Palais des Tuileries.

MONUMENTS NAPOLEONIENS a pour objet de mettre en avant le patrimoine napoléonien par et pour les internautes eux-mêmes.

Modérateur : Cyril

Maria Kel

Message par Maria Kel » 04 août 2016, 22:05

Rien à redire, j'aime toujours autant :aime2:

Percier

Message par Percier » 06 août 2016, 15:47

Ambitionnant d'avoir au moins terminé le grand salon de l'impératrice avant que d'autres impératifs ne s'imposent, j'ai cherché à réaliser les sièges du salon, livrés par Jacob Desmalter et installés le 2 juin 1809, dont une partie est maintenant dans la chambre dite "de la Reine des Belges" au Grand Trianon.

Voici donc deux vues du grand salon avec le grand canapé (de 3,60 m de long, vendu en 1826, non localisé) avec ses deux tabourets de pied (musée de la Légion d'honneur), les deux petits canapés (2,68 m, au Grand Trianon), six fauteuils de représentation (au Grand Trianon) et 24 chaises (3 au mobilier national). Les garnitures ont été faites sur la base des indications du tapissier Boulard.

Vue d'ensemble du salon, avec le tapis d'origine (Mobilier National)
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Détail sur les fauteuils du Grand Trianon "regarnis"
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A droite de l'image, contre le bas-lambris, se trouvait la console de Jacob maintenant au Louvre, et qui sera "réinstallée" sous peu :
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Maria Kel

Message par Maria Kel » 06 août 2016, 15:58

Splendide :aime2:

Bastet

Message par Bastet » 06 août 2016, 18:16

Le jeune lieutenant en second d' Auxonne si pauvre qu'il craignait la dépense : "Je n’ai d’autre ressources ici que de travailler …" écrivait-il en juillet 1789, qu'aurait-il pensé devant une telle splendeur? Quelles furent ses pensées quand, devenu l'Empereur, il eut pour cadre de vie , quelque vingt ans plus tard, ce palais au mobilier somptueux? :roll:

Maria Kel

Message par Maria Kel » 06 août 2016, 18:38

Sa Majesté savait garder la tête froide, mon cher minet :lol: . Je pense que pour lui, ce luxe était inhérent à sa fonction, rien de plus. Il a prouvé en campagne qu'il savait toujours se contenter de peu :mrgreen:

Percier

Message par Percier » 09 août 2016, 21:47

On se souvient qu'un changement majeur dans la distribution de l'appartement de l'empereur est intervenu en 1808, entrainant de gros travaux de remise en état de cet appartement entre mars et décembre 1808.

A cette occasion, la chambre de l'empereur est devenue son cabinet de travail. Profitant du fait d'avoir réalisé le décor de la pièce et de la "disponibilité" de l'essentiel du mobilier, j'ai cherché à restituer ce qu'était cette chambre du Premier Consul puis de l'empereur de 1800 à 1808, sur la base de l'inventaire de 1807. L'élément majeur à noter est que cette chambre est meublée pour l'essentiel avec du mobilier royal, notamment le lit de Louis XVI à Saint Cloud qui abrite le sommeil impérial pendant 8 ans.

Voici une proposition d'évocation de la chambre avec un ameublement quasiment complet.
Ne manquent qu"une seconde commode en acajou et une pendule de Robin au sujet "l'amour maternel", que je n'ai pas réussi à identifier

Vue d'ensemble depuis le mur des fenêtres
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Détail sur l'alcôve
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Il n'y pas de balustrade fermant l'alcôve, contrairement à la chambre crée en 1808, mais l'alcôve est cependant marquée par les rideaux et les tapis : l'inventaire distingue en effet deux tapis, l'un pour l'alcôve (de 5,40 m de long sur 2,20m de large) et l'autre pour le reste de la pièce

L'ameublement comprenait donc :
-le lit de Louis XVI à Saint Cloud maintenant à Fontainebleau, amplement transformé, garni du gros de Naples broché à dessin arabesque et bouquets qui l'ornait à Saint Cloud, avec son marchepied
-deux fauteuils par Sené, même provenance et localisation
-6 des 12 pliants réalisés par Sené pour la pièce, 5 à Versailles
-un paravent recouvert de la même étoffe

-deux commodes, l'une dont la description correspond à celle de Madame Victoire à Bellevue (Louvre) et l'autre non identifiée

-à côté du lit, sa place habituelle, un somno en acajou à dessus de marbre bleu avec la mention "Somno" (un modèle identique au Grand Trianon, salle de bains de l'empereur :
http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=Sear ... 6NU0H1NSBU

-deux lavabos, l'un avec cuvette et vase en argent, réalisé par Biennais,(Louvre) l'autre par Jacob en porcelaine avec un support à trois pieds (un modèle identique à la Malmaison)

Trois tables très hétéroclites :
-la table à écrire de Thierry de Ville d'Avray (conservée à Versailles)
-un guéridon en acajou, pied tripode à pans, plateau octogonal en marbre turquin (non retrouvé)
-une table de quadrille en acajou

La cheminée comprend :
-la pendule 'l'amour maternel"
-deux candélabres à pied "obélisque" en marbre vert de mer soutenant une victoire tenant trois lumières, (ensuite dans le cabinet du secrétaire, non retrouvés)
-une paire de chenêts, non retrouvés (fût à colonne tronquée, cassolettes à pieds de boucs, guirlandes de feuilles de laurier et flammes, pommes de pin. La frise à feuilles de laurier sur fond azur. Tous les ornements en cuivre sont ciselés et dorés or moulu, long 72 , larg 43)
-un écran avec décor semblable aux fauteuils, un modèle (copié sur l'original? par Cruchet, 1859) à Fontainebleau avec le lit.

On remarquera qu'un certain nombre de meubles ont été réutilisés dans les pièces meublées en 1808 : les deux lavabos (chambre de l'empereur et cabinet de toilette), le somno (chaise à l'anglaise), la table de Thierry(cabinet de travail)... Il n'y a pas de petites économies!

Enfin,
-une paire de rideaux de croisée en taffetas vert
-une paire de rideaux d'alcôve idem avec bordure des panneaux d'alcôve de la chambre d ela reine à Versailles (lilas et roses)
-deux paires de portières du gros de Naples broché à dessin arabesques et bouquets avec bordure.

Le mur face à la cheminée, avec la commode de Madame Victoire et la porte ouverte sur le "Troisième salon". En effet, en 1807, l'antichambre de 1808 qui suit l'escalier était alors divisée en deux parties, le salon des pages et le premier salon ; le premier salon de 1808 est donc le second salon en 1807, et le second salon de 1808 le troisième en 1807.

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Vue partielle du Troisième salon (je n'ai reconstitué pour le moment que la partie visible depuis la porte de la chambre) orné de 5 tapisseries des Gobelins de l'histoire d'Alexandre, de la commode de la chambre du roi à Compiègne (déplacée ensuite dans la nouvelle chambre de l'empereur en 1808), d'un tapis de la Savonnnerie à double L, et de quatre torchères dont la description de l'inventaire correspond à un modèle conservé à Fontainebleau. Les sièges (6 chaises et 6 fauteuils "Louis XVI" en bois doré étaient tendus d'une tapisserie cramoisie à dessin de fleurs, qui rappelle la garniture des sièges du château de la Roche Guyon exposés au Louvre et dont j'ai utilisé ici la garniture comme modèle)
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Maria Kel

Message par Maria Kel » 09 août 2016, 22:03

C'est toujours un plaisir de voir vos oeuvres :aime2:

Joker

Message par Joker » 10 août 2016, 18:10

Ce qu'il y a de surprenant, c'est que pratiquement chaque centimètre carré des différentes pièces présentées est recouvert de dorures, peintures et autre enluminures.
Quand on connaît la superficie totale du Palais, on imagine quel travail de titan ce fut... :roll:

Maria Kel

Message par Maria Kel » 10 août 2016, 18:27

Effectivement :aime2:

Dommage que les communards nous l'ai brûlé, ce beau palais! :cry:

Percier

Message par Percier » 16 août 2016, 09:09

Ces décors étaient si longs à réaliser que ceux du temps de Louis XIV sont restés en partie inachevés et qu'il a fallu faire travailler de nuit les ouvriers pour achever ceux de l'empereur. Cependant certaines techniques, comme la préparation en atelier ou l'utilisation de pochoirs pour les éléments répétitifs permettait de gagner du temps. L'ensemble est en tout cas très coloré!

J'ai cherché à achever l'évocation du Second Salon de l'Impératrice, qui se trouvait sous celui de l'Empereur.
Ce salon jouait un rôle central dans les réceptions organisées par Joséphine. Celle-ci avait voulu que la décoration soit la plus riche possible, demandant un étalage de sculpture dorée que Fontaine déplore, en comparaison des moyens qui lui ont été alloués pour ces travaux. Jacob Desmalter livre la majeure partie du mobilier en 1809.

Vue d'ensemble depuis la porte donnant sur le Premier Salon. Le jeu de miroirs créé par la comtesse de La Mark avant la Révolution agrandit considérablement la pièce. J'ai disposé le mobilier "à l'étiquette". Le décor mural en 'brocart argent et bleu, à couronnes de myrthe et de lierre" a été livré par Pernon et imposé par Napoléon à Joséphine. Celle-ci indique en effet en juillet 1808 que "le grand salon doit être boisé et la boiserie peinte en gris blanc, rechampi en or, il ne doit donc pas y avoir de tenture". Mais les efforts conjugués de Fontaine, qui avait préparé les murs pour la tenture, de Desmazis, administrateur du Mobilier Impérial et de l'empereur aboutissent au décor avec le brocart bleu et argent réalisé à partir du 15 mai 1808 par le tapissier Boulard.
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Vue du mur donnant sur le premier salon.
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La dorure des champs des panneaux des portes est attestée par le mémoire du doreur Chaise, qui indique qu'il laisse des parties en blanc pour la peinture d'ornements. Le même mémoire indique que les bordures des miroirs sont d'un modèle utilisé dans le Premier salon de l'empereur (perles, feuilles d'olivier et feuille d'eau) et que celles des panneaux de tenture, de 7 cm d'épaisseur, sont sculptées de perles, feuilles d'ornement et feuilles d'eau.

Curieusement, l'inventaire de 1809 ne mentionne pas d'appliques dans la pièce. La garniture de cheminée devait donc se résumer à la pendule et aux chenets. La cheminée en marbre vert antique a donc été restituée sur la base des mémoires du bronzier et du marbrier. Une grande abeille en bronze figurait notamment au milieu de la traverse centrale.
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La pendule est de Lepaute, conservée à Fontainebleau (N° d’inventaire F3885). Elle avait figuré à la "Maison Egalité" (=le Palais Royal) en 1794 puis chez Barras avant d'être installée aux Tuileries dans ce salon où elle reste jusqu'en 1833.

Les chenets sont l'une des deux paires livrées pour le Grand Salon de Mesdames à Bellevue (l'une au Louvre, l'autre à Versailles). Elles sont dans le Second Salon depuis 1807 et restent au palais jusqu'à la chute du Second Empire.

Le mobilier livré par Jacob Desmalter comprend donc : une console, un écran, six fauteuils de représentation, trois canapés et vingt quatre chaises. Le supplément à l'inventaire de 1809 indique qu'en 1811 on a descendu dans ce salon les deux torchères réalisées par Jacob pour le Premier Salon de l'Empereur. L'éclairage, assuré par un lustre à dix huit lumières, deux candélabres (non restitués pour le moment) et six flambeaux, semble en effet un peu chiche!
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Les trois canapés, selon la volonté de l'impératrice exprimée en juin 1808, doivent être placés "sous les trois glaces du fond et une seule console sous la glace en face de la cheminée. Les deux canapés sous la glace des angles seraient un peu arrondis pour suivre le contour de la pièce, par ce moyen le sallon (sic) paraîtraît plus grand et contiendrait plus de monde". Je les ai donc placés ainsi, les dimensions des deux canapés conservés à Trianon (2.08m) permettant de les installer dans les pans coupés. Seul le grand canapé, d'après l'inventaire de 1808, a droit à des coussins et à deux tabourets de pied.

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On trouve également dans ce salon les grands fauteuils meublants conservés à Trianon que j'ai placés au plus près des canapés. Face à la cheminée, la console de Jacob conservée au Louvre.

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Au centre de la pièce, j'ai placé la "table d'Austerlitz" mentionnée par l'inventaire en 1811, maintenant à la Malmaison. En porcelaine de Sèvres, elle a été réalisée entre 1808 et 1810 par Fontaine, Gérard, Isabey et Thomire. Une notice très complète de la Fondation Napoléon présente cette table :
http://www.napoleon.org/histoire-des-2- ... marechaux/
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Le salon n'était éclairé que par une grande arcade ouvrant sur le jardin des Tuileries.

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L'inventaire de 1809 décrit la complexité du travail du tapissier qui créée l'encadrement de cette fenêtre à l'aide d'un "gros de Tours bleu filé argent à feuilles de lierre (GMMP 140)
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Les portières garnissant les portes étaient également suspendues par deux "grands batons antiques sculptés et dorés", et constituées de la même étoffe que pour les rideaux encadrés par la bordure des panneaux de tenture.

Pour finir, une première vue du premier salon de l'impératrice, appelé "salon jaune", allez savoir pourquoi... :-). Le valet se tient devant la porte qui ouvre sur le second salon.
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