INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Partagez autour de l’armement, de l’équipement et des pratiques des soldats des guerres napoléoniennes.

Modérateurs : Général Colbert, Cyril

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lucien
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien »

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Cyril
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par Cyril »

Je pense que cripure73 ne regrette pas d'être passé nous voir!!!
...et bien que ce cela doit être fantastique pour lui de découvrir tout cela sur son ancêtre, c'est aussi très intéressant pour tout le monde de découvrir ce que renferment nos archives.
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cripure73
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par cripure73 »

je ne vous le fais pas dire et je n'en espérais pas tant!!!... mais j'ai aussi passé beaucoup de temps à lire les autres messages de ce forum sur d'autres sujets et je me régale: il est juste dommage que beaucoup d'anciens posts (et même parfois pas si anciens que ça) aient perdu leurs images (liens morts) car rien de ce qui s'y dit ou s'y montre n'est obsolète. Et c'est vrai que découvrir ces documents négligés ou inconnus du non-spécialiste est très excitant.

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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien »

Cyril a écrit :
08 nov. 2019, 08:01
Je pense que cripure73 ne regrette pas d'être passé nous voir!!!
...et bien que ce cela doit être fantastique pour lui de découvrir tout cela sur son ancêtre, c'est aussi très intéressant pour tout le monde de découvrir ce que renferment nos archives.
Bonsoir,
Merci. Cela me force moi aussi à chercher et à découvrir de belles choses et des fois de l'inédit.
Le partage profite un peu à tous et surtout pour les passionnés de l'histoire militaire, du papier et du petit soldat.
Bon WE.
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien »

I'm back,

La marche des troupes vers le Rhin commença le 28 août. De l'ensemble des ordres donnés par les maréchaux, il résulte que cette marche s'exécuta dans les conditions suivantes. Chaque division forma une colonne qui était précédée de 24 heures par un officier d'état-major et un commissaire des guerres chargés d'assurer le logement et les vivres. La soupe était mangée le matin avant le départ. Les régiments, brigades et divisions marchaient alternativement la droite et la gauche en tête, mais les grenadiers restaient toujours en tête du bataillon et les voltigeurs à la queue. Un intervalle d'un demi-bataillon était laissé entre chaque régiment pour éviter les à-coups dans la marche qui avait lieu en colonne de section à distance de peloton, soit double distance. Lorsque la colonne devait traverser une ville, les subdivisions serraient à distance entière sur celle de tête. La musique jouait pendant les haltes et dans chaque bataillon un tambour battait constamment pendant la marche. Les bataillons ou compagnies quittaient la colonne à hauteur du gîte ou ils devaient cantonner, Un guide était placé à chaque point de bifurcation. La réunion pour la marche du lendemain se faisait toujours sur le gîte le plus avancé. Les soldats recevaient les vivres de campagne et les officiers les vivres de campagne et la solde de route. Chaque régiment avait une voiture pour les bagages de l’état-major et deux par bataillon. Ces voitures, escortées par un sergent et 12 hommes étaient réunies à la queue de la colonne. Les vivandières suivaient leur bataillon. Chaque soldat portait 50 cartouches et une paire de souliers de gratification en arrivant sur le Rhin. Les officiers emportaient leur grand uniforme et étaient suivis chacun par un domestique car il était défendu d'employer aucun soldat au service d'un officier. En arrivant sur le Rhin, chaque régiment organisa un petit dépôt, ou il laissa ses malingres et ses gros bagages. Les tambours et les musiciens y déposèrent leurs mousquetons mais les sapeurs et les fifres conservèrent les leurs. La correspondance des maréchaux fait connaître que la solde ne fut pas payée aux corps pendant cette marche, ce qui gêna beaucoup les officiers. Ce ne fut qu'après l'arrivée sur le Rhin que les corps reçurent des acomptes sur la solde arriérée et que les officiers furent payés pour leur solde de route. Le temps et l'argent manquèrent aux officiers pour organiser des équipages réguliers et pendant toute la campagne, les bagages des corps furent portés par les voitures de réquisition, ce qui fut cause de beaucoup d'abus. Les finances de l'Empire étaient alors obérées ; il y avait alors un fort déficit et les espèces métalliques étaient retirées de la circulation par des spéculateurs ; c'est ce qui fut cause des retards dans le paiement de la solde des troupes.
L'Empereur avait décidé que le jour du passage du Rhin chaque soldat devait porter 50 cartouches, une paire de souliers de rechange et 4 jours de pain. Chaque corps d'armée devait emporter 4 jours de biscuit sur des voitures de réquisition. Le troupes devaient vivre par réquisition sur le pays en donnant des bons réguliers. La rapidité des marches et le manque de distributions régulières furent cause de la maraude qui se développa de plus en plus. Tout le pays traversé par les colonnes fut pillé. Les voitures de réquisition qui portaient le biscuit de réserve ne purent suivre le mouvement des troupes. DAVOUT rendit compte le 06 octobre que son biscuit était encore à 2 jours en arrière ; il demanda le 11 l'autorisation de faire fusiller les pillards pour mettre un frein au pillage général d'un pays allié.
SOULT publia le 16 octobre l'ordre suivant : Pour faire cesser l'indiscret tiraillement qui a lieu journellement dans les camps et pendant les marches, le maréchal ordonne que tout militaire qui aura tiré un coup de fusil sans être en présence de l'ennemi, sera privé pendant 8 jours d'avoir son chien à son fusil.
Un ordre du 3 octobre traça la route de l'Armée de Strasbourg et de Mayence sur Spire, ou elle passait le Rhin et continuait sur Heilbronn, Halle et Nordlingen. Les étapes étaient de 5 à 6 lieues de chaque gîte. Il était établi un commandant d'armes pris parmi les officiers fatigués qui furent remplacés à leur corps. Toutes le deux étapes trouvait un commissaire des guerres avec un magasin de vivres qui distribuait deux jours de pain à tous les passagers. Les troupes de Bade et du Wurtemberg étaient chargées, dans leur pays, de la garde de la ligne et de l'escorte des convois. Un général de brigade, placé à Stuttgart avait la surveillance de tout ce service. A Spire, un adjudant commandant réglait le départ des détachements et des convois et recevait les convois de prisonniers et de malades. Il devait répartir les malades dans les hôpitaux voisins sans leur faire repasser le Rhin. Aucun homme appartenant à la Grande Armée ne devait repasser pendant la campagne.
Les hommes restés en arrière pendant la marche vers le Rhin et ceux qui sortaient des hôpitaux de l'intérieur étaient dirigés sur le petit dépôt laissé par leur corps dans une localité d'Alsace. L'Empereur prescrivit, le 12 octobre aux maréchaux LEFEBVRE et KELLERMANN de former tous les huit jours, un détachement de 300 à 400 hommes tirés des petits dépôts et de les diriger sur l'Armée en escortant un convoi.
Augsbourg fut désigné le 22 octobre pour recevoir les petits dépôts formés dans chaque corps d'Armée avec les hommes fatigués. Le dépôt d'un corps d'Armée était commandé par un adjudant commandant assisté de deux adjudants et d'un médecin. Il disposait d'un casernement pour 400 hommes et devait rallier tous les hommes restés en arrière ou sortant des hôpitaux, qui ne devaient pas être conservés au dépôt plus de 15 jours.
Les détachements venant de France y séjournaient un jour pour compléter leurs effets et leurs cartouches. Les petits dépôts laissés sur le Rhin furent dirigés sur Augsbourg. Les hommes des petits dépôts étaient joints aux détachements qui passaient et à défaut étaient formés en détachements de 50 hommes commandés par un officier qui étaient dirigés sur l'Armée avec un convoi.
La route de l'Armée avait été prolongée de Nordlingen à Donauvertz ; là elle se séparait en 2 embranchements, l'un allant par Augbourg sur Munich et l'autre par Neubourg et Ingolstatd sur Landshut. Les troupes Bavaroises étaient chargées du service sur ces 2 routes. Les petits dépôts furent par ordre du 2 novembre transportés d'Augsbourg à Brassau ; les 2 routes furent prolongées sur cette ville ou elles se réunirent.
Un flottille fut organisée sur le Danube à Passau pour transporter les hommes et les vivres avec plus de rapidité et moins de fatigues.
Les corps d'Armée laissèrent à Passau leurs hommes fatigués pour former la garnison des premiers bateaux. A partir du 23 novembre, les garnisons furent tirées des petits dépôts de Brassau.
Après l'occupation du Tyrol, le Maréchal NEY prit le 10 novembre, les mesures suivantes pour les vivres : chaque homme recevait par jour des magasins de l'Armée une livre et demie de pain et une demi-livre de viande. Les habitants devaient fournir une once de riz, deux de légumes secs, le sel, la lumière, une pinte d'eau de vie pour 16 hommes ou par homme une demi-bouteille de vin ou une bouteille de bière. A Vienne, l'Empereur fixa, le 21 novembre la ration de vivre à 38 onces de pain, une demi-livre de viande, 4 onces de riz et de légumes secs et une demi-bouteille de vin.
L'Empereur prescrivit à Brune le 26 novembre de prendre l'ordre de bataille suivant, autant que les circonstances le permettraient. Chaque brigade avait son premier régiment en bataille, en seconde ligne, le deuxième régiment ayant ses bataillons en colonne, un escadron en troisième ligne. Dans les divisions à 5 régiments, le dernier régiment formait la réserve. La division avait ainsi en première ligne 4 bataillons en bataille, en seconde, 4 bataillons en colonne, en troisième, 2 escadrons et dans quelques-uns 2 bataillons en colonne. La colonne employée était la colonne double.
2 décembre 1805 la bataille d'Austerlitz….
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien »

55ème

Nous l'avons vu, par ses Etats de Services, J.-J. Bellavoine fera toutes les Campagnes de l'Empire. Une lettre adressée le 13 Vendémiaire An 13 (5 Octobre 1804) à :
« Monsieur Bellavoine, Caporal au 55e Régiment, 2eme Bataillon, 3e Compagnie, campé au Camp de Boulogne, à Boulogne », nous précise que notre Soldat s'y trouvait toujours. Le célèbre Ordre du Jour du 15 Fructidor An 14 : « Soldats, je suis content de vous. Vous avez à la journée d'Austerlitz décoré vos Aigles d'une immortelle gloire... Il vous suffira de dire : J'étais à la Bataille d'Austerlitz, pour que l'on vous réponde : Voilà un Brave — NAPOLEON», était dans les papiers de Bellavoine, qui en conservent une copie ; sans doute, Bellavoine fut-il l'un des combattants d'Austerlitz, le 2 Décembre 1805.

Si J.-J. Bellavoine faisait partie de la division Saint-Hilaire, dont il parle dans ses Notes, il fut de ceux qui s'illustrèrent à Austerlitz dans la célèbre prise du plateau de Pratzen ; les « Souvenirs » du Commandant Vivien nous montrent que le 55e prit part à la Bataille d' Austerlitz (op. cit., p. 126).


Le 2eme Bataillon du 55eme Rgt de Ligne nous désigne le Chef de Bataillon RABIE.
Ce dernier a été gravement blessé à la bataille d'Austerlitz.
55eme Ligne 40 (1).jpg
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien »

cripure73 a écrit :
05 nov. 2019, 21:08
Un grand merci pour ces documents étonnants!!

Sur le registre des officiers, mon aïeul n'y figure pas car il ne passa sous-lieutenant qu'en 1813 (le registre s'arrête à 1806) mais j'y reconnais des noms croisés par ailleurs : Vivien - qui a écrit ses mémoires, Schwiter qui fut son colonel en Pologne puis en Espagne et lui écrivi une lettre d'instructions (par ailleurs claire comme du jus de boudin) reproduite dans la publication de Beaucour, et peut-être même Hugo (oncle de Victor) mais cela n'est pas toujours facile à lire. Cela me permet en tout cas de mieux situer mon ancêtre dans l'organisation et l'organigramme, vraiment super!

De précieuses pièces dans la reconstitution du périple du 55e...
VIVIEN :
Blessé également à Austerlitz.
55eme Ligne 40 (3).jpg
HUGO :
A la grande Armée aussi.
55eme Ligne 40 (2).jpg
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien »

Le 1er et 2eme Bataillon du 55e Rgt de Ligne ont ainsi fait partie du 4eme Corps, Maréchal Soult comme souligné par le document ci-dessous portant sur la création des compagnies de Voltigeurs comme évoqué précédemment.
16 Brumaire AN XIV (7 novembre 1805).
Le caporal Jean-Jacques BELLAVOINE du 2eme Bataillon a vraisemblablement participé à la bataille d'Austerlitz.
55eme Ligne 41  (1).jpg
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien »

Il a été procédé de même pour le 3eme Bataillon stationné à Boulogne au camp de WIMEREUX - 1ere Div. du 1er Corps d'Armée de réserve.
Officiers, sous-officiers et soldats de la plus petite taille étaient ainsi retenus pour ces compagnies de Voltigeurs comme prescrit par le décret.
Les ordres étaient appliqués à la lettre. Procès verbal rédigé et adressé à PARIS.
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par cripure73 »

de retour après un mois d'éloignement à l'étranger. Merci Lucien pour ces derniers documents. Quel est le type de document qui contient les CVs des sieurs Hugo, Vivien et Rabié présenté plus haut? pourquoi s'arrête-t-il en 1806? recense-t-il uniquement les officiers?

Concernant Austerlitz, le 55e s'est apparemment pas mal illustré (et aussi morflé, avec près de 20% de pertes) comme illustré sur ces deux témoignages que j'ai pu trouver, un du colonel Ledru alors commandant du 55e et l'autre de Vivien, sus-mentionné :

Récit du colonel Ledru, commandant le 55ème
Je suis échappé sain et sauf, mon Cher Ami, aux dangers de la bataille d’Austerlitz. Tu liras sans doute avec intérêt quelques détails sur ce qu’a fait mon régiment dans cette célèbre bataille.
La 1e division du corps du maréchal Soult, commandée par le général Saint-Hilaire, et dont le 55e fait partie, avait été dirigée par l’Empereur pour commencer l’attaque et devait couper l’armée ennemie dans son centre. Le 11 (note : Frimaire) à la pointe du jour elle marcha en colonne vers les hauteurs de Pratzen. J’obliquai à gauche avec mon corps et le 2e bataillon du 43e régiment pour enlever une batterie de six pièces de canon qui nous prenait en flanc et nous faisait beaucoup de mal. Elle était défendue par deux régiments russes. Dans un instant, mon général de brigade et mes trois chefs de bataillons furent mis hors de combat. Je pris le commandement. Je fis doubler le pas en faisant un feu terrible. L’ennemi fut culbuté et son artillerie tomba en notre pouvoir. Ces deux régiments (note : mot illisible) coururent en désordre se rallier à 300 pas de là, derrière un corps de quatre mille hommes occupant une hauteur avantageuse, avec huit pièces. Je n’hésitai pas à l’attaquer quoiqu’il fut deux fois plus nombreux que moi, et faisant faire les feux de bataillons en avançant. J’emportai cette position aussi rapidement que la première. Presque tous les canonniers furent tués sur leurs pièces et cette seconde artillerie tomba également au pouvoir de mon régiment. Cet avantage me coûta cher, puisqu’en moins de cinq minutes la mitraille et les balles me firent perdre trois cents hommes et frappèrent mon cheval. En arrivant sur la hauteur, je m’attendais à être vigoureusement reçu à la baïonnette par les Russes tant vantés, mais ils gagnaient en fuyant le village de Pratzen : un feu roulant les abattait par centaines et la terre était jonchée de leurs morts.
J’allais entrer dans Pratzen et détruire complètement cette colonne, lorsque les cuirassiers de la garde impériale de Russie accoururent au galop pour la sauver et me charger. Je me formais lestement en masse et quoique mes tirailleurs allaient à 50 pas leur tuer du monde, ils n’osèrent m’attaquer. Ce fut alors que le maréchal Soult avec la division du général Vandamme. Il me fit les compliments les plus flatteurs et je rejoignis le général Saint-Hilaire, qui se trouvait à deux lieues de là, en mesure d’attaquer le château de Sokolnitz, où mon régiment fit près de 400 prisonniers dans le parc. Jusque là, le soldat avait tué sans miséricorde et n’avait pas voulu prendre personne, en représailles de la cruauté des Russes. Vers quatre heures, lorsque les débris de l’armée ennemie étaient acculés au lac de Menitz, l’Empereur passa prés de moi, m’appela et eu la bonté de me témoigner sa satisfaction sur la conduite de mon régiment et de me donner des détails sur les résultats de la bataille..
Tu les liras dans les rapports officiels. Jamais armée française ne fut couverte de tant de gloire. Le 55e a perdu 344 (?) hommes, dont 18 officiers; mes deux chefs de bataillons et 8 capitaines ont été gravement blessés.
(Lettre à son beau-frère – 11 décembre 1805, Vienne)
« Je me rappelai l’Empereur passant, écrit-t-il, la veille de la bataille, à dix heures du soir, dans les bivouacs de ses divisions d’infanterie, massée autour du Santon, position qu’il avait fait fortifier la veille et armer de dix-huit pièces de gros calibre ; et les soldats brandissant au-dessus de sa tête des torches de paille allumée ; c’était ainsi qu’ils célébraient leur général, aux cris mille fois répétés de « Vive l’Empereur ! ». Je me rappelai l’armée rangée en bataille, le lendemain, à sept heures du matin, s’ébranlant simultanément : l’infanterie l’arme au bras, marchant en colonnes échelonnées par régiment, contre des lignes doubles d’une étendue incommensurable ; se déployant et, après quelques bons feux à courte distance, les enlevant au pas de charge, les baïonnettes croisées ; et la cavalerie chargeant à fond les nombreux escadrons russes, dispersant ou sabrant des colonnes d’infanterie moscovites, noire de profondeur, ou leur faisant poser les armes. Je me rappelai le corps d’armée du maréchal Soult, dont j’avais l’honneur de faire partie, partant du ravin de Kobelnitz, enlevant le vaste plateau de Praztzen, centre d’opérations de l’armée austro-russe, où commandaient le feld-maréchal Kutusoff et l’empereur Alexandre, rejetant le centre de l’armée ennemie sur Wisschau en lui enlevant ses canons ; et de ce point, par une savante demi-conversion à droite, combinant ses mouvements avec ceux des divisions Bourcier et Friant, du corps du maréchal Davout, et prenant à revers l’aile gauche de l’armée ennemie commandée par les généraux Buxhowden et Langeron, l’acculant aux lacs de Telnitz et de Sokolnitz, où tout son matériel et beaucoup de Russes furent engloutis. Je me rappelai que, de compte fait, il y eut, ce jour-là, dans l’armée austro-russe, huit généraux, dix colonels et quarante-cinq mille hommes tués, blessés ou faits prisonniers ; que deux cents pièces d’artillerie et quarante-sept drapeaux tombèrent en notre pouvoir. Je me rappelai aussi et je n’oublierai jamais la générosité du grand homme envers deux Empereurs vaincus qui, le lendemain de la bataille, imploraient sa clémence, et qui, dix ans plus tard, après l’avoir cité au ban de l’Europe, ne lui laissaient pas même où poser sa tête ! Je fus blessé, à neuf heures du matin, d’un coup de mitraille à l’épaule qui ne me mit pourtant pas hors de combat. Quelques mois plus tard, je reçois la décoration de la Légion d’honneur et le commandement d’une compagnie de grenadiers ; j’avais alors vingt-huit ans.
En ce temps-là, le chef de l’armée, qui était aussi celui de l’Etat, était entouré des respects et de l’amour de la nation française… »
(Commandant VIVIEN : « Souvenirs de ma vie militaire, 1792-1822 », A la Librairie des Deux Empires, 2003.)

Contrairement aux promesses faites initialement, le 55e ne rentrera pas en France. Il semble avoir stationné plusieurs mois près de Braunau (je ne suis pas sûr) avant d'enchaîner sur les campagnes d'Allemagne et de Pologne (puisque qu'on retrouve mon Bellavoine blessé à Heilsberg)....

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