chasseurs et les deux officiers d’ordonnance dont on était toujours précédé.»
(Constant, Mémoires)

« Quoique mauvais cavalier, il s’abandonnait souvent sans réserve, à l’adresse de ses chevaux, en général petits et de peu d’apparence.
[…]
Lui-même remarqua une fois, très naïvement qu’il avait beaucoup appris, mais qu’il n’avait jamais pu se familiariser avec le cheval. Son corps n’était pas non plus conformé pour cet exercice ; dans le galop, il se laissait aller, sans soin, sur la selle, et dirigeant d’ordinaire les rênes de la main droite, tandis que toute la partie supérieure du corps, pendant la marche du cheval, était poussée de côté, ou en avant, et que le bras gauche tombait négligemment. Si le cheval venait à faire un faux mouvement, il perdait aussitôt l’équilibre. »
(Odeleben, Relation circonstanciée de la campagne de 1813 en Saxe)

"Il était infatigable, non seulement à cheval et à l'armée, car il marchait quelquefois pendant cinq ou six heures de suite sans s'en apercevoir."
(Bourrienne, Mémoires)
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Bernard
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Re: Napoléon était-il bon ou mauvais cavalier ?

Message par Bernard »

Quelques extraits des mémoires du duc de Vicence, grand écuyer de l'Empereur :

Dans l'introduction de Jean Hanoteau :
"Les fonctions de grand écuyer, dans la cour impériale, n’étaient pas une sinécure. Ce haut fonctionnaire avait sous ses ordres directs les écuries et tous les services qui en relevaient, les pages dont il devait surveiller particulièrement l’éducation et l’instruction, les courriers, les estafettes . Il s’occupait des armes de l’Empereur et avait la direction des haras de Saint-Cloud. Plus tard, on ajouta à ces occupations la haute main sur l’ensemble des officiers d’ordonnance. Tout ce qui était relatif aux voyages rentrait dans ses attributions. Il accompagnait le souverain à l’armée et, en l’absence du connétable, portait son épée.
"Ses droits et ses devoirs étaient nettement délimités par le règlement de la Maison. Si le cheval de Sa Majesté était tué au combat, il appartenait au grand écuyer de lui offrir le sien. En campagne, son logement devait être aussi voisin que possible de celui du souverain pour qu’il pût prendre ses ordres à son lever et à son coucher. Quand l’Empereur était à cheval, il se tenait à la croupe de sa monture, à gauche, afin de se trouver toujours au montoir, tandis que le colonel-général de service était à droite. En route, sa voiture précédait immédiatement la berline impériale. En France et en temps de paix, le grand écuyer jouissait des grandes entrées. Logé par la couronne, le soin lui revenait de donner le fauteuil à Sa Majesté pour se mettre à table et de le retirer quand elle se levait. Il soutenait l’Empereur du côté droit pour monter à cheval ou en voiture, lui tendait la cravache, lui présentait le bout des rênes et l’étrier gauche."

Lors de la traversée du Niémen :
"Quand la reconnaissance fut terminée, il rejoignit le groupe de son état-major pour examiner de nouveau les différents points que pourraient occuper les troupes. En galopant dans les blés, un lièvre partit dans les jambes du cheval de l’Empereur , et lui fit faire un petit mouvement de côté. L’Empereur, qui tenait fort mal à cheval, roula à terre mais se releva si promptement qu’il était debout avant que je n’arrivasse à lui pour le relever. Il remonta à cheval sans proférer une parole. Le terrain étant très doux, il n’avait que le bas de la hanche légèrement contusionné. Je fis sur-le-champ la réflexion que cela était d’un mauvais augure et, certainement, je ne fus pas le seul, car le prince de Neuchâtel me prit à l’instant la main et me dit :
"— Nous ferions bien mieux de ne pas passer le Niémen. Cette chute est d’un mauvais augure.
"L’Empereur, qui avait gardé dans les premiers moments le plus profond silence et qui ne faisait, sans doute, pas des réflexions plus gaies que nous, affecta ensuite de plaisanter de sa chute avec le prince de Neuchâtel et avec moi, mais la mauvaise humeur et les noires réflexions perçaient malgré lui. Dans une autre circonstance, il se serait plaint du cheval qui aurait fait cette sottise et aussi du grand écuyer. Dans celle-ci, il affecta une gaieté qui ne lui était pas habituelle et qui nous montrait trop son désir de détourner l’attention d’un incident qui n’avait d’importance que parce qu’on est superstitieux malgré soi dans de si grandes circonstances et à la veille de si grands événements."

En Russie :
“L’Empereur montait à cheval, la nuit comme le jour, sans prévenir ; il se plaisait même à sortir à l’improviste et à mettre tout le monde en défaut. Ses chevaux de selle étaient divisés par brigades. Chaque brigade avait deux chevaux pour lui, un cheval pour le grand écuyer et le nombre nécessaire pour les autres personnes de service que l’Empereur montait. Une brigade de chevaux de selle était toujours bridée, la nuit comme le jour. Tous les officiers devaient avoir aussi un cheval bridé. Le piquet de service, composé d’un officier et vingt chasseurs, était toujours bridé. Les escadrons de service le fournissaient et le relevaient.”
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la remonte
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Re: Napoléon était-il bon ou mauvais cavalier ?

Message par la remonte »

Nos amis du X°Escadron qui inventorient les dossiers militaires des chasseurs de la garde ont noté beaucoup de blessures suite aux chutes :idea:
Cest dire la difficulté d'assurer la protection ou tout simplement de suivre plus que de précéder Napoléon qui n'en faisait qu'à sa tête .
Il avait une formation d'artilleur avant tout et devait monter ( de façon académique ) aussi bien qu'il dansait ;)
Ce qui n'empêche son extraordinaire résistance , cependant à lire l'énergie dépensée avant Waterloo et entre autre le temps passé en selle , peut expliquer ( non pas par les hémorroïdes ) l'abattement constaté pendant la bataille :?: depuis son débarquement , il n'avait pas vraiment chômé physiquement .
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Cyril Drouet
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Re: Napoléon était-il bon ou mauvais cavalier ?

Message par Cyril Drouet »

la remonte a écrit :
11 déc. 2020, 09:22
il avait une formation d'artilleur avant tout et devait monter ( de façon académique ) aussi bien qu'il dansait
Vous êtes dur, car question valse, il était pour le moins fort médiocre :

"-Voyons Hortense, vous qui êtes notre Terpsichore, apprenez-moi à valser."
La proposition nous parut si extraordinaire de l'Empereur qu'elle nous fit rire aux éclats. Il insista. Ce n'était pas une plaisanterie. Je lui donnai une leçon pendant deux soirées. Il n'avait pas de grandes dispositions et riait lui-même de sa maladresse. Aussi s'en lassa-t-il bientôt en disant :
"Laissons à chaque âge ce qui lui est propre. Je suis trop vieux. D'ailleurs, je vois que ce n'est pas par la danse que je dois briller."
(Hortense, Mémoires)

« Un jour que l'Empereur était seul avec la reine Hortense et la princesse Stéphanie, celle-ci lui demanda malicieusement s'il savait valser : Sa Majesté répondit qu'elle n'avait jamais pu aller au delà d'une première leçon, et qu'au bout de deux ou trois tours il lui prenait un éblouissement qui l'empêchait de continuer.
« Quand j'étais à l'École Militaire, ajouta l'empereur, j'ai essayé, je ne sais combien de fois, de surmonter les étourdissements que la valse me causait, sans pouvoir y parvenir. Notre maître de danse nous avait conseillé de prendre, pour valser, une chaise entre nos bras, en guise de dame. Je ne manquais jamais de tomber avec la chaise que je serrais amoureusement, et de la briser. Les chaises de ma chambre et celles de deux ou trois de mes camarades y passèrent l'une après l'autre. »
Ce récit, fait on ne peut plus gaîment par Sa Majesté, excita des éclats de rire de la part des deux princesses. Cet accès d'hilarité s'étant un peu calmé, la princesse Stéphanie revint à la charge, et dit à l'Empereur :
« Il est fâcheux, vraiment, que Votre Majesté ne sache pas valser : les Allemandes sont folles de la valse; et l'impératrice doit nécessairement partager le goût de ses compatriotes. Elle ne pourra avoir d'autre cavalier que l'Empereur, et se trouvera ainsi privée d'un grand plaisir par la faute de Votre Majesté.
-Vous avez raison, reprit l'Empereur. Eh bien ! donnez-moi une leçon. Vous allez voir un échantillon de mon savoir-faire.»
Il se leva là-dessus, et fit quelques pas avec la princesse Stéphanie, en fredonnant lui-même l'air de la reine de Prusse. Mais il ne put faire plus de deux ou trois tours, et encore s'y prit-il d'une manière si gauche, qu'il redoubla la gaîté de ces dames. La princesse de Bade l'arrêta en disant :
« Sire, en voilà bien assez pour me convaincre que vous ne serez jamais qu'un mauvais écolier. Vous êtes fait pour donner des leçons, mais non pour en recevoir. »
(Constant, Mémoires)
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Re: Napoléon était-il bon ou mauvais cavalier ?

Message par la remonte »

... il devait monter ... aussi mal qu'il dansait
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Re: Napoléon était-il bon ou mauvais cavalier ?

Message par Cyril Drouet »

Autres témoignages :

« On cite aussi la course de Vienne au Simmering (dix-huit ou vingt lieues), où il se rendit à cheval, déjeuna et revint aussitôt après. On lui a vu faire souvent des chasses de trente huit lieues ; les moindres étaient de quinze. Un jour, un officier russe, arrivant en courrier de Pétersbourg, en douze ou treize jours, joignit l’Empereur à Fontainebleau au départ de la chasse; pour délassement il eut la faveur d’être invité à suivre : il n’eut garde de refuser; mais il tomba dans la forêt, et ce ne fut pas sans peine qu’on le retrouva. »
(Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène)


« Il montait a cheval avec habitude, mais sans grâce. On lui dressait des chevaux arabes qu'il préférait, parce qu'ils s'arrêtent à l'instant, et que, parlant tout a coup, sans tenir sa bride, il fût tombé souvent si on n'avait pris les précautions nécessaires, Il aimait à descendre au galop des côtes rapides, au risque de faire rompre le col à ceux qui le suivaient. Il a fait quelques chutes, dont on ne parlait jamais, parce que cela lui aurait déplu. »
(Madame de Rémusat, Mémoires)


« Je suis de service; je suis l'Empereur à la promenade, nous avons toujours été au pas. Sa Majesté va maintenant [7 juillet 1812] moins vite ; elle est fort engraissée, monte à cheval avec plus de difficulté. Le grand écuyer est obligé de lui donner le bras pour le mettre en selle. »
(Castellane, Journal)
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