L’Elysée veut honorer Napoléon « de manière équilibrée

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L'âne
 
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L’Elysée veut honorer Napoléon « de manière équilibrée

Message par L'âne »

Le Monde - 30 avril 2021

Le 5 mai, jour du bicentenaire de la mort de l’Empereur, le chef de l’Etat parlera à l’Institut de France, avant de déposer une gerbe aux Invalides


L’itinérance mémorielle du quinquennat d’Emmanuel Macron passera donc par la case Napoléon. Le président de la République doit prononcer, mercredi 5 mai, un discours sous la coupole de l’Institut de France à l’occasion du bicentenaire de la mort de l’Empereur dans son exil de Sainte-Hélène, le 5 mai 1821. Selon l’Elysée, des lycéens assisteront à la cérémonie, qui se poursuivra par un dépôt de gerbe au pied du tombeau de l’enfant d’Ajaccio, aux Invalides.

« Les Français habitent quantité de lieux de mémoire hérités du Consulat et de l’Empire : le code civil, le code pénal, la figure du préfet, du maire, du baccalauréat, des grandes écoles… », avance un proche du chef de l’Etat pour justifier cet hommage. L’épilogue d’un long débat, qui a agité politiques et historiens sur l’opportunité de célébrer ou non la figure glorieuse et controversée de Napoléon Bonaparte. Un conquérant aux pratiques despotiques, célébré pour son statut de réformateur et conspué notamment en raison de son rétablissement de l’esclavage.

Cette ambivalence a parfois conduit les prédécesseurs d’Emmanuel Macron à contourner l’obstacle napoléonien. En 2005, Jacques Chirac prétextait d’un sommet FranceAfrique pour sécher les célébrations du bicentenaire de la bataille d’Austerlitz, s’attirant les critiques d’une partie de son camp, qui y voyait un « boycott ». Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand ou François Hollande ne se sont pas davantage rués vers l’idole. Même Nicolas Sarkozy n’a pas suivi l’idée proposée par son conseiller occulte, Patrick Buisson, d’effectuer un pèlerinage sur les traces de l’Empereur.

En réalité, seul Georges Pompidou a rendu un vibrant hommage au « prodigieux destin » du personnage en se rendant à Ajaccio, le 15 août 1969, pour célébrer le bicentenaire de sa naissance. L’ancien chef de l’Etat louait alors le rôle d’unificateur de la nation française de Bonaparte au lendemain de la Révolution, reconnaissant du bout des lèvres qu’il avait « cédé à son tempérament en se préoccupant davantage d’assurer son autorité que de protéger les libertés politiques ».

La majorité divisée

Emmanuel Macron, lui, attendait avec une forme d’impatience de se plier à l’exercice. En 2019, le président de la République avait reproché à son « conseiller mémoire », Bruno Roger Petit, de ne pas lui avoir proposé de commémorer les 250 ans de la naissance de l’Empereur. Le chef de l’Etat compte aujourd’hui assurer sa séance de rattrapage en resituant l’homme comme un maillon de l’épopée républicaine. « Nous regardons Napoléon en face ; la République embellit le meilleur de l’Empereur et s’est séparée du pire de l’Empire, argue un proche de M. Macron. Nous ne sommes ni dans le déni ni dans la repentance. Il ne faut pas de relecture anachronique ou falsifiée de notre passé, ou lui faire porter le poids de nos débats contemporains. » Une manière d’affirmer que l’épisode du rétablissement de l’esclavage doit être lu à l’aune du contexte de l’époque. Qu’importe si cela heurte, au moment où le président de la République tente d’apaiser les mémoires sur l’histoire de la colonisation.

Traditionnellement célébré à droite – ce qui n’est pas anodin à l’approche de l’élection présidentielle de 2022 –, l’Empereur divise au sein de la majorité. « Napoléon est un des grands hommes de notre histoire, notre pays est devenu ce qu’il est grâce à lui, mais il ne faut pas mettre en lumière que les parties brillantes ; il faut qu’on marche de manière équilibrée sur nos deux jambes », prévient la ministre déléguée à l’égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, qui avait présenté l’Empereur, lors d’un entretien sur RTL, en mars, comme l’« un des plus grands misogynes » qu’elle ait pu lire. « Napoléon est le personnage historique préféré des Français. Dans une période d’incertitudes, il est utile de savoir quel est notre héritage », vante pour sa part la présidente déléguée du groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée, Aurore Bergé, issue de la droite.

Emmanuel Macron compte sortir de cette ornière en assumant une volonté de « déconstruire » l’histoire française, comme il l’a affirmé dans un entretien à la chaîne américaine CBS, le 18 avril, sans pour autant procéder au déboulonnage de statues. Comprendre : célébrer les heures de gloire du passé tout en éclairant ses zones d’ombre. Un voeu appliqué notamment par la reconnaissance du rôle de la France dans certaines exactions de la guerre d’Algérie, ou en chargeant des historiens d’établir les responsabilités de l’Etat français dans le génocide rwandais. « Incapable de construire un bilan, Emmanuel Macron a décidé de déconstruire notre histoire ! Fermons cette petite parenthèse politique en 2022 », lui a répondu la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen. Manière de rappeler que politique et mémoire ont toujours partie liée.

Olivier faye
Aurea mediocritas
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L'âne
 
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Macron va commémorer le bicentenaire de Napoléon

Message par L'âne »

Le Figaro - 29 avril 2021

Le président se rendra à l’Institut de France le 5 mai, avant de déposer une gerbe au pied du tombeau de l’Empereur aux Invalides.

Arthur BERDHA

Mémoire


Un quinquennat placé sous le signe du récit national. Après avoir commémoré en grande pompe l’Année de Gaulle en 2020, Emmanuel Macron s’apprête à célébrer une autre figure de l’Histoire française la semaine prochaine : Napoléon. Une personnalité certes moins consensuelle aux yeux de certains de ses prédécesseurs - dont l’ancien président Jacques Chirac, qui avait refusé de participer aux cérémonies sur la bataille d’Austerlitz en 2005 -, mais ô combien importante.

Comme l’a révélé BFMTV, le chef de l’État se rendra le mercredi 5 mai à l’Institut de France, pour le bicentenaire de la mort de l’Empereur. Accueilli sur place par le chancelier Xavier Darcos, Emmanuel Macron assistera à trois discours : une introduction, prononcée par l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, puis deux interventions d’historiens, dont Jean Tulard. Il prendra ensuite la parole à son tour, notamment pour expliquer les raisons qui l’ont conduit à faire ce choix, en dépit des polémiques alimentées par une partie de la gauche politique et associative qui lui demandait de renoncer à cette date.

« L’exercice consistera à ne surtout pas entrer dans une lecture anachronique de l’Histoire, car ce genre de démarche conduit toujours à faire porter au passé le poids des débats contemporains », prévient un conseiller élyséen. En clair, la question de l’esclavagisme devrait être abordée, sans toutefois être le coeur du propos.

Exalter l’Histoire de France

« Nous sommes une société d’Histoire. Notre imaginaire est façonné par cette Histoire. Et nous habitons encore, nous Français, beaucoup de lieux de la mémoire napoléonienne : le code civil, le code pénal, la Cour de cassation, le baccalauréat, le préfet, la figure du maire… », énumère-t-on de même source. Emmanuel Macron, dont les proches affirment que « les fondations de l’héritage de la Révolution ont été posées par Napoléon », préférera donc insister sur l’héritage légué par Bonaparte. « De l’Empire, on s’est séparé du pire ; de l’Empereur, on a embelli le meilleur », résumet- on à l’Élysée. Selon son entourage, le président de la République devrait ensuite évoquer la manière dont « Napoléon a été le premier à se confronter à la question de la souveraineté nationale après la disparition du roi, alors que, pendant quelque 800 ans d’Ancien Régime, c’est justement le roi qui incarnait la souveraineté française ».

L’un des artisans de la philosophie générale du discours présidentiel affirme que le chef de l’État attache beaucoup d’importance à la seconde moitié de son intervention. À l’issue de celle-ci, Emmanuel Macron se rendra enfin aux Invalides, pour y déposer une gerbe au pied du tombeau de l’Empereur. Manière pour ce jeune président élu à 39 ans - battant ainsi le record détenu avant lui par Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la IIe République à 40 ans -, de continuer à exalter l’Histoire de France. Plutôt que de chercher à la « déconstruire », selon l’expression malheureuse qu’il emploie parfois.
Aurea mediocritas
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Bruno Roy-Henry
  
  
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Re: L’Elysée veut honorer Napoléon « de manière équilibrée

Message par Bruno Roy-Henry »

Et peut-on savoir si la carcasse équine dite de "Marengo" sera d'ores-et-déjà installée en vigie au-dessus du cénotaphe ?
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