Jean Nicolas Senot

Partagez autour de l’armement, de l’équipement et des pratiques des soldats des guerres napoléoniennes.

Modérateurs : Général Colbert, Cyril

Route Napoleon

Musiques, fanfares et tambours-majors

Message par Route Napoleon »

La musique d'ordonnance

C'est avec l'ordonnance royale de 1705 que les tambours et les fifres rythmeront les armées françaises jusqu'en 1831, date à laquelle le clairon remplacera officiellement le fifre.

Il faut faire une distinction entre les fifres et tambours , prenants part aux combats et chargés de transmettre les ordres , et la musique, composée de musiciens gagistes ayant passé contrat de durée et de conditions déterminées avec le régiment et directement payés sur leur caisse. Ils sont surnommés les loin-des-balles, car n'étant pas militaires ils ne prennent pas part directement aux batailles.
Toutefois dans de nombreux récis contemporains, il est fait état que certaines musiques de régiments jouaient sur le champ de bataille et n'étaient pas forcément à l'abri des balles.

Ca vous en bouche un coin ?
Allez siffler sur la colline de :
http://grenadiers.free.fr/

Antoine

Re: Musiques, fanfares et tambours-majors

Message par Antoine »

CC a écrit :Essayez d'imaginer tout ce qui peut se passer dans la tête de quelqu'un qui va se jeter dans la mêlée, risquer sa vie pour son pays et son idéal...
Ce devait être bien important d'entendre la musique.
Ca devait donner du coeur au ventre, de l'allant au combat, un sentiment puissant d'appartenance au groupe.
Je crains qu'il ne faille beaucoup en rabattre...
Les musiques étaient composées réglementairement de 8 musiciens jouant d'instruments baroques au faible volume comme le hautbois, la clarinette, le basson, la caisse roulante... Autant dire qu'il leur était impossible de couvrir tout le front d'un régiment dans le vacarme ambiant et qu'elles ne donnaient guère de "cœur au ventre" qu'au petit état-major et aux compagnies les plus proches.

Cette réglementation contraignante a été parfois outrepassée, les "extras" étant alors payés sur la caisse noire du régiment. Les très nombreux musiciens de la garde impériale ne constituent qu'une exception... comme tout ce qui touche à la garde, soit dit en passant.

Vous voulez écouter de la musique?
Certains de ces morceaux sont apocryphes. Les morceaux qui sont authentiques sont appuyés par des arrangements et des instruments anachroniques. Pensez que les premiers instruments à pistons datent de 1818 et ceux de la famille sax de 1846.

J'ai eu l'occasion d'étudier des partitions d'époque écrites pour les formations militaires qui nous préoccupent. Elles n'ont pas grand-chose à voir avec les airs grandioses et pompiers de la prétendue musique "napoléonienne" contemporaine. Il s'agit d'avantage d'airs légers et élaborés, très ancien régime, si vous voulez mon avis...


A.

JIEM

Re: Musiques, fanfares et tambours-majors

Message par JIEM »

les tambours, oui, mais pas les " fanfares "

C.C.

Re: Musiques, fanfares et tambours-majors

Message par C.C. »

C'est vrai que j'ai repris "musique" sans trop faire la distinction dont parle cependant notre ami Route dans son message initial.

Que ferions-nous sans les reconstitueurs?

JIEM

Re: Musiques, fanfares et tambours-majors

Message par JIEM »

Le fifre a un son assez aigu pour passer au dessus des bruits de canonnades et de fusillades, c'est grâce à ça que les soldats savent ce qu'ils doivent faire ( les différents airs sont en fait des " ordres" car la voix des sous-officiers est souvent inaudible durant les combat ( nous en savons quelque chose sur le terrain et encore, ce ne sont que des " escarmouches " comparé aux batailles de l'époque.)

Pimousse

Re: Musiques, fanfares et tambours-majors

Message par Pimousse »

Les fanfares effectivement ne se rendaient pas sur les champs de bataille, il faut même savoir qu'elles ne dormaient pas sur les bivouacs!
La musique de la Garde Impériale était composé de prix de conservatoire et de seize tambours provenant de 8 bataillons différents (qui eux était des soldats). Elle était plus là pour faire parade...mais il faut savoir que ces musiciens (ou oiseaux de paradis) étaient payés sur la solde de l'armée alors qu'il n'étaient que des "gagistes"

Route Napoleon

Re: Musiques, fanfares et tambours-majors

Message par Route Napoleon »

La foule est rassemblée devant le Carrousel.
La Garde Impériale défile Musique en tête.

Passe successivement le Sergent-Sapeur du 1er Grenadier à pied avec sa haute taille, son bonnet à poils à plumet, son grand tablier de buffle blanc et à la main son sabre à pommeau en tête d'aigle à lame en forme de scie.
C'est Dominique Gaye-Mariole (jusqu'en mars 1809...)
Derrière lui, les Sapeurs tête de colonne avec leurs bonnets à poils, leur tablier et la hache sur l'épaule.


Ensuite le Tambour-Major " galonné d'or sur toutes les coutures, portant fièrement ses épaulettes à gros bouillons, le chef coiffé d'un chapeau garni de plumes rouges et blanches et brandissant une canne à pommeau d'argent ornée des faisceaux et d'étoiles "
C'est Jean-Nicolas SENOT.

" Mon beau et Brave Sénot " disait Napoléon

Son habit est si riche que l'ennemi disait qu'il valait mieux capturer le Tambour-Major que l' Empereur lui-même...

Derrière lui et sous ses ordres les Tambours-Grenadiers avec leur bonnet à poils, enfin les Musiciens en habit bleu, culottes blanches, bottes à revers et chapeau galonné d'or bordé de plumes rouges et blanches avec un panache blanc.
47 Musiciens en 1804 qu'on appelle " les Oiseaux de Paradis " se divisant comme suit : clarinettes, flûtes, hautbois, bassons, cors, trompettes trombones, serpents, grosse caisse, caisse claire, cymbales, chapeau chinois. Le ou les Cymbaliers " généralement de race noire sont habillés à la turque ".

Sources : Marc Allégret - Souvenir Napoléonien, n° 402

Route Napoleon

Re: Musiques, fanfares et tambours-majors

Message par Route Napoleon »

Jean Nicolas Sénot est né à Salins en 1761 et décèdé à Melun en 1827.

Le dico Tulard, dans un article signé P.A. Balland, signale " qu'il mourut comme son camarade Gebauer dans les neiges de Russie...

Il est à noter qu'il y a plusieurs communes en France dénommée Salins. Là je pense qu'il s'agit de Salins en Seine-et-Marne, entre Mormant et Montereau, commune que le Maréchal Victor avait honorée en y couchant le lendemain de la bataille de Mormant alors que l'Empereur lui avait donné l'ordre de pousser à Montereau.
L'arthrose aidant...

Le Capitaine Coignet raconte dans ses cahiers que sur les pentes du Plateau de Pratzen, " les tambours dirigés par Sénot battaient la charge à rompre les caisses et la musique jouait " on va leur percer le flanc..." C'était à entraîner un paralytique "

Il parait qu'il mesurait 2,05 m !

Sénot

Re: Musiques, fanfares et tambours-majors

Message par Sénot »

Il parait qu'il mesurait 2,05 m ! Pus grand que notre Sénot alors...

Bicorne et plumet INCLUS !
Modifié en dernier par Sénot le 11 août 2006, 18:19, modifié 1 fois.

Route Napoleon

Re: Musiques, fanfares et tambours-majors

Message par Route Napoleon »

Sinon vous pouvez comme Jean-Roch Coignet mettre des jeux de cartes dans les talons de vos chaussures pour vous grandir...
Voua avez remarqué comme le Forum ne recule devant rien pour votre gloire !
Vous avez l' image et le son si vous cliquez sur radio-napoleon dans le premier message ...

Petite bio de Michel GEBAUER, compositeur et chef de la Musique des Grenadiers à pied de la Garde Impériale.
Michel Gebauer est né à La Fère en mai 1764. Il est le fils aîné de Jean-Chritian Gebauer d'origine Suisse, et musicien au Corps Royal de l'Arillerie en garnison à La Fère, et de Dorothée Keller son épouse.
La famille s'agrandie et vient vivre à Versailles.

En 1778 à la mort de son père Michel Gebauer, à 14 ans, est admis comme hautboïste dans la Musiques des Gardes Suisses de Versailles.
Un accident l'oblige, pour jouer, à ajuster une phalange mécanique au petit doigt de sa main gauche
En 1790, il est premier hautbois dans l' Orchestre du Théâtre Français comique et lyrique et il entre dans la Garde Nationale.
En 1796, il est chef de la musique des Grenadiers de la Représentation Nationale.
En 1800, il est premier hautbois et chef de la musique des Grenadiers de la Garde des Consuls, puis en 1804 de la Garde Impériale jusqu' à sa mort en décembre 1812 dans les neiges de Russie.

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