La bataille d'Auerstaedt

Souvenirs, souvenirs...
istorix

La bataille d'Auerstaedt

Message par istorix » 22 sept. 2006, 10:37

Bataille d'Auerstaedt
(Allemagne le 14 octobre 1806)

La bataille d'Auerstaedt opposa le gros de l’armée prussienne au IIIème corps de l’armée française commandée par le maréchal Louis Nicolas Davout, le 14 octobre 1806, parallèlement à la bataille d'Iéna.

Dispositions

Le 14 octobre 1806 l'armée prussienne, référence européenne depuis un demi-siècle, est mise en déroute au cours de deux batailles simultanées.
Le maréchal Davout, commandant l'aile droite de l'armée française, affronte les Prussiens à Auerstaedt.
L'Empereur mène une campagne visant à atteindre Berlin. Après un engagement à Saalfeld, il poursuit l'armée prussienne.
Pensant qu'elle se trouve à Weimar en retraite vers Leipzig, il joue de vitesse pour l'affronter à Iéna.
Ses éclaireurs lui apprennent dans la journée du 13 octobre qu'il rejoint l'ennemi. Napoléon Ier pense avoir devant lui le gros de l'armée prussienne.
Dans la nuit du 13 au 14, il envoie Davout en avant pour la prendre à revers.
Mais en fait, c'est l'arrière-garde que Napoléon affronte à Iéna, alors que Davout se trouve face à l'avant-garde suivie du gros des troupes ennemies, celles-ci pensant affronter le gros de l'armée française.
Le mouvement tournant des trois divisions de Davout devait passer par Auerstaedt où stationnaient au même moment les trois corps d'armée prussiens.
En fin de journée du 13 octobre, Naumbourg est occupée et les Français tiennent le pont de Kösen, les Prussiens se disposent en retrait du village d'Hassenhausen.
En face de Napoléon, Schmettau avait pour mission de disposer ses troupes en écran pour permettre le reflux du gros de l'armée prussienne, il ne cherche donc pas la bataille.

Les manœuvres

À six heures du matin, dans le brouillard, la division Gudin à l'avant-garde se dirige sur le village d'Hassenhausen.
Un premier peloton de cavalerie française traverse le village pour se retrouver face à la cavalerie de Blücher, les Français font quelques prisonniers qui apprennent l'arrivée d'une division. Davout ordonne au 25e régiment d'infanterie de ligne d'aller tenir le village.
Avant d'y arriver ils doivent affronter les troupes avancées de l'ennemi (hussards et artillerie) mais après un court combat occupent le village et en contrôlent les accès.
À neuf heures, alors que le brouillard se dissipe la division Gudin est fermement établie autour du village lorsque qu'apparaît la division prussienne signalée.
Voyant les Français, Blücher décide immédiatement d'attaquer, les charges successives de sa cavalerie se brisent sur les carrés des Français et finissent par une débandade.
Au nord une batterie à cheval prend alors position pour canonner la droite des Français, cependant Davout ordonne à la division Friant de manœuvrer sur ce côté qui bouscule cette batterie et dans la foulée occupe le village de Spielberg mais ne parvient à pousser plus loin.
Les Prussiens font avancer leur deuxième ligne et la division Wartenselen menace de contourner au sud.
Les Prussiens font reculer les Français qui sont sur le point de céder, dans le village, lorsque la division Morand entre en ligne vers onze heures.
Une charge de la cavalerie prussienne est à nouveau décimée.
Le duc de Brunswick, qui commandait personnellement la charge, est blessé grièvement à dix heures, ce qui accentue la défaillance des troupes prussiennes.
Le roi Frédéric Guillaume III hésite, malgré son avantage numérique, puis fait sonner la retraite vers quatorze heures.
Davout le presse de près, et lance la poursuite à dix sept heures, qui provoque la déroute des troupes prussiennes qui se mélangent aux fuyards de la bataille d'Iéna.

Conclusion

A un contre trois, Davout a infligé à la Prusse sa plus cinglante défaite depuis 50 ans.
Ce grand fait d'armes aurait probablement dû rendre Davout plus célèbre, si Napoléon n'avait remporté le même jour la bataille d'Iéna.
Le IIIème corps eut tout de même le privilège d'entrer le premier à Berlin.


À noter que du fait d'un conflit de personnes le corps de Bernadotte (20 000 hommes) erre lors de la journée du 14 et ne participe ni
à la bataille d'Iéna ni à celle d'Auerstaedt.

Le Chanceux

Message par Le Chanceux » 22 sept. 2006, 12:26

Et oui, cette double bataille fut une grande bizarrerie dont l'histoire à le secret. Chaque protagoniste : Napoléon et Davout coté Français, leurs opposants respectifs coté Prussien, commirent la même erreur d'appréciation de "qui était en face de qui". Le brouillard, ce jour là, vint d'ailleurs rajouter sa touche personnelle à cette grande confusion, mais ne fit pas tout.

Citons Arnaud BLIN : "cette bataille n'est pas non plus véritablement le bataille d'Iéna. Certainement un affrontement a lieu à coté de la ville d'Iéna, mais la décision se fait ailleurs, près d'Auerstadt, quelques kilomètres plus loin. Si l'issue de la bataille est sans appel, avec l'écrasante victoire de la Grande Armée, la confusion marque les deux grands duels du jour ou chacun des quatre protagonistes croit affronter un autre adversaire. L'éapis brouillard qui recouvre les deux théâtres de guerre n'est pas seul responsable : au sein des deux armées règne l'incertitude, et dans une certaine mesure également la mésentente."

Du coup, Napoléon et le gros de l'armée Française attaquait un corps numériquement plus faible à Iéna tandis que Davout se retrouvait seul face au gros des Prussiens à Auerstadt. Sa conduite, son sang froid et pour finir sa victoire permirent à cette étrange double bataille de devenir le succès que l'on sait.

Mais l'histoire et les grands hommes son ingrats. Si l'exploit de Davout fit sa renommée chez les stratèges, elle ne servit pas ou peu sa carrière. L'Empereur prit ombrage du succès de son second qui, d'une certaine manière, eclipsait sa propre bataille. Aussi, bien qu'il le fit Duc d'Auerstadt, il lui gardera longtemps un certain ressentiment concernant cette journée. De même, l'histoire gardera-t-elle le souvenir de cette journée comme de celle de la bataille d'Iéna et de la victoire de Napoléon, occultant ainsi la brillante conduite de Davout et de ses hommes (ne les oublions pas) à Auerstadt.

Ainsi va la vie....

:salut:

la remonte

Message par la remonte » 22 sept. 2006, 12:54

la prononciation y est aussi peut être pour quelque chose ?... prononcer auillerstadt .
Chez Houssaye cette bataille n'apparaît pas comme vraiment un victoire à proprement dite je trouve , Davout empêche les troupes prussiennes de passer le pont de Kösen , devant la résistance surprenante des Français , la mort de Brunswick , le roi de Prusse décide de retraiter ( sagement ?) pour rallier toute son armée , c'est alors que la retraite de son armée encore solide se heurte aux fuyards de Iéna ce qui séme la confusion et la panique .
L'Empereur n'a t-il pas plutôt sanctionné au travers de Davout la mésentente de deux maréchaux ? même si le pauvre Davout est le moins bâmable, on connaît trop les conséquences funestes qu'elle aurait pu avoir déja en 1805 entre Ney et Murat et qu'elle aura tragiquement entre Grouchy et Gérard .
c'est une supposition qui fait que l'on a pas de pont Auerstaedt à Paris .

Le Chanceux

Message par Le Chanceux » 22 sept. 2006, 14:11

C'est vrai que ce pont manque à notre collection :(

Un autre aspect de cette étrange bataille fut sans doute son coté "charnière" dans l'histoire militaire. Une armée résolument moderne, tant dans son équipement que dans son fonctionnement (la France) affronte une armée ancrée dans son passé (la Prusse). En effet, depuis la fameuse (et funeste) bataille de Rossbach, la Prusse se repose sur une réputation dangereusement lénifiante pour ses cadres. Au moment d'Iéna, son dernier grand succès a déjà 40 ans et son armée n'a que peu évolué.

A contrario, la France a su apprendre et évoluer suite à cette défaite.

La bataille d'Iéna ne sera donc pas seulement l'affrontement de deux puissances mais aussi celui de deux époques : un XIX siècle militaire naissant contre un XVIII siècle finissant.

:salut:

Bergisel

Message par Bergisel » 24 sept. 2006, 14:24

Cher La Remonte,


Vous avez raison...

mais ne reprochons pas à la Prusse qu'elle nous donne une si belle victoire. Nous serons dans le même cas de figure en 1940. Ne l'oublions pas !

:)

:salut:

dups

Message par dups » 24 nov. 2006, 00:11

Napoléon n'a surtout pas accepté que son lieutenant puisse lui faire de l'ombre et pour grandir sa voctoire, il a laissé entendre que cette bataille était un tout. Ceci signifie deux armées face à face et non pas deux fois deux armées face à face. Ceci fait qu'il ,'y a plus qu'un chef pour chaque armée et en l'occurence, lui pour la française.
Il n'existe aucun monument commémorant une victoire d'un autre que lui à ma connaissance.
Le pont de Kösen du reste est bien en arrière du champ de bataille et sa défense n'avait de l'intérêt qu'une fois les prussiens battus pour leur imposer un seul itinéraire de retraite. Le franchir ce jour là n'eu guère changer les choses.
Enfin, la déroute de l'armée prussienne d'Auerstaedt n'a pas attendu les fuyards d'Iéna pour se faire.

la remonte

Message par la remonte » 14 oct. 2010, 12:02

gloire éternelle à Davout et ses hommes :aime:

Turos M. J.

Message par Turos M. J. » 14 oct. 2010, 16:12

:croixhonneur:
Gloire et notre memoire.
Maria Joanna

lagarde

Vive Davout ...

Message par lagarde » 15 oct. 2010, 10:30

... et ses trois "Immortelles" ( divisions Gudin, Morand et Friant) !

A trois heures du matin le 15 octobre, Napoléon écrit à Joséphine. Il croit qu'il a vaincu 150 000 hommes et qu'il a failli prendre le roi et la reine de Prusse ..
Le chef d'escadron Falcon, aide de camp de Davout, va arriver, apportant le rapport de son maréchal. L'Empereur dit alors à son entourage :"Davout a eu une affaire terrible ...", ajoutant "Bernadotte s'est mal conduit".
Seul le corps de Davout, épuisé, va s'avancer directement sur Berlin car l'Empereur, reconnaissant ses mérites exceptionnels, lui réserve l'honneur suprême: les hommes du 3è corps seront les premiers à entrer dans Berlin, un jour avant l'Empereur et la Grande Armée.
Les soldats de Davout nettoient leurs tenues car le lendemain, ils rentrents seuls, en avant-garde, dans Berlin. Ils l'ont bien mérité, et 500 croix leur sont déstinées. :croixhonneur:

Iena Auerstaedt Hourtoulle H&C

Dominique T.

Message par Dominique T. » 15 oct. 2010, 11:45

lagarde a écrit :Les soldats de Davout nettoient leurs tenues car le lendemain, ils rentrents seuls, en avant-garde, dans Berlin. Ils l'ont bien mérité, et 500 croix leur sont déstinées. :croixhonneur:

Iena Auerstaedt Hourtoulle H&C
Bigre, il est fâché avec la géographie, Hourtoulle, ou les hommes de Davout étaient des surhommes ?
Auerstaedt- Berlin, soit 250 km, en un jour !! :shock: :shock:

  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • [IÉNA & AUERSTAEDT]
    par Dominique T. » 14 oct. 2016, 10:41 » dans Salon Ier Empire
    4 Réponses
    898 Vues
    Dernier message par Christophe
    15 oct. 2016, 20:58
  • BATAILLE D'HEILSBERG
    par Pierremig » 10 janv. 2016, 15:30 » dans Livres - Revues - Magazines
    8 Réponses
    1362 Vues
    Dernier message par Pierremig
    15 janv. 2016, 19:19
  • Bataille d'Ernée
    par Thy. » 08 mai 2016, 21:50 » dans Salon Ier Empire
    5 Réponses
    1140 Vues
    Dernier message par Saint Clair
    10 mai 2016, 22:45
  • Bataille-parcours.
    par blucher » 31 mars 2015, 12:27 » dans Monuments Napoléoniens
    1 Réponses
    602 Vues
    Dernier message par Joker
    31 mars 2015, 19:11
  • Au coeur de la bataille
    par La Providence » 19 oct. 2014, 09:02 » dans Napoléon à travers les Arts
    13 Réponses
    3773 Vues
    Dernier message par Roussi
    12 janv. 2015, 16:00