L'Empereur sauvé par sa Garde

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L'âne
 
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L'Empereur sauvé par sa Garde

Message par L'âne »

Lucien pose cette question
Bonjour,
Je recherche le nom d'une bataille durant laquelle l'Empereur faillit être encerclé et fut sorti par la Garde, dans le cadre d'un livre que j'écris sur Cameron 1863.
Merci pour votre aide
:salut:
Aurea mediocritas

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Bernard
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Re: L'Empereur sauvé par sa Garde

Message par Bernard »

Il s'agit sans doute de Gorodnia (voire d'Arcis-sur-Aube).

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Bernard
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Messages : 1619
Enregistré le : 15 juil. 2017, 18:29
Localisation : Alsace

Re: L'Empereur sauvé par sa Garde

Message par Bernard »

Bernard a écrit :
09 juin 2020, 09:06
Il s'agit sans doute de Gorodnia (voire d'Arcis-sur-Aube).
Pour être plus précis, voici comment le duc de Vicence raconte l'épisode du 25 octobre 1812 :

"L’Empereur revint coucher à Ghorodnia, petit hameau à une lieue de Malo-Iaroslavetz, dans une cabane près du pont. [...]
"L’Empereur passa la nuit à recevoir des rapports, à donner des ordres et, cette fois, à causer des embarras de sa situation avec le prince de Neuchâtel. Il me fit appeler plusieurs fois ainsi que Duroc et le duc d’Istrie et en causa avec nous, sans prendre une détermination. Suivrait-il Koutouzov qui lui avait probablement échappé, puisqu’il avait abandonné une position inexpugnable ? Quelle route suivrait-il pour gagner Smolensk, s’il ne trouvait pas l’ennemi en position au-delà de Malo-Iaroslavetz ? Il fallait prendre son parti et celui qui éloignait l’Empereur de l’ennemi, avec lequel il désirait tant se mesurer, était toujours celui qui lui coûtait le plus.
"Une heure avant le jour , l’Empereur me fit de nouveau demander. Nous étions seuls. Il avait l’air fort préoccupé et paraissait avoir besoin d’épancher les réflexions qui l’oppressaient.
"— Ceci devient grave, me dit-il. Je bats toujours les Russes, mais cela ne termine rien.
"Après un quart d’heure de silence et de promenade dans son petit réduit, l’Empereur continua :
"— Je vais m’assurer moi-même si l’ennemi est en position ou en retraite, comme tout l’annonce… Ce diable de Koutouzov ne recevra pas la bataille. Faites avancer mes chevaux… Partons !
"Il prit en même temps son chapeau pour sortir. Le duc d’Istrie et le prince de Neuchâtel, entrant heureusement dans le moment où l’Empereur voulait partir, se réunirent à moi pour l’engager à attendre la pointe du jour en lui représentant qu’il faisait fort sombre et qu’il arriverait aux avant-postes avant qu’on pût voir clair ; que la Garde, ayant pris position pendant la nuit, on n’était pas bien sûr de l’emplacement des corps.
"L’Empereur se décidait cependant à partir, quand un aide de camp du vice-roi arriva pour lui annoncer que l’ennemi n’avait que des feux de cosaques, et que des soldats et des paysans qu’on venait d’arrêter confirmaient sa retraite. Ces détails déterminèrent l’Empereur à attendre mais, une demi-heure après, son impatience le fit partir. Le jour paraissait à peine et, à 500 toises du quar­tier général, nous nous trouvâmes un moment nez à nez avec les cosaques dont le gros de la troupe donna, en avant de nous, sur un parc et sur de l’artillerie qu’ils entendirent marcher. Ils en emmenèrent quelques pièces.
"Il faisait encore si sombre que nous ne fûmes avertis que par leurs cris et nous étions mêlés avec quelques-uns d’entre eux avant de les avoir distingués. On était si loin, il faut l’avouer, de s’attendre à les trouver au milieu de nos bivouacs de la Garde, qu’on fit même peu d’attention aux premiers cris. Ce n’est que quand ils redoublèrent et furent poussés auprès de l’Empereur que le général Rapp, qui était en avant de lui, avec les comtes de Lauriston, de Lobau, Durosnel, les officiers d’ordonnance de service et l’avant-garde de piquet, revint sur l’Empereur en lui disant :
"— Arrêtez, Sire, ce sont les cosaques !
"— Prends les chasseurs du piquet, lui répondit-il, et porte-toi en avant.
"Ceux-ci, au nombre de dix à douze, les seuls qui nous eussent encore joints, se portaient déjà d’eux-mêmes en avant, pour se réunir à ceux de l’avant-garde. L’obscurité était encore telle que l’on ne pouvait rien distinguer à vingt-cinq pas. Le bruit des coups qui s’échangeaient et les cris des combattants indiquaient seuls le lieu de la mêlée et qu’on était aux prises avec l’ennemi. Emmanuel Lecouteulx, aide de camp de service du prince de Neuchâtel, fut percé, de part en part, d’un coup de sabre dans la poitrine, par un cavalier de la Garde, qui le prit pour un Russe .
"L’Empereur était seul avec le prince de Neuchâtel et moi. Nous avions tous trois l’épée à la main. La mêlée, qui était très proche et qui venait sur l’Empereur, le détermina à faire quelques pas pour se porter sur la crête de la montagne, afin de mieux distinguer. Dans ce moment, les derniers chasseurs du piquet nous rejoignaient et les escadrons de service, auxquels l’Empereur n’avait pas donné le temps de monter à cheval quand il partit, arrivaient successivement. Dirigés par les cris des combattants, les deux premiers escadrons qui arrivèrent culbutèrent les premiers cosaques. Les deux autres, qui étaient à peu de distance et à la tête desquels venait le duc d’Istrie, vinrent à temps pour soutenir les deux premiers qui étaient fort engagés et entourés d’une nuée d’ennemis. Le jour paraissait assez, alors, pour éclairer cette scène. La plaine, la route étaient couvertes de ces cosaques ; la Garde reprit l’artillerie et le petit nombre de canonniers que l’ennemi emmenait et força les cosaques à repasser la rivière, mais nous eûmes beaucoup de blessés.
"Il est de fait que si l’Empereur fût parti, comme il le voulait, avant le jour, il se serait trouvé au milieu de cette nuée de cosaques avec son seul piquet et les huit généraux et officiers qui l’accompagnaient. Si les cosaques, qui vinrent sous notre nez et qui nous entourèrent un moment, avaient eu plus d’audace et fussent tombés en silence sur la route, au lieu de hurler et de ferrailler sur les bords du chemin, nous étions enlevés avant que les escadrons pussent nous secourir. Sans doute, nous aurions aussi chèrement vendu notre vie qu’on le peut avec une petite épée et dans l’obscurité où l’on ne sait sur qui l’on frappe mais, certainement, l’Empereur eût été tué ou pris, sans qu’on sût même où le chercher, dans une grande plaine couverte par-ci par-là de bouquets de bois à la faveur desquels les cosaques s’étaient cachés à une portée de fusil de la route et de la Garde."


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C-J de Beauvau
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Enregistré le : 16 sept. 2017, 17:12

Re: L'Empereur sauvé par sa Garde

Message par C-J de Beauvau »

viewtopic.php?t=50682
Austerlitz sauvé par sa garde rapprochée
par Lepic34 » 19 nov. 2009
Le 1er décembre à 10 heures du soir : "Napoléon se porte vers les étangs, escorté par 20 chasseurs à cheval de la Garde commandés par Daumesnil. Il échappe à grand-peine à une patrouille cosaque en traversant le Ricka. Il se repose quelques instants au bivouac de Vandamme et reprend la direction de son bivouac..." (Jacques Garnier).
par Drouet Cyril » 21 nov. 2009
Le témoignage de Ségur (Histoire et Mémoires) :

"En dépit de plusieurs avertissements, s'étant dirigé dans l'obscurité vers Pratzen, je crois, [Napoléon] donna inopinément dans un poste de cosaques ! Ceux-ci s'élancèrent brusquement sur lui, qu'ils l'eussent pris ou tué, sans le dévouement de ses chasseurs d'escorte, et s'il ne fût revenu sur nos feux à toute bride. Ce retour fut si pricipité que, forcé de repasser, sans choisir, le ruisseau marécageux qui couvrait notre front, plusieurs des hommes et des chevaux qui le suivaient y demeurèrent embourbés, entre autres Yvan, son chirurgien depuis 1796, et dont la charge consistait à ne se séparer jamais de sa personne."
:salut:

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