Sur la trace des Duellistes

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Cyril Drouet
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Re: Sur la trace des Duellistes

Message par Cyril Drouet »

la remonte a écrit :
02 janv. 2020, 14:44
" Les Anglais étant ceux qui défendent et approvisionnent Acre, la conduite horrible de Djezzar, qui a fait étrangler et jeter à l'eau, les mains liées, plus de deux cents chrétiens, naturels du pays, parmi lesquels se trouvait le secrétaire d'un consul français, doit également être attribuée à cet officier, puisque, par les circonstances, le pacha se trouve entièrement sous sa dépendance. "

amusant dans le sens où en déclassant son adversaire , Napoléon n'a biensûr pas à répondre à sa provocation mais aussi et surtout à comparer son agissement avec les prisonniers à celui de Djezzar ?
J'ai poursuivi ici :
viewtopic.php?f=4&t=61103&p=838317#p838317

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Re: Sur la trace des Duellistes

Message par Cyril Drouet »

la remonte a écrit :
31 déc. 2019, 10:36


cela rappelle le Combat des Trente .
monument inauguré en 1819 ( 200 ans ) avec certainement beaucoup de protagonistes impériaux dont 2 unijambistes au premier plan :idea:

Image

après vérification , il s'agit de l'inauguration du monument qui avait été détruit en 1793 . les jambes de bois sont plutôt d'anciens combattants Blancs
Même si la première pierre fut posée le 11 juillet 1819 (les discours tenus à cette occasion durent plaire aux anciens combattants des divisions chouannes du Morbihan), l'origine du monument remonte à l'Empire puisque la première proposition fut faite le 2 août 1811 par le Conseil de l'arrondissement de Ploërmel et approuvée le 19 du même mois par le Conseil général.

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Message par Cyril Drouet »

Aujourd'hui :
Colonne_des_Trente_4968.JPG

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Re: Sur la trace des Duellistes

Message par Cyril Drouet »

la remonte a écrit :
31 déc. 2019, 10:36
l'idée du duel remplaçant le duel des nations n'était pas infondée ( Henri Second , fils de François I°s'y préparait peut être ? )
Quelques duels de champions :

15 septembre 1794, en Vendée, peu avant l'assaut donné contre le camp retranché de Fréligné :
« Un cavalier nommé Rétailleau, de la division de Machecoul, très brave, mais si pillard, si mauvais sujet que Charette avait voulu le faire fusiller, s'avança à vingt-cinq pas des retranchements, et défia en combat singulier le plus brave des républicains. Il n'avait pour arme qu'un mauvais sabre sans fourreau, et passé dans une lanière de peau de veau sortant de dessus l'animal. Un maréchal-de-logis de la cavalerie ennemie [il y avait dans le camp une soixantaine de cavaliers], bien monté et bien équipé, s'avance, indigné qu'un rival de cette espèce osât provoquer ainsi la valeur républicaine. Il l'aborde le sabre levé pour lui fendre la cervelle ; le vendéen pare le coup et plonge le sien jusqu'à la garde dans la poitrine de son ennemi qu'il renverse sans vie : le vainqueur prend le sabre du vaincu qui était très beau, et le porte au général : Tiens, lui dit-il, grand brigand, voilà un sabre que je t'ai gagné ; ne te repentirais-tu pas de m'avoir fait fusiller avant-hier ? »
(Lebouviers-Desmortiers, Vie du général Charette)

Rapport de Bonaparte au Directoire exécutif (18 janvier 1797) sur le deuxième combat d’Anghiari :
« Un commandant de hussards se présente devant un escadron du 9e régiment de dragons, et, par une de ces fanfaronnades communes aux Autrichiens, « Rendez-vous », crie-t-il au régiment. Le citoyen Duvivier fait arrêter son escadron, « Si tu es brave, viens me prendre », crie-t-il au commandant ennemi. Les deux corps s'arrêtent, et les deux chefs donnèrent un exemple de ces combats que nous décrit avec tant d'agrément le Tasse. Le commandant de uhlans fut blessé de deux coups de sabre. Les troupes alors chargèrent, et les uhlans furent faits prisonniers. »


Trois autres exemples (tiré du Dictionnaire des braves de Napoléon ; ouvrage (réédition de plusieurs tomes sortis sous la Restauration) à lire avec précaution) :

« Le 26 avril 1800, les grenadiers du 2e bataillon de la 8e demi-brigade furent placés à l'entrée du village de Grissen. Une partie des troupes autrichiennes occupant une position en face de ce village, fit sur eux une décharge de mousqueterie des plus vives. Ils ripostèrent; mais comme ils avaient ordre de ne faire aucun mouvement, l'ennemi en prit occasion de venir les insulter. Un soldat du corps des manteaux-rouges s'étant avancé fort près de nos grenadiers pour les narguer, le brave Aubert voulut mettre fin à d'aussi insolentes provocations, en le défiant à un combat singulier. Le défi fut accepté; les deux adversaires se placèrent sur la grande route , à environ cent pas l'un de l'autre, et se battirent à coups de fusil, en présence des deux camps. Trois décharges successives n'amenèrent aucun résultat; mais à la quatrième, Aubert renversa son ennemi sur la place. Après chaque coup , le grenadier s'avançait vers le manteau-rouge, et il n'en était pas distant de quarante pas, lorsqu'il lui fit mordre la poussière. Les grenadiers, électrisés par cette action, sollicitèrent et obtinrent la permission d'aller attaquer les ennemis, et de se battre contre eux corps à corps. »

« Le général Kléber passait en revue une partie de la cavalerie française en Egypte, lorsqu'un chef de Mamelouks eut l'audace de venir à quelques pas en avant du front de bataille, faire caracoler son cheval et présenter une sorte de défi aux hussards français : « Qui de vous est assez hardi pour s'emparer du cheval de ce coquin là ? » s'écrie le colonel Destrées en s'adressant à son régiment.
Le jeune Rancorel, à peine alors âgé de seize ans, sort des rangs, part au galop, attaque le mamelouk, lui porte sur la poitrine et sur la tête plusieurs coups de sabre dont l'effet est amorti par une cotte de maille et par un énorme turban ; malgré son habileté à parer les coups d'un ennemi qui semble invulnérable, Rancorel a déjà son shako et la selle de son cheval entamés de toutes parts; mais il ne lâche pas prise, et saisissant l'instant où le mamelouk se dispose à le frapper, il s'élance sur lui et lui enfonce son sabre dans la gorge. »

« Un officier espagnol, assailli par plusieurs de nos soldats [lors de l'attaque de la redoute de Notre-Dame-del-Roure, 20 novembre 1794], se défendait avec courage; accablé par le nombre, il allait succomber, lorsque apercevant à quelque distance l'adjudant-général Duphot, il lui cria :
« Général, ne souffrez pas que les Français souillent leur triomphe, faites cesser le carnage, et battons-nous ensemble ».
Tandis que Duphot accepte le défi, un autre officier provoque de la même manière le colonel Lannes. Les quatre champions croisent le fer, toute la troupe demeure immobile ; on eût dit qu'elle n'était là que pour donner plus d'appareil à un combat, dont la singularité réveille le souvenir de ces tournois qui firent la gloire de l'ancienne chevalerie. Après des miracles d'adresse et de bravoure, les deux Espagnols tombent sur le champ de bataille; on s'empresse autour d'eux pour les secourir, mais leur blessure est mortelle. »

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Re: Sur la trace des Duellistes

Message par la remonte »

pas mal !

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Message par Cyril Drouet »

"The duel fair-play", par Hillingford :
6701decd.jpg

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Re: Sur la trace des Duellistes

Message par la remonte »

cela pouvait être dans un bel esprit sportif en quelque sorte mais pour combien de rencontres sordides où les plus talentueux aux armes provoquent ceux qui le sont moins voire pas du tout comme Dolokhov face à Bezoukhov dans Guerre et Paix " « Oui, c’est un bretteur
. Tuer un homme n’est rien pour lui. Il se dit que chacun
a peur de lui, et moi tout le premier… et cela doit lui faire plaisir… Et au fond c’est vrai… J’ai
peur de lui ! "
heureusement que dans ce cas le pistolet à canon lisse rétablissait une certaine égalité .

En reconstitution , dans les mélées à cheval , il était facile de voir qui était en perdition et qui au contraire présentait une grande aisance . Dans ces duels , le fair play ne devait pas forcément être respecté . pareil plus tard dans le ciel et abattre un plus faible que soit n'avait rien de glorieux . mais qui le sait à par l'acteur lui même ?

Dans le roman de Margerit , La terre aux loups , l'ex colonel de Montalbert se retrouve black listé par ses voisins , on lui reproche d'avoir obligé le fils des Portes à se battre au sabre alors qu'il en ignorait le maniement , même s'il sort innocenté de la funeste rencontre , sa grande familiarité avec cette arme a transformé à leurs yeux le duel en assassinat
Modifié en dernier par la remonte le 06 janv. 2020, 18:11, modifié 2 fois.

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Re: Sur la trace des Duellistes

Message par Cyril Drouet »

"Duels" de masse :

« Un jour, ayant particulièrement remarqué l'excellente tenue des 36e, 57e régiments de ligne et 10ed'infanterie légère, il fit sortir des rangs tous les chefs, depuis les caporaux jusqu'aux colonels, et se mettant au milieu d'eux, il leur témoigna sa satisfaction en leur rappelant les occasions où, sous le feu du canon, il avait été à même de faire sur ces trois braves régiments des remarques avantageuses. Il complimenta les sous-officiers sur la bonne éducation des soldats, et les capitaines et les chefs de bataillon sur l'ensemble et la précision des manœuvres. Enfin, chacun eut sa part d'éloges.
Cette flatteuse distinction n'excita point la jalousie des autres corps de l'armée ; chaque régiment avait eu dans cette journée sa part plus ou moins grande de compliments, et quand la revue fut terminée, ils regagnèrent paisiblement leurs cantonnements. Mais les soldats des 36e, 57e et 10e tout fiers d'avoir été favorisés si spécialement, allèrent dans l'après-midi porter leur triomphe dans une guinguette fréquentée par les grenadiers de la garde à cheval. On commença par boire tranquillement, en parlant de campagnes, de villes prises, du premier consul, enfin de la revue du matin : alors, des jeunes gens de Boulogne qui s'étaient mêlés aux buveurs, s'avisèrent de chanter des couplets de composition toute récente, dans lesquels on portait aux nues la bravoure, les exploits des trois régiments, sans y mêler un mot pour le reste de l'armée, pas même pour la garde; et c'était dans la guinguette favorite des grenadiers de la garde, que ces couplets étaient chantés ! Ceux-ci gardèrent d'abord un morne silence; mais bientôt, poussés à bout, ils protestèrent à haute voix contre ces couplets, qu'ils trouvaient, disaient-ils, détestables. La querelle s'engagea d'une façon très vive, on cria beaucoup, on se dit des injures, puis on se sépara, sans trop de bruit pourtant, en se donnant rendez-vous pour le lendemain, à quatre heures du matin, aux environs de Marquise, petit village, qui est à deux lieues de Boulogne. Il était fort tard, le soir, quand les soldats quittèrent la guinguette.

Plus de deux cents grenadiers de la garde se rendirent séparément au lieu du rendez-vous, et trouvèrent le terrain occupé par un nombre à peu près égal de leurs adversaires des 36e, 57e et 10e. Sans explications, sans tapage, ils mirent tous le sabre à la main, et se battirent pendant plus d'une heure avec un sang-froid effrayant. Un nommé Martin , grenadier de la garde , homme d'une taille gigantesque, tua de sa main sept ou huit soldats du 10e. Ils se seraient probablement massacrés tous, si le général Saint-Hilaire, prévenu trop tard de cette sanglante querelle, n'eût pas fait aussitôt partir un régiment de cavalerie, qui mit fin au combat. Les grenadiers avaient perdu dix hommes, et les soldats de la ligne treize : les blessés étaient de part et d'autre en très grand nombre.

Le premier consul alla au camp le lendemain, fit amener devant lui les provocateurs de cette terrible scène, et leur dit d'une voix sévère : « Je sais pourquoi vous vous êtes battus; plusieurs braves ont succombé dans une lutte indigne d'eux et de vous. Vous serez punis. J'ai ordonné, qu'on imprimât les couplets, cause de tant de malheurs. Je veux qu'en apprenant votre punition, les Boulonnais sachent que vous avez démérité de vos frères d'armes. »
(Constant, Mémoires)


"[A Görz, le 22 mai 1797], à peine en contact avec ceux de la division Bernadotte, [les soldats de la division Masséna] se servirent de ce mot de "messieurs", avec des intentions de ridiculiser. Plusieurs duels s'ensuivirent aussitôt. Des officiers furent envoyés de part et d'autre pour rétablir l'ordre ; mais, au lieu de séparer les combattants, ils prirent fait et cause pour eux. Plus de cent hommes avaient déjà succombé et dans ce nombre, la division Masséna avait à en regretter au moins soixante ; les bataillons commençait à se réunir, on pouvait craindre qu'ils ne chargeassent à la baïonnette ; on battit la générale, on consigna toutes les troupes et,avant le jour, on fit partir la division Masséna, qui, pour éviter une nouvelle rencontre, prit le pas sur la division qui devait la précéder et perdit avec justice le séjour qu'elle devait avoir."
(Thiébault, Mémoires)



« Deux bataillons de volontaires du Calvados [5e et 6e] venant de l’armée de Custine qu’on a fait marcher ici et qui séjournaient à Chinon ont pris querelle avec nos Parisiens [le 14e bataillon de volontaires de Paris]. Coups de sabre par ci, coups de sabre par là, l’adresse était toujours pour les Normands. Enfin, bataille générale sur la place. Neuf ou dix sans-culottes ont mordu la poussière, deux ou trois Calvados ont péri. Beaucoup des deux côtés à l’hôpital. Mais les Parisiens ont été vaincus. La municipalité, le district et les commissaires ont paru, ont péroré. On a osé menacer, en vain véritablement. Le carnage, car ç’en était un, a fini à dix heures du soir. »
(lettre de Quéroux (mi-mai 1793) à Chasot, de Mortagne-au-Perche)

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Re: Sur la trace des Duellistes

Message par Général Colbert »

:) Voir aussi dans le Salon 1er empire, en dernière page (120), le sujet Maîtres d'armes et duellistes..." :) :salut:

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la remonte
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Re: Sur la trace des Duellistes

Message par la remonte »

merci Général !
"Tu vois bien ce cuirassier qui boit tout seul, disait un jour Dupré à son camarade L'Etoile; attends je vais le démolir".
- "Prends-y garde ! S'il se laisse tomber sur toi, tu seras écrasé."
- "Mon sabre le forcera de tomber sur le dos".
Et Dupré s'approchant, saisit le verre de l'homme au gilet de fer et l'avale d'un trait. Il est bon de vous dire qu'un ferrailleur fantassin préfère toujours chercher querelle à un cavalier: le cavalier, c'est son ennemi naturel. Parmi les gens à cheval, il choisira le cuirassier, surtout si celui-ci est très grand et très gros; s'il le tue, l'action mérite plus d'éloges".(Source: Capitaine Elzéar BLAZE:

c'est vrai que sur les tableaux , les cuirassiers font toujours de beaux morts au premier plan .

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