Les arbres le long des routes

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William Turner
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Re: Les arbres le long des routes

Message par William Turner » 09 janv. 2018, 13:21

L'âne a écrit :
09 janv. 2018, 10:00
Dans le même ordre d'idée, le fait de ne pas essayer de faire entrer les principes moraux et sociaux du passé dans les cadres ce ceux actuels est plutôt un atout pour mieux comprendre le passé.
Oui pour autant qu'on ne les fait pas rentrer dans des principes que l'on imagine être ceux du passé alors qu'il s'agit d'une construction d'historiens d'un passé plus récent qui n'étaient déjà plus en mesure de bien comprendre les principes du passé dont ils parlaient.
Dans ce cas, il est sans doute préférable d'utiliser les principes actuels plutôt que ceux qui ne sont ni de l'époque qu'on étudie ni de la nôtre.

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Barthelemy
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Re: Les arbres le long des routes

Message par Barthelemy » 10 janv. 2018, 19:35

William Turner a écrit :
09 janv. 2018, 13:21
L'âne a écrit :
09 janv. 2018, 10:00
Dans le même ordre d'idée, le fait de ne pas essayer de faire entrer les principes moraux et sociaux du passé dans les cadres ce ceux actuels est plutôt un atout pour mieux comprendre le passé.
Oui pour autant qu'on ne les fait pas rentrer dans des principes que l'on imagine être ceux du passé alors qu'il s'agit d'une construction d'historiens d'un passé plus récent qui n'étaient déjà plus en mesure de bien comprendre les principes du passé dont ils parlaient.
Dans ce cas, il est sans doute préférable d'utiliser les principes actuels plutôt que ceux qui ne sont ni de l'époque qu'on étudie ni de la nôtre.
Turner, vous avez un exemple concret de ce que vous avancez ? ;)
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Re: Les arbres le long des routes

Message par William Turner » 10 janv. 2018, 21:34

barthelemy a écrit :
10 janv. 2018, 19:35
Turner, vous avez un exemple concret de ce que vous avancez ? ;)
Un exemple parmi d'autres : lors de la défense de mon mémoire, un des membres du jury m'avait reproché d'avoir écrit en toutes lettres un vilain mot que même Sartre écrivait paraît-il "p...". Cependant, ce vilain mot, je l'avais trouvé en toutes lettres dans les archives que j'avais dépouillées pour rédiger mon mémoire. Si je ne l'avais donc pas retranscrit tel qu'il figurait dans les archives, cela n'aurait pas été pour respecter les principes moraux de l'époque que j'étudiais puisque le greffier qui l'avait noté en toutes lettres n'avait pas estimé que ce mot ne pouvait pas figurer dans les documents d'un tribunal, ecclésiastique qui plus est, mais pour me conformer à des principes moraux en vigueur à une époque postérieure et qui commençaient à être remis en question à l'époque de la rédaction de mon mémoire.

Même chose si vous étudiez des archives concernant des hérétiques. On peut essayer de comprendre les raisons pour lesquelles certains considéraient l'hérésie comme l'un des péchés les plus graves, mais il ne sert à rien d'essayer d'adopter leur point de vue.

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Re: Les arbres le long des routes

Message par Général Colbert » 12 janv. 2018, 00:04

Je vous prie de rester dans le sujet : les arbres et les routes, pour la raison suivante : il serait paradoxal d'être amené à.....élaguer un sujet sur les arbres !!!!!!
:D :D :D :D :D :lol: :lol: :lol: :lol: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

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Re: Les arbres le long des routes

Message par William Turner » 12 janv. 2018, 07:30

Général Colbert a écrit :
12 janv. 2018, 00:04
il serait paradoxal d'être amené à.....élaguer un sujet sur les arbres !!!!!!
:D :D :D :D :D :lol: :lol: :lol: :lol: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
Il semblerait que vous (ou l'un des vôtres, comme disait un certain loup dans une fable) l'ayez déjà fait. Le message auquel je répondais a été soit supprimé, soit déplacé. :(

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Re: Les arbres le long des routes

Message par Général Colbert » 13 janv. 2018, 19:38

Le post était envahi d'une trop longue digression sur l'inquisition et l'existence de Dieu, totalement hors sujet et qui a provoqué une ou deux plaintes. Quand on traite un sujet, on s'y tient, ou bien on en ouvre un autre.....je n'ose dire histoire de rester dans sa branche.....

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Re: Les arbres le long des routes

Message par Maria Kel » 13 janv. 2018, 22:37

L'âne a écrit :
05 janv. 2018, 05:39
André CASTELOT « Napoléon » :
"Napoléon semble – extérieurement – résigné à n’être plus que le roi de l’île d’Elbe. Il ordonne des plantations d’arbres le long des routes : « On ne devra planter que des mûriers qui sont utiles dans un pays où il n’y a pas de pâturages, et qui pourront, par la suite, être d’un bon produit pour la nourriture des vers à soie.» "

Stephen CLARKE « Comment les Français on gagné Waterloo » :
"Ainsi de cette vieille blague française : pourquoi Napoléon a-t-il planté des arbres le long des routes françaises ? Pour que les Allemands puissent envahir le pays à l’ombre ! Ces sarcasmes blessent les Français, comme toute allusion à la « capitulation » de 1940. Voilà pourquoi ils s’accrochent à la gloire de Napoléon."
Cette histoire de mûrier n'est pas sans rappeler les champs de mûriers que les parents de l'Empereur possédaient dans les environs d'Ajaccio. Mais ces plantations ne rapportèrent jamais assez. Les Bonaparte vivaient davantage avec les vignes et les oliviers, ainsi qu'avec les pâturages qu'ils louaient à des bergers. :P
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Re: Les arbres le long des routes

Message par L'âne » 14 janv. 2018, 01:37

Maria Kel a écrit :
13 janv. 2018, 22:37
les champs de mûriers que les parents de l'Empereur possédaient dans les environs d'Ajaccio. Mais ces plantations ne rapportèrent jamais assez.
Oui, c'est très juste chère Maria Kel

En septembre 2014 Osenat vendit aux enchères une lettre de jeunesse rarissime entièrement autographe du jeune Bonaparte, écrite et signée au nom de sa mère Létizia, adressée à l’intendant de Corse, François-Nicolas de La Guillaumye. S.l., [probablement en 1785 ou 1786]. 1 p. in-folio.

« La veuve de Buonaparte vous supplie de vouloir bien lui accorder le nombre de neuf cent muriers, sur les arbres de la pépinière d’Ajaccio. Elle les veut laisser sur pied et par conséquence n’a pas besoin d’avoir des certificats sur le nombre de trous faits, outre la raison de s’appliquer à la cultivation de ses arbres, la position et la bonté de son terrain lui font espérer de pouvoir servir à ancourager et à accréditer parmis ses compatriotes cette espèce de culture. Elle est, avec respect, la suppliante veuve de Buonaparte. »

Un investissement malheureux de Charles Bonaparte Le père du futur empereur avait hérité la concession du terrain dit des Salines, situé près d’Ajaccio. Proposant d’assécher ce marais et d’y acclimater des mûriers afin d’assainir l’air de la ville et de soutenir l’industrie de la soie en France, il conclut le 19 juin 1782 un important contrat avec le pouvoir royal, par lequel lui s’engageait à livrer des pieds de mûriers à partir de 1787 et l’État à les lui acheter. Il reçut un crédit sous forme d’avance remboursable et fit débuter les travaux : en avril 1786, la pépinière d’Ajaccio comptait déjà 25 000 pieds plantés. Malheureusement, sous le prétexte d’un retard dans les plantations et d’un défaut d’entretien des cultures, le contrôleur général des Finances Charles-Alexandre de Calonne ordonna à l’intendant de Corse la résiliation du contrat en mai 1786. La nécessité de rembourser le crédit royal, les fonds personnels engagés dans l’assèchement des terres, et surtout la mévente des arbustes causée par la concurrence de plusieurs autres pépinières de mûriers en Corse, affaiblirent gravement la situation financière de la famille Bonaparte. Napoléon Bonaparte adolescent agit déjà en chef de famille Charles Bonaparte mourut le 20 février 1785, et c’est le jeune Napoléon qui se chargea des démarches visant à régler l’affaire de la pépinière d’Ajaccio. De 1786 à 1789, il écrivit de sa main plusieurs lettres, signées par sa mère ou signées par lui du nom de sa mère, adressées à l’intendant de Corse François-Nicolas de La Guillaumye ainsi qu’au chef du Conseil royal des Finances, Étienne-Charles de Loménie de Brienne. Cependant tout espoir d’obtenir un dédommagement s’évanouit lorsque la Révolution éclata.
Napoléon Ier, Correspondance générale, t. I, Paris, Fayard, 2004, n° 15 (recensée à la date de 1787-1788).
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Re: Les arbres le long des routes

Message par Barthelemy » 14 janv. 2018, 02:14

Thierry Lentz, dans sa monumentale biographie de Joseph Bonaparte, aborde la question de ce placement désastreux de Carlo :

Après un court séjour de trois mois sur le continent (en 1788) celui-ci (Bonaparte) avait en effet obtenu une nouvelle permission d'une demi-année qui touchait à sa fin. Pendant que son ainé était en Toscane, il avait amplifié les démarches autour de l'affaire des mûriers, sans plus de succès qu'auparavant, si bien que "l'Ancien Régime s'écroula sans que les Bonaparte eussent obtenu la moindre indemnité"
(J. Defranceschi, La jeunesse de Napoléon)

(Joseph Bonaparte, Thierry Lentz, Perrin 2016, p63)
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Histoires de mûriers...

Message par L'âne » 14 janv. 2018, 04:36

Bernard SIMIOT "De quoi vivait Bonaparte" :
"Le legs Odone avait d’abord servi à rembourser quelques dettes criardes, régler les frais du long procès, faire quelques libéralités, payer les ouvriers de la pépinière qui ne rapportait plus rien, et il est probable que Létizia, dans un pays où l’argent est rare, devait thésauriser prudemment cette chose remarquable, à l’exemple de l’oncle archiprêtre. Confiante dans l’esprit d’initiative de son fils autant que dans l’autorité conférée par son uniforme, elle lui remit la défense des intérêts familiaux : il s’agissait surtout d’obtenir du gouvernement une indemnité de 3 050 livres pour la plantation de mûriers."
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