La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

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Royal Scot's Guard
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Re: La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

Message par Royal Scot's Guard » 14 avr. 2018, 09:48

Suite et fin :

LES TIMBALIERS des fanfares de cavalerie 2 /2

Si la révolution de 1789, mettra un coup d’arrêt dans les us et coutumes de la Monarchie, la musique militaire quant à elle, ne fut que très peu affectée par le souffle révolutionnaire qui balaya la France, bien au contraire, car ce fut à cette époque que naquit « l’Institut de Musique de Paris », porté sur les fonds baptismaux par le Sieur Bernard SARETTE en 1792, afin d’alimenter les « bandes de musiques militaires » et les orchestres de théâtres et d’opéras, et deviendra ensuite le Conservatoire Supérieur de Musique de Paris.
Un autre établissement prestigieux verra le jour durant ces années tumultueuses « l’école des trompettes de Versailles » qui formera des centaines de trompettistes pour la cavalerie, dirigée durant plus de 20 années par l’éminent David BUHL qui en établira une ordonnance de 28 sonneries règlementaires dont certaines sont encore en vigueur de nos jours, ainsi que de nombreuses marches et fanfares.

A la prise de pouvoir en novembre 1799, Bonaparte, par décret, supprime toutes les musiques de cavalerie (pas les trompettes qui restent affectées à leurs escadrons) afin de récupérer les chevaux pour reconstituer de nouveaux régiments.

Mais la création de la Garde Consulaire (1801), puis de la Garde Impériale (1804), suprême armée de réserve, toute dévouée au nouvel empereur, se voit dotée de timbaliers dans ses unités de cavalerie, rétablissant ainsi le faste et la pompe d’Ancien Régime, par des uniformes plus extravagants les uns des autres, notamment celui des Grenadiers à Cheval de la Garde Impériale, recouvert et entièrement brodé de fil d’or, qui vaudra au Général Lannes (futur maréchal) en charge de la garde à ce moment, de s’attirer les foudres du 1er Consul, au vu du coût de cet uniforme !

Au rétablissement progressif des fanfares de cavalerie, par les colonels des régiments qui souhaitaient ne pas être en reste par rapport à la garde impériale, les timbaliers réapparaissent dans quasiment toutes les unités, rivalisant de beauté dans leurs tenues, soldés par les états-majors des régiments, les timbaliers de la Grande Armée : Dragons, Hussards, Cuirassiers, Lanciers, Chasseurs, Carabiniers, traversèrent tout l’empire, contribuant ainsi à la renommée en instituant une véritable tradition dans la cavalerie française.

Les régimes qui suivirent, continueront à faire la part belle aux timbaliers, imités par toutes les armées d’Europe durant de longues années.

L’apparition des blindés dans la cavalerie, en remplacement des chevaux, à l’issu du premier conflit mondial, voit sonner le glas des timbaliers montés de l’armée française, qui disparurent progressivement, faisant apparaître les « caisses ou tambours » au sein des fanfares, afin que les cavaliers, lorsqu’ils défilent à pied, puissent avoir une cadence de marche.

Si la « timbale à clé » n’a pas complètement disparue du paysage musical de notre pays, c’est grâce à la volonté de préservation de quelques fanfares de cavalerie existantes encore : 1er RHP de Tarbes, 2ème RH, 1er Spahis de Valence, les Hussards d’Altkirch (qui remontèrent en 2000, la fanfare dissoute du 8ème RH) 1er Cuirassiers, etc.….Mais surtout par la seule et ultime unité montée de l’Armée Française qui reste : la fanfare de cavalerie de la Garde Républicaine qui aligne encore deux superbes timbaliers montés dans la plus pure tradition des régiments de dragons.

Ayant migrée sous sa forme actuelle de «timbale à pédales » au sein des orchestres de batteries fanfares, des harmonies, des musiques municipales, des ensembles symphoniques etc. la timbale n’en reste pas moins encore appréciée par les compositeurs qui écrivent de belles envolées, de beaux solos, preuve que cet instrument de percussion est devenu indispensable au sein de nos formations populaires.

Sources doc perso.
:salut:
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Re: La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

Message par Royal Scot's Guard » 14 avr. 2018, 09:57

C-J de Beauvau a écrit :
13 avr. 2018, 23:31
Royal Scot's Guard » 11 avr. 2018, 14:56
IL est vraiment dommage que ce sujet n'attire pas plus de commentaires !
Oui je sais, et j'ai déjà remarqué que la musique n'est pas trop la tasse de thé de ce forum...
Un commentaire de votre part suite aux réponses sur votre sujet peut être ?
:salut:
Oui bien sûr, merciiiiiiii à tous d alimenter ce post. Ça fait très chaud au coeur. Longue vie à cette rubrique. Il y a tant de chose à dire sur ce sujet... Merci et ....... surtout continuez. . .
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Re: La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

Message par Général Colbert » 14 avr. 2018, 12:35

:D Pour cette rubrique, naturellement : un départ en fanfare !

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Re: La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

Message par Demi-solde » 14 avr. 2018, 12:40

Royal Scot's Guard a écrit :
14 avr. 2018, 09:48
A la prise de pouvoir en novembre 1799, Bonaparte, par décret, supprime toutes les musiques de cavalerie (pas les trompettes qui restent affectées à leurs escadrons) afin de récupérer les chevaux pour reconstituer de nouveaux régiments.
Quelle était la porosité entre les trompettes/tambours et les musiciens ? Lorsque les musiques étaient composées de gagistes, les trompettes de régiment participaient-ils aux fanfares ? Était-ce deux mondes à part, deux rôles à part, la musique d'un côté, les transmissions de l'autre ?

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Cordialement

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Re: La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

Message par Royal Scot's Guard » 14 avr. 2018, 14:02

Quelle était la porosité entre les trompettes/tambours et les musiciens ? Lorsque les musiques étaient composées de gagistes, les trompettes de régiment participaient-ils aux fanfares ? Était-ce deux mondes à part, deux rôles à part, la musique d'un côté, les transmissions de l'autre ?
Oui bien sur, le système des têtes de colonnes de cavalerie, fonctionnaient comme leurs homologues d'infanterie.
Généralement 2 trompettes étaient affectées par compagnie. Un régiment de deux escadrons à 4 compagnies soit 16 trompettes, qu'on alignaient lors des grandes occasions en tête du régiment et auxquelles ont ajoutait des musiciens gagistes : cors, trombones-buccins, clarinettes, hautbois, parfois des serpents, des cymbales, une grosse caisse (musique la plus connue celle du 22ème dragons) et bien entendu des timbales (eux aussi gagistes).
C'était juste un peu plus difficile car il fallait trouver des musiciens gagistes >cavaliers !
La fanfare était le rassemblement des trompettes, dirigées par un brigadier-trompette, en ajoutant les gagistes ont disait alors > musique de cavalerie, sous la houlette du trompette-major (affecté à l'état major du régiment, et portait à ce titre un plumet/aigrette blanche ou tricolore).
Les trompettes ( comme les tambours dans l'infanterie) dans leurs compagnie respectives avaient en charge de rythmer la vie de la compagnie, du réveil, à l'extinction des feux, et devaient connaitre les 28 sonneries d'ordonnance de David Buhl...
:salut:
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Re: La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

Message par Demi-solde » 14 avr. 2018, 23:38

Royal Scot's Guard a écrit :
14 avr. 2018, 14:02
Généralement 2 trompettes étaient affectées par compagnie. Un régiment de deux escadrons à 4 compagnies soit 16 trompettes, qu'on alignaient lors des grandes occasions en tête du régiment et auxquelles ont ajoutait des musiciens gagistes : cors, trombones-buccins, clarinettes, hautbois, parfois des serpents, des cymbales, une grosse caisse (...) et bien entendu des timbales (...).
Dans l'infanterie, ici le 1er régiment de grenadiers à pied de la Garde impériale, cela donne :

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Quant aux trombones-buccins...

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... ils sont ici :

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La musique (une partie en tout cas...) du 4ème Dragons, en 1813, avec les trombones-buccins :

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Un trombone-buccin chez les hussards :

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Cordialement

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Re: La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

Message par Demi-solde » 15 avr. 2018, 00:25

Quant à la sonorité de l'instrument, le Museum of Fine Arts de Boston nous en donne un aperçu avec ce trombone-buccin fabriqué à Lyon, vers 1830, par Jean Baptiste Tabard :




Cordialement

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Re: La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

Message par Royal Scot's Guard » 15 avr. 2018, 07:32

Excellent toutes ces gravures Très Cher Demi-Solde, merci mille mercis d'agrémenter nos échanges de la sorte....
La composition sur la gravure ci dessus de la musique du 1er Grenadiers à Pied de la Garde Impériale, date de 1811, car ce n'est qu'à cette date que des fifres (statuts de militaire d'où leurs bonnets d'oursin) furent affectés aux musiques régimentaires.
Ces fifres dans l'armée furent remplacé en 1830 par des clairons (créée en 1822 par Antoine Courtois)
Je ferais prochainement ici l'historique de cette musique exceptionnelle que fut celle du 1er Grenadier de la G.I.
Bon dimanche à tous.
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Re: La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

Message par C-J de Beauvau » 15 avr. 2018, 12:05

Ne pas oublier le Serpent Militaire
Le " serpent " est un instrument dit " aérophone à embouchure " ; il est le plus souvent en bois et recouvert de cuir. Sa forme particulière et mouvante, sa taille imposante, sa sonorité grave et douce font de cet instrument paradoxal au nom évocateur une curiosité acoustique. À la fin du XVIIe siècle Il a d'abord été utilisé dans les églises, puis dans l'armée (objet complémentaire 1) notamment au XIXe siècle (objet complémentaire 2). Celui que vous voyez sur l'image a été fabriqué en Angleterre, il s'agit d'un instrument militaire (objet complémentaire 3). Ce type d'instrument a ensuite disparu des musiques militaires au profit des instruments à pistons du célèbre Adolphe Sax.

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http://www.musee-armee.fr/collections/b ... sique.html

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:salut:
Modifié en dernier par C-J de Beauvau le 15 avr. 2018, 12:12, modifié 1 fois.
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Re: La Musique Militaire de l'Empire à nos jours...

Message par Demi-solde » 15 avr. 2018, 12:10

Royal Scot's Guard a écrit :
15 avr. 2018, 07:32
Excellent toutes ces gravures Très Cher Demi-Solde, merci mille mercis d'agrémenter nos échanges de la sorte....
C'est toujours un énorme plaisir de se replonger dans ces uniformes et ces instruments de musique flamboyants.

C-J de Beauvau a écrit :
15 avr. 2018, 12:05
Ne pas oublier le Serpent Militaire
Vous avez raison. Le Museum of Fine Arts de Boston nous offre également un aperçu de cet autre instrument des musiques militaires, aujourd'hui disparu ou presque, un serpent de Georges Antoine Baudouin, vers 1820 :




Cordialement

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