SANTÉ : Les pharmaciens de la Grande Armée

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

NapNap

SANTÉ : Les pharmaciens de la Grande Armée

Message par NapNap » 30 janv. 2003, 03:59

C’est un pharmacien de la grande armée nommé Jean-Nicolas Gannal qui développa les techniques de préservation des cadavres. Utilisant le principe de la circulation sanguine, il passa la majeure partie de sa vie à améliorer, une technique d'injection artérielle pour permettre à des fluides de conservations d'envahir l'intégralité des organes et des tissus cadavériques.
Il étudia son procédé principalement pendant le rapatriement des corps au cours de la retraite de Russie en essayant plusieurs produit tel que : le nitrate de potasse, le phosphate de chaux, le chlorure de sodium, l'alun, l'acide arsénieux, le sublimé, l'acétate et le sulfate d'alumine.
Il divulgua son procédé à la communauté scientifique en 1835. Louis-Philippe lui accorda le droit d'exhumer certains anciens cobayes pour prouver l'excellence de sa méthode. Le formol remplacera le sulfate d'alumine par la suite en 1879.[/color][/justify]

Hypolite

Re: SANTÉ : Les pharmaciens de la Grande Armée

Message par Hypolite » 30 janv. 2003, 10:54

Merci de cette info cher Napnap ! ;-)
Ne peut on envisager que son procédé ait été connu des médecins de Ste Hélene :?

C.C.

Re: SANTÉ : Les pharmaciens de la Grande Armée

Message par C.C. » 30 janv. 2003, 11:03

On aurait donc injecté des produits de conservation lors de l'autopsie et personne n'en aurait dit mot?
Les Anglais qui ne voulaient pas d'un embaumement auraient laissé faire sans réagir?...

Albertuk

Re: SANTÉ : Les pharmaciens de la Grande Armée

Message par Albertuk » 30 janv. 2003, 13:12

C’est un pharmacien de la grande armée nommé Jean-Nicolas Gannal qui développa les techniques de préservation des cadavres
…développa certes mais n’en était pas le précurseur. Son originalité a été essentiellement dans l’utilisation de solution arsenicale comme fluide à injecter dans le cadavre. Avant lui, de nombreux procédés existaient. Le père moderne de l’embaumement (après les Egyptiens) était un écossais du nom de William Hunter, au siècle d’avant. Notons que les techniques d’embaumement étaient celles des anatomistes, car c’était leur nécessité de conserver des pièces anatomiques. Il est évident qu’Antommarchi était tout a fait rompu à ces techniques de conservation et d’embaumement.
Ne peut on envisager que son procédé ait été connu des médecins de Ste Hélène?
Le procédé de Gannal non, car connu en 1835 seulement, mais d’autres procédés antérieurs oui.
On aurait donc injecté des produits de conservation lors de l'autopsie et personne n'en aurait dit mot?
Antommarchi n’a pas pratique d’embaumement, en effet, et cela aurait nécessité le drainage du corps par des substances a y injecter. Cette pratique aurait durer des heures, et eut nécessité la coopération des Anglais quant a la fourniture de potions ad hoc. Cependant, je pense qu’Antommarchi aurait bien pu utiliser les substances d’anatomiste qu’il possédait pour contribuer à préserver le corps. Son état d’esprit d’alors tendrait a le faire croire. Les témoignages font aussi état que le docteur usa de substances sur le corps : Bertrand avec son « eau de Cologne mélangée », Marchand avec sa « liqueur aromatisée », et Noverraz avec sa « créosote » (si on compte son journal comme ayant été remanié après 1840 pour publication vers 1850).
Les Anglais qui ne voulaient pas d'un embaumement auraient laissé faire sans réagir?...
Il n’y eut pas d’ordre « contre » l’embaumement mais des prétextes… Manque de produits ad hoc. Et les docteurs anglais sur place n’étaient pas des anatomistes, donc n’étaient pas rompus aux procédés de conservation de pièces anatomiques par drainage et dessiccation: c'est ce que fit volontairement ou non Antommarchi. De plus ils n’avaient aucune objection (par ordre du gouverneur) à soumettre autre que de ne prendre aucune des parties du corps.

Albertuk

Re: SANTÉ : Les pharmaciens de la Grande Armée

Message par Albertuk » 30 janv. 2003, 15:43

…les Souvenirs de Noverraz ne sont pas fiables!
Exact. J’en ai eu la confirmation tout à l’heure. Ce livre est une compilation de plusieurs sources qui avaient été largement « re-écrites ». CQFD.
Où Bertrand fait-il état d'une "eau de Cologne mélangée" ?
Oups… NapNap en avait parlé dans une des réponses. Je n'avais pas vérifié.
Sir Hudson Lowe ayant déclaré que SON GOUVERNEMENT S'OPPOSAIT A TOUT EMBAUMEMENT
Je crois que Marchand est le seul témoin à mentionner une « interdiction » d’embaumer. Antommarchi parle d’un « manque de substances nécessaires ». Bertrand et Ali n’en parlent pas. Les rapports de Lowe et de son gouvernement ne parlent pas non plus d’une telle demande et ni de refus. Mais toutefois, admettons qu’il y ait eu interdiction. D’autant que j’ai lu le témoignage d’un anglais qui dîna avec Antommarchi à Paris le 7 septembre 1821 et qui raconte que « le docteur n’avait pu obtenir la permission d’embaumer le corps ».

NapNap

Re: SANTÉ : Les pharmaciens de la Grande Armée

Message par NapNap » 30 janv. 2003, 17:07

Napoléon à Sainte-Hélène de Jean Tulard; l'évangile selon Bertrand, page 740.
<<...eau de Cologne mélangée d'eau naturelle!>>
:)

NapNap

Re: SANTÉ : Les pharmaciens de la Grande Armée

Message par NapNap » 30 janv. 2003, 17:45

désolé, Tulard mentionne toujours les noms des gens qui écrivent à la fin du texte. Ici il ne l'a pas fait! :-|
Étant dans la section l’évangile selon Bertrand, j'en avais déduit que c'était lui qui écrivait!
Je me suis donc trompé dans le temps... nous sommes avant l'autopsie dans ces lignes!
Je m'excuse de vous avoir induit en erreur cher Albert!
:oops:

Albertuk

Re: SANTÉ : Les pharmaciens de la Grande Armée

Message par Albertuk » 30 janv. 2003, 18:11

Pas de problème.
Cette discussion a eu le mérite de nous éclairer sur ces histoires de créosote, d'embaumement et de "Journal de Noverraz".

Christophe

Re: SANTÉ : Les pharmaciens de la Grande Armée

Message par Christophe » 16 févr. 2017, 13:09

[aligner]Casimir Hégo est né à Valenciennes le 4 mars 1767. Son père, Herménegilde-Joseph Hégo, né lui aussi à Valenciennes, le 20 octobre 1736, était maître-apothicaire dans cette ville. Il fit partie de l’armée de réserve en avril 1792 comme apothicaire-major et fut reçu membre du Conseil de Santé des Armées. Il avait été reçu membre du collège de Pharmacie de Paris par agrégation en avril 1795, en même temps que Vauquelin. Il est mort à son poste en juin 1795. Le fils, Casimir Hégo, était apothicaire sous-aide à Soissons le 1er septembre 1792 à l’armée de réserve où était son père, puis passa pharmacien de 2ème classe à l’armée du Nord en 1795, puis pharmacien de 1ère clase à l’armée de Mayence en 1798. Il était au camp de Saint-Omer en 1803 et à l’armée expéditionnaire du camp de Boulogne en 1804, enfin, au Grand Quartier-Général de la Grande-Armée en 1805. Il mourut du typhus à l’hôpital de saint-Ulric, à Augsbourg, le 15 janvier 1805. « Généralement regretté pour la douceur des mœurs, pour son zèle et son exactitude au service ».

Coste qui fut médecin de l’armée de Rochambeau en Amérique, à dit de lui : « Le pharmacien de 1ère classe Hego, fils d’un de mes collègues du Conseil de Santé, a payé à Augsbourg, du prix de sa vie, le dévouement avec lequel il avait demandé à faire cette campagne. A l’époque où nous montrâmes nos canonnières à Boulogne, je n’avais pas consenti à ce qu’il fût de la traversée et mon honorable collègue Parmentier avait sanctionné cette défense. Plaignons la digne épouse qui il a laissé pour tout bien deux enfants en bas âge.

Quant à Claude-Charles-François Bessier, il naquit le 31 mai 1761 à Falaise (Calvados). Voici ses états de service :

Pharmacien-élève à l’hôpital de Lyon le 2 juin 1792.

Passé à l’hôpital de Melun le 28 juin 1793.

Pharmacien de 2ème classe à l’armée des Pyrénées-Orientales le 24 ventôse an 2.

Employé à l’hôpital militaire de Montlibre le 15 ventôse an 4, à l’hôpital de Villefranche le 13 fructidor an 4.

Réformé (mesure générale) le 13 pluviôse en 5.

Remis en activité comme pharmacien de 2ème classe de l’armée du Danube le 12 floréal an 7, passé ensuite à celle du Rhin.

Réformé pour cause de surabondance le 14 floréal an 9.

Réemployé à l’armée de Saint-Domingue le 1er fructidor an 10.

Réformé le 30 fructidor an 12.

Pharmacien de 2ème classe au camp de Bret le 18 brumaire an 13.

Pharmacien-major à la Grande-Armée le 24 juin 1804.

Pharmacien-major disparu à Eylau en 1807.

F. RICHARD

(« Revue d’Histoire de la Pharmacie », n°149, 1956).
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