Gaspard Koenig

Partagez autour de l’armement, de l’équipement et des pratiques des soldats des guerres napoléoniennes.

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la remonte
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Gaspard Koenig

Message par la remonte »

Le philosophe et écrivain Gaspard Koenig s'est lancé dans une nouvelle aventure. Il parcourt l'Europe sur les traces de Montaigne pour, dit-il, « faire renaître de ses cendres l'humanisme européen ». En juin 1580, l'auteur des Essais avait quitté sa « tour » d'érudit bordelaise et avait pris les routes de l'Europe, traversant l'Île-de-France, les Vosges, la Suisse, la Bavière et la Vénétie, pour parvenir à Rome. Un périple que Gaspard Koenig effectue à cheval ! Selon lui, cet animal « a sûrement de l'avenir à l'heure de la crise énergétique. Il permet de voyager sans traces ou presque, de manière à la fois anonyme, économe et à l'abri des grèves. »

Voilà , comme j'envie son expérience je fais partie des souscripteurs et à ce titre reçois un compte rendu de son parcours .

Ayant moi même fait un petit raid en 2003 ( Paris-Deauville ) pour commémorer le même raid un siècle plus tôt et remporté par le lieutenant Bausil à une moyenne de 19km/h alors que nous avons mis 3 jours et demi , je retrouve dans ses écrits les mêmes surprises et déceptions .
Les surprises viennent des difficultés de circulation , les routes sont les mêmes axes qu'autrefois mais aménagées pour les automobiles et pas pour les vélos ou les chevaux . la glissière étant l'obstacle le plus redoutable .
La déception vient du désert humain ( voir les Chemins Noirs de Sylvain Tesson ou Remonter la Marne de JP kauffmann ) , les campagnes comme les centres villes sont déserts , il faut se rendre sur les parkings des grandes surfaces pour voir du monde et là le contact est plutôt dur :roll:

La reconstitution napoléonienne a au contraire , pour ceux qui se sont donnés la peine de prendre un peu de temps , permis de concilier les 2 .
Bon nombre d'axes sont restés intacts et praticables , ( le dernier ; Golfe Juan- Grenoble mais beaucoup de routes en Russie ou en Moravie mais également pour la campagne de France ou de Belgique , offrent une réelle liberté à cheval )
Côté humain également , les évènements liés à l'Empire restent vivaces localement et les populations sont toujours curieuses quand elles ne témoignent pas elles-mêmes des légendes orales .

Bref ce pauvre Gaspard aurait du suivre les traces de Napoléon plutôt que celles de Montaigne ! Pour ceux qui comme moi n'ont pas fait le programme Erasmus , les bicentenaires ont permis de rencontrer quantité d'Européens curieux au travers d'une histoire commune d'échanger avec leurs contemporains et surtout contemporains de tous milieux , comme à l'armée en fait . ;)
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C-J de Beauvau
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Re: Gaspard Koenig

Message par C-J de Beauvau »

Dans un registre similaire se souvenir du périple de Sylvain Tesson en 2012

Le 2 décembre 2012, soit 200 ans après la retraite de Russie de Napoléon, Sylvain Tesson se lance dans une aventure de 4000 km en roulant en side-car sur les traces de l’empereur.
En octobre 1812, piégé dans Moscou en flammes, Napoléon replie la Grande Armée vers la France. Commence La retraite de Russie, l’une des plus tragiques épopées de l’Histoire humaine. La Retraite est une course à la mort, une marche des fous, une échappée d’enfer.

Deux cents ans plus tard, je décide de répéter l’itinéraire de l’armée agonisante, de ces cavaliers désarçonnés, de ces fantassins squelettiques, de ces hommes à plumets qui avaient préjugé de l’invincibilité de l’Aigle. Il ne s’agit pas d’une commémoration (commémore-ton l’horreur ?), encore moins d’une célébration, il s’agit de saluer par-delà les siècles et les verstes, ces Français de l’an XII aveuglés par le soleil corse et fracassés sur les récifs du cauchemar.
Le géographe Cédric Gras, le photographe Thomas Goisque et deux amis russes, Vassili et Vitaly, sont de la partie. Pour l’aventure, nous enfourchons des side-cars soviétiques de marque Oural. Ces motocyclettes redéfinissent en permanence les lois élémentaires de la mécanique. Rien ne saurait les arrêter (pas même leurs freins). Notre escouade se compose de trois Oural, chargées ras la gueule de pièces détachées et de livres d’Histoire.

Au long de quatre mille kilomètres, en plein hiver, nous allons dérouler le fil de la mémoire entre Moscou et Paris où l’Empereur arrivera le 15 XII 1812, laissant derrière lui son armée en lambeaux.

Le jour, les mains luisantes de cambouis, nous lisons les Mémoires du général de Caulaincourt. Le soir, nous nous assommons de vodka pour éloigner les fantômes.
À l’aube, nous remettons les gaz vers une nouvelle étape du chemin de croix. Smolensk, Minsk, Berezina, Vilnius : les stèles de la souffrance défilent à cinquante à l’heure. Partout, nous rencontrons des Russes qui ne tiennent aucune rigueur à l’Empereur à bicorne.

Sous nos casques crénelés de stalactites, nous prenons la mesure des tourments des soldats et nous menons grand train ce débat intérieur : Napoléon était-il un antéchrist qui précipita l’Europe dans l’abîme ou bien un visionnaire génial dont le seul tort fut de croire qu’il suffisait de vouloir pour triompher, et que les contingences se pliaient toujours aux rêves ?

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Re: Gaspard Koenig

Message par la remonte »

rien ne remplace l'effort physique
tout jeune j'ai avalé les aventures des soeurs Coquet
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qui oserait le refaire aujourd'hui ? ou s'appeler Barbanègre ;)

Jean Louis Gourraud avec son raid à cheval jusqu'à la Place Rouge , non pas l'enfer blanc mais celui de la chaleur moite , ce qui donne une idée des souffrances à l'aller .
à Eckmühl on a rencontré un fantassin allemand ( en uniforme français ) qui parcourrait à pied tout l'itinéraire de 1809 .Comme les deux Belges qui ont fait la retraite de Russie , croisés à Borodino et quelques semaines plus tard à la Bérézina , je n'ai rien lu de leurs périples ... dommage .
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C-J de Beauvau
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Re: Gaspard Koenig

Message par C-J de Beauvau »

par la remonte » 27 août 2020
Jean Louis Gourraud avec son raid à cheval jusqu'à la Place Rouge , non pas l'enfer blanc mais celui de la chaleur moite
En 1990, il a réalisé un « raid » équestre de Paris à Moscou : 3 333 km couverts en 75 jours avec deux chevaux de race trotteur français, Prince-de-la-Meuse et Robin. Parti le 1er mai et arrivé sur la Place Rouge le 14 juillet, il a offert ses chevaux à Gorbatchev et les a récupérés sous Eltsine.
Wp
La cause équestre l'a même conduit en 1990 à relier Paris à Moscou à cheval. Soit 3.333 km accomplis en 75 jours avec Prince de la Meuse et Robin, deux trotteurs français. Foin de l'exploit, s'il a accompli ce raid en solitaire, après cinq ans de démarches avec la terrifiante administration soviétique, c'est parce qu'il voulait tout simplement prouver la supériorité d'une pratique équestre turkmène sur une autre, américaine. Pratique selon laquelle il est préférable lorsqu'on voyage avec deux chevaux de ne pas utiliser l'un pour le cavalier, l'autre pour les bagages, mais de faire reposer la charge entière sur l'un des deux et de laisser l'autre complètement libre; et d'inverser les rôles.

Donnés à Mikhaël Gorbatchev, les deux trotteurs ont bientôt été repris parce qu'ils s'ennuyaient à Moscou. Aujourd'hui, Prince n'est plus mais Robin coule des jours heureux dans l'immense propriété du voyageur dans le Loiret avec une dizaine d'autres montures de toutes les races. Le petit poney Shetland y côtoie le majestueux percheron et le pur-sang Utin Royal y fréquente Vodka, modeste «accident de prairie». Tous en liberté; tous équitablement dorlotés.
https://www.liberation.fr/portrait/1996 ... se-_172972

A-t-il écrit un livre sur ce voyage ? Il a écrit de nombreux livres , mais je ne trouve rien sur ce périple .

:salut:
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Re: Gaspard Koenig

Message par la remonte »

oui , le Pérégrin émerveillé
en fait il refait l'itinéraire et constate les changements
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Re: Gaspard Koenig

Message par la remonte »

après , il y a l'exploit individuel comme on le pratiquait avant la grande guerre où on s'ennuyait ferme dans les casernes , il y a l'exploit sportif comme aujourd'hui où seuls les poids plumes montés sur des Arabes s'en sortent quand on fait une règle de trois entre vitesse et rythme cardiaque
et il y a les vrais raids de cavalerie où il s'agit d'emmener le maximum en état opérationnel :idea:
Là on retrouve au travers de l'histoire des exploits comme ces Polonais au secours de Vienne assiégés par les Ottomans .
En 1806 la poursuite des Prussiens et des Russes tourne un peu au désastre par contre ...
comme ce sera le cas de la cavalerie française lors de l'été 1914 et qui aurait pu finir en beauté lors du sursaut de la Marne en "exploitant la victoire " ce qui fut oublié par un chef qui avait le triste nom de Conneau :roll:
Modifié en dernier par la remonte le 27 août 2020, 16:31, modifié 1 fois.
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Re: Gaspard Koenig

Message par C-J de Beauvau »

la remonte a écrit :
27 août 2020, 16:15
oui , le Pérégrin émerveillé
en fait il refait l'itinéraire et constate les changements
En effet


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Re: Gaspard Koenig

Message par Général Colbert »

la remonte a écrit :
27 août 2020, 16:28

comme ce sera le cas de la cavalerie française lors de l'été 1914 et qui aurait pu finir en beauté lors du sursaut de la Marne en "exploitant la victoire " ce qui fut oublié par un chef qui avait le triste nom de Conneau :roll:

J'avais lu quelque part que le corps de cavalerie de Conneau avait été complètement épuisé et n'était plus en état de progresser.....Qu'en est-il ?
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Re: Gaspard Koenig

Message par C-J de Beauvau »

par Général Colbert » 27 août 2020
J'avais lu quelque part que le corps de cavalerie de Conneau avait été complètement épuisé et n'était plus en état de progresser.....Qu'en est-il ?
Marcel Jauneaud
Souvenirs de la bataille d’Arras (octobre 1914)
Revue des Deux Mondes, 6e période, tome 58, 1920 (p. 827-856).


...Hélas ! pour la seconde fois la réalité n’allait pas répondre à ma trop belle confiance, et la journée qui commençait allait être au contraire pour nous lapins tragique de cette longue bataille. Je fus alerté dans la nuit : de graves événements venaient de se produire qui risquaient de transformer notre offensive en un désastre : c’était, cette fois-ci, le fléchissement au Nord d’Arras de toute la gauche du corps provisoire.

Voici comment le général de Maud’huy venait de l’apprendre.

A trois heures du matin, il avait envoyé au général Joffre un télégramme qui concluait par cette impression que, sauf incidents de nuit, il comptait maintenir ses positions et espérait même prendre l’offensive dans l’après-midi ou au plus tard le lendemain matin. Or, à peine ce télégramme était-il expédié, que le général Conneau, commandant le corps de cavalerie, avisait le général de Maud’huy que l’infanterie ennemie venait d’enlever Givenchy à la gauche de la division Fayolle.

Immédiatement, à 3 heures 15, le général de Maud’huy envoyait ce renseignement au général d’Urbal en lui demandant de faire assurer ses positions de ce côté, et il prescrivait aux 1er et 2e corps de cavalerie d’agir contre l’aile droite ennemie.

Mais à 4 heures 45, le général Conneau communiquait de nouveaux renseignements qui signifiaient que tout le front de la division Fayolle venait de craquer et qu’elle avait perdu cette fameuse crête du « Télégraphe, » cette falaise boisée qui forme à l’Est l’extrémité des coteaux d’Artois et domine la plaine de Douai, position jugée la veille « essentielle à fortifier et à défendre à tout prix. » D’un seul coup, l’ennemi venait d’enlever Souciiez, Givenchy, Petit-Vimy, Vimy, Farbus, Thélus et commençait à s’infiltrer dans la direction de la Targette, cote 140.

La liaison du corps de cavalerie avec la division Fayolle était perdue. Le général Conneau avait donné l’ordre à sa cavalerie de battre en retraite sur Villers-au-Bois et Mont-Saint-Eloi, en recherchant la liaison avec la division Fayolle. La 10e division de cavalerie avait été alertée et placée vers Marœuil pour servir de repli. L’ennemi, à Givenchy, était estimé à une brigade d’infanterie… C’était là peut-être un désastre pour toute l’armée…

Et le corps provisoire qui ne disait rien ! Un officier y fut envoyé en toute hâte et revint à 7 heures au poste de commandement d’Aubigny avec des renseignements signés du général d’Urbal lui-même et qui confirmaient ceux du général Conneau. ....

https://fr.wikisource.org/wiki/Souvenir ... e_1914)/02

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Re: Gaspard Koenig

Message par la remonte »

non , la bataille de la Marne c'est plus tôt .

"Le coup d'arrêt de la Marne marque l'échec de la manœuvre allemande à travers la Belgique et le Nord de la France (surnommée « plan Schlieffen »). Mais, selon le mot du général Chambe, alors jeune officier de cavalerie, « ce fut une bataille gagnée mais une victoire perdue » : en effet, si les armées franco-britanniques mirent alors un terme à l'avancée irrésistible des armées allemandes commandées par Moltke, elles ne purent ou ne surent exploiter cet avantage en repoussant ces armées hors du territoire français. D'une part, les troupes françaises sont trop épuisées et affaiblies pour se lancer dans une poursuite. D'autre part, l'État-Major allemand avait redéployé une partie de ses forces, envoyant de Lorraine plusieurs corps d'armée en renfort sur leur aile droite.

L'aile droite allemande s'arrête dès le 13 septembre, s'installant sur les rives de l'Aisne : les attaques française et britannique n'arrivent pas à les repousser lors de la bataille de l'Aisne et cette partie du front se stabilise en s'enterrant dans des tranchées.

Les belligérants recherchent alors la décision par une série de tentatives mutuelles d'enveloppement vers l'ouest, puis vers le nord, qui les mènent jusqu'aux rives de la mer du Nord, lors des combats appelés la « course à la mer » (septembre à novembre 1914). "

pour mener la cavalerie dont un des buts est d'exploiter la victoire , il faut des jeunes un peu fou , certes cela aurait été un beau massacre mais il ne faut pas sous estimer la panique d'un fantassin épuisé par des semaines de marches forcées poursuivi par un cavalier et sa lance !
Conneau comme Pétain et les autres sont limites retraités en 1914 :salut:

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