"Le Duc de Wellington, pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre" - Henri Bernard

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d'hautpoul

"Le Duc de Wellington, pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre" - Henri Bernard

Message par d'hautpoul » 12 nov. 2018, 13:16

Le Duc de Wellington, pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre" de Henri BERNARD
Tout un programme...
"Crier merde aux Anglais, le mot qui porte veine, c'était fatalement assurer leur succès" Tristan Bernard

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L'âne
 
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Re: "Le Duc de Wellington, pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre" - Henri Bernard

Message par L'âne » 12 nov. 2018, 20:41

"Foudroyer d'un tel mot le tonnerre qui vous tue, c'est vaincre". Victor Hugo
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Joker
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Re: "Le Duc de Wellington, pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre" - Henri Bernard

Message par Joker » 13 nov. 2018, 18:49

L'âne a écrit :
12 nov. 2018, 20:41
"Foudroyer d'un tel mot le tonnerre qui vous tue, c'est vaincre". Victor Hugo
Cette phrase est magnifique, dommage qu'elle fasse référence à une citation plus que probablement apocryphe. ;)
Mais cela n'enlève rien à la beauté de la geste.
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
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Bernard
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Re: "Le Duc de Wellington, pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre" - Henri Bernard

Message par Bernard » 25 nov. 2018, 21:01

Joker a écrit :
13 nov. 2018, 18:49
L'âne a écrit :
12 nov. 2018, 20:41
"Foudroyer d'un tel mot le tonnerre qui vous tue, c'est vaincre". Victor Hugo
Cette phrase est magnifique, dommage qu'elle fasse référence à une citation plus que probablement apocryphe. ;)
Mais cela n'enlève rien à la beauté de la geste.
C'est du Victor Hugo, dans toute sa splendeur (Les Misérables, tome 2 : Cosette) ! Il ne le met pas dans la bouche de Cambronne mais signe une page formidable :
“L’homme qui a gagné la bataille de Waterloo, ce n’est pas Napoléon en déroute, ce n’est pas Wellington pliant à quatre heures, désespéré à cinq, ce n’est pas Blücher qui ne s’est point battu ; l’homme qui a gagné la bataille de Waterloo, c’est Cambronne.
“Foudroyer d’un tel mot le tonnerre qui vous tue, c’est vaincre.
“Faire cette réponse à la catastrophe, dire cela au destin, donner cette base au lion futur, jeter cette réplique à la pluie de la nuit, au mur traître de Hougomont, au chemin creux d’Ohain, au retard de Grouchy, à l’arrivée de Blücher, être l’ironie dans le sépulcre, faire en sorte de rester debout après qu’on sera tombé, noyer dans deux syllabes la coalition européenne, offrir aux rois ces latrines déjà connues des césars, faire du dernier des mots le premier en y mêlant l’éclair de la France, clore insolemment Waterloo par le mardi gras, compléter Léonidas par Rabelais, résumer cette victoire dans une parole suprême impossible à prononcer, perdre le terrain et garder l’histoire, après ce carnage avoir pour soi les rieurs, c’est immense.
“C’est l’insulte à la foudre. Cela atteint la grandeur eschylienne.
“Le mot de Cambronne fait l’effet d’une fracture. Qu’est la fracture d’une poitrine par le dédain ; c’est le trop plein de l’agonie qui fait explosion. Qui a vaincu ? Est-ce Wellington ? Non. Sans Blücher il était perdu. Est-ce Blücher ? Non. Si Wellington n’eût pas commencé, Blücher n’aurait pu finir. Ce Cambronne, ce passant de la dernière heure, ce soldat ignoré, cet infiniment petit de la guerre, sent qu’il y a là un mensonge, un mensonge dans une catastrophe, redoublement poignant, et, au moment où il en éclate de rage, on lui offre cette dérision : la vie ! Comment ne pas bondir ? Ils sont là, tous les rois de l’Europe, les généraux heureux, les Jupiters tonnants, ils ont cent mille soldats victorieux, et derrière les cent mille, un million, leurs canons, mèche allumée, sont béants, ils ont sous leurs talons la garde impériale et la grande armée, ils viennent d’écraser Napoléon, et il ne reste plus que Cambronne ; il n’y a plus pour protester que ce ver de terre. Il protestera. Alors il cherche un mot comme on cherche une épée. Il lui vient de l’écume, et cette écume, c’est le mot. Devant cette victoire prodigieuse et médiocre, devant cette victoire sans victorieux, ce désespéré se redresse ; il en subit l’énormité, mais il en constate le néant ; et il fait plus que cracher sur elle ; et sous l’accablement du nombre, de la force et de la matière, il trouve à l’âme une expression, l’excrément. Nous le répétons. Dire cela, faire cela, trouver cela, c’est être le vainqueur.
“L’esprit des grands jours entra dans cet homme inconnu à cette minute fatale. Cambronne trouve le mot de Waterloo comme Rouget de l’Isle trouve la Marseillaise, par visitation du souffle d’en haut. Un effluve de l’ouragan divin se détache et vient passer à travers ces hommes, et ils tressaillent, et l’un chante le chant suprême et l’autre pousse le cri terrible. Cette parole du dédain titanique, Cambronne ne la jette pas seulement à l’Europe au nom de l’empire, ce serait peu ; il la jette au passé au nom de la révolution. On l’entend, et l’on reconnaît dans Cambronne la vieille âme des géants. Il semble que c’est Danton qui parle ou Kléber qui rugit.
“Au mot de Cambronne, la voix anglaise répondit : feu ! les batteries flamboyèrent, la colline trembla, de toutes ces bouches d’airain sortit un dernier vomissement de mitraille épouvantable ; une vaste fumée, vaguement blanchie du lever de la lune, roula, et, quand la fumée se dissipa, il n’y avait plus rien. Ce reste formidable était anéanti, la garde était morte. Les quatre murs de la redoute vivante gisaient, à peine distinguait-on çà et là un tressaillement parmi les cadavres ; et c’est ainsi que les légions françaises, plus grandes que les légions romaines, expirèrent à Mont-Saint-Jean sur la terre mouillée de pluie et de sang, dans les blés sombres, à l’endroit où passe maintenant à quatre heures du matin, en sifflant et en fouettant gaîment son cheval, Joseph, qui fait le service de la malle-poste de Nivelles.”
C'est beau, approximatif mais épique !

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Re: "Le Duc de Wellington, pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre" - Henri Bernard

Message par Cyril » 26 nov. 2018, 07:33

Je l'avais lu il y a déjà longtemps....c'est un plaisir que le relire, on ne peut s’empêcher d'entendre Hugo le clamer haut et fort ce n'est pas le lire c'est l'écouter !
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Re: "Le Duc de Wellington, pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre" - Henri Bernard

Message par L'âne » 26 nov. 2018, 10:34

Cyril a écrit :
26 nov. 2018, 07:33
Je l'avais lu il y a déjà longtemps....c'est un plaisir que le relire, on ne peut s’empêcher d'entendre Hugo le clamer haut et fort ce n'est pas le lire c'est l'écouter !
Oui, effectivement.

Lorsqu'on cite Victor Hugo et Waterloo, je ne puis m'empêcher de penser à la pièce de Francis Huster.
À voir en DVD absolument !

Waterloo Français Huster.jpg
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Re: "Le Duc de Wellington, pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre" - Henri Bernard

Message par C-J de Beauvau » 26 nov. 2018, 17:52

En rapport au Waterloo de Victor Hugo interprété par Francis Huster
Pour ce faire une idée de l'interprétation de ce fameux texte de V Hugo ,poème qui commence initialement par le récit de la déroute de la campagne de Russie !




Voir topic La mort de l'Aigle - Général Bertrand par Francis Huster en entier : viewtopic.php?f=15016&t=62348
:salut:
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