[CAVALERIE] (Dés)équilibre des charges sur le cheval

Partagez autour de l’armement, de l’équipement et des pratiques des soldats des guerres napoléoniennes.

Modérateurs : Général Colbert, Cyril

la remonte

Message par la remonte »

ça aurait pu être mon grand père , malheureusement c'est pas le cas mais celui de notre ami Hervé au X° , voici un modèle type du cheval de guerre en 14 . y a t-il eu beaucoup de modification en 1 siécle ?

Image

sur cette photo , on voit bien une couverture pliée , qu'est ce qu'il y avait sous l'Empire ?

dups

Message par dups »

la seule chose qui me gêne dans cette expliquation du seigle vert , c'est de laisser croire que les hommes de cette époque étaient ignorants des choses de la campagne à ce point or ils sont tous issus du monde rural et connaissent les méfaits de ce genre de consommation abusive .
Certes, mais en ces circontances, on ne choisit pas. On mange et on fait manger ce qu'il y a !
Les hommes se sont nourris et ont alimentés leurs chevaux d'aliments "inadaptés" et cela en toute connaissance de cause à plusieurs reprise. Cela n'a rien à voir avec leurs connaissances mais est lié aux ressources disponibles.
Je rejoins en cela Olivier:
Tout a été dit sur le contexte de cet été de campagne et les troupes n'ont sans doute pu que "faire avec"...
L'accoutumance alimentaire d'un cheval ne se fait pas comme cela. Si elle est partiellement envisageable, cela ne peut se faire que progressivement. Un changement d'alimentation radical sera morbide.
En outre on ne fait pas manger aisément n'importe quoi à un cheval. J'ai connu des chevaux ayant grandi au pré ne mangeant pas de carottes et auquel il a fallu appprendre à en manger; cela va assez vite, certes, mais nous ne sommes pas là non plus dans une base alimentaire, mais dans la friandise.
De façon plus courante, vous ne leur ferez pas manger de foin trop vieux et poussiéreux sans qu'ils aient très faim.
Donc notre cheval de cavalerie, affaibli et amaigri, doit ingurgiter des rations complètes d'aliments inadaptés pendant plusieurs jours. C'est normal que les chevaux tombent alors comme des mouches.

L'origine rurale de nos soldats, n'est en rien gage de connaissance des chevaux. Les chevaux restent un luxe dont très peu d'agriculteurs disposent. Et lorsqu'il y en a, les chevaux restent de la responsabilité d'un homme de confiance dans les fermes. Cela a d'ailleurs perduré jusque dans les années 50 dans les campagnes françaises. Tout le monde n'y pas accès.

Enfn sur les photos postées par la Remonte, je pense que l'on peut se demander si le cavalier sur la photo du centre n'est pas sur un cheval de remonte pris aux Russes ou s'il s'agit d'un cheval anglais métamorphosé par la campagne.

la remonte

Message par la remonte »

Image

je dirais plutôt celui ci , je ne pense pas que le corps expéditionnaire ait emmené des New Forest :)
sur les superbes photos de Fenton , les plus proches de l'Empire , on y voit toutes sortes de chevaux .

dups

Message par dups »

Une autre ramrque pour rebondir sur la description que la Remonte nous a fait de la Russie.
Il semble probable que les chevaux n'eurent que trop rarement du fourrage et durent se contenter d'herbe.
Indépendamment de sa qualité, un cheval "au vert" mange du matin au soir (et du soir au matin d'ailleurs) pour avoir la quantité d'aliment nécessaire à son maintien en condition.
A l'attache, un cheval à tôt fait de manger le peu d'herbe à sa portée autant avec ses pieds qu'avec sa bouche et en une heure ou deux, il est sur la terre.
Et quand bien même il mangerait de l'herbe ou du foin toute la nuit, il sera loin de satisfaire à ses besoins en étant monté toute la journée et en couvrant des lieux, sans compléments alimentaires.
Indépendamment de la qualité de leur nourriture, je pense que la vraie difficulté tient déjà dans la quantité d'aliments qu'ils purent manger.
Je crois que la nature même des guerres, surtout telles que menées par Napoléon, c'est à dire très mobiles, firent que mécaniquement les chevaux dépérissaient. La campagne d'hiver en Pologne en 1807 fut aussi dramatique pour hommes et chevaux qu'une partie de la campagne de Russie.

la remonte

Message par la remonte »

en effet , je fais le voyage avec Jean Louis Gouraud ,( on est à Smolensk , la moitié du livre ) , il consomme 20 litres de grains par jour et par cheval depuis son départ de ferme en ferme , à présent kolkhose en kolkhose , n'a pratiquement pas de chargement avec lui et est au pas tout du long d'un pays de forêts parsemés de clairiéres marécageuses ( ondulant comme des montagnes russes :) ) alors sans trains d'équipages remplis de fourrages et grains , c'était voué à l'échec .
Modifié en dernier par la remonte le 04 janv. 2013, 11:00, modifié 1 fois.

dups

Message par dups »

A noter que le train des équipages transporte pas ou peu de fourrage. D'ailleurs, lorsqu'il en transporte il sert déjà à ses propres chevaux d'attelage. De toute façon la cavalerie est bien souvent trop en avant des convois.
On en voit sur les échelettes à l'arrière de certains fourgons.

la remonte

Message par la remonte »

Gouraud mettra 75 jours pour faire 3000 kilométres c'est à peu près le temps que mettra la Grande Armée pour aller du Niemen à Borodino ( 900 kilomètres ) , la comparaison s'arrête là .

chamborantOlivier

Message par chamborantOlivier »

Pour préciser cette notion de rusticité, il ne faut pas se focaliser que sur la taille.
- Il y a la résistance, la performance d'assimilation et l'adaptabilité du système digestif
- à cela s'ajoute la résistance générale aux aléas climatique (métabolisme interne, épaisseur du poil...)
- on pourrait aussi rajouter la solidité de la corne (pas de pied, pas de cheval) et la solidité de la peau, qui évite bien des blessures de paquetage liées aux diverses sollicitations du dos évoquées plus haut
- dernier point, et non des moindres pour un cheval de guerre: la résistance à l'effort, violent ou de longue durée

C'est bien au cours du XIXème siècle que des nouveaux critères de sélection se sont imposés chez les utilisateurs , donc tous les éleveurs. L'arrivée de ces nouveaux critères de sélection liés à une utilisation plus "sportive" du cheval (rapide, grand et souple pour le "jumping", élégant) s'est fait au détriment des autres (si le cheval totalement polyvalent existait, ça se saurait !).

Même si Napoléon avait à titre personnel une préférence pour les chevaux arabes, il est intéressant à noter que l'engouement pour les courses et le saut d'obstacle venu d'Angleterre touche déjà certaines élites françaises et que les Haras recréés à cette époque distribuent déjà des primes en ce sens...

Les photos postées par La Remonte datent justement à ce siècle de transition; l'angle de prise de vue, la qualité des clichés pris en Crimée permet mal de juger des lignes et formes du squelette ("rayons") des chevaux mais cela semblerait confirmer que l'élévation en taille s'est faite d'abord au détriment de la conformation générale du cheval. En tout état de cause, le cliché de 1914 montre un cheval "sportif" tel que nous les connaissons.

Ce ne sont pas les courtes expériences en Espagne (1823), en Crimée ou en France (1870/71) qui vont (ré)orienter les choix de l'armée (métropolitaine) vers des chevaux de remonte rustiques. Car, si je ne m'abuse, la campagne de Crimée n'a ni marquée pour sa longueur en termes de kilomètres parcourus, ni par la rudesse de la région en question. Quand on voit l''état des chevaux, difficile d'imaginer que le manque de rusticité n'y est pas pour quelque chose...

Lacharge

Message par Lacharge »

Lors de mes 2 randonnées à cheval en Mongolie (2010 et 2011) chaque fois 9 jours en selle avec parfois 6 à 8h/jour, nous n'avons pas fait particulièrement attention au paquetage et n'avons pas eu de blessure.
De plus, chaque fois nous étions une dizaine de cavaliers dont un était assez débutant ce qui veut dire que le cheval n'est pas toujours aidé dans ses mouvements.
En 2011, nous avions un cavalier qui faisait 110 kg : Le cheval qui lui avait été attribué n'était certes pas un cheval de trait et pourtant il n'y a pas eu de problème.

En fin de journée je me permettais encore un petit (mais rapide) galop avant d'arriver au bivouac. (Je sais, ce n'est pas recommandé).
Le terrain était varié (montagne et steppe)
La nuit, les chevaux étaient entravés, ce qui leur permettait de brouter sans s'éloigner de plus de quelques centaines de mètres.

Ils ne buvaient que lorsque nous traversions une rivière. Les 2 ou 3 guides n'avaient pas étudié l'équitation à Saumur ni ne sortaient de la garde républicaine.
Je pense qu'ils devaient ressembler aux hommes de 1800.
ET SURTOUT, les chevaux devaient ressembler également aux chevaux de 1800: rustiques et endurants comme leurs cavaliers.
Nous (hommes modernes) avons créé des races de chevaux différentes des races d'alors et leur environnement est tout à fait différent.
Ils ne sont pas maltraités (il n'existe pas de "société protectrice des animaux" en Mongolie : Chez les boudhistes, ce n'est pas nécessaire.) mais pas dorlotés non plus.

Je pense donc qu'il doit encore exister des hommes comme à l'époque, mais des chevaux, il ne doit plus en avoir guère que dans ces contrées.
Emmener un cheval habitué au soleil de Provence en Russie ne devait pas non plus faciliter la chose.
Tiens, je viens de jeter un coup d'oeil sur la météo à Oulan-Bator: il y fait -27°
a+

la remonte

Message par la remonte »

Merci Capitaine , pour ce témoignage venant du berceau de la cavalerie , celle qui a fait ses preuves il y abien longtemps en déferlant sur l'Occident . on ne pouvait mieux trouver comme exemple :salut:

j'avais écrit ceci sur le forum des Ecuyers de l'Histoire :

"la guerre c'est un grand bruit de galops et de hennissements ...

le cheval est venu d'Orient .
ce sont les armées equestres qui donneront la suprématie , les peuples sans chevaux subissent un énorme retard culturel . la Perse , un temps , a cette suprématie . la race des tristes fils de Cham porte sa malédiction de n'avoir pas chevauché , collée au sol et rampante .
les armées asiatiques auront été les seules sans infanterie ni intendance a déferler sur l'Occident . légére et mobile , dans l'imaginaire des peuples ainsi foulés par les Huns et les Mongols , le cheval prit la figure même de la guerre ."

on peut considérer l'armée russe de 1812 , comme descendante des hordes sauvages , sa supériorité en cavalerie légére sera déterminante , chargée sans trop de soucis d'équilibre , elle arrivera jusqu'à Paris aprés avoir anéanti nos troupes . Napoléon perd la guerre , non pas par défaut de canons ou d'hommes mais bien par l'usage que l'on fera de notre cavalerie et de sa gestion .

Image

  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • Le Xème Escadron des Chasseurs à cheval de la Garde
    par Charles Jean » 20 nov. 2019, 22:46 » dans Bivouac des reconstitueurs & militaria
    19 Réponses
    472 Vues
    Dernier message par Espagne
    25 nov. 2019, 18:03
  • Artillerie à cheval - Position des entités pendant la marche
    par L'âne » 05 févr. 2020, 01:17 » dans Bivouac des reconstitueurs & militaria
    5 Réponses
    161 Vues
    Dernier message par Turos M. J.
    06 févr. 2020, 15:37
  • L’épopée des généraux de cavalerie de Napoléon, 1792-1815
    par Eric LM » 15 févr. 2019, 14:23 » dans BIBLIOTHÈQUE EMPIRE - L'actualité du livre napoléonien
    3 Réponses
    968 Vues
    Dernier message par Espagne
    27 févr. 2019, 17:56
  • Le cheval préféré
    par Maria Kel » 30 mai 2016, 19:10 » dans Napoléon à travers les Arts
    25 Réponses
    4254 Vues
    Dernier message par Maria Kel
    25 juil. 2016, 17:32
  • Conférence : Le cheval et l'Empire
    par Joker » 09 janv. 2020, 19:18 » dans L'actualité napoléonienne
    0 Réponses
    93 Vues
    Dernier message par Joker
    09 janv. 2020, 19:18