Tactique : Former le carré.

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Re: Tactique : Former le carré.

Message par C-J de Beauvau » 12 juin 2018, 19:42

Cyril Drouet a écrit :
12 juin 2018, 17:44
Il est cocasse dans un forum consacré à la période napoléonienne de voir comme illustration du carré une capture d'image d'un film de 2002 sur une expédition britannique menée au Soudan à la fin du XIXe siècle... :lol:
A toute fin utile ce film " The Four Feathers " date de 1977 ! et non pas de 2002! :shock: :( :D

Quid du débat sur la formation en carré ????
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Re: Tactique : Former le carré.

Message par C-J de Beauvau » 12 juin 2018, 19:51

Demi-solde a écrit :
12 juin 2018, 19:36
Comme illustration du carré d'infanterie, on pouvait aussi se tourner vers la "Bataille du Mont Thabor remportée par Bonaparte et les généraux Kléber et Junot, 16 avril 1799" de Philippoteaux :
Oui Demi-solde ou bien La bataille d'Auerstaedt ! ;)

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Re: Tactique : Former le carré.

Message par Demi-solde » 12 juin 2018, 22:31

C-J de Beauvau a écrit :
12 juin 2018, 19:42
A toute fin utile ce film " The Four Feathers " date de 1977 ! et non pas de 2002! :shock: :( :D
Plus précisément, la photo que vous avez présentée ainsi que l'extrait ci-dessus sont extraits, l'un et l'autre, du film de 2002.

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Ce film est adapté de la nouvelle éponyme de 1902, qui donna lieu, notamment, à une adaptation pour la télévision en 1978.

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Re: Tactique : Former le carré.

Message par Demi-solde » 12 juin 2018, 23:06

C-J de Beauvau a écrit :
12 juin 2018, 19:42
Quid du débat sur la formation en carré ????
Je ne suis pas sûr qu'il y ait matière à "débat" sur ce sujet. Comme indiqué dans le fil que vous avez mis en lien, le carré est une adaptation "moderne" d'une tactique défensive ancienne ; la ligne serrée de fantassin, propre à recevoir une charge d'infanterie comme de cavalerie. Les Romains, les Vikings notamment en faisaient déjà usage, aidés de leurs boucliers. Si le carré couronné de canons à ses angles est caractéristique du XIXe, Les Romains déjà refermaient leurs lignes lorsque le nombre ou l'embuscade les submergeaient, avec les charriots, parfois la cavalerie au centre. La rigueur et la tenue des troupes composant le carré étant les principaux garants de son efficacité. Il va de soi que ces tactiques basées sur la densité ont disparu avec l'apparition des armes à répétition et du développement de l'artillerie.


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Re: Tactique : Former le carré.

Message par C-J de Beauvau » 12 juin 2018, 23:55

Demi-solde a écrit :
12 juin 2018, 23:06
C-J de Beauvau a écrit :
12 juin 2018, 19:42
Quid du débat sur la formation en carré ????
Je ne suis pas sûr qu'il y ait matière à "débat" sur ce sujet. Comme indiqué dans le fil que vous avez mis en lien, le carré est une adaptation "moderne" d'une tactique défensive ancienne ; la ligne serrée de fantassin, propre à recevoir une charge d'infanterie comme de cavalerie. Les Romains, les Vikings notamment en faisaient déjà usage, aidés de leurs boucliers. Si le carré couronné de canons à ses angles est caractéristique du XIXe, Les Romains déjà refermaient leurs lignes lorsque le nombre ou l'embuscade les submergeaient, avec les charriots, parfois la cavalerie au centre. La rigueur et la tenue des troupes composant le carré étant les principaux garants de son efficacité. Il va de soi que ces tactiques basées sur la densité ont disparu avec l'apparition des armes à répétition et du développement de l'artillerie.
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Re: Tactique : Former le carré.

Message par Demi-solde » 13 juin 2018, 05:55

C-J de Beauvau a écrit :
12 juin 2018, 19:51
ou bien La bataille d'Auerstaedt ! ;)

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Ou encore la bataille des Pyramides.

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Re: Tactique : Former le carré.

Message par Demi-solde » 13 juin 2018, 06:00

De plus près, cela donne...

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Re: Tactique : Former le carré.

Message par Demi-solde » 13 juin 2018, 06:04

Existe aussi en coque de smartphone... :shock:

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Re: Tactique : Former le carré.

Message par C-J de Beauvau » 14 juin 2018, 07:31

Bien sur cette formation fut décrite par Plutarque et utilisée par l'armée romaine.
Voici l'utilisation dans l’époque qui nous concerne

La plus petite unité pouvant former un carré d'infanterie était en général un bataillon, soit 500 à 1 000 hommes. Les étendards et le commandant étaient placés au centre du carré, de même que les réserves, qu'on pouvait envoyer en renfort à l'endroit où le carré était soumis à une attaque.

L'infanterie est vulnérable aux attaques de cavalerie Ainsi, un bataillon pris sur son flanc ou son revers par une charge de cavaliers quels qu'ils soient est pratiquement perdu. Pour parer cette menace, une formation spécifique a été élaborée : le carré. C'est une formation où les compagnies ou divisions se placent à angle droit les unes par rapport aux autres en faisant face à l'extérieur de la figure géométrique fermée ainsi obtenue. Le premier rang de soldats se met à genoux baïonnettes pointées à l'oblique, et les deux autres rangs peuvent faire feu tout en complétant le hérisson avec leurs propres baïonnettes. Pratiquement toutes les nations évoluées de l'époque ont adopté cette formation, mais entraînement et la discipline nécessaire au passage rapide en carré en limitaient souvent l'usage aux troupes de ligne et d'élite. Certaines nations ont développé une formation plus simple mais aussi moins efficace, le carré plein : c'est une colonne qui sous la menace de cavalerie, fait pivoter vers l'extérieur les hommes qui se trouvent sur ses flancs et son revers, offrant ainsi une certaine résistance à l'attaque, toutefois moindre qu'avec le carré dit "creux". Il est clair que la formation en carré ne permet pas un déplacement rapide de l'unité puisque quelle que soit la direction envisagée, au moins un côté du carré lui tourne le dos. Il est fréquent que plusieurs bataillons se forment en un seul grand carré, et l'on a même vu des divisions formées en un immense carré, une véritable forteresse.
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Comme son nom l'indique, elle voit l'unité se former selon la figure géométrique éponyme, en plusieurs rangs de profondeur par côté. Ce faisant, elle peut tirer à 360°.
Ainsi les premiers rangs font feu sur l'ennemi alors que les derniers rechargent les fusils. Le tir ne s'arrête donc jamais, c'est ce qu'on appelle le feu roulant. Les officiers se réfugient au centre de la formation, donnant leurs ordres et maintenant la cohésion des hommes depuis cet endroit. S'il y a des canons, ils sont généralement placés aux angles et apportent un soutien non négligeable à l'ensemble. Il faut dire que le tir se fait de près, et la mitraille ne pardonne pas!

Le principal intérêt du carré est que son feu lui permet de briser efficacement les charges de cavalerie autrement fatales à l'infanterie. Il est donc une formation en premier lieu de défense, formée contre les attaques des cavaliers adverses. Hermétique, il ne peut en effet être enfoncé qu'au prix de charges frontales extrêmement meurtrières, d'autant plus que les cadavres des chevaux et des cavaliers tués à bout portant gênent les autres attaquants. Bien souvent les soldats montés ne peuvent que tourner autour de ces îlots de feu sans parvenir à les démonter, butant également sur les baïonnettes des fantassins. Napoléon tenait cette tactique pour primordiale et les jeunes conscrits étaient principalement formés pour savoir l'appliquer, à partir des années 1813, alors que leur niveau qualitatif baissait franchement.
Seul souci, les hommes organisés en carré sont très serrés et un tir d'artillerie ennemi donnant dedans ne peut que faire de gros dégâts...
PIGEARD (Alain), "Carré", dans Dictionnaire de la Grande Armée, Paris, Tallandier, 2002

:salut:
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Re: Tactique : Former le carré.

Message par L'âne » 14 juin 2018, 15:08

Robert SOLÉ « Bonaparte, à la conquête de l’Égypte »
"Ses divisions [celles de Bonaparte] se forment en carré : une disposition réglementaire dans l'armée française depuis 1776, mais qui a été peu utilisée sur les champs de bataille européens. C'est une sorte de forteresse vivante. Les fantassins sont organisés sur plusieurs rangs qui se tournent le dos. Au centre de ce vaste carré sont placés l'état-major, les civils, l'artillerie et les bagages. Pour faire feu, on attend que les assaillants soient à portée de fusil. À chaque assaut, les mamelouks s'attirent un feu terrible. Les cavaliers les plus intrépides continuent leur charge et viennent mourir au pied des carrés."

Chantal PRÉVOT « 250 réponses à vos questions sur Napoléon » :
"Napoléon ne négligeait pas pour autant la manœuvre des unités : « la plus importante : c'est le déploiement en carré par bataillon. Il faut que les chefs de bataillon et les capitaines sachent faire ce mouvement avec la plus grande rapidité; c'est le seul moyen de se mettre à l'abri des charges de cavalerie et de sauver un régiment. »"

Bernard CORNWELL « Warterloo » :
"Un bataillon en ligne était terriblement vulnérable à une charge de cavalerie, mais un carré de fantassins pouvait mettre en déroute presque n’importe quelle attaque menée par des cavaliers.[...] Un carré (qui avait souvent une forme oblongue) comprenait quatre rangs. Les soldats du premier rang s’agenouillaient et n’ouvraient pas le feu avec leur mousquet mais plantaient la crosse de leur arme dans le sol et orientait celle-ci vers l’extérieur, baïonnette fixée, afin de créer une haie de lames, à laquelle venaient s’ajouter les baïonnettes des soldats accroupis du deuxième rang. Les troisième et quatrième rangs pouvaient tirer au- dessus de la tête des hommes des deux premiers rangs. Les cavaliers se retrouvaient donc face à un obstacle redoutable et généralement insurmontable. Aucun flanc n’était attaquable et ils devaient foncer dans un mur d’acier d’où partaient des salves de balles. Les cavaliers occupaient au moins un espace d’un mètre de large et, lorsqu’ils se retrouvaient face à un bataillon britannique composé en moyenne de 500 hommes, seuls 16 ou 17 cavaliers occupaient le premier rang au moment de sonner la charge. Les attendaient donc au moins 200 hommes, dont la moitié tiraient de très près avec leur mousquet. Pas étonnant, dans ces conditions, que la cavalerie n’enfonce que rarement un carré."

Alessandro BARBERO « Waterloo » :
"Ni la ligne ni la colonne n’étaient des formations adaptées pour faire face à une charge de cavalerie qui, en jouant sur la rapidité et la puissance de choc, pouvait manœuvrer de façon à échapper au feu de l’artillerie et heurter l’infanterie dans une direction inattendue. Tous les manuels d’entraînement soulignaient que les fantassins, face à la cavalerie, devaient adopter une formation en carré – un terme qui, par ailleurs, ne doit pas être pris trop à la lettre d’un point de vue géométrique. Le manuel anglais prévoyait qu’un bataillon, ensemble constitué de dix compagnies, constitue plutôt une formation oblongue, avec trois compagnies devant, trois autres derrière et deux sur chacun des flancs. Selon le témoignage d’un officier de l’état-major, on expérimenta à Waterloo un rectangle encore différent, avec quatre compagnies sur les côtés les plus larges et une seule sur les flancs. Il advient aussi fréquemment que deux bataillons en sous-effectif soient réunis en un seul carré. Quoique cette manœuvre soit également prévue dans les manuels, il ne devait pas toujours en résulter un ensemble géométrique très régulier. Enfin, les pertes, avec ce qui les accompagnait de hasard, rendaient très vite impossible de maintenir une formation strictement symétrique."

John KEEGAN « Anatomie de la bataille » :
"Et si la formation en carré permet aux hommes de l’arrière d’être protégés du feu direct par les quatre rangs de devant, ils tournent pour la plupart le dos aux opérations, ils ne voient rien, leurs nerfs sont figés dans la seule attente du boulet de canon qui peut leur arriver par- derrière. On n’aurait pas appris grand-chose de ceux-là si on leur avait demandé de raconter la bataille.[...] La fumée n’affecte pas que la vue. Quand Gronow décrit ce qui se passe à l’intérieur du carré formé par le 3e bataillon du 1er régiment des Guards, vers 4 heures de l’après- midi, il souligne que ladite fumée fait presque suffoquer tant elle est épaisse (Leeke remarque aussi « cette odeur particulière qui mêlait celle du foin coupé et celle de la poudre à canon »). Mercer, qui est entré dans la bataille à 3 heures, dit qu’il découvre là une « autre atmosphère, l’air était étouffant, on eût dit l’haleine d’un four. Nous étions enveloppés dans une épaisse fumée »…"
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