Le bataillon des Marins de la Garde Impériale

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Modérateurs : Général Colbert, Cyril

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Joker
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Le bataillon des Marins de la Garde Impériale

Message par Joker »

L'action de la Marine pendant le Premier Empire est trop souvent réduite à la bataille de Trafalgar. Pourtant, des marins ont bel et bien été au coeur de l'Empire : il s'agit de ceux de la Garde impériale. Constitués en bataillon en vue de l'invasion de l'Angleterre, ces marins ont combattu sur mer et sur terre. Ils étaient surnommés par les autres corps de la grande armée " les bons à tout faire ". Napoléon 1er a dit d'eux : " on les a trouvés, au besoin, matelots, soldats, artilleurs, pontonniers, tout ! "

Lorsqu’en 1799, la Garde du Directoire est transformée en Garde consulaire, elle ne comprend pas de marins. Mais Bonaparte, alors Premier consul, envisage d'envahir l'Angleterre et décide de créer un corps spécial de matelots pour transporter outre-Manche son Etat-major et sa Garde. Le 30 fructidor an XI (27 septembre 1803) paraît l'arrêté fixant le mode de recrutement de cette unité baptisée « bataillon des matelots de la garde consulaire » et placée sous le commandement du capitaine de vaisseau François-Henri Eugène d’Augier (1764-1834). À sa création son effectif théorique est fixé à 737 hommes répartis entre un Etat-major et cinq équipages, divisés chacun en cinq escouades de 29 hommes. Le 29 juillet 1804, la Garde consulaire devient « Garde impériale », et le bataillon celui des « marins de la garde impériale ».

Une création au pas de charge
Une lettre du 23 septembre 1803, adressée au ministre de la Marine, entérine la naissance de cette unité : " Le Premier consul désire, citoyen ministre, que vous preniez les dispositions suivantes :
Dans les cinq jours de la réception de vos ordres, les préfets maritimes désigneront les marins qui doivent entrer dans le bataillon et dans les vingt-quatre heures qui suivront, ces matelots seront dirigés sur Paris. À leur arrivée, ils seront casernés à Courbevoie. "
Fin décembre 1803, le bataillon est complet. En janvier 1804, il reçoit l'ordre de prendre possession de barges de débarquement en cours d'achèvement dans tous les ports des façades de l'Atlantiques et de la Manche pour les convoyer à Boulogne-sur-Mer.
Le transit s'effectue par petit groupe et à vue de la terre. L'ennemi rôde le long des côtes et n'hésite pas à frapper dès que possible. Ce fut, par exemple, le cas au large de Wimereux et de Dieppe : des barges sont attaquées par des frégates anglaises mais les marins de la Garde parviennent à chaque fois à les repousser. Le 13 thermidor an XII (1er août 1804), une division navale anglaise franchit l'embouchure de la Seine pour bombarder le Havre. Des marins du bataillon de la garde y rassemblaient des chaloupes canonnières construites à Paris et au Havre pour rallier Boulogne. Le capitaine de frégate Pierre Baste (1768-1814), commandant du 3e équipage, prend la tête de 30 chaloupes et effectue une sortie qui force les Anglais à battre en retraite. Au cours de l'affrontement, le brick anglais « Locust » sera démâté par les tirs des chaloupes et n'échappera à l'abordage que grâce au vent qui le repoussera vers le large.

Combattre à terre
Avec l'abandon de l'invasion de l'Angleterre, le bataillon est réaffecté à d'autres missions. Il participe au siège, puis à la prise de Dantzig, en 1807. Après cette campagne en Allemagne, il est envoyé en Espagne et cantonné à Madrid. En mai 1808, le général Pierre Dupont de l’Etang (1765-1840) reçoit l'ordre de rallier, avec 9.580 hommes, la ville de Cadix. Le bataillon des marins de la garde se joint à lui. Il a pour mission d'aller renforcer les équipages de la flottille française qui s'y est réfugiée depuis la bataille de Trafalgar.
Dès son entrée en Andalousie, le général doit faire face à une guérilla qui harcèle ses troupes. Plus largement, c'est la région tout entière qui se soulève ; plusieurs armées d'un effectif total de 50.000 hommes sont levées. Après avoir pris d'assaut Cordoue (7 juin 1808), Dupont, à cours de ravitaillement et menacé d'encerclement, doit battre en retraite. Il est poursuivi par les 20.000 hommes du général Francisco Javier Castaños (1758-1852).
Arrivé à Bailén, il tombe face à 30.000 Espagnols commandés par les généraux Théodore de Reding (1755-1809) et Antonio Malet de Coupigny (1776-1825) et tente de les bousculer.
Placés en réserve au début de la bataille, les marins sont appelés en première ligne pour percer le centre de l'armée ennemie. Ils se forment en ligne de bataille au coeur du dispositif français. Ils chargeront à trois reprises et perdront un tiers de leurs effectifs.
Après neuf heures de combat, Dupont capitule le 19 juillet 1808.
Les marins sont faits prisonniers et incarcérés, tout d'abord à Rota, puis sur des bâtiments désarmés au mouillage dans le port de Cadix, les fameux pontons de sinistre mémoire. Sous-alimentés, beaucoup y trouveront la mort. Les survivants sont déportés sur l'île déserte de Cabrera, aux Baléares, considérée par certains historiens comme le premier camp de concentration de l'Histoire.

Un destin intimement lié à celui de l'Empereur
Après la bataille de Bailén, première défaite napoléonienne, le bataillon des marins de la Garde est donc décimé. Il faudra attendre septembre 1810 pour qu'il soit reconstitué avec un effectif de 1136 hommes répartis en huit compagnies. Deux sont envoyées au Portugal et participeront à la bataille de Fuentes de Oñoro (5 mai 1811), une à Brest, une autre à Anvers et deux sur des bâtiments de premier rang à Toulon. Les deux dernières participeront à la campagne de Russie. Enfin, 60 marins, évadés des pontons participeront au siège de Cadix mené par le Maréchal Claude-Victor Perrin, dit Victor (1764-1841) de 1810 à 1812.
Les compagnies envoyées en Russie serviront comme pontonniers et canonniers. Ces hommes s'illustreront notamment à la bataille de la Bérézina (29 novembre 1812).
Sur les 282 marins engagés, seuls 85 en reviendront.
Reconstitué rapidement, le bataillon participera à la campagne d'Allemagne de 1813, puis à celle de France, en 1814.
Vingt-et-un marins accompagneront l'Empereur en exil sur l'île d'Elbe.
Au cours des cent jours, le bataillon compte 150 hommes. Ces derniers feront la campagne de Belgique et s'illustront en prenant d'assaut le pont de Charleroi (15 juin 1815), avant que les Prussiens ne le fassent sauter. Ils participent à la bataille de Waterloo (18 juin 1815) en tant qu'artilleurs. Après la seconde abdication de Napoléon, le bataillon est dissous par ordonnance royale du 10 août 1815.
Les marins du bataillon de la Garde impériale ont combattu en mer, à terre et sur tous les théâtres d'opération de l'Empire. Une première pour des marins!
Cent ans plus tard, les « Fusiliers marins » de l'amiral Pierre-Alexis Ronarc'h (1865-1940) s'illustreront eux aussi en Belgique, à Dixmude (16 octobre 1914).

Philippe Brichaut
Sources : « Bataillon des marins de la garde » docteur Eugène Lomier

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Rigodon d'honneur
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Re: Le bataillon des Marins de la Garde Impériale

Message par Rigodon d'honneur »

Après la bataille de Bailén, première défaite napoléonienne, le bataillon des marins de la Garde est donc décimé. Il faudra attendre septembre 1810 pour qu'il soit reconstitué avec un effectif de 1136 hommes répartis en huit compagnies.
même si, après l'épisode de Baylen en 1808, il faut effectivement attendre 1810 pour que les marins de la Garde retrouvent l'effectif d'un bataillon, il ne faut pas oublier qu'ils sont reconstitués dès le printemps 1809 sous la forme d'un simple équipage, formé de 5 escouades, soit 148 hommes.

ce qui lui vaut de participer à la campagne de 1809 contre l'Autriche et d'être présent à Wagram. et de combattre au sein d'une flotille sur le Danube.
Image
Baste, commandant l'équipage des marins de la Garde, à l'assaut de l'île de Mühlleiten, dans le nuit du 4 au 5 juillet 1809.
:salut:
"Ils grognaient, et le suivaient toujours..."
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