Doit-on exhumer Napoléon aux fins d'analyses scientifiques ? Se trouve-t-il bien aux Invalides ? A-t-il été empoisonné ? En pleine vague napoléonienne, ces questions ressurgissent.
d'hautpoul

Message par d'hautpoul » 02 janv. 2017, 08:36

Le problème de l'entrée dans la crypte n'en est pas un, car une solution avait été trouvée. Je le sais depuis quelques mois, mais je suis encore tenu au silence quelques semaines.
Et si le "passage" de la porte de la crypte n'avait pas eu lieu? :lol: cette solution est connue depuis.......1861 et relatée (entre autres) par le Colonel Pol Payard depuis 1930-"le tombeau de Napoleon-32 pages

"..un large plan incliné avait été construit entre la chapelle et le sarcophage.Les cercueils, placés sur un chariot bas, glissèrent lentement entre deux haies de Cent-Gardes, en présence de Napoleon III, de l'Impératrice Eugénie, du gouverneur des Invalides et des hauts dignitaires de l'Empire.
Napoléon voyait enfin se réaliser le vœu suprême de son testament"Je désire que mes cendres ..
.
.."


Cette image tirée du "Vacquier" 1927

on distingue trés bien sur la droite, la fin du plan incliné, qui ouvre le passage au tombeau

Image


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.

barthelemy

Message par barthelemy » 02 janv. 2017, 11:22

????

pour ma part, je ne vois aucun plan incliné sur cette gravure, mais bon... si le colonel PAYARD le dit...

mais alors, que deviennent les douze "charpentiers" ?

c'est absurde....

à un moment donné, il a bien fallu le porter ce fichu cercueil !! (oh, pardon Sire...)

:sommeil:

Maria Kel

Message par Maria Kel » 02 janv. 2017, 11:56

Bien d'accord avec vous :?

d'hautpoul

Message par d'hautpoul » 02 janv. 2017, 12:13


mais alors, que deviennent les douze "charpentiers" ?
Ils ont placé le cercueil sur le chariot .

barthelemy

Message par barthelemy » 02 janv. 2017, 12:16

"Après une messe basse dite par S E le cardinal archevêque, les cent gardes, assistés d'hommes spéciaux, ont pris le cercueil dans la chapelle Saint-Jérôme et l'ont transporté dans la crypte souterraine où s'élève le sarcophage. Les trois maréchaux présents à Paris, le maréchal Randon, le maréchal Magnan et le maréchal Vaillant, suivaient immédiatement, portant sur des coussins les honneurs, c'est à dire l'épée, la croix, le chapeau.
L'Empereur et la famille impériale ont assisté à la cérémonie, agenouillés à la tribune qui s'élevait au balcon de la crypte, et le cercueil a été placé sur une estrade inclinée qui, partant du seuil de la crypte même, s'élevait jusqu'à l'ouverture du sarcophage"

(Charles YRIARTE - "le Monde Illustré" 13 Avril 1861)

Vous noterez les "hommes spéciaux" (sic) !!

Donc, on peut penser qu'il s'agit d'une erreur du Colonel PAYARD : il n'y a pas d'accès entre la chapelle Saint-Jérôme et la crypte... le plan incliné ne peut donc débuter au mieux que devant la porte en bronze fermant la crypte, il faut donc bien des porteurs pour descendre l'escalier...

d'Hautpoul aura voulu ironiser en ces lendemains de fêtes ?

:salut:

barthelemy

Message par barthelemy » 02 janv. 2017, 12:19

et on a fait descendre le chariot par les marches de l'escalier ??

cela ne tient pas debout.... abracabrantesque !!

:salut:

Demi-solde

Message par Demi-solde » 02 janv. 2017, 16:36

d'hautpoul a écrit :Petit mémorial, constitué sur la "Normandie "à l'emplacement où a reposé le cercueil.
dimensions:
-----0,84 x 0,75 x 2,33
Il me semble, mais je peux me tromper, que les dimensions hors-tout du cercueil étaient de l'ordre de 2m30 x 1m x 1m.

d'hautpoul a écrit :C'est une technique de manutention: on fait dépasser l'extrémité du cercueil de la porte; deux hommes s'en saisissent, l'ensemble avance, deux autres porteurs viennent combler le vide derrière les deux premiers, et ainsi de suite
Le problème dans le cas de la porte du tombeau est que ce rétrécissement concerne le chambranle, certes, mais également les deux vantaux ouverts, soit 1 mètre 35 de large sur minimum 70 centimètres de profondeur. Ce qui reviendrait, pour appliquer votre technique de manutention, à se passer de 2 à 4 porteurs le temps que le cercueil passe entièrement la porte. Déjà que l'on s'étripe sur les seulement 12 porteurs… :)

barthelemy a écrit :La démarche serait donc de :

- refaire l'expérience du port d'un cercueil de 1200 kgs par douze hommes, dans des conditions les plus proches possibles à celles de 1861 : si c'est un échec, cela serait déjà un premier élément plaidant pour l'absence d'un corps, du moins un cercueil allégé, aux Invalides
« Les conditions les plus proches possibles à celles de 1861 »… Et le problème est là, on ne les connaît pas avec certitude.

:salut:

Demi-solde

Message par Demi-solde » 02 janv. 2017, 16:37

Déjà, les porteurs qui font tant écrire…

Les deux sources officielles, l'avis du grand maître des cérémonies Cambacérès et le procès-verbal de la translation du ministre d'état Walewski diffèrent sur ce point particulier des porteurs.

Avis de Cambacérès : « Douze cent-gardes prendront le cercueil et le transporteront, précédé du grand aumônier et du clergé, au tombeau, sous le dôme, au milieu d'une haie de cent-gardes. »

Procès-verbal : « Le cercueil de l'empereur Napoléon Ier a été enlevé de la chapelle Saint-Jérôme et transporté à bras par douze porteurs entourés de douze des cent-gardes de l'Empereur, et il a été déposé dans le sarcophage en granit de Finlande préparé dans le tombeau. »

« Douze cent-gardes » ou « douze porteurs » ? Faut-il plutôt se référer à l'avis, publié avant la cérémonie, ou au procès-verbal, publié après ?


Crépinet, déjà cité plus haut, parle de « douze charpentiers habillés en cent-gardes. »

« Le Monde Illustré » du 13 avril 1861 écrit : « les cent-gardes, assistés d'hommes spéciaux, ont pris le cercueil dans la chapelle Saint-Jérôme et l'ont transporté dans la crypte souterraine où s'élève le sarcophage. »

Le général Castelnau, lui : « Le corps, escorté par douze Cent-Gardes, a été transporté de la chapelle Saint-Jérôme au tombeau. »

Le Moniteur Universel : « Des cent-gardes en grande tenue entouraient le cercueil pendant le trajet de la chapelle à la crypte du tombeau. »

D'autres journaux évoquent un corps « porté par vingt-quatre cent-gardes ».


Une hypothèse semble découler, sans certitude absolue, de ces différents éléments ; le cercueil fût porté par douze costauds et flanqué de douze cent-gardes.


:salut:

Demi-solde

Message par Demi-solde » 02 janv. 2017, 16:38

Ensuite, il convient de se demander sur quel trajet exact sont intervenus les porteurs. La question peut sembler idiote ; les deux pièces officielles, l'avis et le procès-verbal, présentent un transport somme toute assez simple, de la chapelle au tombeau, « à bras », sans faire état du moindre artifice, de la moindre contingence matérielle, de la moindre aide.

Et pourtant, l'absence de mention de ces aides éventuelles ne signifie pas pour autant leur inexistence. Un échec d'une reconstitution pourrait signifier un cercueil allégé, certes, mais également des porteurs modernes moins costauds que des hommes de l'époque, voire des aides, humaines et/ou matérielles non-évoquées, non-reconstituées mais existantes. Il semble bien que le cercueil n'ait pas été que porté.



Le colonel Pol Payard écrit : « Un large plan incliné avait été construit entre la chapelle et le sarcophage. Les cercueils, placés sur un chariot bas, glissèrent lentement entre deux haies de Cent-Gardes, en présence de Napoléon III, de l’Impératrice Eugénie, du gouverneur des Invalides et des hauts dignitaires de l’Empire. »

Que faut-il comprendre dans le texte du colonel Pol Payard ?

- Un plan incliné depuis la chapelle jusqu'au tombeau directement dans la fosse ?
La solution presque la plus simple finalement... Le plus court chemin entre deux points étant la ligne droite, faire glisser le cercueil, flanqué de cent-gardes, directement de la chapelle Saint-Jérôme jusque dans la fosse au travers de la porte centrale de la chapelle puis, au prix d'une légère rupture de pente, par dessus la rambarde aurait été une solution assez simple à mettre en œuvre le jour J. Bien que très complexe pour les charpentiers chargés de construire les jours précédents la structure inclinée et propre à soutenir le poids du cercueil et des éventuels accompagnateurs. Mais surtout, cette solution n'est évoquée par aucun témoignage.

- Un plan incliné digne d'un Grand 8, suivant le même chemin qu'un piéton, descendant de la chapelle Saint-Jérôme jusque sous le dôme, contournant la fosse, puis l'autel, descendant jusqu'à la porte de la crypte puis jusqu'au tombeau ?
Techniquement possible, évidemment, mais tellement compliqué.

Et il ne faut pas négliger les différentes descriptions qui évoquent des « porteurs » et un transport « à bras ». Il semble donc y avoir eu bel et bien une partie du trajet effectuée à pied.



« Le Monde Illustré » évoque lui aussi un plan incliné, à la fin du parcours : « le cercueil a été placé sur une estrade inclinée qui, partant du seuil de la crypte même, s'élevait jusqu'à l'ouverture du sarcophage. »
Ce dispositif n'est pas évoqué par les documents officiels et pourtant, il a bien existé ; des porteurs, quel que soit leur nombre n'auraient pu élevé assez haut le cercueil pour le glisser dans le sarcophage de faux-porphyre. De plus, cette « estrade inclinée » se devine sur une gravure, à gauche de l'estrade de cérémonie :

Image



Vu l'étroitesse de la porte de la crypte, passage de 1 mètre 35 large sur environ 70 centimètres de profondeur, on peut légitimement se demander si un chariot, ou une luge, ne fut pas nécessaire pour glisser le cercueil au travers de cet obstacle.
barthelemy a écrit :et on a fait descendre le chariot par les marches de l'escalier ?
Pour peu que l'on ait recouvert les marches de l'escalier de la crypte d'un plan incliné, le même « chariot bas » peu avoir servi à franchir la porte du tombeau, à descendre l'escalier de la crypte puis à escalader le sarcophage en faux-porphyre.
D'autant plus si les bâtons ont bel et bien été coupés pour franchir la porte du tombeau ; ils ne pouvaient dès lors plus permettre de porter le cercueil, ne laissant que 20 centimètres de prise à chacun des porteurs.



Quant au point de départ, la chapelle Saint-Jérôme, la porte permet certes le passage du cercueil entouré de 12 porteurs, mais il ne faut pas perdre de vue que celui-ci était juché sur un soubassement de 1 mètre 70 de haut, comme visible sur ce tableau :

Image

« L'Univers illustré » du 13 avril 1861 relate ainsi : « Le corps, placé sur un petit chariot, est sorti de la chapelle Saint-Jérôme, précédé du clergé, accompagné de 12 cent-gardes. »
Plusieurs autres journaux évoquent ce chariot, ou un « catafalque roulant » pour sortir de la chapelle Saint-Jérôme.
Ce dispositif n'est pas totalement abracadabrantesque puisqu'il est semblable à celui utilisé en 1840, en sens inverse, pour hisser le cercueil impérial du catafalque à son emplacement dans la chapelle Saint-Jérôme. Dans la relation officielle des funérailles de l'empereur Napoléon, on trouve : « Après la messe, le cercueil, décoré comme le jour de son entrée à Paris, surmonté de la couronne impériale à la tête, de l'épée et du petit chapeau aux pieds, a été retiré du catafalque, et placé sur un plan incliné en charpente masquée par des tentures noires.
Une fois déposé sur ces rails, il a glissé avec une merveilleuse facilité jusque sur le soubassement préparé pour le recevoir.
 »



Donc, en compilant ces quelques points, si douze porteurs il y eut, il se peut que leur trajet se soit « limité » de la sortie de la chapelle Saint-Jérôme à la porte du tombeau, puis, peut-être, à la descente de l'escalier de la crypte. Ce qui représente tout de même un bel effort, évidemment. Personne, je pense, ne prétendra le contraire. Insurmontable ?



A la lumière de ces différents éléments, on peut donc essayer de tracer un scénario possible :

1 - Le cercueil est descendu de son soubassement de 1 mètre 70 de haut et sorti de la chapelle Saint-Jérôme au travers de la porte centrale de 2 mètres 70 de large à l'aide d'un plan incliné. C'est la manœuvre inverse de celle qui fut élaborée pour installer l'impérial cercueil dans la chapelle.

2 - Le cercueil est alors plus classiquement porté à bras par douze charpentiers, pour contourner la fosse, mais surtout l'autel à baldaquin dont la partie basse (passage à 2 mètres 35 au niveau des épaules, 1 mètre 75 au niveau des pieds) puis l'escalier circulaire le contournant (3 mètres de large) limitent le nombre de porteurs. Les cent-gardes encadrent le convoi lors du contournement de la fosse, puis laissent les porteurs seuls pour les passages étroits autour de l'autel.

3 - Puis, sur le seuil devant la porte du tombeau (de 1 mètre 35 de large sur 70 centimètres de profondeur), il fallut couper les bois trop longs et sûrement glisser le cercueil sur un chariot.

4 - L'escalier de la crypte est descendue au moyen du même chariot sur un plan incliné ; les bâtons, coupés, ne permettant plus de porter le cercueil.

5 - Enfin, au bas de la descente de la crypte, le cercueil, toujours installé sur ce même « chariot bas », est hissé grâce à une « estrade inclinée » sur la terrasse bâtie à hauteur du sarcophage de faux-porphyre.


Au cours de ce trajet, lorsqu'il n'est pas glissé, le cercueil est porté par douze charpentiers ; il est également flanqué par douze cent-gardes lorsque les circonstances et les largeurs l'autorisent.


:salut:

d'hautpoul

Message par d'hautpoul » 02 janv. 2017, 17:23

Excellente interprétation !
D’après cette litho,(pas trés nette ) j'ai bien l'impression que sur la droite, semble s'ouvrir un passage permettant d'accéder sur l'extrade construite autour du tombeau. La masse noire avec une croix d'argent(à droite ) pourrait bien étre un linceul recouvrant le "chariot" après son utilisation ?

Mais est ce que ce croquis est réaliste ?

Pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus, voici une liste d'ouvrages traitant du sujet

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