Palais des Tuileries.

MONUMENTS NAPOLEONIENS a pour objet de mettre en avant le patrimoine napoléonien par et pour les internautes eux-mêmes.

Modérateur : Cyril

Percier

Message par Percier » 18 juil. 2016, 06:41

Mais en homme pressé qu'il était, il mangeait bien trop vite! 7 mn pour son déjeuner, 20 mn pour le repas de mariage en 1810... Pas étonnant qu'il ait eu besoin de se tenir le ventre :salut: (Bien qu'il semblerait que cette posture de la main dans le gilet est plus une convention sociale des gens "bien nés" pour donner une "occupation" à la main en public).

Maria Kel

Message par Maria Kel » 18 juil. 2016, 09:28

Oui, en fait son problème venait du fait qu'il mangeait bien trop vite, les médecins déconseillent d'ailleurs de l'imiter :non:

Il avait parfois de terribles maux de ventre. L'Empereur avait parfois si mal qu'il ne pouvait rester debout. Joséphine lui faisait prendre une bonne tisane pour calmer tout ça. :rose:

Joker

Message par Joker » 18 juil. 2016, 13:24

Puisque nous en sommes à évoquer les habitudes alimentaires de l'Empereur, voici un témoignage de première main :

Les habitudes culinaires de Napoléon, par le marquis de Caulaincourt, grand
écuyer de l’Empereur.


« L’Empereur mangeait vite et avalait avec une telle vivacité qu’on pouvait croire
qu’il mâchait peu ou même pas du tout. On a débité beaucoup de contes sur sa manière
de vivre. La vérité est qu’il ne faisait que deux repas. Il préférait à tout le boeuf ou le
mouton, les fèves, les lentilles ou les pommes de terre, le plus souvent en salade. Il était
rare qu’il bût sa bouteille de vin dans la journée. Il préférait le chambertin. Après son
déjeuner et son dîner, il prenait une tasse de café à l’eau. Toute sa recherche était là. Il
l’aimait assez fort, depuis ses campagnes d’Égypte. Il préférait le moka. Pendant celle
de Russie, même dans la retraite, il put avoir, tous les jours, son vin, un café, et, pour
nourriture, les choses auxquelles il était accoutumé. »


CAULAINCOURT, Armand Louis Augustin, marquis de, Mémoires du général de
Caulaincourt, duc de Vicence, grand écuyer de l’Empereur, Paris, Plon, 1933, p. 387.

Maria Kel

Poissons

Message par Maria Kel » 18 juil. 2016, 14:20

Il aimait aussi, de temps à autres, se manger des rougets grillés aux herbes mais sans ail qui lui alourdissait la digestion. :razz:

Bastet

Message par Bastet » 18 juil. 2016, 16:39

Que nous en dit Ali dans ses Souvenirs ?
" L'Empereur était d'une sobriété exemplaire.[...].Les mets les plus simples étaient ceux qui lui convenaient le mieux. Par exemple il était délicat à l'extrême; la moindre chose contre la propreté ou le mauvais accommodement lui donnait de la répugnance.Il préférait un bon potage, un bon morceau de bouilli à tous les mets composés et succulents que les cuisiniers pouvaient lui faire. Des oeufs à la coque ou sur le plat, une omelette un petit gigot, une côtelette, un filet de boeuf, de la poitrine de veau sur le grill, ou une aile de poulet,, des lentilles, des haricots en salade étaient des mets qu'on lui servaient habituellement à ses dèjeûners. [...]. Sa nourriture avait été à Paris ce qu'elle était à Sainte-Hélène; mais ici il manquait la qualité, la variété des mets et leur recherche.[...]. La boisson était du clairet; en France elle avait été du chambertin..."

J'aime le regard d'Ali posé sur l'Empereur... , j'aime l'écouter parler de l'Empereur dans le détail du quotidien, il arrive presque à me faire entendre sa voix, que l'on disait sèche et métallique.... :tourne: ce Maître du monde vaincu et toujours grand ....

:salut:

Maria Kel

Message par Maria Kel » 18 juil. 2016, 17:27

La grandeur se trouve souvent dans la simplicité, ma chère ronronnante :)

Mais le fait que Napoléon aimait les plats simples ne voulait pas dire qu'il négligeait la qualité des aliments. Il était particulièrement exigeant sur le pain. :bave:

Percier

Message par Percier » 20 juil. 2016, 20:31

Puisque l'on évoque les repas de l'Empereur, les lieux des repas impériaux aux Tuileries :

Le déjeuner était pris dans le Premier Salon, ou salon des aides de camp, sur un guéridon (les grandes torchères en bois doré sont maintenant du bon modèle, reconstitué sur la base du mémoire de Jacob récemment consulté, et j'y ai réuni les portraits des "hommes" de la famille)
Image


Les repas de société, relevant de l'impératrice, étaient pris dans la grande salle à manger aménagée pour Joséphine au début des années 1800 au rez de chaussée sur la cour du Carrousel. Cette vue est bien sûr celle d'un travail en cours! Il y avait 60 chaises (ici du bon modèle, 2 exemplaires présentés au Louvre), 8 consoles, des appliques, des lustres, une grande et plusieurs petites tables... La voûte est restituée à partir du dessin coloré qu'en a publié Fontaine.
Image

L'Empereur et l'Impératrice prenaient également des repas publics, dit "au Grand Couvert", à l'instar des souverains de Versailles, et ce sous un dais et dos à la cheminée, dans le salon des Princes ou de la Paix. Le grand vermeil était disposé sur des tables, notamment les deux cadenas et les deux nefs de Leurs Majestés. (J'essaierai de restituer l'aspect de la pièce dans cette configuration)
Image

Pour ceux qui souhaitent lire une synthèse récente et très documentée sur le fonctionnement de la cour impériale, je conseille "Les derniers feux de la monarchie" par Charles Eloi Vial, Perrin, janvier 2016 (pp. 117 à 243)

Joker

Message par Joker » 21 juil. 2016, 14:33

Des lieux majestueux pour des cérémonies écourtées, ainsi que nous en avons discuté préalablement.
Nous sommes à des années lumières de nos actuels fast food ! :fou:

Bastet

Message par Bastet » 21 juil. 2016, 15:28

Nourritures aux Tuilleries ou ailleurs... :) plus modestement... L'Empereur pardonnera...
L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.
___A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.
___Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.

Francis Ponge, Le Parti pris des choses, 1942.


Il y a une armoire à peine luisante
qui a entendu les voix de mes grand'tantes,
qui a entendu la voix de mon grand-père,
qui a entendu la voix de mon père.
A ces souvenirs l'armoire est fidèle.
On a tort de croire qu'elle ne sait que se taire,
car je cause avec elle.
Il y a aussi un coucou en bois.
Je ne sais pourquoi il n'a plus de voix.
Je ne veux pas le lui demander.
Peut-être qu'elle est cassée,
la voix qui était dans son ressort,
tout bonnement comme celle des morts.
Il y a aussi un vieux buffet qui sent la cire, la confiture,
la viande, le pain et les poires mûres.
C'est un serviteur fidèle qui sait qu'il ne doit rien nous voler.
Il est venu chez moi bien des hommes et des femmes
qui n'ont pas cru à ces petites âmes.
Et je souris que l'on me pense seul vivant
quand un visiteur me dit en entrant :
— comment allez-vous, monsieur
Jammes ?

Francis Jammes
Nourriture

Ma fille, laisse là ton aiguille et ta laine ;
Le maître va rentrer ; sur la table de chêne
Avec la nappe neuve aux plis étincelants
Mets la faïence claire et les verres brillants.
Dans la coupe arrondie à l'anse en col de cygne
Pose les fruits choisis sur des feuilles de vigne :
Les pêches que recouvre un velours vierge encor,
Et les lourds raisins bleus mêlés aux raisins d'or.
Que le pain bien coupé remplisse les corbeilles,
Et puis ferme la porte et chasse les abeilles.
Dehors le soleil brûle, et la muraille cuit.
Rapprochons les volets, faisons presque la nuit,
Afin qu'ainsi la salle, aux ténèbres plongée,
S'embaume toute aux fruits dont la table est chargée.
Maintenant, va puiser l'eau fraîche dans la cour ;
Et veille que surtout la cruche, à ton retour,
Garde longtemps, glacée et lentement fondue,
Une vapeur légère à ses flancs suspendue.

Extrait de:
Aux flancs du vase (1898), Albert Samain

:salut:

Maria Kel

Message par Maria Kel » 21 juil. 2016, 17:05

Je n'ai rien à redire! Superbe! :aime2:

Encore! Encore! :razz:

  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • Reconstruction du palais des Tuileries
    par barthelemy » 18 mars 2018, 08:26 » dans L'actualité napoléonienne
    24 Réponses
    793 Vues
    Dernier message par C-J de Beauvau
    21 mars 2018, 07:22
  • Vente de deux colonnes des Tuileries
    par Belle Poule » 19 nov. 2016, 20:12 » dans L'actualité napoléonienne
    0 Réponses
    392 Vues
    Dernier message par Belle Poule
    19 nov. 2016, 20:12
  • Napoléon au sac des Tuileries le 10 Août 1792
    par Joker » 11 août 2019, 19:22 » dans L'actualité napoléonienne
    4 Réponses
    254 Vues
    Dernier message par Cyril Drouet
    17 août 2019, 16:09
  • PALAIS VIVIENNE
    par Pierremig » 18 août 2019, 12:18 » dans Salon Ier Empire
    6 Réponses
    527 Vues
    Dernier message par Rigodon d'honneur
    19 août 2019, 23:49
  • Palais de justice de Paris
    par Maria Kel » 29 janv. 2017, 01:21 » dans Monuments Napoléoniens
    6 Réponses
    1184 Vues
    Dernier message par Saint Clair
    23 févr. 2017, 22:52