Etude Sainte-Héléne

Doit-on exhumer Napoléon aux fins d'analyses scientifiques ? Se trouve-t-il bien aux Invalides ? A-t-il été empoisonné ? En pleine vague napoléonienne, ces questions ressurgissent.
Joséphine

Message par Joséphine »

Mon Général, je pense également que nos lectures dirigent et forgent nos opinions.

Qu'elles soient parfois divergeantes est un bien pour l'enrichissement de notre Forum, dans le respect de tout un chacun ... :)



:salut:

Jean-Baptiste Muiron

Message par Jean-Baptiste Muiron »

"Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es", il est vrai, mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis.

François Mauriac.

:salut:

Joker

Message par Joker »

Vous n'avez rien perdu de vos qualités de pourfendeur, mon cher ..... ! :salut:
Vous m'avez en effet fait part de votre opinion bien arrêtée sur Maury et nous avons ceci de commun, c'est que tout comme vous, je pense que Montholon a joué un rôle trouble et pour le moins suspect dans cette affaire... :)

Albertuk

Message par Albertuk »

Bonsoir

Hmm... je risque fort d'être en minorité d'opinion ici mais si quelqu'un veut bien se donner le mal d'expliquer pourquoi il soupçonne Montholon, et les raisons fondées pour appuyer sa suspicion, je pourrais tenter de fournir un contre-argument pour faire avancer ce débat.

Je crois que nous avons déjà abordé (autrefois? archives?) la source plus que suspecte, elle, du descendant Montholon accusant son ancêtre (à tord). Faudra-t'il encore revenir sur cette thèse creuse qui ne prouva rien de qu'elle avait promis au monde à coups de publicité?

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril »

je risque fort d'être en minorité d'opinion ici
Mais non, mais non. :)

Chat-Braque

Message par Chat-Braque »

Perso, je relis peu de livre…
Sur l'Empire :
les mémoires de Bourgogne
sinon :
"L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
"cent ans de solitude" de garcia marquez
"cannery row" de Steinbeck
"Et … Céline… TOUT et avec passion!
(damned! je ne l'ai pas dis)

Joker

Message par Joker »

Toujours avide de partager vos connaissances, mon cher Albertuk, je vais donc tenter de me glisser dans la peau du procureur.
Le dossier à charge de l'accusé Montholon est faible, je vous le concède.
Il semble évoluer en permanence dans une sphère d'influence assez trouble, ce qui renforce le côté relativement opaque du personnage.
Résumons donc brièvement et en vrac les éléments à charge :
- En sa qualité d'intendant de Longwood, il avait la haute main sur tous les produits y transitant. Il gérait ainsi aussi bien les réserves de vin personnel de Napoléon que les stocks de mort-aux-rats destinées à l'extermination des rongeurs. Aisé donc pour lui de jouer à l'empoisonneur de service.
- A l'exception de Cipriani, il était le seul détenteur des clés de la réserve.
Guère de problème pour y accéder quand bon lui semblait sans susciter la moindre suspicion de qui que ce soit.
- Il jouissait de l'entière confiance de l'Empereur et n'avait à rendre de comptes qu'à lui. Cet atout peut être considéré comme une arme à double tranchant. Mais il savait surtout qu'on ne le supecterait guère.
- Il avait connaissance des relations particulières unissant l'illustre proscrit et Albine, son épouse. Or, il n'est jamais agréable de se savoir cocufié, fût-ce par un tel personnage. La jalousie serait donc un mobile suffisamment crédible pour envisager la suppression du rival honni.
- Après le départ d'Albine, l'envie d'aller la retrouver l'aurait poussé à vouloir abréger l'existence de celui qui le retenait dans l'île.
- Une mission lui aurait été confiée par les Bourbons au pouvoir afin de s'assurer de l'impossibilité d'un retour de Napoléon en Europe. Un homme tel que lui, s'il avait engagé sa parole, ne l'aurait point reniée.
- Reste, si tant est que l'on peut accorder le moindre crédit à cela, les prétendus "aveux" du coupable que Maury s'évertue à relever dans la correspondance privée que le comte adresse à sa fille peu de temps avant sa mort. Selon l'historien, si l'on sait lire entre les lignes, Montholon avoue son crime et soulage ainsi sa conscience.
Voilà à quoi se résume le réquisitoire de l'accusation.
On y trouve à boire et à manger et je ne doute pas que vous allez nous balayer tout cela d'un revers de manche à l'occasion d'une plaidoirie argumentée dont vous avez le secret. :)

Albertuk

Message par Albertuk »

Cher Joker

C'est toujours un plaisir de débattre avec vous. Alors comme vous l'avez bien imaginé, voici les points contradictoires à votre belle revue de procureur.
Le dossier à charge de l'accusé Montholon est faible, je vous le concède.
Mauvais départ pour une plaidoirie à charge, j'imagine :)
Quoique je ne suis point légiste pour en juger, loin de là.
Il semble évoluer en permanence dans une sphère d'influence assez trouble, ce qui renforce le côté relativement opaque du personnage.
La sphère trouble est plutôt dûe à son état de courtisan, chambellan, diplomate et donc flatteur. Rien à voir avec les militaires que sont Napoléon, Bertrand et Gourgaud. Montholon a été jugé par cette différence d'hommes. Dans une univers de cours, avec des flatteurs de tous les bords, Montholon aurait sans doute fait figure d'homme intègre :lol: Tout est question d'environnement. Le pauvre n'a pas non plus été aidé par les Anglais qui le surnommaient 'Liar' (les raisons à ce surnom seraient longues à expliquer ici). D'ailleurs, la théorie faisant de Montholon un agent anglais ne colle pas avec le fait que les Anglais riaient de Montholon et de ses attitudes de 'liar' (ie menteur). Peut-on imaginer que les anglais auraient laissé persifler contre leur agent? Ca manque de bon sens, à mon humble avis. Et cette moquerie anglaise constitue une pièce à décharge en faveur de Montholon.
- En sa qualité d'intendant de Longwood, il avait la haute main sur tous les produits y transitant. Il gérait ainsi aussi bien les réserves de vin personnel de Napoléon que les stocks de mort-aux-rats destinées à l'extermination des rongeurs. Aisé donc pour lui de jouer à l'empoisonneur de service.
Montholon était l'officier supérieur en charge de l'intendance certes, comme Gourgaud était l'officier en charge des écuries notamment. Est-ce à dire que Gourgaud remplaça les serviteurs aux écuries (notamment Archambault)? Pourquoi alors croire que, par son rôle supérieur, Montholon aurait remplacé le service aux réserves et le cuisinier aux cuisines? En fait, l'homme en charge des approvisionnements et dépôts était évidemment le maître d'hôtel. Montholon était plutôt occupé à la saisie de la dictée impériale pendant un certain temps.
- A l'exception de Cipriani, il était le seul détenteur des clés de la réserve.
Guère de problème pour y accéder quand bon lui semblait sans susciter la moindre suspicion de qui que ce soit.
Montholon avait-il copie de ses clés? D'où le savez-vous?
Sinon, le patron des appros et de la réserve était simplement le maître d'hôtel, donc Cipriani jusqu'à sa mort en 1818, puis Pierron qui le remplaça plutôt efficacement. Montholon pouvait bien ainsi laisser la gestion à Pierron qui fit un très bon travail.
- Il jouissait de l'entière confiance de l'Empereur et n'avait à rendre de comptes qu'à lui. Cet atout peut être considéré comme une arme à double tranchant. Mais il savait surtout qu'on ne le supecterait guère.
Soit. Mais Napoléon avait (et devait) faire totale confiance à son entourage. Il n'y a pas que Montholon dans ce cas-là. Marchand, Ali, Noverraz, O'Meara, etc: ont tous bénéficié de la confiance impériale égale voire supérieure. Ceci ne peut constituer une preuve. Juste un état de fait non exclusif à Montholon.
- Il avait connaissance des relations particulières unissant l'illustre proscrit et Albine, son épouse. Or, il n'est jamais agréable de se savoir cocufié, fût-ce par un tel personnage. La jalousie serait donc un mobile suffisamment crédible pour envisager la suppression du rival honni.
On en peut pas se mettre à la place des gens du début XIXème siècle. Les relations extra conjugales étaient monnaie courante, mais l'édifice du mariage, lui, tenait bon. Albine elle-même avait dit à Napoléon quelque chose du type: on peut trouver beaucoup d'amants mais il est difficile de trouver un mari. De plus, de tous temps, le choix d'une favorite représentait une progression certaine de sa richesse. Les parents voulaient que les rois remarquent leurs filles. Et les époux aristocratiques idem pour leurs épouses. Bref, un Bertrand (pas noble) aurait mal apprécié de voir Fanny coucher avec Napoléon (ce qui fut peut être la cause du froid entre Napoléon et Fanny après le départ d'Albine... Fanny se refusant à lui?) mais Montholon, de bonne noblesse, n'y voyait aucun mal, bien au contraire. De plus, pour preuve, toute la correspondance entre ces deux époux, après le départ d'Albine, montre leur attachement marital si ce n'est leur amour attachant. Enfin, à la mort du dernier bébé Montholon, qu'on savait avoir été conçue par Napoléon... les époux écrivent leur regret quant au "futur" qu'aurait eu une telle fille. Imaginez une vraie fille de Napoléon, demi-soeur de l'Aiglon, du futur comte Léon et de l'ambassadeur Waleski. Sa dote et son avenir auraient été assurés, de même que celui de ses parents légitimes.
- Après le départ d'Albine, l'envie d'aller la retrouver l'aurait poussé à vouloir abréger l'existence de celui qui le retenait dans l'île.
Inutile d'assassiner Napoléon: le retour de Montholon était déjà planifié, par l'échange avec l'officier Planat. Ceci a pris des mois à arranger, certes, mais Montholon savait son retour prochain et ne montra aucune impatience. De plus, quand les démarches prirent plus de temps que prévu, Albine écrivit à son époux qu'elle rentrerait à Ste-Hélène si elle ne parvenait pas à débloquer la situation Planat. Soit dit en passant, le retard de l'envoi de Planat eut pour cause la famille Bonaparte, comme vous le savez sans doute.
Enfin, Montholon fut le seul en 1820 à sérieusement s'occuper de Napoléon, augmentant ses sorties en calèche et son exercice physique afin de maintenir celui-ci en vie plus longtemps. Bertrand s'en fichait. Les serviteurs étaient des serviteurs sans possibilité de procurer une société à l'Empereur. Alors, si Montholon voulait abréger son séjour, pourquoi s'était-il occupé de Napoléon comme un fils de son père malade?
Napoléon fut très reconnaissant du dévouement complet du couple Montholon en les gratifiant dans son testament de plus de ressources que ce que reçut le Grand Maréchal du Palais !
- Une mission lui aurait été confiée par les Bourbons au pouvoir afin de s'assurer de l'impossibilité d'un retour de Napoléon en Europe. Un homme tel que lui, s'il avait engagé sa parole, ne l'aurait point reniée.
Des sornettes énoncées mais non prouvées. Montchenu était le commissaire français, puis autrichien aussi, et tout le monde savait que Napoléon ne pouvait s'échapper de ce rocher à des milliers de km de la côte (sauvage) la plus proche. La navy anglaise patrouillait partour sur les mers et empêchait toute approche de l'île, même à coups de canons contre les visiteurs non convenus !
- Reste, si tant est que l'on peut accorder le moindre crédit à cela, les prétendus "aveux" du coupable que Maury s'évertue à relever dans la correspondance privée que le comte adresse à sa fille peu de temps avant sa mort. Selon l'historien, si l'on sait lire entre les lignes, Montholon avoue son crime et soulage ainsi sa conscience.
Ce sujet a déjà été commenté dans ce Forum, je crois, il y a longtemps. De façon très brève, Maury prend que ce qui l'intéresse à charge dans cette correspondance et ignore tout ce qui serait à décharge. Il a pris cette phrase pseudo-troublante dans cette lettre mais en a retiré et le contexte et la suite... Ce n'est pas sérieux. Il faudrait que je puisse retrouver dans les archives ici le lien expliquant les "preuves" de Candé-Montholon-Maury plus en détail. C'est à en rire.
Voilà à quoi se résume le réquisitoire de l'accusation.
On y trouve à boire et à manger et je ne doute pas que vous allez nous balayer tout cela d'un revers de manche à l'occasion d'une plaidoirie argumentée dont vous avez le secret.
Merci d'avoir proposé une base de débat. Si vous avez d'autres récriminations contre Montholon, je reste toujours preneur. Mais, pour ceux que ce sujet intéresse, il faut lire toute la correspondance du couple Montholon (donc après départ d'Albine) et pas seulement les bribes puisées par les uns et les autres. Alors seulement vous vous ferez une opinion plus précise de cet officier, certes pas hyper doué, mais toujours fidèle à la cause des Napoléon. Et il n'y a qu'à le suivre dans sa carrière pour savoir qu'il n'a jamais trahi cette fidélité, en se faisant enfermé à nouveau avec le futur Napoléon III dans une seconde captivité auprès du chef de cette famille ! Il est dommage que ladite famille ne défende pas mieux aujourd'hui sa mémoire, même contre un descendant du comte de Montholon s'il le faut !
Montholon ne fut pas un héros mais il ne fut pas un traître. Pour ma part, je pense que, sans le couple Montholon, Napoléon aurait eu à subir une captivité bien plus isolée et bien plus triste que celle qu'il vécut tant bien que mal.

Amicalement,

Joker

Message par Joker »

Bravo Maître Albert, comme prévu, vous nous avez gratifié d'une brillante plaidoirie, reprenant et démontant point par point les divers éléments à charge de l'accusé Montholon.
Je n'en attendais pas moins de vous et je vous remercie de nous avoir présenté ce personnage sous un jour différent et souvent méconnu du grand public, et même des spécialistes que nous sommes à des degrés divers.
N'ayant pour l'instant pas d'autres arguments à faire valoir pour contrecarrer les vôtres, je laisse à d'autres le soin de poursuivre la joute oratoire. Je m'efforcerai cependant d'axer mes futures lectures sur le cas Montholon afin de parfaire mes connaissances à son sujet et, qui sait, d'être en mesure de vous tenir la dragée haute ultérieurement en révélant de nouveaux éléments à charge.
Aussi, en l'état actuel des choses, et après en avoir délibéré, la Cour relaxe l'accusé faute de faits probants. :)

Albertuk

Message par Albertuk »

Cher Joker

Par chance, j'avais bien gardé une copie de mon analyse du livre de Maury/Candé-Montholon il y a 2 ans (le temps passe vraiment trop vite!). Je pense que cette note doit se trouver quelque part dans les archives 2004 de ce Forum mais, plutôt que de chercher, la voici telle quelle sans vérif de ma part. Tous les commentaires sont toujours bienvenus.

--------------------------------------------------------------------------------

J'ai trouvé une copie de ce livre sur les rayons de ma bibliothèque... Il s'agit du livre L'énigme de Napoléon résolue par Candé-Montholon et Maury chez Albin Michel. J'ai juste regardé le chapitre 9 intitulé Comment Montholon s'est trahi. Le résultat n'est guère probant. Les auteurs n'ont vraiment aucune idée de ce qu'ils racontent sur Sainte Hélène. Ils supposent les inepties suivantes:

- Lowe soupçonnait un empoisonnement mais voulait le cacher
Sottises: si Lowe avait eu une telle certitude d'empoisonnement par un général français, il se serait empressé de le montrer au monde afin de se disculper de cet assassinat car il pouvait penser que, un jour ou l'autre, l'empoisonnement serait su par des dires d'autres personnes de Longwood. Le silence du gouverneur eut été une preuve de son implication. C'est mal connaitre Lowe que de penser qu'il se serait laissé impliquer de la sorte. De plus, si soupçon, il en aurait informé à Bathurst pour se protéger. Or il n'y a rien de rien dans ses rapports à ce sujet.

- Montholon a eu besoin d'un médecin pour enterrer son action (quoique les auteurs affirment qu'il avait agi seul...) et utilise Antommarchi pour se faire car Antommarchi est le docteur qui a soigné Napoléon jour et nuit pendant un an et demi
Cette assertion est à mourir de rire quand on sait les absences de ce docteur de plus on sait que Montholon ne pouvait pas supporter le manque de sérieux d'Antommarchi et s'en plaignait sans arrêt à son épouse dans ses lettres; comment croire que le 6 mai 1821 Montholon aurait soudainement eu confiance en ce docteur qu'il déconsidérait?

- Napoléon n'a rien légué par testament à Antommarchi:
En fait l'Empereur s'y apprêtait et ne put finir le codicille inachevé dans lequel il parle d'Antommarchi; plus tard Bertrand, par bonne conscience, et non Montholon (!), prit en charge de lever la somme prévue pour Antommarchi parmi les exécuteurs testamentaires. Il n'y a pas de chantage de Montholon au sujet de cette somme de 100.000 francs prévue pour Antommarchi.

- Les auteurs supposent que Montholon fut sous le chantage du docteur Antommarchi au sujet de cette somme de 100.000 francs pour couvrir la découverte d'un empoisonnement
Aucune preuve de ceci. Et, le meurtre étant bien plus gros, peut on croire que le docteur se serait contenté de la seule somme de 100.000 francs qui était celle qui lui était quasi due? Bien sur que non. La cupidité de ce docteur l'aurait amené à réclamer bien plus. Or le descendant (combien indigne, je crois le dire) de Montholon ne fournit aucune preuve de paiements occultes à Antommarchi ni même de lettres de menaces etc. Rien de rien. On nage dans le roman complet.

- Montholon aurait utilisé le vin de Constance car, preuve évidente!, il ne mentionne pas ce vin dans ses Mémoires...
Les auteurs ne feraient pas bon détectives je crois. Le nombre de Mémoires de Sainte-Hélène qui mentionnent explicitement le nom de ce vin se comptent sur les doigts de la main. Il faudrait incriminer toute l'île à ce tarif-là.

- Une fois empereur, Napoléon III n'a pas voulu recevoir Montholon, son compagnon d'exil à Ham
Napoléon III devient empereur le 2 décembre 1853 et Montholon, certainement très malade alors, décède le 25 mars 1854. A cette époque de coup d'état, Napoléon III devait avoir d'autres chats à fouetter que d'aller rendre visite à Montholon sur son lit de mort. Peut être lui a t'il envoyé des signes de reconnaissance toutefois. Il faudrait voir.

- Preuve ultime? La dernière phrase de Montholon à sa fille: Dieu protège le Prince et rende le repos à mon âme! J'en ai un si grand besoin!
On remarque tout d'abord que, par cette phrase, Montholon n'est donc pas si en froid avec le Prince Napoléon (qui n'était pas encore empereur à la date de cette lettre) et que ensuite la lettre ne dit rien d'un aveu. Elle semble une formule tout à fait normale pour un croyant qui va bientôt mourir et faisant sans doute allusion au mal que Montholon pense avoir fait dans sa vie notamment à son épouse en s'en séparant (ce qui n'est pas bien chrétien on le sait). La lettre se termine en fait par: Adieu mon enfant, soies heureuse, quand je te verrai cela me fera du bien. Donc la lettre n'est pas un aveu final car Montholon va revoir sa fille, et la mention du Prince montre que la lettre se situe plusieurs mois avant la mort de Montholon (mais les auteurs ne donnent pas la date exacte de cette lettre en laissant le lecteur supposer que c'est une lettre de la dernière heure pour soulager la conscience de Montholon; bien joué mais le piège ne prend pas!)

Pour ma part, comme les auteurs se donnent ce droit de jouer avec la date des lettres, je retiendrai la phrase suivante comme dernier mot ou épitaphe de Montholon:

Mon crime est d'avoir tout sacrifié à l'honneur...
(lettre de Montholon à sa mère, 6 octobre 1840)


Amicalement

  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • Sainte-Hélène...
    par Christophe » 18 avr. 2016, 08:35 » dans Napoléon à travers les Arts
    4 Réponses
    1813 Vues
    Dernier message par La Béquille
    03 mai 2016, 13:20
  • Sainte-Hélène à Malmaison.
    par Joker » 06 sept. 2018, 20:36 » dans L'actualité napoléonienne
    0 Réponses
    573 Vues
    Dernier message par Joker
    06 sept. 2018, 20:36
  • A la découverte de Sainte-Hélène.
    par Joker » 03 août 2019, 19:29 » dans Napoléon à travers les Arts
    1 Réponses
    461 Vues
    Dernier message par Royal Scot's Guard
    03 août 2019, 21:59
  • En direct de Sainte-Hélène...
    par Joker » 06 nov. 2017, 20:07 » dans L'actualité napoléonienne
    2 Réponses
    305 Vues
    Dernier message par Turos M. J.
    29 nov. 2017, 16:21
  • De Napoléon à Sainte-Hélène
    par Joker » 03 avr. 2019, 19:51 » dans L'actualité napoléonienne
    1 Réponses
    612 Vues
    Dernier message par Général Colbert
    03 avr. 2019, 21:52