Batailles : Iéna

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

olioli

Batailles : Iéna

Message par olioli » 12 janv. 2003, 17:19

Voilà je connais à peu près les déroulement des batailles de Napoléon sauf une , Iéna . Je sais que cette bataille était face au Prussiens et aussi que Napoléon avait placé son artielleries sur un plateau ou lespièce d'artiellerie ont était très dure à monter , pour surprendtre l'ennemi :evil: . Mais je ne connais pas le déroulezment de la bataille en elle même , le nombre d'homme des deux cotés et tous le reste ... ;-)

Antonin

Re: Batailles : Iéna

Message par Antonin » 12 janv. 2003, 17:31

Hohenlohe (Arrière-Garde de l'Armée Prussienne) : 72 000 hommes.
Napoléon (Grande Armée) : 56 000 hommes.

Le plateau-clé de la bataille (celui qu'occupe Napoléon) est le Landgrafenberg.

Pertes françaises : Entre 4 000 et 7 500 tués et blessés.
Perte prussiennes : Environ 12 000 tué et blessés et des prisonniers.

Colonels tués dans l'affrontement :
- Barbanègre (9e Hussards)
- Houdart-Lamotte (36e de Ligne)
- Marigny (20e Chasseurs)

désirée

Re: Batailles : Iéna

Message par désirée » 12 janv. 2003, 17:54

Olioli
Pour les détails de la bataille de Iéna, comme pour toutes les autres, il y a un livre superbe :"Les guerres napoléonniennes 1796-1815", de Gunther et E. Rothenberg, aux éditions Autrement. Il existe dans les bonnes bibliothèques où vous pourrez l'emprunter.
Vous y trouverez, outre des textes où les mouvements des armées sont clairement expliqués, des cartes superbes où figurent les déplacements des corps d'armée.

Bonne lecture!

Désirée

Hypolite

Re: Batailles : Iéna

Message par Hypolite » 12 janv. 2003, 18:21

Les Prussiens qui aiguisaient leurs sabres sur l’ambassade de France et se vantaient de gagner les Français avec de simples gourdins ! :roll:

foxtrot

Re: Batailles : Iéna

Message par foxtrot » 12 janv. 2003, 19:30

Je te conseille aussi le bouquin de Henry Houssaye sur la campagne de 1806.

C.Douville

Re: Batailles : Iéna

Message par C.Douville » 12 janv. 2003, 19:57

Bonjour Olivier

Je te fais un résumé assez court de la bataille ( je sais que tu n'aime pas quand c'est trop long ;-) ) :

La bataille se déroule donc le 14 octobre 1806 . Dans cette bataille, Napoléon ne vas pas réaliser de grandes manoeuvres stratégique comme celle d'Austerlitz ( avec le mouvement de Soult pour épauler Davout ) . La bataille d'Iéna sera une bataille frontale mais menée de façon méthodique .

Napoléon connaît parfaitement la valeur de l'armée Prussienne et ses méthodes d'attaque puisqu'il a longuement étudié les campagnes de Frédéric deux de Prusse . Le défaut principal de cette armée est qu'elle se bat en élaborant des manoeuvres tactiques qui sont difficile d'exécution .

Pour Napoléon, il suffit de frapper cette armée lorsqu'elle élabore ses manoeuvres tactiques . L'armée Française est une armée qui se bat, depuis les guerres de la révolution, de façon à enfoncer l'ennemi par le choc, l'offensive en masse appuyée par une forte artillerie .

Pour déployer l'ensemble de son armée, Napoléon doit absolument s'emparer du plateau d'Iéna tenu par le corps Prusso-Saxon du général Tauenzien, ce corps représente l'avant-garde de l'armée Prussienne commandée par le général Hohenlohe . Les divisions Prussiennes et Saxonnes de Tauenzien sont retranchées dans les villages de Corpeda et de Closevitz .

Napoléon confit à Lannes la mission de déloger les défenseurs . Le corps Français du maréchal Lannes attaque très tôt le matin . Les division Françaises des généraux Gazan et Suchet s'emparent, après avoir chassé les Prussiens et les Saxons à coups de canons et de baïonnettes, des villages de Closevitz et de Corpeda .

Le corps de Tauenzien est en retraite et Lannes s'installe solidement sur les positions conquises .

Napoléon fait alors entrer en action les corps Français des maréchaux d'Augereau et Soult . Pendant que Lannes et les deux autres maréchaux commencent leurs attaques contre le gros de l'armée ennemie, le maréchal Ney intervient à son tour dans la mêlée .

Mais celui-ci désobéit aux ordres de Napoléon, il enfonce son corps Français entre les corps des maréchaux Lannes et Augereau . Ceux-ci ne s'en rendent même pas compte au départ .

Le maréchal Ney s'étend trop avancé, il se voit bientôt obligé d'affronter des forces supérieures en nombre . La cavalerie Prussienne attaque à plusieurs reprises mais Ney forme de solides carrés d'infanterie et repousse les attaques .

Quand Napoléon s'aperçoit de la position difficile de Ney, il ne s'affole et demande à ses maréchaux de presser le pas et ordonne prématurément la grande offensive générale .

Cette attaque générale avait été prévue depuis le début de la bataille, Napoléon plaça judicieusement son artillerie sur les hauteurs, ce qui va permettre de dominer l'artillerie adverse et de tailler en pièce les régiments Prussiens en train de maneouvrer .

Soult repousse le corps Prussien à plate couture et commence à déboucher dans la plaine, Augereau et Lannes repoussent également les divisions ennemies et viennent enfin soutenir le courageux duc d'Elchingen ( Ney) .

L'offensive générale commence alors . Les maréchaux Soult, Lannes, Augereau et Ney lancent leurs divisions de vieux soldats Français à l'attaque . Les divisions Prussiennes déjà sévèrement amochées par l'artillerie Françaises, sont abordée à la baïonnette . Les régiments Prussiens qui se trouvent en première ligne sont pour la plupart anéanties par le feu ou l'arme blanche .

Le reste de l'armée Prussienne se transforme alors, selon les mots de l'Allemand Von Der Gotz, en un torrent de fuyards . Le pauvre général Prussien Hohenlohe ne contrôle plus la situation . Dans cette déroute, on pouvait voir les grenadiers Français poursuivent activement de collines en collines les soldats Prussiens en train de fuire .

A la fin de la bataille, le général Prussien Rüchel arrive avec son corps d'armée, il pense pouvoir renverser la situation . Peine perdue . L'artillerie Française commence à amocher les soldats Saxons, Murat arrive avec ses Dragons de flanc et sabre tout sur son passage . Une partie de l'infanterie de Soult fait également du ménage . Bref, après une demi-heure de combat, le corps Prussien de Rüchel n'est plus qu'un ramassis de tués, de blessés ou de fuyards .

La bataille d'Iéna se transforme en une écrasante victoire ( une branlée comme dirait Hypolite :mrgreen: ) . Il n'y a pas un régiment Prussien ou Saxons qui ne fait une retraite en bon ordre . Les pertes pour l'armée Française sont à peu près équivalente à celles d'Austerlitz : 1800 tués et 3500 blessés . Les pertes Prussiennes sont très lourdes : 15 000 tués ou blessés mais il faut compter aussi 20 000 prisonniers capturés dans la fuite .

L'on a dit que Iéna avait vengée la défaite de Rosbach ( subie en 1757 pendant la guerre de sept ans) . Les victoires Françaises de 1794 sur ces mêmes Prussiens ( Trippstadt et Platzberg contre le maréchal Moëllendoerff) avaient déjà vengé cette victoire de Frédéric deux .

J'attend vos commentaires foxtrot ;-) :arrow:

A+

foxtrot

Re: Batailles : Iéna

Message par foxtrot » 12 janv. 2003, 22:04

Parfait comme tjs

et comme sur la partie tactique tout à été superbement dit, je m attacherai donc demain à parler plutot de la stratégie globale, travail d'approche des armées Françaises dans la campagne et ceux qui s'est passé un peu plus au Nord... ;-)

lukian54

Re: Batailles : Iéna

Message par lukian54 » 12 janv. 2003, 22:43

Les relations de la bataille sont trés explicites. Il faut ajouter que le même jour à quelques kilomètres de distance, le Maréchal Davout se distinguait en remportant la bataille d'Auerstaedt.
Davout avec ses 30.000 hommes venait à bout des 55.000 soldats de Brunswick. Le roi de Prusse ordonne la retraite vers Weimar .. les battus d'Auerstaedt rencontrent les vaincus d'Iéna et dans la plus grande confusion, l'armée prussienne va se désagréger lors de la poursuite légendaire des Français..

olioli

Re: Batailles : Iéna

Message par olioli » 13 janv. 2003, 07:59

Merci Charlie , voilà un résumé comme je les aime :aime: . Maintenant à vous Fortox :mrgreen:

foxtrot

Re: Batailles : Iéna

Message par foxtrot » 13 janv. 2003, 10:46

Voic donc le récit de l'avant bataille et la stratégie mise en place suivit de "l'autre victoire" du Jour.

J'ai essayé de faire simple, mais il faut aussi ne rien oublier...

L’Empereur avait quitté Saint Cloud le 25 Septembre 1806
Arrivé au milieu de son armée le 3 Octobre
Celle ci était concentrée toute entière en « Franconie » autour de Bamberg :
128 000 fantassins
30 000 cavaliers
10 000 en artillerie
260 Canons

Chefs de corps d’armée :
Bernadotte (très peu efficace encore… no comment), Lannes, Davout, Soult, Ney, Augereau et Murat pour la cavalerie.

Les prussiens :
2 masses essentielles, avec Brunswick et Frederic Guillaume pour le 1er de 60 000 hommes
, 50 000 pour Hohenlohe
en réserve à Magdebourg 20 000 hommes et encore 25 000 en Silésie
Donc en tout plus de 150 000 hommes.
Conclusion, au départ de cette campagne, forces équilibrées de part et d’autres.

Les plans stratégiques :
Côté prussiens, ça flotte sévère dès le début en divers plans, adopté, rejeté, modifié, bref déjà la pagaille avant que cela ne débute.

Napoléon lui, ne comptait nullement attendre les Prussiens. Ils souhaite les tourner et met en marche ses corps d’armée vers le Nord Est.
Le 10 Octobre, toute l’armée était en Saxe
A son habitude, Napoléon prenait l’initiative et forçait l’ennemi à modifier précipitamment ses plans.

Logiquement les prussiens, venant du Nord, auraient du barrer à Napoléon les routes de Berlin et Leipzig, en occupant fortement la vallée de la Salle. Les Français arrivant du Sud, auraient du alors faire face au Nord Est et affronter les Prussiens.

Mais de part la manœuvre d’enveloppement de l’Empereur, dès le 13 Octobre, la situation des armées étaient tout autre.
Napoléon agissant avec rapidité, que déjà dans la vallée de la Salle il l’a descendait avant que les Prussiens ne s’y installent.
Brunswick surpris par cette offensive, avait alors décidé de regrouper ses armées autour de Weimar. Il pensait les attaquer ainsi de flanc en leur laissant continuer leur marche vers Leipzig.
Les Prussiens à Weimar et l’armée Française dans la vallée de la salle, nos ennemis étaient déjà tournés avec le chemin de Dresde et de Berlin barré. C’est à dire que les prussiens se trouvait rejeter Nord Ouest et donc entre leur capitale et leur corps, toute l’armée Française !

Mais Napoléon n’entendant nullement laissé les prussiens derrière lui à Weimar, comptait bien livrer la grande bataille qu’il méditait. Une grande bataille ainsi livrée et gagnée, les prussiens en déroute seraient coupées de Berlin définitivement !

Il est donc résolu à livrer bataille enveloppant l’armée prussienne concentré à Weimar.
L’attaquer à la fois par le Nord, l’Ouest et le Sud. Iéna se trouvant de l’autre côté du plateau, il en fera le centre de son dispositif et y sera avec Soult et Lannes.

Ney et Augereau plus au sud contournant le plateau.
Enfin Bernadotte et Davout se portant plus au Nord, pour pouvoir se rabattre largement sur la gauche de l’ennemi.

Le corps de Davout aura plus à faire que se rabattre sur la gauche de l’ennemi et nous le verrons après….

Le récit de C Douville, explique après tout cela en Détail, je rajouterai juste ce qu’avait écrit Napoléon à Talleyrand à ce moment là : « Les affaires vont tout à fait comme je les avais calculées, marche après marche, presque événement par événement »

En rentrant à Iéna, Napoléon croyait avoir battu l’armée prussienne toute entière mais à l’heure ou celui ci mettait en déroute Hohenlohe, l’armée de Brunswick et du Roi forte de 60 000 hommes qui était dans son mouvement de retraite vers le nord est tomber sur le corps de Davout avec 28 700 hommes seulement !

Encore une fois, Bernadotte entre Napoléon et Davout ne joua aucun rôle dans cette journée du 14….menacée par l’approche des prussiens, Davout l’appellera en vain.

La division Gudin se heurta seule à la forte armée prussienne et cependant repoussa la cavalerie de Blücher.
Les divisions Friant et Morand entrent alors en ligne et rétablissent sous les ordres de Davout un combat difficile un instant compromis.

Les soldats Français furent brillants d’audace et de courage, un exemple pour illustrer : les hommes du 17 eme léger au moment ou des cavaliers arrivent pour les charger ont mis leur shakos au bout de leurs fusils en criant « Vive l’Empereur !» et lorsque leur Colonel leur criait « mais tirez donc ! », ils ont répondu via un de leur carabinier « Oh ! Mon Colonel, nous avons le temps. Nous verrons ça à quinze pas… »

Le vieux Brunswick ayant été tué, le Roi de Prusse fut contraint de prendre le commandement lui même. Il délibérait sur la retraite, quand maître du terrain au bout de 4 heures, Davout décida de l’y contraindre fortement.

Les 3 divisions Friant à droite, Gudin au centre, Morand à gauche, balayèrent alors en une demi heure le champ de bataille, menaçant à ce point le Roi de Prusse que celui ci donne l’ordre à son armée de se rabattre sur Weimar, où il compte trouver intact Hohenlohe….
Mais les Français enfoncent tout, ils prennent Auerstaedt, écrasent la réserve prussienne.
Bilan : 3000 prisonniers, prise de quasi toute l’artillerie Prussienne soit 155 pièces de canons (Davout n’en ayant que 55…) et tué ou blessé 15000 dont plus de 300 officiers.

Bataille livrée par Davout donc autrement glorieuse que celle dont l’empereur à Iéna sortait vainqueur.

Pour conclure, contrairement à ce que l’on a raconté parfois, Napoléon ne songea nullement à effacer l’éclat du triomphe de Davout, il voudra même que celui ci entre en 1er à Berlin qq jours plus tard et entendra que anobli, il porte et lègue à ses enfants, le titre de Duc d’Auerstaedt. Pour l’Empereur les 2 batailles étaient liées dans la gloire, Auerstaedt interdisant à l’autre armée prussienne de recueillir les vaincus d’Iéna et de battre elle en pleine déroute.

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