Prisonniers de guerre

Partagez autour de l’armement, de l’équipement et des pratiques des soldats des guerres napoléoniennes.

Modérateurs : Général Colbert, Cyril

Christophe

PRISONNIERS : CABRERA: QUELQUES CHIFFRES UTILES...

Message par Christophe »

Tout le monde connaît le drame de l'îlot de Cabrera... Ce rocher transformé honteusement en mourroir à l'initiative des anglo-espagnols...Sachez qu'entre le 5 mai et le 11 mai 1809, ce lieu accueillit 5337 prisonniers français; à la fin de l'été 1810, 2500 autres vinrent les rejoindre.Les survivants recueillis en 1814 furent 3380.Il y eut quelques rares évasions. Plus de 4600 hommes moururent à Cabrera (dont les 2 tiers appartinrent au corps d'observation de la Gironde).

Sources: "Le drame de Cabrera", par le Colonel Jean Chabanier (in "Revue historique de l'Armée, 1964, n°1).
A lire aussi: Louis-Joseph Wagré: "Le prisonniers de Cabrera". (A la Librairie des Deux Empires, 2002).

lukian54

Re: PRISONNIERS : CABRERA: QUELQUES CHIFFRES UTILES...

Message par lukian54 »

Cher Christophe.
J'ai plusieurs ouvrages sur le drame de Cabrera.
Savez-vous comment les rescapés ont été rapatriés ?.
Merci. :salut: :idea:

ÉRIC ÉDITIONS TEISSÈDRE

Re: PRISONNIERS : CABRERA: QUELQUES CHIFFRES UTILES...

Message par ÉRIC ÉDITIONS TEISSÈDRE »

Bonjour,
Vous pourrez sans doute trouver quelque intérêt à lire : Du Tage à Cabrera. Souvenirs de deux lieutenants et d'un caporal.
Trois témoignages remarquables par leur sincérité extraits des revues, Revue rétrospective en 1889, Carnet de la fourragère et Revue du Cercle militaire, 1907.
Éric

Christophe

Re: PRISONNIERS : CABRERA: QUELQUES CHIFFRES UTILES...

Message par Christophe »

Les rescapés ont été récupérés en 1814 par des navires français... :salut:

Drouet Cyril

Re: PRISONNIERS : CABRERA: QUELQUES CHIFFRES UTILES...

Message par Drouet Cyril »

Ceci en vertu de l’article 7 de la Convention de suspensions d’hostilités négociée le 23 avril 1814 entre Talleyrand et don José Garcia de Léon y Pizarro.

Froger dans « Les Cabrériens » nous dépeint le retour en France:

« C’était le brick L’Atlantique, qui était chargé de notre transport.
Le capitaine et le pavillon blanc nous apprirent à quels évènements nous étions redevables de notre délivrance… […]

Par une malédiction dont nous ressentîmes un rude coup, nous allions devoir un service immense à une famille odieuse appuyée sur l’étranger ! Notre tristesse se fit jour malgré les efforts de la prudence, et quand le capitaine en nous recevant à bord, criera en brandissant son épée : vive le roi ! nous répondrons avec une énergique loyauté : vive l’empereur quand même ! »

Salutations respectueuses.

Abrantes

Re: PRISONNIERS : CABRERA: QUELQUES CHIFFRES UTILES...

Message par Abrantes »

Alain Pigeard à publier dernierement un article sur Cabrera dans la revue "Napoléon 1er"... :salut:

Drouet Cyril

Re: PRISONNIERS : Pontons

Message par Drouet Cyril »

Bonjour,

Le soir venait de tomber sur Gênes.
Au son des musiques militaires, les rues s’illuminèrent et résonnèrent de clameurs. Les troupes françaises qui rentraient victorieusement derrière les murs de la cité avaient bien mérité pareil honneur.

Tout avait commencé la veille, le 10 mai de cette année 1800.
Masséna venait de recevoir la lettre de Ott lui annonçant la défaite de Suchet à Oneille et sa retraite sur la ligne du Var. Si, ce jour là, les assiégés avaient rongé leur frein au son des salves de réjouissance tirées par l’artillerie ennemie, « l’enfant chéri de la victoire » comptait bien faire payer cher aux Autrichiens leur bruyante fanfaronnade.

Ainsi, le lendemain, à l’aube, trois colonnes sous le commandement de Miolis, Gautier et Reille s’élancèrent à l’assaut du Monte-Fascio.
L’attaque fut menée avec fougue et les premiers retranchements adverses culbutés de belle manière. Mais si les avant-postes autrichiens avait courbé l’échine face à la furia francese, le reste de leurs forces, cramponné sur les hauteurs, surent profiter habilement de la désorganisation qui en avait découlé et contre-attaquèrent victorieusement.
Les troupes françaises dévalèrent alors la pente et vinrent se placer en position défensive face à Gènes, à Saint-Martin d’Albaro et à la porte Romaine.

Pourtant, la journée était loin d’être close, et sur les flancs du Monte-Fascio la bataille continuait à faire rage.
Si le corps de Miolis avait reçu l’ordre attaquer de front, son mouvement devait, en effet, être secondé par celui de Soult sur la droite et les arrières de l’ennemi. Le premier avait failli, le second se couvrit de gloire.
Rien ne put lui résister et, tout particulièrement sous les coups de boutoir des 24e et 25e demi-brigades de l’avant-garde de Darnaud, les Autrichiens furent partout terrassés.
Ainsi les troupes de Soult ne tardèrent pas à couronner le Monte-Fascio, secondés dans leurs derniers efforts par la nouvelle marche en avant des colonnes de Miolis.

Heureuse journée qui coûta à l’Autriche près de trois mille prisonniers.

Jusqu’à présent, faute de nourriture, les Français libéraient les soldats pris à l’ennemi à la condition de ne plus les avoir à combattre pendant durée de six mois ; condition cependant jamais respectée par l’état-major autrichien qui s’empressait de réincorporer ces derniers au sein des forces assiégeantes.
Cette fois-ci, Masséna ordonna de garder les prisonniers et de les jeter sur les pontons du port.

Ott fut prévenu et on proposa à lord Keith de venir ravitailler les malheureux ; aucune réponse positive ne vint les secourir.

Alors que des cris de rage et de faim s’échappaient de ces navires transformés en mouroirs, la famine balayait la ville.
« Des malheureux répandus dans les rues, les remplissant de leurs gémissements et tombant à chaque pas de pure défaillance, des enfants délaissés et courant dans la ville en jetant des cris aigus ; des physionomies pâles et défigurées où se peignaient à la fois le désespoir du présent et des mourants que la police faisaient bientôt enlever sans les formalités accoutumées ; voilà une faible esquisse du tableau déchirant qu’offrait aux yeux de l’homme sensible une ville jadis si riche et si florissante. » (Corvette)
« Sans décrire la faim dévorante remplissant jour et nuit les airs des cris du désespoir, les rues de morts et de mourants, sans parler de ces victimes qui, faute de pain, ont terminé, dans des réduits hideux, leur affreuse existence ; sans chercher des contrastes dans la rage des uns, dans le morne et profond abattement des autres ; sans scruter toutes les horreurs de cette misère ; sans tracer le tableau de tout un peuple pâle, défiguré et livide se disputant les chevaux qui, morts de maladie, étaient transportés à la voirie, s’arrachant les chiens, les chats et les autres animaux domestiques, et mangeant jusqu’à des souris, des rats et de l’herbe, la pâture des bestiaux qui avaient été dévorés ; sans nous étendre davantage sur ces lugubres souvenirs, nous laisserons à chacun de nos lecteurs à se figurer quelles horreurs la famine doit avoir produites dans une enceinte de cent soixante mille âmes, où de tout temps il y a eu beaucoup de pauvres, et où, au commencement du blocus, le peuple ne recevait déjà plus par jour qu’une once [30 g] de pain par personne. » (Thiébault)

On imagine devant de telles scènes, les horreurs vécues par les prisonniers des pontons qui, tiraillés par la faim, finirent par dévorer leurs havresacs, gibernes et brodequins.
A la fin du siège, près de deux mille trois cents de ces malheureux avaient déjà succombé.

Le 4 juin, l’acte d’évacuation était signé.

On vint alors libérer les survivants de leurs prisons flottantes.
Ces derniers se jetèrent sur la nourriture que leurs compagnons d’armes leur tendaient, et, à croire Marbot, affaiblis par tant de privations, périrent tous de cette manne offerte sans précaution…

Salutations respectueuses.

Jonathan

Re: PRISONNIERS : Pontons

Message par Jonathan »

Salut à tous : :salut:

« Le 4 juin, l’acte d’évacuation était signé. »

Il y avait la manque de dix jours jusqu'à la victoire à Marengo - trop peu de temps pour des Autrichiens deavnt Gênes pour entrer dans cette bataille. La conduite ferme du g'al Masséna et la résistance opinionâtre de la garnison à Gênes n'ont pas inutile. Leur resistance dur était parmi des bases d'une victoire glorieuse.

Bien amicalement,

- Jonathan

grognardjurassien

Les PRISONNIERS de GUERRE

Message par grognardjurassien »

Salut à vous les grands stratèges de l'europe :salut:

Une chose m'intrigue au dela des victoires et des conflits d'intérêts entre les dirigeants: Que fais t'on de ces centaines de prisonniers capturés à l'ennemi? Il n'est pas difficile d'imaginer l'utilisation des canons capturés. Mais les hommes, cela peut devenir très encombrant... Quel est la solution du problème???

Ne me laissez plus marcher sans réponse, mes souliers sont usés....

Merci

le sabreur

Les PRISONNIERS de GUERRE

Message par le sabreur »

Les prisonniers servaient de monnaie d'échange: à la fin du conflit ils permettaient d'être échangés contre ses propres hommes pris à l'ennemi.

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