Maréchaux : Ney

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L'âne
 
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Re: Maréchaux : Ney

Message par L'âne » 09 août 2018, 11:07

Le tambour "ne portant point de fusil, n'ayant pour toute arme qu'un sabre, il s'en sert mieux que les autres soldats; il le caresse, il le polit, il le manie tant que [...] quand vient l'occasion de dégainer, la lame ne tient pas au fourreau"
(Elzéar Blaze, Souvenirs d'un officier de la Grande Armée, Arthème Fayard éditeur)

Tambours (L'uniforme et les armes des soldats du Premier Empire,T2, Liliane et Fred Funcken)

Tambour PE.jpg
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Cyril Drouet
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Re: Maréchaux : Ney

Message par Cyril Drouet » 22 août 2018, 22:11

C-J de Beauvau a écrit :
24 janv. 2018, 15:40
lannes-villars a écrit :
24 janv. 2018, 15:31
Après sa retraite du Portugal en 1809 et avoir dégagé Lugo, Soult et Ney s'echarpèrent et avaient sorti leurs épées quand Dumas intervint pour les séparer..... :shock: :shock:
J'évoquais des témoignages écrits , des mémoires etc En gros d’où tenez vous cela ?
Cordialement

Le capitaine anglais Boothby (Prisoner of France – The memoirs, diary, and correspondance of Charles Boothby, captain royal engineers during his last campaign) parle de cette entrevue orageuse et qui faillit finir en duel sans l’intervention du général Mathieu (et non Dumas).
Il faut cependant préciser que Boothby ne fut pas témoin des faits et les rapporte (de manière fort détaillée) suite selon lui à des informations transmises par un officier français dont il tait le nom.
A ma connaissance, Boothby est le seul à peindre une telle scène. Prudence donc…

Les autres mémorialistes ne cachent pas la tension et la violence qui régnèrent à Lugo, mais sont loin d’aller aussi loin que le capitaine anglais :

« Quand nous approchâmes de Lugo, cette ville était assiégée par une armée de milices et de paysans espagnols, qui se retirèrent précipitamment en apprenant notre arrivée; le général Fournier, du corps du maréchal Ney, commandait dans cette place, où nous entrâmes le 23.
Nous y fûmes d'abord assez bien reçus; mais le maréchal Ney étant arrivé peu de jours après, les choses changèrent de face, et on eût dit alors que nous n'étions plus un corps français; tout nous était refusé, et nos malades mouraient en foule dans les hôpitaux, faute de remèdes et d'aliments; car tout était réservé, par les ordres de Ney, pour son corps d'armée, et l'on peut bien dire qu'il nous traita de Turc à Maure. »
(Saint-Chamans, Mémoires)

« Ce même jour [22 mai 1809], notre avant-garde arriva devant Lugo, bloqué par 18 000 Galiciens, aux ordres du général Mahi. Le général Fournier, qui commandait dans cette place, n'avait plus aucun moyen de subsister: nous y fûmes reçus comme des libérateurs; on était d'autant plus étonné de nous voir, que les habitants avaient répandu le bruit que nous avions mis bas les armes en Portugal. Nous apprîmes, dans cette ville, les succès de nos armées d'Allemagne, près de Ratisbonne.
Les troupes de la garnison de Lugo faisaient partie du corps d'armée aux ordres du maréchal Ney, qui était en ce moment dans les Asturies, où il avait été faire une expédition; il rentra le 30 mai.
Les vainqueurs des Asturies ne nous reçurent pas comme le méritait le courage malheureux. Nous avions tout perdu, il est vrai, hors l'honneur : nos vêtements en lambeaux, nos pieds déchirés, nos visages hâves et décharnés attestaient nos longues souffrances. Des propos injurieux sur notre retraite occasionnèrent des rixes entre les soldats; des officiers s'en mêlèrent, et il y eût même plus que de l'aigreur dans l'entrevue des deux Maréchaux. »
(Naylies, Mémoires sur la guerre d'Espagne pendant les années 1808 – 1811)


« Peu de jours après, le restant de ce corps d’armée, ayant à sa tête le maréchal Ney, est rentré à Lugo de retour d’une expédition dans les Asturies, une fâcheuse mésintelligence a éclaté entre ces troupes et les nôtres ; les duels sont survenus, et peu s’en est fallu qu’oubliant que nous sommes les uns et les autres enfants de la France, il n’y ait eu un engagement général. Le non-succès de notre entreprise, la perte totale de notre matériel et l’état de délabrement de notre tenue et de nos individus ont servi de texte aux mauvaises plaisanteries, aux propos outrageants dont des scènes sanglantes ont été la suite. Les soldats seuls ont d’abord pris part aux rixes, puis elles ont gagné les officiers, et, s’il faut en croire certains bruits, les deux maréchaux, qui depuis longtemps ne s’aiment pas, ont eu eux-mêmes une entrevue fort orageuse. »
(Fantin des Odoards, Etapes d’un officier de la Grande Armée, 1800-1830)


« Dès le mois de février, lors de la poursuite de l'armée de sir John Moore, des sentiments de rivalité et de jalousie avaient déjà éclaté entre les soldats des maréchaux Soult et Ney qui eux-mêmes ne mettaient point, dans leurs relations journalières, l'harmonie nécessaire. Séparées du sixième corps depuis cette époque les troupes de l'armée du duc de Dalmatie, par suite des malheurs de la retraite, ne pouvait rentrer à Lugo que sous l'empire de quelques préventions fâcheuses. Il était presque certain que, sans égard pour les difficultés insurmontables de l'entreprise, on ne voudrait juger de leurs travaux que par les résultats définitifs, et que l'on pousserait même l'injustice assez loin, pour ne point leur tenir compte du haut courage qu'elles avaient déployé au milieu des événements les plus critiques, ni de l'attitude imposante qu'elles avaient eu, en conservant intact l'honneur de nos armes. Après la défaite de l'armée anglaise en Galice, les soldats du maréchal Soult s'étaient montrés triomphants et fiers de leurs succès; maintenant, ils paraissaient devant les vainqueurs des insurgés des Asturies, dans un état de dénuement et de misère. Leurs vêtements en lambeaux, leurs pieds ensanglantés, leurs visages tristes et pâles attestaient leurs souffrances et contrastaient avec la situation où on les avait vus à la Corogne et à Santiago. La perte de l'artillerie et des bagages, l'argent, dont plusieurs d'entre eux étaient possesseurs, donnèrent lieu d'abord à des plaisanteries, ensuite à des critiques amères et même à d'infâmes calomnies. Ces propos injurieux firent naître plusieurs rixes qui ne s'arrêtèrent pas aux soldats, et auxquelles quelques officiers prirent part.
[…]
L'entrevue des deux maréchaux Soult et Ney ne fut pas, dit-on, très-amicale. Il régna depuis lors, dans leurs rapports de service, une mésintelligence qui devait avoir dans la vallée du Tage des suites nuisibles aux succès de nos armes. »
(Illens, Souvenirs d'un militaire des armées françaises, dites de Portugal)
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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