"Va-de-bon-coeur"

Partagez autour de l’armement, de l’équipement et des pratiques des soldats des guerres napoléoniennes.

Modérateurs : Général Colbert, Cyril

Route Napoleon

Si monumentum quaeris, circumspice

Message par Route Napoleon »

Si monumentum quaeris, circumspice
Mot à mot : "Si tu cherches un monument, regarde autour de toi "...

Assez d'accord, ça veut dire surtout : Ouvrez les yeux, nandidiou !

Pour venir au sujet de Mathieu Dampierre, ces dernières paroles ne me paraissent pas trop romanesques, car, comme il l'a noté, c'est lors d'un combat nocturne, que le contre-amiral reçoit le boulet russe en pleine tête. Il l' a donc pas vu venir et criait " En avant ", au moment de l'impact ?

A rapprocher avec le même cas de figure de la mort de l'artilleur Sénarmont.

Le général T. pourrait-il nous dire ce qu'on ressent au moment de recevoir un boulet de 12 en pleine poire ?

:salut:
Dominique T.

Message par Dominique T. »

Route Napoleon a écrit :
Si monumentum quaeris, circumspice
Mot à mot : "Si tu cherches un monument, regarde autour de toi "...
Oui, mais la traduction la plus communément acceptée, dans ce cas, c'est " Si tu cherches SON monument, regarde autour de toi..." :) :salut: :fou:
Route Napoleon

MORT BLASTE

Message par Route Napoleon »

Pour une mort "romanesque", on avait évoqué le souffle du boulet :
On se souvient que le général Vial, à la bataille de Leipzig, a été blasté…
Blasté, c’est l’effet de souffle, l’onde choc, le vent du boulet qui peut provoquer des lésions internes…
Avec sa division, l’Antibois Honoré Vial garde le verrou de Probstheyda.
Le maréchal Victor vient le féliciter pour la bonne tenue des ses troupes, lorsqu’un boulet Russe vient tomber à quelques pas du maréchal, ricoche en décrivant une parabole, passe au dessus de la tête de Victor et devant le visage du général Vial.
Nom d'une pipe ! Honoré pousse un cri, porte la main à son front et tombe raide mort !…

:salut:
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Général Colbert
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BRODERIES : OFFICIER DE MARINE

Message par Général Colbert »

Au fort de Seclin le 10 septembre 2017 :

Image

Au vu des épaulettes, il s'agit d'un capitaine de vaisseau (équivalent colonel pour l'armée de terre, pour l'armée de l'air ce n'était pas encore d'actualité....). Il faudra repositionner les brides d'épaulettes ou les boutons.
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L'âne
 
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La mort de l'amiral Villeneuve

Message par L'âne »

La revue du Souvenir napoléonien nous livre un excellent article de Sophie MUFFAT : La mort de Villeneuve.

Prisonnier des Anglais, libéré en avril 1806, Villeneuve se suicide quelques jours après son retour en France, après avoir laissé un mot à son épouse :

Renne, le 21 avril 1806.
À madame Villeneuve, née Dantoine, à Valensole (Basses-Alpes).
« Ma tendre amie, comment recevras-tu ce coup ? « Hélas ! Je pleure plus sur toi que sur moi. C'en est fait, j'en suis arrivé au terme où la vie est un opprobre et la mort un devoir. Seul ici, frappé d'anathème par l'empereur, repoussé par son ministre, qui fut mon ami, chargé d'une responsabilité immense dans un désastre qui m'est attribué, et auquel la fatalité m'a entraîné, je dois mourir ! Je sais que tu ne peux goûter aucune apologie de mon action. Je t'en demande pardon, mille fois pardon, mais elle est nécessaire et j'y suis entraîné par le plus violent désespoir. Vis tranquille, emprunte les consolations des doux sentiments de religion qui t'animent; mon espérance est que tu y trouveras un repos qui m'est refusé. Adieu, adieu, sèche les larmes de ma famille et de tous ceux auxquels je puis être cher. Je voulais finir, je ne puis. Quel bonheur que je n'aie aucun enfant pour recueillir mon horrible héritage et qui soit chargé du poids de mon nom ? Ah! Je n'étais pas né pour un pareil sort; je ne l’ai pas cherché, j'y ai été entraîné malgré moi. Adieu, adieu. Villeneuve»

Thierry LENTZ « Napoléon et la conquête de l’Europe » :
"Quant à Villeneuve, il n'avait guère combattu depuis les guerres d'Amérique. À Aboukir, il avait brillé par son manque d'initiative puis, un an plus tard, avait été fait prisonnier à Malte, toujours sans s'être battu. [...] Villeneuve se serait tué de « six coups de couteau » dans le cœur. Les rumeurs d'assassinat coururent immédiatement après sa mort. Une enquête serrée fut menée par le préfet qui conclut au suicide : les lettres de Villeneuve étaient un élément central du dossier. Les historiens penchent pour cette thèse qui a été décortiquée par H. Rollin, « L'amiral Villeneuve et Napoléon » , Revue des études napoléoniennes, janvier-juin 1916, pp. 200-234."
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Cyril Drouet
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Marine : vice-amiral Villeneuve

Message par Cyril Drouet »

A ce propos, voici une lettre sensée écrite par Villeneuve à Napoléon. Ce faux fut publié par The Star, le 25 janvier 1814 :


« Monsieur,
Vous devez vous ressouvenir que, lorsque Latouche mourut à Toulon, je commandais à Rochefort, et que j’hésitai de le remplacer. J’étais alors bien convaincu que, quel que fût le chef des opérations hasardeuses et mal conçues des flottes combinées française et espagnole, il serait disgracié aussi bien que battu, si sa mauvaise étoile épargnait sa vie dans un combat (presque inévitable), avec un ennemi accoutumé à la victoire, et couvrant toutes les mers de ses croiseurs.
C’est ainsi que je parlai au ministre de la Marine, lorsque bientôt après, et contre mon inclination, je fis voile pour Barcelone et Cadix ; et quand je lui rend compte des préparatifs et manœuvres de la flotte espagnole, mes premières dépêches, ainsi que celles que je lui adressai de Cadix, du Ferrol, de la Martinique, lui firent connaître mon entière résignation. Sur l’ordre qui me fut donné le 24 septembre dernier, de revenir à Toulon avec la flotte combinée (et nous eûmes toujours en vue la flotte anglaise pendant notre route), je répondis que de tels ordres seraient exécutés ; mais je rappelai en même temps au ministre, et ma première résignation, et mes craintes sur les chances douteuses des combats en mer et je l’instruisis, en même temps, de ma détermination ; soit que je fusse vainqueur ou vaincu, d’abandonner pour jamais un poste périlleux que mes principes, et surtout votre caractère violent et cruel, ne me permettaient pas d’occuper.
Ce n’est ni au manque de valeur, ni à quelque faute que l’on doit attribuer le désastre de Trafalgar. Ce fait a été prouvé sans réplique dans mon récit officiel de la bataille. Pourquoi lui a-t-on refusé place dans le Moniteur, tandis qu’on y a inséré les calomnies et les outrageantes assertions de mes ennemis ?
Lorsque, au milieu de votre heureuse et ambitieuse campagne en Allemagne, mon rapport vous parvint, ne dites-vous pas, avec votre fureur et votre cruauté ordinaire : « Je vois qu’un exemple sur le Bing français [John Byng, amiral anglais condamné à mort et fusillé suite à la défaite de Minorque] est absolument nécessaire pour mettre la victoire à l’ordre du jour dans mes flottes ? »
Mille voix ont répété ces dures expressions, cette sentence de mort lancée contre un amiral français, par un usurpateur étranger et féroce, tandis que ma dépêche est restée inconnue, et n’a peut-être été jamais lue. Elle contenait pourtant quelques vérités sévères, qui n’auraient ajouté, je l’avoue, aucun lustres à vos talents militaires et nautiques, mais qui aurait prouvé que la même incapacité, la même ambition qui avaient causé la perte d’une escadre française à Aboukir, avaient causé aussi celle d’une autre escadre à Trafalgar.
Dans mon dernier entretien avec vous, vous me fîtes observer que, quand bien même la France serait sans opposition, la souveraine de tout le continent, tant qu’elle ne pourrait pas forcer la Grande-Bretagne à se soumettre à ses lois, son pouvoirs à l’extérieur serait précaire, son état intérieur mal assis, son commerce languissant, ses manufactures anéantis, et ses habitants pauvres et malheureux. Mais qu’avez-vous fait pour remédier à ces maux certains ?
Depuis les quatre années que dure votre tyrannie, ma patrie et ses alliés ont déjà perdu un plus grand nombre de vaisseaux de guerre, que n’en avait toute la marine royale pendant une grande partie des longs règnes de Louis XIV et Louis V ; et si la France doit rester plus longtemps encore sous votre sceptre de fer, sa marine militaire marchera bientôt de pair avec sa marine marchande, et l’on ne verre dans ses ports de mer que d’infâmes pirates et des marchands ruinés.
Quel honneur est-il résulté pour mon pays de toutes vos campagnes si heureuses ? Est-il plus libre sous votre puissance sans bornes ? Accablés d’impôts et cruellement opprimés par un despotisme militaire impitoyable, mes concitoyens asservis voient arriver, en pleurant et sans oser exhaler un soupire, le moment prochain d’une ruine inévitable, tandis que vous, Monsieur, vos parents et vos créatures profitez de vos conquêtes obtenues au dépend du sang le plus pur et des riches trésors de la France.
Le style de cette lettre vous convaincra aisément que son auteur est hors d’atteinte de votre vengeance, et n’a plus à redouter vos tortures ou vos cachots, vos bourreaux ou vos poisons.
L’ordre que m’a donné votre ministre de ne point approcher de la capitale sans une permission expresse de vous, a fait différer le moment de votre punition et de la délivrance de l’espèce humaine. J’étais résolu à ne point survivre à la ruine de la marine française, et j’avais décidé de vous tuer avant de me punir moi-même d’avoir été votre instrument et d’avoir contribué à mon propre déshonneur, à l’oubli de mes devoirs, de ma naissance, et à la honte de ma profession.
Que vous soyez au nombre des vivants, et qu’il vous soit permis d’exercer votre effroyable tyrannie, c’est ce qu’il faut attribuer à la Providence dont les motifs sont impénétrables. Cependant, comptez sur cette vérité que, comme vous êtes un des plus grands criminels de la terre, votre mort sera plus précipitée et plus terrible. Un assassin ou un bourreau mettra fin à la carrière d’atrocités qu’à la honte de notre siècle vous n’avez que trop longtemps parcourue. Afin que la postérité qui pourra blâmer une partie de ma vie, n’ignore pas le sincère repentir et les sentiments patriotiques qui ont accompagné ma mort, des copies de cette lettre ont été envoyées à plusieurs officiers de la marine française ; et si votre mort avait précédé mon suicide, non seulement la génération présente, mais les âges à venir m’auraient proclamé comme un libérateur, et révéré comme un sauveur. Des autels et des statues auraient été érigé à ma mémoire.
Tremblez tyran, vous êtes abhorré, et les malédictions de l’univers vous suivront par delà le tombeau.

De Villeneuve »



Pour peaufiner ce faux grossier, les Britanniques auraient pu au moins vérifier les dates. La missive incendiaire est en effet datée du 5 mai 1806 ; Villeneuve est mort le 22 avril…
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Marine : vice-amiral Villeneuve

Message par L'âne »

Cyril Drouet a écrit :
25 oct. 2017, 09:50
Pour peaufiner ce faux grossier, les Britanniques auraient pu au moins vérifier les dates. La missive incendiaire est en effet datée du 5 mai 1806 ; Villeneuve est mort le 22 avril…[/justify]
Il faut le faire...
Vous aviez posté des éléments très intéressants sur le forum d'Albert relatifs aux "oubliés de Trafalgar".
Peut-être pourriez-vous nous en gratifier sur ce forum ?
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Cyril Drouet
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Re: La mort de l'amiral Villeneuve

Message par Cyril Drouet »

L'âne a écrit :
25 oct. 2017, 11:03
Vous aviez posté des éléments très intéressants sur le forum d'Albert relatifs aux "oubliés de Trafalgar".
Peut-être pourriez-vous nous en gratifier sur ce forum ?
Vous pensez à ce post tiré du Dictionnaire des braves de Napoléon ?

Après Villeneuve et Nelson, une pensée pour les oubliés de Trafalgar : Cauchard, enseigne de vaisseau sur l’Achille, qui organisa, tant bien que mal, l’évacuation du navire avant de périr dans l’explosion de ce dernier respectant ainsi son serment de ne quitter le bâtiment que le dernier. Il fut associé dans la mort à Daniel Lemaire, soldat au 67e de ligne, qui participa activement à l’évacuation des siens jusqu’au moment fatal. Un autre de l’Achille : Ducret, lieutenant, aussi du 67e de ligne. Malgré ses multiples blessures, il lutta activement contre l’incendie et ne quitta le vaisseau qu’en dernier lieu. Son comportement à Trafalgar lui valu le grade de capitaine. Il terminera sa carrière comme chef de bataillon au 3e léger.

Sur l’Aigle, Michel Jacquemet, toujours du 67e, fit montre de bien de bravoure quand les Anglais tentèrent l’abordage. L’assaut fut repoussé à la baïonnette. Fait prisonnier, il réussit à sauver le drapeau de son régiment et à le ramener en France lors de son retour. On le retrouvera à Essling, Wagram, puis en Espagne où il n’aura de cesse de lutter contre Mina, avant de prendre finalement le commandement du 1er de ligne.

Enfin, l’aspirant Yon qui tenta vainement de mener avec quatre camarades l’abordage du Victory en se jetant et s’accrochant à une des ancres du navire amiral anglais, avant que le Téméraire ne vienne réduire à néant cette ultime tentative par des bordées dévastatrices.
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Marine : vice-amiral Villeneuve

Message par L'âne »

Cyril Drouet a écrit :
25 oct. 2017, 11:36
Vous pensez à ce post tiré du Dictionnaire des braves de Napoléon ?
Oui, tout à fait. Merci.
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Re: AMIRAUX et OFFICIERS DE MARINE

Message par L'âne »

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