La guerre Franco-Autrichienne de 1809

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Modérateur : Général Colbert

C.Douville

La guerre Franco-Autrichienne de 1809

Message par C.Douville » 07 févr. 2003, 03:24

Bonjour
Comme le désirait Foxtrot, je lance un débat sur la guerre Franco-Autrichienne de 1809 . Guerre qui se termine par une difficile victoire des Français et de leurs alliés sur l'Autriche . Le traité de Vienne, signé le 14 octobre 1809 et qui fut suite à la victoire de Wagram remportée le 6 juillet, voyait l'Autriche obligée de céder à la France la Croatie maritime avec Fiume, Trieste, l'Istrie ( l'Autriche perdait trois millions de citoyens) ; Salzbourg revenait à la Bavière; Lublin et Cracovie au grand-duché de Varsovie .
Après une série de grandes victoires en Europe ( Marengo, Hohenlinden, Austerlitz, Iéna-Auerstaedt, Friedland), Napoléon avait imposé la paix à l'Autriche, la Prusse et à la Russie ( traités de Lunévile, de Presbourg et de Tislit) . Cette série de victoires avait permis à la France d'occuper la moitié de la Prusse, de libérer la Pologne, de détruire le st-empire germanique, d'occuper l'Italie, de démanteler l'Autriche de ses territoires etc..
Napoléon s'imposait comme le véritable arbitre de l'Europe . Seulement, en 1808, il commit l'erreur ( qui n'en fait pas ?) d'établir son frère Joseph sur le trône d'Espagne . De mauvaises combinaisons militaires Françaises provoquèrent les revers de Baylen et de Cintra . Ces deux capitulations incitèrent l'Autriche, revancharde vis-à-vis de sa défaite de 1805, à reprendre les armes contre un Napoléon qu'elle ne croyait plus invincible .
Napoléon intervint tout d'abord en Espagne à la fin de l'année 1808 et par une série de victoires ( Burgos, Somossiera, Tudela, Uclès, la Corogne) sur les armées régulière Espagnoles rétablit la situation dans la péninsule Ibérique .
Cependant il doit préparer une nouvelle armée Française pour une nouvelle campagne d'Allemagne contre l'Autriche . Il a du malheureusement se séparer d'une grande partie de ses vieux soldats alors engagés en Espagne, cependant il peut encore compter sur 50 000 vieux soldats Français retranchés en Rhénanie ( dont 30 000 sous Davout) et sur les jeunes conscrits Français des clases 1808, 1809 et 1810 . La nouvelle armée Française s'organise ainsi : Davout prendra donc le commandement d'un corps composé uniquement de vieux soldats Français, Lannes et Masséna prendront le commandement de deux corps mélangeant les vieux et les jeunes soldats Français . L'armée Française d'Allemagne alignera 100 000 hommes .
La France peut également compter sur ses alliés : les Bavarois seront commandés par Lefèvre, les Saxons par Bernadotte et enfin les Wurtembergeois par Vandamme . Napoléon les avait mis sous commandement Français, ils doutaient des talents militaire des princes Allemands .
Napoléon peut compter également sur l'armée Françaises d'Italie, celle-ci se compose de 50 000 soldats Français mais on y trouve quelques troupes Italiennes au nombre de 12 000 . Cette armée sera commandée par le prince Eugène, elle remportera la victoire de Raab en Hongrie puis participera à la bataille de Wagram .
Si des Alliés sont présents pour cette campagne, il faut tout de même préciser que ce sont surtout les troupes Françaises qui seront engagés dans les grandes batailles . A Eckmühl, ce sont les troupes Françaises de Davout, de Lannes et les cuirassiers de Nansouty qui contribuent à la victoire; cependant les Wurtembergeois de Vandamme participent également à la victoire . A Essling, ce sont les troupes Français de Lannes et de Massena, la Jeune garde, qui résistent à Charles ( pas d'alliés) . A Wagram, ce sont les troupes Françaises de Davout, Oudinot, Masséna et d' Eugène, on trouve les Saxons mais ceux-ci évacuent très vite le champ de bataille, quand aux Bavarois et aux Wurtembergeois ils restent en réserve .
La campagne débute assez bien pour les Français qui arrivent à chasser les Autrichiens de Charles hors de Bavière grâce notamment à la victoire d'Eckmühl remportée le 20 avril 1809 .
J'installe les batailles d'Eckmühl, d'Essling et de Wagram . Ce sont des résumés que j'avais déjà installés sur le forum .

C.Douville

Message par C.Douville » 07 févr. 2003, 03:31

Bataille d’Eckmühl 22 avril 1809 :
Une série de victoire furent remportées, la plus importante ce fit à Eckmühl le 22 avril 1809 . Après avoir subi plusieurs défaites, l’archiduc Charles décida de renverser la situation par une contre-offensive, celle-ci devait lui permettre de couper la ligne de communication de Napoléon et l’expulser de Bavière .
Charles hésite trop pour choisir son axe d’offensive, contrairement à Napoléon qui lui choisit d’attaquer sur Eckmühl, ce qui n’est pas de chance pour Charles qui il se trouve en plein dans l’axe .
Charles ne le savait pas et va être surpris par les initiatives de son adversaire . Cependant celui-ci organise on offensive, il retranche le corps Autrichien de Rosenberg fort de 40 000 hommes sur les hauteurs d’Ober et de Hunter-Leuchling, ce corps formait sa gauche, celle-ci devait rester sur la défensive pendant que sa droite (le corps Autrichien de Hohenzolern) forte de 36 000 hommes devait prendre l’offensive .
L’attaque Autrichienne commença le 22 avril à 8 heures, un épais brouillard couvrait le champ de bataille, le maréchal Davout qui se trouvait en plein dans l’axe de l’offensive ennemie témoigna que les attaques de Charles ne furent pas assez fermes pour impressionner les vieux soldats du duc de fer .
Napoléon arriva à 12 h 00, il était accompagné des divisions Françaises des généraux Morand et Gudin, des conscrits de Lannes et de Masséna et des Wurtembergeois de Vandamme .
L’offensive débute par l’attaque des Wurtembergeois sur Linbach et Eckmühl, tout d’abord repoussés, les soldats de Vandamme emportent les deux villages .
Davout a pour mission d’attaquer le corps Autrichien du général Rosenberg . Après une intense préparation d’artillerie qui oblige les Autrichiens à se retrancher dans les villages d’Ober et d’Unter-Leuchling .
Davout lance ses valeureux vieux soldats Français à l’attaque, ce sont les mêmes soldats qui avaient battu les Prussiens à Auerstadt en 1806 . La droite est commandée par le généra St-Hilaire, elle attaque le village d’Ober-Leuchling, les soldats Autrichiens qui s’y trouvaient y étaient bien retranchés, dès qu’ils aperçurent les soldats Français, ils lancèrent un feu très violent de mousqueterie, en un instant 500 braves Français tombèrent . Cette perte ne découragea pas nos vieux soldats du 10eme léger qui après avoir passé un ravin abordèrent le village d’Ober-Leuchling et expulsèrent les Autrichiens des généraux Bellegarde et de Greusgroutz à la baïonnette .
La gauche de Davout commandée par le général Friant attaquait en même temps le bois qui se trouvait entre les villages d’Ober et d’Unter-Leuchling . Comme pour les soldats de St-Hilaire, le feu est très meurtrier mais nos braves soldats Français des 48eme et 111eme de ligne pénètrent dans les bois et y tuent à coups de baïonnettes tous les soldats Autrichiens qu’ils trouvent, ils expulsent promptement les régiments Autrichiens des généraux Chalester, Cobourg et de l’archiduc Louis .
Les vieux de soldats de Davout avaient été une fois de plus héroïque . Rosenberg est enfoncé et ne trouve son salut que dans la retraite .
Lannes attaque en même temps les hauteurs de Rocking, les vieux soldats Français sous le commandement de Gudin ne manquent pas de courage et repoussent de positions en positions la brigade Autrichienne de Bider .
Un combat de cavalerie s’engagea dans la plaine d’Eckmühl, la cavalerie légère Autrichienne attaqua les cavaliers Bavarois et les repoussa . Les Cuirassiers Français intervinrent et balayèrent les cavaliers ennemis . Les Cuirassiers voient de loin la cavalerie lourde Autrichienne se préparer à attaquer, il n’y a pas un instant à perdre, les Cuirassiers Français galopent la colline à contre-pente et dans un élan extraordinaire ils repoussèrent les cuirassiers Autrichiens .
Dans le même instant, les soldats de Gudin qui venaient de repousser définitivement les Autrichiens des hauteurs de Rocking virent l’exploit insensé des cuirassiers Français, ils crièrent : “ Vive les cuirassiers!

Pendant ce temps, les vieux soldats Français de St-Hilaire continuaient leurs exploits et repoussèrent les Autrichiens des bois qui bordent le village d’Ober-Leuchling et les ramenèrent sur la chaussé . Deux escadron de cavalerie Autrichienne commandés par les généraux Stutterkeim et Sommeiva attaquent St-Hilaire, celui forme son infanterie en carrés et repousse la tentative adverse .
La cavalerie Autrichienne tenta une nouvelle charge mais elle fut de nouveau balayée par les cuirassiers Français . Les vielles troupes Françaises des généraux Gudin et Friant repoussent ennemis de partout, les corps Autrichiens des généraux Rosenberg et Hohenzollern se réfugient derrière ce qui reste de la cavalerie Autrichienne .
Charles a échoué dans ses objectifs, il n’a pas pu lancer une grande offensive, repoussé de partout il entame la retraite . Il ordonne à sa cavalerie de se sacrifier afin d’assurer le salut de l’armée Autrichienne .
De grosse masses de cavaliers Autrichiens attaquent les cuirassiers Français, ceux-ci sont heureusement soutenus par les dix escadrons de cuirassiers Français des généraux Nansouty et de St-Suplice .
Un combat corps à corps, au sabre, individuel, commença, il dura jusqu’à la nuit, on entendait de loin les bruits des sabres frottant les cuirasses, les cris des combattants .
Les Autrichiens chargèrent tout d’abord les Français qui les stoppèrent par une décharge de pistolets puis les chargèrent et les ramenèrent promptement . Les cuirassiers Autrichiens de l’Empereur recommencèrent une seconde fois cette manoeuvre qui se solda par un nouvel échec devant les cuirassiers Français .
Les hussards Autrichiens essayèrent de tourner nos lignes de cavalerie mais furent découvert et sévèrement sabrés par nos cuirassiers Français .
Tel fut la bataille d’Eckmühl, qui est une grande bataille et une grande victoire, elle est de nos jours très mal racontée pour des raisons que moi-même je n’explique pas . 2500 Français étaient tués ou blessés, 6000 Autrichiens étaient tués ou blessés et 4000 étaient prisonniers des Français.

C.Douville

Message par C.Douville » 07 févr. 2003, 03:39

Bataille d'Aspern-Essling, 21-22 mai 1809
L’objectif de Charles était de laisser passer le Danube à une partie de l’armée Française puis de l’anéantir, il espérait pour cela que les intempéries et les bateaux enflammés qu’il enverrait sur le Danube auraient raison des ponts que les sapeurs de Napoléon construisaient pour faire passer toute l’armée Française .
Son plan va en partie réussir mais il sera désagréablement surpris par la bravoure insensée des jeunes conscrits Français . Ce qui va faire échouer une partie de son plan .
Le 21 mai, dès l’aube les premières divisions Françaises du maréchal Masséna s’installent dans Aspern . Pour entretenir la tête de pont, le grand tacticien élabore une défense par un emploi habile du terrain .
Dès 4 h 00 du matin, les Autrichiens attaquent le village d’Aspern mais les jeunes soldats Français de Masséna repoussent trois attaques Autrichiennes et se maintiennent dans Aspern, les Français et les Autrichiens se battent corps à corps dans les rues, les maisons . Le général Autrichien Hiller renonce à l’attaque .
Le général Boudet, aux ordres du maréchal Lannes, défend presque seul le village d’Essling, mais malgré un premier succès défensif il est sur le pont d’être débordé .
Napoléon voyant les colonnes Autrichiennes sur le pont d’envelopper le général Boudet décide de lancer une contre-offensive sur le centre de l’Armée Autrichienne .
Il lance l’impétueux Bessières avec ses cuirassiers Français sur l’infanterie Autrichienne du général Hohenzollern . Les Autrichiens sont rompus, puis c’est le tour de la cavalerie ennemie d’être promptement culbutée, le régiment Autrichien d’Oreilly est décimé .
Dans cette splendide charge, le général Espagne fut tué après avoir enfoncé l’infanterie ennemie et après avoir pris 14 pièces d’artillerie Autrichienne .
La bataille du 21 mai se terminait ainsi, les Français ayant repoussé les assauts de Charles conservèrent leurs positions respectives malgré la supériorité numérique des Autrichiens ( 30 000 Français contre 90 000 Autrichiens) . Les soldats de Masséna , de Lannes et de Bessières étaient surtout composés de jeunes soldats Français ( il y avait peu de soldats alliés lors de ce combat) .
Dans la nuit la constructions de nouveaux ponts permis à Napoléon de faire passer le corps Français du maréchal Oudinot, une partie de la Vieille Garde et de la Jeune Garde, la seconde brigade de Nansouty et la cavalerie légère et le train d’artillerie .

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Le 22 mai, la bataille reprend .
Masséna est de nouveau attaqué dans le village d’Aspern dès 4 h 00 du matin . Un régiment Autrichien pénètre dans les premières maisons du village, Masséna contre-attaque immédiatement : il envoie le 24eme de ligne qui déloge les soldats Autrichiens à la baïonnette .
Les Autrichiens piqués au vit devant cette ténacité Française reviennent à la charge, s’emparent du cimetières et de quelques maisons avoisinantes . Masséna contre-attaque de nouveau et lance les 4eme et 46eme de ligne sur les Autrichiens qui sont de nouveaux culbutés et chassés de leur conquêtes . Les ennemis reviennent, reprennent leurs dues mais sont de nouveau chassés par les Français . Aspern reste aux mains du maréchal Masséna .
Dans Essling les conscrits Français du général Boudet faisaient des miracles et repoussaient plusieurs attaques Autrichiennes .
Napoléon fut tenté de couper l’armée ennemie en deux, c’était bien tenté et cela faillit réussir . Lannes fut chargé de cette attaque sur le centre de l’ennemi, il se mit à la tête de la division Française du général St-Hilaire, ayant à droite le corps Français du maréchal Oudinot et à gauche la division Boudet . L’infanterie Française était soutenue sur ses arrières et dans les intervalles par plusieurs escadrons de cavalerie Française . Le tout était soutenu par une nombreuse artillerie disposée sur Essling .
L’archiduc Charles par un coup d’oeil très vif compris l’intention de Napoléon et renforça son centre, mais rien n’arrête l’intrépidité de nos vaillantes colonnes de soldats qui enfoncent toute la ligne ennemie aux cris de “ Vive l‘Empereur!”, Charles est lui-même entraîné dans la débandade de ses troupes .
Tout laisse croire à une attaque qui décider de la victoire, mais un événement imprévu va tout gâcher . Napoléon s’apprêtait à faire passer les 40 000 vieux soldats Français du maréchal Davout sur la rive droite du Danube pour achever la défaite probable de l’ennemi mais les ponts Français se brisèrent à cause de petits navires enflammés lancés sur le Danube .
Napoléon doit renoncer à son attaque, il ordonna à Lannes de rependre ses positions respectives . Tout est recommencer, de plus Charles qui se croyait battu revient au pas de charge, réinstalle sont armée en bataille, installe 200 pièces d’artillerie et commence à pilonner les troupes Françaises de Lannes dans le village d’Essling .
Les braves conscrits Français se rangent en lignes et acceptent très courageusement le feu de l’artillerie ennemie, beaucoup d’entre eux tombent mais les rangs gardent leurs cohésion . L’on peut affirmer que ces jeunes soldats n’avaient point peur de la mort .
A partir de ce moment la bataille devient une véritable boucherie, Charles recommence ses attaques sur les villages d’Aspern et d’Essling . Nos jeunes soldats Français se couvrent de gloire et réussissent à conserver les villages, mais l’acharnement des combats est terrible, les villages sont et seront pris et repris à cinq reprises par les Français et les Autrichiens pour rester finalement aux mains des Français de Lannes et de Masséna .
Les Autrichiens essayent de tourner le village d’Aspern, mais le général Molitor les attaque avec ses 3000 hommes et les repoussent, Masséna vient le soutenir avec des renforts pendant que le général Legrand tient tête à de nouvelles attaques dans Aspern .
Pendant cette bataille le maréchal Masséna, duc de Rivoli, fut extraordinaire d’énergie et de bravoure, ce vieux soldat était partout, il combattait tantôt à pied, tantôt à cheval, l’épée à la main, on le vit partout : dans le village d’Aspern, les baillis l’ïle . C’était un démon......... il fit dire à l’Empereur : “ Allez dire à l’Empereur que je tiendrai deux heures, six, vingt-quatre s’il le faut, tant que cela sera nécessaire au salut de l’armée .” N’est ce pas Masséna le héros d’Aspern ?!!!!
Pendant qu’un démon se bat à Aspern, un Lion rugit à Essling c’est Lannes . Charles qui dégoutté d’avoir été repoussé 20 fois dans ces attaques sur Essling et Aspern, décide d’attaquer au centre .
Le général Autrichien Hohenzollern prend la tête de 12 bataillons de grenadiers Autrichiens, Lannes prend lui-même la tête de ses valeureux conscrits Français et arrive à la surprise générale à repousser les attaques ennemies .
Hohenzollern découragé d’une telle résistance laisse le commandement à Charles qui ramène ses grenadiers Autrichiens à l’attaque, mais ce diable de Lannes lui barre la route et le ramène promptement .
Cependant le village d’Essling n’était plus aussi bien protégé car Lannes avait du dégarnir son front de ce côté la pour protéger le centre Français . Les Autrichiens s’emparèrent enfin d’Essling .
Pas pour longtemps ...........
Napoléon lance le général Mouton, un autre Lion, à la tête de la d’une brigade de Fusiliers de la Garde . Ces braves soldats pénètrent dans le village d’Essling et expulsent à coups de baïonnettes les Autrichiens hors du village d’Essling .
Charles enrage devant cette résistance plus qu’obstinée et relance des attaques sur Essling, mais les Fusiliers de la Garde du général Mouton repoussent à cinq reprises les Autrichiens .
Charles comprit qu’il ne pourrait jamais, malgré la supériorité de ses troupes ( 90 000 Autrichiens contre 55 Français), à arracher aux Français les villages d’Essling et d’Aspern . Jamais une infanterie Française ne fut aussi obstinée à vaincre ! Jamais elle ne fut plus brave !
Malheureusement un drame terrible allait se jouer dans Essling, le maréchal Lannes après s’être accroupis avec les jambes croisées fut mortellement blessé par un boulet ennemis qui vint fracasser ses deux genoux du duc de Montebello . Son corps fut transporté sur l’île Lobau et Napoléon vint consoler son vieil ami . Il était trop tard, un grand soldat de la France allait bientôt mourir .
La lutte prit fin à 9 h 00 du soir . Les Français avaient perdu 18 000 tués et blessés, les Autrichiens 19 000 tués et blessés .
Les Français n’avaient pas perdu leur champ de bataille, malgré les attaques Autrichiennes ils avaient réussi à garder possession des villages d’Aspern et d’Essling . Cependant les Autrichiens n’étaient pas non plus repoussés de leurs positions . Les Français furent cependant acculés à une retraite sur la rive gauche du Danube à cause des munitions qui manquaient cruellement, les Autrichiens firent également une retraite .
Napoléon avait-il vaincu ? Non car il avait ramené son armée sur la rive gauche, on ne peut pas dire qu’il est remporté une victoire, son objectif n’était pas atteint : l’armée Française n’avait pas passé la rive droite du Danube . Cependant l’honneur était sauf car les Français avaient repoussé toutes les attaques Autrichiennes et n’avaient quitté leurs positions que sur ordres de l’Empereur .
L’archiduc Charles avait-il vaincu ? Ce n’était pour lui qu’une demi-victoire, il avait peut-être contribué à empêcher les Français de passer le Danube mais il n’avait pas rempli tout ses objectifs car il n’avait pas détruit les armées qu’il avait devant lui, ce qui faisait pourtant parti de ses objectifs principaux . De plus son demi-succès était non pas du à ses attaques puisqu’elles furent repoussées sans cesse mais plutôt du aux ponts Français qui se brisaient constamment ( à cause notamment des petites embarcations enflammés que les Autrichiens jetaient sur le Danube) .
Lors de cette géante bataille il n’y eu ni vainqueurs, ni vaincu . Le commandant Lachouque a d’ailleurs très bien conclu : “ Bataille indécise puisque les deux armées on évacué en même temps le champ de bataille mais pour l’Autriche habitué à la défaite, c’est une victoire, et pour l’Europe, un coup porté au prestige de Napoléon .”
Cependant Napoléon allait soigneusement préparer sa revanche . Pendant six semaines, il allait travailler à celle-ci et allait notamment faire venir des sapeurs Français pour la constructions de ponts plus résistants .

C.Douville

Message par C.Douville » 07 févr. 2003, 03:46

Bataille de Wagram, 5-6 juillet 1809
Après l’échec d’Essling, Napoléon a soigneusement préparé sa revanche et a fait venir des sapeurs spécialement de France pour élaborer cette fois la construction de ponts solides .
Le 3 juillet 1809, toute l’armée Française passe le Danube puis le 4 les Français se rangent perpendiculairement par rapport au Danube face à l’armée Autrichienne de Charles .
Une des plus grandes batailles des guerres Napoléoniennes va se dérouler, elle va réunir plus de 300 000 combattants Français et Autrichiens ( l‘égal de Solferino en 1859, 50 ans plus tard), plus de 1200 pièces d’artillerie vont être réunies .
Napoléon et Charles sont deux grands chefs de guerre, il est intéressant de savoir ce que mijotent les deux adversaires, c’est à dire leurs objectifs :
Charles, le généralissime Autrichien décide de repousser la gauche Française avec sa droite renforcée pour couper les Français du Danube puis en cas de succès, faire aussitôt donner la gauche Autrichienne pour achever la victoire . Il faut préciser que Charles comptait sur l’arrivée du prince Jean pour prendre à revers la droite Française, mais défait lors de la bataille de Raab Jean n’arrivera que lorsque la bataille sera terminée .
Napoléon quand à lui espérait enfoncer la gauche de l’ennemi par Davout et Oudinot, percer le centre avec Macdonald, Marmont et Bernadotte et contenir la droite de l’ennemie avec Masséna . Napoléon avait prévu plusieurs réserves en cas de problèmes : la Garde, la Grosse Cavalerie et les Bavarois) .
Le 6 juillet, le feu commence à droite de l’armée Autrichienne et à gauche de l’armée Française .
Le général Autrichien Rosenberg placé à la gauche de l’armée de Charles devait se maintenir sur la défensive et ne prendre l’offensive que lorsque la gauche ennemie aurait obtenue quelques succès . Cependant Rosenberg avait mal compris les ordres, il fit attaquer les vieilles troupes du maréchal Davout .
Les Français d’abord retranchés dans les villages de Glinzendorf et de Grosshofen sont tout d’abord repoussés par le surnombre . Le général Puthod ne tarde pas à rappliquer et lance une contre-offensive qui permet de reprendre les deux villages aux Autrichiens, dans cette attaque il avait été soutenu par l’artillerie légère de Nansouty .
Les colonnes Autrichiennes sont mitraillées de tous côtés, elles sont rappelées par Rosenberg qui les replacent sur les positions primaires . Charles arrivé en catastrophe ordonne à Rosenberg de ne plus désobéir aux ordres .
Pendant que Napoléon s’entretenait avec le maréchal Davout pour l’attaque décisive sur la droite Autrichienne, les aides de camps de Masséna et de Bernadotte vinrent prévenir Napoléon que tout n’allait pour le mieux sur la gauche Française .
Voyons de plus près ce qui s’était passé :
Bernadotte qui commandait les Saxons avait été attaqué par les Autrichiens du général Bellegarde et avait été mis dans une déroute complète .
Masséna avait été également repoussé mais les jeunes soldats Français avaient fait une résistance plus qu’honorable devant ennemi quatre fois supérieur en nombre .
Masséna ne disposait que de ses quatre divisions et devait lutter contre les corps Autrichiens de Klenau, de Kollowrath et de Lichstenstein . 60 000 Autrichiens allaient lutter contre 18 000 !
Le duc de Rivoli commandait dans une calèche ouverte à cause de ses blessures due à une chute de cheval . On aurai dit le maréchal de Saxe à Fontenoy ! Masséna en bon tacticien décida de retarder l’avance de l’ennemi en jetant deux régiments de conscrits de la division du général Carra-St-Cyr dans le village qui avait été abandonné par les soldats Saxons de Bernadotte afin de colmater la brèche .
Le 24eme léger et le 4eme de ligne repoussèrent à la baïonnette les Autrichiens et s’emparèrent du village d’Aderklaa . Les Autrichiens ne tardèrent pas à contre-attaquer, malgré des prodiges de valeurs nos conscrits furent repoussés par le surnombre . Ce fut au tour des généraux Legrand et Boudet restés seul devant les forces de Klenau et de Kollowrath d’être repoussés, ils avaient du lutter avec 10 000 hommes contre 45 000 .
Heureusement pour le salut de notre Grande Armée, Napoléon arriva au galop avec ses aides de camps, il avait parcouru 9 km au galop, mais gardait encore plein d’énergie, il rassura Bernadotte traumatisé par son échec, trouve Masséna et converse avec lui .
En grand stratège, Napoléon va sauver la partie en bouleversant son plan de bataille . Il décide de faire intervenir l’armée Française d’Italie de Macdonald au centre, cette armée est composée de 30 000 Français et de 5000 Italiens .
Masséna reçoit donc l’ordre de laisser place à Macdonald et d’effectuer une marche pour protéger l’extrême gauche de l’armée Française et soutenir le général Boudet .
Pendant la marche du duc de Rivoli, le feu de l’artillerie ennemie décime ses troupes car elles présentent leurs flanc droit à l’ennemi . Cependant les conscrits ont vu pire à Aspern .....
Lassalle et Marulaz, deux grands cavaliers de l’Empire protègent la marche de Masséna et à la tête des Chasseurs et des Hussard infligent quelques corrections à la cavalerie Autrichienne qui est sans cesse repoussée .
Pendant ce temps, Napoléon décide d’appuyer promptement l’attaque de Macdonald et de Masséna par un appui d’artillerie . Pour cela il forme une gigantesque Batterie avec les 60 pièces d’artillerie de la Garde et 40 pièces d’artillerie Françaises et Bavaroises .
Le feu se déclencha très vite, c’est le général Drouot surnommé plus tard le sage de la Grande Armée, qui commandait cette formidable artillerie, les témoins rapportèrent que jamais dans les guerres de la Révolution et de l’Empire ils n’ont vu un tel feu d’artillerie .
Les batteries Autrichiennes volèrent en éclats, elles furent contre-battue avec un rare violence . L’infanterie Autrichienne subie de lourdes pertes mais il faudra forcer sa retraite par l’intervention d’une armée .
Justement Macdonald part à l’attaque, il forme son armée en un gigantesque carré, sous le feu des Autrichiens, des centaines de soldats Français tombent, mais nos jeunes soldats gardent leurs sang-froid et continuent leur marche héroïque bravant le danger et la mort .
Le prince de Lichtenstein fait donner plusieurs escadrons Autrichien, la cavalerie lourde fait trembler la terre, les Français les abattent par de terribles décharges ( des feux de salves) . La cavalerie ennemie est repoussée et sème le désordre dans sa propre infanterie . Cependant Nansouty ne peut intervenir immédiatement et ne peut concrétiser l’avantage .
Il arrive quelques minutes plus tard et ne tarde pas à se rattraper, les 10 000 Cuirassiers Français qu’il commande se lancent dans une superbe charge, la terre tremble encore plus, les Autrichiens n’ont pas le temps de se former en carrés et son sabrés, une partie de l’infanterie ennemie est repoussée, le centre Autrichien est coupé en deux .
Charles a compris qu’il a perdu la partie au centre et ordonne la retraite de celui-ci . Désespéré ce brave général Autrichien cherche la mort sous le feu Français, il comte encore sur l’arrivé de l’archiduc Jean pour accabler le maréchal Davout mais il n’arrivera pas .
Pendant ce temps Masséna a terminé sa marche de flanc et commence à attaquer la droite Autrichienne . Après une courte préparation d’artillerie, il fait attaquer les Autrichiens retranchés dans les villages de Breitenlée et Hirschstatten par les conscrits du général Boudet qui mourraient de prendre leurs revanche, les Autrichiens sont débusqués à la baïonnette et les Français reprennent les deux villages .
Lassale et Marulaz effectuent de brillantes charges de cavalerie, mais Lassale chargeant à la tête des Cuirassiers se fait tuer par une balle reçue en pleine tête . Un très grand cavalier de l’armée Française mourrait .
Le centre et la droite de l’armée Autrichienne sont repoussées, Charles a donc échoué dans ses objectifs, maintenant tout va se jouer sur la gauche ennemie .
Le maréchal Davout commande je l’ai déjà rappelé dans des textes précédents ses vieilles troupes de 1806, celles-ci si elles étaient bien commandées étaient capable de faire de miracles .
La préparation d’artillerie Française est programmée avec soin par le professeur Davout, les boulets plongent en plein coeur de l’infanterie Autrichienne du général Rosenberg . Pendant ce temps, le général Morand passe à l’attaque et gravit les pentes sous une terrible mitraille, ne pouvant intimider les vieux soldats Français par le feu de leurs fusils les Autrichiens attaquent en colonnes .
Le 17eme de ligne accablé par le nombre doit s’arrêter et effectuer quelques feux de salves pour gagner du temps . Heureusement le général Friant arrive tambours battant au secours du général Morand, les grognards du 15eme léger et du 33eme de ligne abordent les Autrichiens à la baïonnette et enfoncent une partie de l’infanterie ennemie .
Les généraux Puthod et Gudin entrent en scène sous la conduite personnelle du maréchal Davout, les vieux soldats Français de Puthod pénètrent dans le village de Neusiedel et engagent de furieux corps à corps dans les rues et les maisons, les Autrichiens y sont expulsés et poursuivis la baïonnette aux reins .
Pendant ce temps les généraux Friant et Morand faisaient des merveilles, ils gagnaient sans cesse du terrain et dépassèrent la tour carré, les grognards y accrochèrent un drapeau Français pour faire comprendre à Napoléon que la bataille était sur le pont d’être gagnée .
Le général Rosenberg commençait à être complètement enfoncé, le corps du général Hohenzolern vint le soutenir mais Gudin fit des prodiges de valeur et malgré le surnombre il repoussa de positions en positions les troupes d’Hohenzolern .
Cependant il était temps que le maréchal Oudinot passe à l’offensive, celui-ci commandait les anciens conscrits Français de Lannes, ceux-ci se devaient de rendre hommage à la mémoire de ce grand gascon .
Oudinot porta l’axe de son offensive sur le village de Wagram, les conscrits Français du général Thareau chargent à la baïonnette plusieurs bataillons Autrichiens, les culbutent et emportent promptement le village de Wagram, les prisonniers Autrichiens sont nombreux .
Le général Grandjean, qui commande l’ancienne division du général St-Hilaire ( décès à Essling) repousse avec ses conscrits les ennemies, le 10eme léger aborde vivement les Autrichien et y fait prisonnier plusieurs bataillon ennemies qui avaient eu la mauvaise idée de se former en carrés .
Napoléon observe avec sa jumelle, il a gagné la bataille, les Français ont enfoncé les Autrichiens sur toute la ligne, c’est indiscutable . Napoléon envoie des renforts là ou il pressent, il en envoie à Macdonald qui malgré qu’il ai perdu un tiers de ses soldats continue la poursuite, prend le village de Susalum à l’infanterie ennemie puis grâce à l’appui de la cavalerie légère il capture 5000 prisonniers .
Toute l’armée Française poursuit les Autrichiens en retraite, plusieurs combats d’arrière-garde permettent aux Français de ramasser des prisonniers, des canons et des drapeaux .
La bataille de Wagram est une victoire indiscutable remportée par l’armée Française . Napoléon s’est montré plus fort que Charles qui n’avait aucune excuse . Cependant cette victoire n’est pas aussi spectaculaire que celles d’Hohenlinden, Austerlitz, Iena, Auerstadt ou Friedland .
Cela n’est sûrement pas du à la présence de troupes alliées, si on l’on observe avec un peu plus d’objectivité on remarque que seul les Saxons furent engagés comme soldats Alliés, les Bavarois et les Wurtembergeois ne furent pas engagés . Ce sont surtout les jeunes soldats Français qui furent engagés : Masséna, Oudinot et Macdonald commandaient des conscrits, les noms des régiments engagés le prouve . Seul Davout commandait des vieilles troupes . Si la victoire fut difficile ce n’est donc pas la faute des Alliés, c’est due d’une part au manque d’entraînement des conscrits pour les manoeuvres tactiques, ce qui obligea les généraux à former des attaques avec des formations massives de soldats, les artilleurs ennemis s’en donnèrent à coeur joie, mais cela n’est pas la seule raison, il faut préciser que l’armée Autrichienne avait subie un grand nombre de défaites militaires depuis 1792, elle s’était évidement améliorée . Je ne pense pas faire de chauvinisme en affirmant que Wagram est une victoire à 100 pour cent Française .
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