Franck GARDE - Car l'Honneur m'oblige ! (roman)

Chaque mois nous vous proposons la lecture d'un livre.
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Joker
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Re: Franck GARDE - Car l'Honneur m'oblige ! (roman)

Message par Joker » 12 févr. 2018, 18:35

Franck Garde a écrit :
12 févr. 2018, 12:58

Concernant le fond et la forme du roman, ne devrions nous pas commencer à traiter les 10 premiers chapitres par exemple ? (puisqu'il n'est, bien sûr, pas question de dévoiler les intrigues à ceux qui ne les ont pas encore découvertes !)
Je suis à votre disposition pour procéder comme vous le désirez...
Ce sera comme il vous plaira !

Une question de pure forme si vous le permettez : pourquoi avoir choisi un "ci-devant" comme héros alors que votre saga s'intitule "Les Aigles de l'Empire" ?
L'honneur qui constitue le fil rouge de votre ouvrage serait-il plutôt, selon vous, une vertu aristocratique ? ;)
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
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Franck Garde
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Re: Franck GARDE - Car l'Honneur m'oblige ! (roman)

Message par Franck Garde » 13 févr. 2018, 14:09

Joker a écrit :
12 févr. 2018, 18:35
Franck Garde a écrit :
12 févr. 2018, 12:58

Concernant le fond et la forme du roman, ne devrions nous pas commencer à traiter les 10 premiers chapitres par exemple ? (puisqu'il n'est, bien sûr, pas question de dévoiler les intrigues à ceux qui ne les ont pas encore découvertes !)
Je suis à votre disposition pour procéder comme vous le désirez...
Ce sera comme il vous plaira !

Une question de pure forme si vous le permettez : pourquoi avoir choisi un "ci-devant" comme héros alors que votre saga s'intitule "Les Aigles de l'Empire" ?
L'honneur qui constitue le fil rouge de votre ouvrage serait-il plutôt, selon vous, une vertu aristocratique ? ;)
Que nenni, cher Joker ! La narration est portée par un fils de la noblesse effectivement mais aussi (sans rien vous dévoiler, je crois) par un "fils de rien". Les soldats de l'Empire étaient en effet un mélange de ces deux mondes que le Grand Homme n'a eu de cesse, comme vous le savez, de réunir et de marier...
J'ai voulu dessiner un tableau d'une époque riche de ses diversités sociales et des points de vue de chacun. Ainsi, j'ai tenté au fil des dialogues de défendre avec empathie et conviction le regard sur son époque de chaque personnage (bourgeois, prostituées, malfrats, soldats, vieux, jeunes, curés, aristocrates, croyants, athées...).

Je ne considère pas du tout l'Honneur comme l'apanage de l'aristocratie ! La poignée de main d'un maquignon vaut pour moi la parole d'un gentilhomme ! Elles engagent toutes deux la réputation et l'honneur d'un nom qu'il soit local ou d'une grande lignée...
Il me semble d'ailleurs que si dans notre histoire, la nation a été quelques fois trahie par ses chefs (souvent incompétents) rarement à ma connaissance elle le fut par ses soldats !
Si le point d'Honneur était effectivement le privilège de l'aristocratie au XVIII ème siècle (Jeu de main, jeu de vilain !), la pratique du duel s'est largement démocratisée à partir de la révolution.

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Re: Franck GARDE - Car l'Honneur m'oblige ! (roman)

Message par Joker » 13 févr. 2018, 17:55

Voilà une réponse précise et complète qui a l'heur de me plaire et de me satisfaire.
Ma question se voulait quelque peu taquine comme en témoigne le smiley qui la ponctue.
N'ayant lu que 12 chapitres à ce jour, je n'ai pas encore eu l'occasion de faire la connaissance de votre second héros.
Votre démarche de faire cohabiter ces deux mondes que tout oppose est fort louable et tout à fait en rapport avec la politique prônée par Bonaparte.
J'apprécie également beaucoup le sel de vos dialogues qui sont si vivants que l'accent des personnages est presque perceptible.
Mon bonheur de lecture reste donc complet.
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Espagne
 
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CR de lecture et questions - Franck GARDE - Car l'Honneur m'oblige ! (roman)

Message par Espagne » 13 févr. 2018, 21:16

Bonsoir.
ATTENTION, AVANT D'ALLER VOIR PLUS BAS, SI VOUS VOULEZ TRANQUILLEMENT TERMINER LA LECTURE DU ROMAN ... STOP ICI !



Cela fait bien longtemps que je n'avais lu un roman, et encore plus longtemps que je n'avais pris un tel plaisir à le faire ! Bien sûr, les 500 pages ne sont pas toujours égales, mais j'eu énormément de difficultés à éteindre la lumière pour retrouver les bras de Morphée, ma compagne nocturne, à chacune de mes interruptions.

Il y a deux aspects dans ce roman : l'Histoire et l'histoire.

Pour ce fil rouge, qu'est l'Histoire de la Révolution et du Premier Empire, il est très en arrière plan sur ce premier opus, et s'invite principalement en fin de livre, nous contant le devenir du premier bataillon des volontaires de la Haute-Loire, afin de mettre l'eau à la bouche du lecteur, en préfigurant la route suivie par les personnages tout au long de cette période de l'Histoire de France, en évoquant aussi la montée de l'Homme providentiel que fût Bonaparte.

Maintenant, j'éprouve le besoin, l'envie, de m'étendre sur l'histoire romanesque, qui a largement le dessus dans ce livre.
Je commence par l'écriture. L'utilisation des langages et termes de l'époque renforcent le récit. Et quelle idée intéressante que l'unicité de lieu (le Puy-en-Velay) et de temps, en couvrant 20 jours de septembre 1792 au travers des 500 pages du livre ! Par contre, il ne faudrait pas que cela soit un frein au récit et entraîne des longueurs. A ce rythme, ce n'est plus un sage, mais la légende DU siècle ! L'utilisation de ce que je nomme les paragraphes pair/impair, ne sachant le vrai non ce cette façon d'architecturer un récit, donne une structure toute filmographique à certains moments.

Le roman maintenant. Le premier jour, réception au château des Eynac (prise de contact avec l'aristocratie provinciale de l'époque, pour le lecteur) est un peu lent ; mais ce chapitre lance si bien l'intrigue et les personnages, qu'il en devient une évidence au fil des pages qui se succèdent. On s'y attache rapidement, avec parfois la larme à l'œil, comme lors du plaidoyer sacerdotal pour la défense d'Iratus à son procès, au moment de ses retrouvailles avec sa mère, et pendant son passage au préalable, chez la servante qui lui indiquera comment la retrouver. Mais je dois avouer que le moment qui me donna le plus d'émotion fut celui où le juge Galivel conte sa rencontre avec Lilas, en page 369, rencontre qui le mènera à sa perte. Ce genre de rencontre est à la fois un bonheur et un malheur, un résumé de la Vie. On s'en réjouit et l'on souffre ... Mais revenons au livre.
De nombreux autres thèmes sont également évoqués tout au long du livre, dont ceux ramenant à l'Histoire, telle la violence de la Révolution, évoquée au travers du procès de la famille de Marc-Aurèle d'Eynac, telle la perversité religieuse (rien n'a changé), pendant ce même procès, au travers de l'évocation de la jeunesse d'Iratus, futur compagnon de route de Marc-Aurèle.
Le livre raconte également les profiteurs de l'époque, en s'appuyant sur une "ordure absolue", dirigeant une organisation secrète et souterraine, vouée à son seul profit, au détriment du plus grand nombre, et avec le soutien des nouveaux "patrons" en place, provenant principalement de la noblesse de robe (justice et église) et de la bourgeoisie naissante, toutes deux impliquées dans de nombreux méfaits, et donc tenues par cette incarnation du Mal. Il en existe encore de nos jours de tels vils personnages, même s'ils ne vont pas jusqu'à tenir la faux de la Mort de leurs propres mains sales !
On y évoque aussi Templiers et Maçons, au travers de la loge "la Parfaite Union" (créée en 1762 à Rodez, semble-t-il), dont faisait partie le père de Marc-Aurèle, et même, les débuts de la gastronomie française, via la création de "restaurants" par des cuisiniers jetés à la rue, par la forte émigration de l'aristocratie.
Deux chapitres enchantent particulièrement le lecteur, si la bonne chaire est son crédo, dans tous les sens du terme, et où l'on découvre aussi Charles le Noceur, personnage haut en couleurs , et tout d'un bloc malgré l'époque : en premier lieu, le repas épicurien au restaurant de Berjat, puis l'épicurienne maison close avec l'initiation sexuelle d'Iratus. Un grand moment que la description des clients de cette "belle" maison, entre du Audiard et la "Cantina de Chalmun", sur Tatooine, dans l'Empire contre attaque (pas le Premier Empire, mais celui de Georges Lucas). Vraiment un grand moment de lecture jubilatoire et jouissive !
Tous ces éléments du récit enveloppent l'ensemble dans un certain mystère, dont il ne reste plus qu'un léger brouillard en fin de livre (ce qui est bien pour les impatients ;) !). Les tenants et les aboutissants sont en place et prennent forme; l'épopée peut prendre son vol ...

En conclusion, que dire ... c'est une déchirure que de quitter ce récit, et j'attends avec la plus grande impatience "les" suites, espérant, que tous ces thèmes qui s'entremêlent, vous entrainent à travailler sur plusieurs volumes en même temps (en voilà une bonne idée, non :) ?), réduisant par la même le temps d'attente. J'ai lu sur le site d'Anfortas, que votre principal défaut était la procrastination ; va falloir me soigner çà, hein :) !
Avant de passer à mes questions, deux mots pour finir : félicitations et merci.

QUESTIONS:
1. Avez-vous déjà en tête toute l'architecture de la saga, ainsi que les grandes étapes et les rebondissements (que vous maniez avec virtuosité) dans la vie des deux héros principaux ?
2. Continuerez-vous à utiliser ce que je nomme les paragraphes pair/impair, ne sachant le vrai non ce cette façon d'architecturer un récit ?
3. L'histoire romanesque aura forcément toujours le dessus dans les livres suivants, mais, par la force des choses, l'Histoire aura-t-elle une place plus importante, suivant les époques, et avec interventions de personnages historiques ?
4. Pour la Haute-Loire et son Histoire, vous êtes le régional de l'étape, et donc, par vos relations et votre attachement à ce département, vous avez pu donner de la véracité à l'emballage du récit. Comment envisagez-vous de faire sur les routes d'Egypte et d'Europe ? Aurez-vous recours à de l'aide ? Ne connaissant votre métier, avez-vous vos entrées au niveau Histoire, sauf si cela n'est que sous-poudrage pour l'histoire ?
5. Avez-vous lu mémoires, biographies, livres militaires et historiques sur l'époque pour vous guider dans le futur ?
6. Vous êtes-vous fixé un rythme d'édition, et si oui, peut-on le connaître, s 'il vous plaît?
7. Dernière question : pour la suite ... quand et où se la procurer :) ?
:salut:
"Le grand art d'écrire, c'est de supprimer ce qui est inutile" Napoléon Bonaparte-1804