VEXILLOLOGIE : 15 février 1794 : naissance du drapeau tricolore.

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Modérateurs : Général Colbert, Cyril

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Demi-solde
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Re: VEXILLOLOGIE : 15 février 1794 : naissance du drapeau tricolore.

Message par Demi-solde »

la remonte a écrit :
18 févr. 2020, 09:40
merci , j'ignorais cette différence de pourcentage pour les pavillons .
le bleu ( tel qu'il apparaît lors des allocutions présidentielles ) tire sur le bleu-roi et non bleu marine . était ce déja cela sous l'Empire ?
Les teintes du "bleu" et du "rouge" des pavillon et drapeau français ont-ils jamais été précisément définies ? Déjà que les proportions exactes (rapport largeur/longueur) ne sont pas clairement énoncées... Pourtant, entre le drapeau suisse carré...

Drapeau - 12.jpg

... et l'Union Jack (de rapport 1 pour 2)...

Drapeau - 13.jpg

... une simple précision n'aurait pas été superflue. Mais il faut bien reconnaître que la définition du drapeau de la Cinquième République est tout de même assez vague :
Article 2 de la Constitution de la Cinquième République française a écrit :L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
C'est un peu court, jeune homme, non ? La IVe République était un tantinet plus précise :
Article 2 de la Constitution de la Quatrième République française a écrit :L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge à trois bandes verticales d'égales dimensions.

Cordialement

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Demi-solde
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Re: VEXILLOLOGIE : 15 février 1794 : naissance du drapeau tricolore.

Message par Demi-solde »

Demi-solde a écrit :
18 févr. 2020, 21:47
Mais il faut bien reconnaître que la définition du drapeau de la Cinquième République est tout de même assez vague :
Article 2 de la Constitution de la Cinquième République française a écrit :L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
Heureusement, continuité de l'État oblige, la définition des drapeau et pavillon français ne dépend pas uniquement de la constitution de 1958. En effet, en 2002, en réponse à un sénateur manifestement échaudé par la multiplication des drapeaux officiels horriblement inégaux pour les besoins du plan serré à la télévision ("M. Jean-Louis Masson demande à Mme la ministre de la Défense de lui indiquer si, dans le drapeau tricolore, les trois bandes de couleur doivent avoir la même dimension. Si tel n'est pas le cas, il souhaiterait connaître la proportion des différentes bandes de couleur des unes par rapport aux autres.")...

Drapeau - 14.jpg
Drapeau - 15.jpg
Drapeau - 16.jpg
Drapeau - 17.jpg

... le secrétariat d’État aux anciens combattants est allé rechercher son argumentation dans des textes un peu plus anciens :
Le secrétariat d’État aux anciens combattants a écrit :Créé par la loi du 27 pluviôse an II, le drapeau national comportait trois couleurs "disposées en trois bandes égales, posées verticalement". L'article 2 de la Constitution du 27 octobre 1946 avait repris ces dispositions déclarant que "l'emblème national est le drapeau tricolore bleu, blanc, rouge à trois bandes verticales d'égales dimensions". L'article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958 proclame également que le drapeau tricolore bleu, blanc, rouge est l'emblème national de la France, mais n'apporte aucune précision quant à la largeur de chaque bande. En l'absence de cet élément, il y a donc lieu de considérer comme inchangées les dispositions antérieures. Il convient toutefois de préciser qu'il en est différemment dans la marine. En effet, dès l'origine, la loi du 27 pluviôse an II prévoit que, dans cette arme, les proportions des bandes des pavillons de beaupré et des pavillons ordinaires de poupe observeraient "l'usage établi" et que la flamme en haut des mâts des navires comporterait trois bandes "dont un cinquième bleu, un cinquième blanc, trois cinquièmes rouge". Cette différence de largeur des bandes du pavillon et de la flamme dans la marine a d'ailleurs été confirmée au XIXe siècle, le tableau de 1836 fixant les largeurs suivantes, toujours en vigueur : pour le pavillon : bleu 30 %, blanc 33 %, rouge 37 % ; pour la flamme : bleu 20 %, blanc 20 % et rouge 60 %.

Cordialement

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Re: VEXILLOLOGIE : 15 février 1794 : naissance du drapeau tricolore.

Message par Demi-solde »

la remonte a écrit :
18 févr. 2020, 09:40
le bleu ( tel qu'il apparaît lors des allocutions présidentielles ) tire sur le bleu-roi et non bleu marine . était ce déjà cela sous l'Empire ?
Les différents textes successifs régissant les pavillons et drapeaux français sont très succincts sur ce point : "bleu". Sans autre précision. De 1790 à 1958, on se contente du "bleu" (et du "rouge" d'ailleurs). Je me souviens avoir entendu par le passé (autant prévenir tout de suite, je n'ai évidemment aucune source fiable sur ce point... ;) ) que le "bleu" du drapeau français pouvait varier dès lors qu'il restait dans la gamme chromatique s'étendant du bleu ciel au bleu marine.

Cordialement

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Demi-solde
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Re: VEXILLOLOGIE : 15 février 1794 : naissance du drapeau tricolore.

Message par Demi-solde »

Demi-solde a écrit :
16 févr. 2020, 17:49
Joker a écrit :
15 févr. 2020, 19:47
Il a été dessiné par Jacques Louis David.
Quelle source fiable possédons-nous sur ce point ?
Personne ? Pas de texte ? Pas de dessin préparatoire ? Pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau ?

Une chose est sûre, le fameux pavillon national fut proposé à la Convention nationale par Jean-Bon Saint-André au nom des marins (dixit Jean-Bon Saint-André...) et du comité de salut public.

Image
Jean-Bon Saint-André, en 1795, peint par... Jacques-louis David
Jean-Bon Saint-André a écrit :Un pavillon qui n'est pas celui de la république flotte encore sur nos vaisseaux ; les marins s'en indignent ; ils appellent à grands cris une réforme que vos principes, que l'honneur de la liberté réclament avec eux. J'ai été le dépositaire de leur vœu à cet égard ; je l'ai fait connaître au comité de salut public, et le comité vous le transmet par mon organe.
Les couleurs nationales sont désormais les seules qui puissent plaire à des Français ; il faut qu'on les voie partout, et, si je l'osais dire, plus encore dans le pavillon de nos vaisseaux que sur les drapeaux de nos intrépides bataillons. Le pavillon est pour le marin non-seulement le signal de ralliement, le guide matériel qui le conduit à la victoire ; il est encore sa grammaire, son langage, le moyen par lequel il communique et reçoit, à de grandes distances, des idées très compliquées. Sera-ce avec un vocabulaire monarchique que les généraux des armées navales donneront des ordres républicains ? Non, vous ne souffrirez pas plus longtemps ce scandale politique. Tout change autour de nous : nos lois, nos mœurs, nos usages ; que les signes changent aussi. Répondez, législateurs, à l'indignation des équipages de la flotte ; répondez à l'impatience qu'ils éprouvent d'en voir disparaitre l'objet. L'Assemblée constituante apporta quelque changement ou plutôt une légère modification au pavillon ci-devant royal. Le peuple, fatigué de la tyrannie, demandait que tout ce qui en retraçait le souvenir fût absorbé par les couleurs chéries de la liberté ; des disputes sérieuses s'élevèrent dans le sein de cette Assemblée sur la forme du pavillon national. On sentit bien qu'il fallait se soumettre à l'opinion publique, trop fortement prononcée pour oser la contrarier ouvertement, mais on tâcha de l'éluder même en paraissant la respecter. On conserva pour le fond la livrée du tyran, et les trois couleurs républicaines, reléguées dans un coin du pavillon, n'attestèrent, par la mesquinerie ridicule avec laquelle on les y avait placées, que le regret de ceux à qui la puissance du peuple avait arraché ce faible sacrifice. C'est ainsi que, dans cette fédération toute monarchique, on vit les départements recevoir, au nom de la liberté, les bannières de la servitude.
Ce pavillon déplut presque également aux partisans du despotisme et aux amis de la liberté. Les uns ne virent dans cet alliage bizarre qu'une tache à ce pavillon, flétri par les Conflans et les Grasse ; les autres, avec plus de raison, n'y virent qu'une dérision, une caricature outrageante pour le peuple, que l'on comptait presque pour rien au moment où l'on proclamait sa souveraineté. L'imitation servile de la forme anglaise acheva d'indisposer les esprits, et ce fut avec beaucoup de peine qu'on parvint à le faire adopter.
Il est temps de réparer cette erreur, cette méprise sans doute volontaire. Quand vous allez combattre les esclaves de Georges, les stipendiaires de Pitt, il faut commander la victoire au nom de la patrie ; un mélange de royalisme formerait un contraste trop révoltant avec la cause sublime que vous défendez. Qu'il disparaisse, et qu'il disparaisse à jamais !
Votre comité vous propose un pavillon formé tout entier des trois couleurs nationales ; simple, comme il convient aux mœurs, aux idées, aux principes républicains ; qu'on ne puisse confondre avec celui d'aucune autre nation, et qui, dans quelque sens qu'il soit placé, présente toujours ces couleurs dans le même rapport entre elles.
Braves marins, vous le défendrez ; cloué à la poupe de vos vaisseaux, vous ne souffrirez jamais qu'il soit amené, et vous punirez de mort le lâche qui oserait en concevoir le dessein ; vous le recevrez des mains de la patrie, vous serez responsables envers elle du dépôt sacré qu'elle vous confie. Allez sur cet élément terrible que vous êtes accoutumés à braver ; allez-y braver aussi la foudre des tyrans. Les esclaves que vous avez à combattre pourront-ils soutenir les efforts des hommes libres ? Allez, ce signe vous assure la victoire, il est le présage de votre gloire et du triomphe de la république !
Passons sur la conclusion emphatique et déraisonnablement optimiste de ce discours. Passons également sur le fait que David ne faisait pas partie dudit comité de salut public qui rédigea et proposa le décret du 27 pluviôse an II (15 février 1794) ; conventionnel, David n'était guère éloigné de Jean-Bon Saint-André et du comité de salut public. Mais a-t-il seulement été consulté sur la création du pavillon national en 1794 ? Il ne s'agit jamais que d'une inversion des trois couleurs d'un pavillon dont la composition en trois bandes verticales d'égale largeur datait de 1790.


Cordialement

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Demi-solde
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Re: VEXILLOLOGIE : 15 février 1794 : naissance du drapeau tricolore.

Message par Demi-solde »

Demi-solde a écrit :
19 févr. 2020, 08:40
Jean-Bon Saint-André a écrit :Il est temps de réparer cette erreur, cette méprise sans doute volontaire. Quand vous allez combattre les esclaves de Georges, les stipendiaires de Pitt, il faut commander la victoire au nom de la patrie ; un mélange de royalisme formerait un contraste trop révoltant avec la cause sublime que vous défendez. Qu'il disparaisse, et qu'il disparaisse à jamais !
Votre comité vous propose un pavillon formé tout entier des trois couleurs nationales ; simple, comme il convient aux mœurs, aux idées, aux principes républicains ; qu'on ne puisse confondre avec celui d'aucune autre nation, et qui, dans quelque sens qu'il soit placé, présente toujours ces couleurs dans le même rapport entre elles.
L'inversion des couleurs entre le pavillon de beaupré de 1790...

Drapeau - 01.jpg

... et le pavillon national de 1794...

Drapeau - 06.jpg

... trouve peut-être une part d'explication dans ces propos de Jean-Bon Saint-André : garder le même ordre rouge-blanc-bleu ne permettait pas de faire totalement disparaître le souvenir du pavillon de poupe de 1794 alliant "la livrée du tyran, et les trois couleurs républicaines, reléguées dans un coin du pavillon".

Drapeau - 02.jpg

Après... le texte de Jean-Bon Saint-André n'est pas parole d'évangile non plus. Quant à "confondre" le nouveau pavillon français "avec celui d'aucune autre nation" :

Tableau des pavillons ou Bannières que la pluspart des nations arborent à la mer... , 1756

Image
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6947403r.item

Image
https://troisponts.net/2015/01/16/pavil ... en-regime/

Si le rouge, le blanc et le bleu font partie (avec le jaune) des couleurs les plus arborées sur les pavillons du XVIIIe siècle, le découpage vertical n'était absolument pas répandu à l'époque. L'inversion des couleurs ne semble pas liée à une éventuelle ressemblance.


Cordialement

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la remonte
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Re: VEXILLOLOGIE : 15 février 1794 : naissance du drapeau tricolore.

Message par la remonte »

le drapeau tricolore russe viendrait de l'admiration de Pierre le grand pour les Pays Bas dont il s'inspire des couleurs dans un ordre différent :idea: la couleur blanche du monarque en haut et non coincée au milieu comme la notre . :salut:
par contre en 1812 , on ne le voit pas , c'est la croix de Malte avec l'aigle bicéphale au centre .

quel meli-melo tous ces pavillons

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Re: VEXILLOLOGIE : 15 février 1794 : naissance du drapeau tricolore.

Message par Demi-solde »

Demi-solde a écrit :
16 févr. 2020, 12:05
Décret du 24 octobre 1790 a écrit : Art. Ier. Le pavillon de beaupré sera composé de trois bandes égales et posées verticalement ; celle de ces bandes la plus près du bâton, sera rouge; celle du milieu, blanche; et la troisième, bleue.
Drapeau - 01.jpg
2. Le pavillon de poupe portera dans son quartier supérieur le pavillon de beaupré ci-dessus décrit ; cette partie du pavillon sera exactement le quart de sa totalité, et environnée d'une bande étroite, dont une moitié de la longueur sera rouge et l'autre bleue ; le reste du pavillon sera de couleur blanche. (...)
Drapeau - 02.jpg
On retrouve, sur cette illustration, ces deux pavillons à la poupe...

Pavillon - 00.jpg

... de deux navires français, l'América et le Juste, capturés par les Anglais à l'issue de la fameuse bataille du 13 prairial an II, représentés par Robert Livesay en 1796.

Mais étonnamment, si les pavillons de beaupré (ici hissé à la poupe) et de poupe français sont fidèlement représentés, si les flammes françaises sont aussi parfaitement conformes au décret du 24 octobre 1790, les pavillons britanniques, eux, ont été mal colorés puisqu'ils affichent les diagonales rouges de la croix de Saint-Patrick sept ans avant leur greffe sur l'Union Jack :

Pavillon - 01.jpg

Pavillon - 02.jpg

Cordialement

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