Montre de Lasalle

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Fabrice Del Dongo
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Re: Montre de Lasalle

Message par Fabrice Del Dongo »

Il est cependant question de Salamanque dans ce texte. Est-ce que cela signifie qu'il y avait des troupes françaises en garnison à Salamanque à l'époque du Consulat ou qu'il faut comprendre autrement la mention de cette ville ?

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Rigodon d'honneur
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Re: Montre de Lasalle

Message par Rigodon d'honneur »

Fabrice Del Dongo a écrit :
17 mars 2020, 07:59
Il est cependant question de Salamanque dans ce texte. Est-ce que cela signifie qu'il y avait des troupes françaises en garnison à Salamanque à l'époque du Consulat ou qu'il faut comprendre autrement la mention de cette ville ?
l'Espagne était à cette époque alliée de la France, avec un objectif commun d'agir contre le Portugal afin de forcer ce pays à renoncer à son alliance avec l'Angleterre (déjà :!: ).

Bonaparte forme ainsi en 1801 un corps d'armée, le 1er corps de la Gironde, dont le commandement en chef est donné à son beau-frère, le général Leclerc. ce corps d'armée se réunit à la frontière espagnole, puis pénètre en Espagne. c'est ainsi que Lasalle échoue avec son régiment à Salamanque.

l'expédition contre le Portugal n'aura finalement pas lieu, et tout ce petit monde rentre tranquillement en France au bout de quelques mois, après cette balade de santé... il en sera tout autrement la prochaine fois où l'armée française pénétrera en Espagne :( !!...
:salut:
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la remonte
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Re: Montre de Lasalle

Message par la remonte »

entre temps , il y aura Trafalgar et la ruine de la fierté espagnole qu'était sa flotte .
avec Gravina au lieu de Villeneuve , même une défaite aurait été mieux acceptée

qu'est ce qu'on pouvait boire de bon à cette époque ? le vin se conservait difficilement , voyageait mal et sa production ne pouvait satisfaire des armées entières ! sans parler des réquisitions et du pillage qui devaient tarir les quelques réserves
Dans son Waterloo , Bondarchouk fait dire à Wellington que le gin était l'âme de ses soldats ? le rhum pour la marine sûrement , et pour l'armée de Napoléon ?

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Cyril Drouet
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Re: Montre de Lasalle

Message par Cyril Drouet »

la remonte a écrit :
17 mars 2020, 10:41
et pour l'armée de Napoléon ?

Arrêté du 12 septembre 1801 :
-1 litre de vin pour quatre hommes
-1 litre d'eau de vie pour seize hommes.

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Cyril Drouet
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Re: Montre de Lasalle

Message par Cyril Drouet »

la remonte a écrit :
17 mars 2020, 10:41
sans parler des réquisitions et du pillage qui devaient tarir les quelques réserves
"Quoique nos soldats fissent tout ce qu'ils pouvaient pour mettre en lieu sûr les vins qui tombaient en leur pouvoir, la terre en buvait d'ordinaire la plus grande partie. Les jarres (tinajas) d'une contenance de six et huit hectolitres étaient brisées et tout était perdu. Il est arrivé assez souvent que des hommes se sont noyés dans les caves, après avoir été étourdis par les vapeurs du vin. On raconte même qu'un cuirassier tout armé fut trouvé mort dans une de ces jarres. Il s'y était penché pour puiser du vin, et tomba la tête la première dans cette grande amphore qui fut son tombeau."
(Fée, Souvenirs de la guerre d'Espagne)

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Cyril Drouet
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Re: Montre de Lasalle

Message par Cyril Drouet »

la remonte a écrit :
17 mars 2020, 10:41
Dans son Waterloo , Bondarchouk fait dire à Wellington que le gin était l'âme de ses soldats ?
Sans titre 2.jpg

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Cyril Drouet
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Re: Montre de Lasalle

Message par Cyril Drouet »

la remonte a écrit :
17 mars 2020, 10:41
Dans son Waterloo , Bondarchouk fait dire à Wellington que le gin était l'âme de ses soldats ?
Sans titre 3.jpg

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Rigodon d'honneur
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Re: Montre de Lasalle

Message par Rigodon d'honneur »

revenons à Lasalle...
Fabrice Del Dongo a écrit :
16 mars 2020, 23:01
Cyril Drouet a écrit :
16 mars 2020, 20:55
Je parlais plus haut de l'inaction d'une vie de garnison.
Vous parlez de l'inaction d'une vie de garnison, mais dans ce texte de Thiébault, il est également question de Salamanque. En Espagne, donc, si je ne m'abuse. Peut-on vraiment parler d'une vie de garnison générant un ennui que seul l'alcool permettrait d'oublier dans ce contexte ?
il n'y a pas que les beuveries de la "société des Altérés" qui permettaient d'oublier l'ennui de la vie de garnison à Salamanque... mais également bien d'autres facéties de notre ami Lasalle :lol: ...
Citons in extenso les Mémoires du général Baron Thiébault à ce sujet...

"La paix devenant de plus en plus probable, le quartier-général et la première division quittèrent Rodrigo, le 10 août, pour se rendre à Salamanque, où la cavalerie les avait précédés, où le parc d'artillerie les suivit. Dans cette nouvelle résidence, à l'exception d'un jour de grandes manœuvres par semaine, nous tombâmes dans une inoccupation presque totale, dont l’excellent Lasalle remplaça fort heureusement l’uniformité par des occupations de tout genre et d’incomparables facéties. Tous les deux ou trois jours, il faisait chasser le général en chef ; tous les jours il faisait avec moi de la musique pendant deux ou trois heures, ce qui un jour à dîner, chez le général Leclerc, lui permit de dire : «J’ai dans votre armée, mon général, une singulière destinée. je vous ai donné le goût de la chasse ; j’ai rendu le goût de la musique au général Thiébault ; il ne me reste plus qu’à faire naître chez le général Monnet le goût de l’esprit.»

Ce Lasalle qui mettait des grâces infinies à ce qui est le plus opposé aux grâces, je veux dire qui, avec des manières charmantes, était buveur, libertin, joueur, tapageur et farceur, avait fondé à Salamanque la société des «Altérés», association dans laquelle il n’était jamais permis de dire que l’on n’avait pas soif ; je ne sais plus combien d’enragés la composaient, mais ce qu’il y a de certain, c’est que, en moins d’un mois, ils eurent bu tout ce qui existait de vins étrangers à Salamanque. Un soir qu’il m’avait fait le dénombrement des bouteilles vides : «Mais lui dis-je, tu veux donc te tuer... - Mon ami, me répondit-il, tout hussard qui n’est pas mort à trente ans est un j...-f..., et je m’arrange pour ne pas passer ce terme.» C’est encore lui qui, rentrant en France, quelques mois après, avec son régiment et se croisant dans je ne sais quelle ville avec un autre régiment de hussards, donna aux deux corps d’officiers un dîner pour lequel il avait fait mettre sur la table, et en guise de surtout, deux pièces de vin de Bourgogne, entourées de robinets, pièces qu’il fallut mettre à sec avant d’en venir aux vins fins.

Après une nuit de désordres passée Dieu sait où, avec un de ses capitaines, nommé Thiron, ils rentraient chez eux vers six heures du matin ; se trouvant devant la grand-garde, Lasalle s’arrête, et apostrophant son compagnon de sottises : «Et vous croyez, lui dit-il, que je tolérerai une conduite aussi scandaleuse que la vôtre ; que je souffrirai dans le régiment d’aussi fâcheux exemples, dans le régiment que l’impunité enhardirait à vous imiter ?» Aussitôt il le fait empoigner, et, malgré tout ce que Thiron, qui d’abord n’a vu à tout cela qu’une plaisanterie, peut lui dire, il le fait conduire en prison. Réveillé par sa bruyante arrivée et ses éclats de rire, j’apprends sa prouesse. je fais tout au monde pour qu’il relâche Thiron ; mais je le demande en vain, et, en me répétant : «Il faut qu’il s’en souvienne», il ne le remit en liberté que le lendemain.

Un capitaine de génie avait à Salamanque une très jolie maîtresse. Ce démon de Lasalle, qui chaque jour écrivait une lettre d’amour à sa femme, mais qui chaque jour lui faisait des infidélités, dépista cette jeune Espagnole, pénétra chez elle je ne ne sais comment, ni à quelle heure, et profita, tant soit peu en pandour, d’un moment de surprise et de frayeur. L’amant, outré du fait, furieux du moyen, exaspéré des indiscrétions qui devenaient un tort de plus vis-à-vis de tous deux, se déclara insulté ; il en résulta un duel au sabre, arme à laquelle Lasalle, si fort et si souple, était l’homme du monde le plus terrible. Il ne restait donc de salut pour ce capitaine que dans la générosité de son adversaire ; elle n’était pas douteuse, mais il n’était pas douteux non plus qu’il ne la fît servir à quelque folie ; en effet, ayant jugé de suite la disproportion des forces, il s’abstint de toute attaque et se borna à parer, mais s’attacha à le faire avec tant de vigueur que le poignet du pauvre ingénieur en était brisé ; et, dans les instants que le malheureux se remettait d’une si rude fatigue, mon Lasalle faisait une volte autour de lui, au milieu de mille plaisanteries, singeries et grimaces, jouant avec la mort, comme avec l’amour ; il lui campait un coup de plat de sabre sur le derrière et partait d’un éclat de rire. Dix fois ce manège fut recommencé, et, quelle que fût la rage de ce malheureux officier, il finit par être exténué. Lorsque ce fut évident qu’il n’en pouvait plus, Lasalle, mettant fin au combat, lui dit : «Si vous m’aviez mieux connu, vous auriez attaché moins d’importance au fait qui vous a blessé, et, si je vous avais mieux connu, je me serais abstenu d’aller sur vos brisées. Recevez cette déclaration, et terminons ce combat trop inégal, mais qui n’en a que mieux révélé à quel point vous êtes un homme d’honneur.»

Il nous montrait un jour ses armes ; il en avait de fort belles, notamment un sabre en damas noir, sabre qui valait alors douze mille francs. Pour nous faire apprécier la qualité supérieure de cette lame, il en frappa des barres de fer, dans lesquelles il fit de fortes entailles ; mais il voulut couper une branche d’arbre, et, soit que celle-ci fût trop forte, soit que le coup ne fût pas donné assez d’aplomb, la lame cassa en deux. Nous fûmes pétrifiés ; quant à lui, ayant donné à peine un instant à la surprise, il jeta par-dessus sa tête et le fourreau du sabre et le tronçon qui était resté à sa main, et s’en alla sans s’embarrasser même de ces précieux débris, en continuant ses gambades et ses grimaces.

La saleté est une calamité du Midi. Les vasarès de Marseille existent dans toute la Péninsule ; seulement au lieu de jeter ces horreurs par la fenêtre, on avait à Salamanque, par exemple, l’usage de les recueillir dans de longs pots de terre, qu’à l’entrée de la nuit les criadas (servantes) portaient sur leur tête pour les aller vider en différents endroits, et, le croirait-on ? notamment au milieu de la place d’Armes, où cela devenait ce qu’il plaisait aux chiens, à la pluie, au soleil d’en faire. Le moment de ces dégoûtantes vidanges venu, on voyait donc ces filles arriver en foule et se débarrasser en toute hâte de leur infect fardeau, ce qui, un soir, inspira à Lasalle la folle idée d’employer quelques hussards à leur barrer l’entrée de la place, à les forcer de s’agglomérer dans une rue attenante et à les y bloquer. Or il arriva qu’elles s’impatientèrent et se fâchèrent ; qu’en se fâchant et s’agitant, serrées comme elles l’étaient, elles et leurs pots s’entre-choquèrent ; que, se cognant, leurs pots se brisèrent et qu’elles en furent indignement souillées ; que les premières à qui ces accidents arrivèrent les multiplièrent encore par la manière brusque dont en se sauvant elles bousculèrent tout ce qui les entourait. Scène au-dessus de tout ce qu’on peut imaginer, mais que les cris, la colère, provoqués par les plus abominables résultats, finirent par rendre au dernier point comique."

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Re: Montre de Lasalle

Message par Rigodon d'honneur »

autre anecdote musicalo-sentimentale relative à notre général... citons cette fois le Dr FG.Hourtoulle, dans son excellent ouvrage sur Lasalle :) , avec l'illustration faite pour l'occasion par le non moins excellent J.Girbal :P :

"C'est encore à Salamanque que Lasalle se livra à la démonstration suivante : au pays des sérénades à la guitare, il inventa son propre type de sérénade. Une dame charmante lui plaisait beaucoup. Chez elle elle logeait le général Victor. Lasalle, en plein midi, mobilise la fanfare de son régiment et traversant la ville à sa tête il arrive devant le logis de cette beauté, arrête ses musiciens sous les fenêtres et leur fait entamer un concert éclatant. La dame intriguée, paraît à son balcon et le général Victor, croyant un instant que cette bruyante démonstration est faite en son honneur, s'approche lui aussi et salue, mais Lasalle imperturbable lance en faisant incliner son cheval : «Ce n'est pas pour vous, mon général, qu'est la sérénade, c'est pour Madame...»"
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Re: Montre de Lasalle

Message par Saint Clair »

Les anecdotes allant bon train, ne faudrait-il pas ouvrir un sujet propre au général Lasalle ?
Ici, nous nous contentions d'examiner sa montre. Là, il faudrait lui consacrer plusieurs pages.
Il y a peu de sujets le concernant. J'avais, en son temps, tenté de démontrer que l'affaire de Golymin était pure invention comme étant indigne d'un général tel que Lasalle. Je n'imaginais pas, ne serait-ce qu'un instant, qu'il eût pu laisser massacrer ses cavaliers.
Natalia Griffon de Pleineville m'avait rejoint sur ce point. Mais bon, on s'écarte encore du sujet. :shock:

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