15 jours sans enlever ses bottes ?!

Partagez autour de l’armement, de l’équipement et des pratiques des soldats des guerres napoléoniennes.

Modérateurs : Général Colbert, Cyril

Villemaire

15 jours sans enlever ses bottes ?!

Message par Villemaire » 27 oct. 2005, 19:33

Ouais, je suis un nouveau passionné de Napoléon. Donc ca ne sera surement pas nouveau pour vous, mais moi, j'ai faillit m'étoufer avec mon café... :shock:

En lisant un livre ce matin (NAPOLÉON Liberté – Égalité – Fraternité, de Ben Weider), je suis tombé sur un passage décrivant les conditions de vie régnant parfois durant certaines campagnes militaire.

Dans un passage contenant un extrait de la correspondance de Napoléon à son frère Joseph ( un peu avant Eylau je crois), il mentionne : ne pas avoir enlevé ses bottes durant quinze jours et que la plupart des hommes étaient dans les mêmes vêtements depuis plusieurs semaines. :shock:

Ouch... Y avais pas moyen de laver son linge et de prendre un bain quelque part ? :? Pour ceux qui s'y connaissent : ils n'avaient donc pas de vêtements de rechange avec eux ? Remarquez : je n'imagine pas non plus 100 000 hommes entrer dans une petite riviere avec leur barre de savon et leur gant de toilette. :? :)

:arrow: Voilà le genre de reconstitution qui m'intéresse un peu moins... :lol:

Mais comme on dit : A la guerre, comme à la guerre... :salut:

N.B.: Le livre en question est :
NAPOLÉON Liberté – Égalité – Fraternité, de Ben Weider, avec la collaboration d’Émile Gueguen, Éditions Trois-Pistoles, 1997, 351 p. http://www.napoleonicsociety.com/french ... galite.htm
Modifié en dernier par Villemaire le 27 oct. 2005, 20:12, modifié 1 fois.

JIEM

Message par JIEM » 27 oct. 2005, 19:54

Les hommes en campagne n'avaient avec eux que ce qu'ils pouvaient emporter avec eux ...c'est à dire, le contenu de leur havresac. Bien souvent, la nourriture était privilégiée aux effets vestimentaires. et ce, malgré les règlements...., vous imaginez donc bien que pour se changer régulièrement .... :?

De plus, l'hygiène au début du 19è siècle n'était pas observée comme de nos jours, autres temps, autres moeurs :)

gendarme Hubert

Message par gendarme Hubert » 27 oct. 2005, 20:54

Les pauvres soldats en campagne avaient plus leurs pensées dirigées vers la recherche de nourriture. Surtout pendant la campagne de 1807.
Et en février 1807, en plus en POLOGNE, je les vois mal en train de se laver dans une rivière.

Cpt Thevenet

15 jours sans enlever ses bottes ?!

Message par Cpt Thevenet » 27 oct. 2005, 23:11

Comme on te l'a fait remarquer les soins corporels n'étaient pas les mêmes au début du 19e siècle.
Après avoir parcouru en moyenne trente kilomètres par jour, en arrivant à la halte ils devaient encore trouver leur nourriture et celle des chevaux, les hommes n'avaient certainement plus le courage d'aller se laver, les armées en marche dégageaient une certaine odeur.

Villemaire

Message par Villemaire » 28 oct. 2005, 16:41

Voila, j'ai revérifié dans mon bouquin…

L' action se déroule bien, comme l' avait deviné hub73, en Pologne, au printemps 1807. La bataille d'Eylau venait d'avoir lieu, et plutôt que de rentrer à Paris et de revenir plus tard (il y avait encore des baffes a distribuer aux quelques coquins des régions voisines) Napoléon décide de rester en Pologne pour y prendre ses quartiers d' hiver, pour attendre le dégel et surtout pour que les troupes reprennent des forces. De mars à mai 1807, donc, l' armée cantonne.

Et c’est durant cette période qu’il écrit à Joseph :
* « Officiers d'état-major, colonels, officiers, ne se sont pas déshabillés depuis deux mois, et quelques uns depuis quatre. J’ai moi-même été quinze jours sans ôter mes bottes.»
* (pp. 225 in NAPOLÉON Liberté – Égalité – Fraternité, de Ben Weider, Éditions Trois-Pistoles, 1997, 351 p.)

Les combats reprendront en juin. Ce sera la bataille de Friedland.
cpt Thevenet a écrit :les armées en marche dégageaient une certaine odeur.
... de quoi faire reculer l'ennemi. :)

gendarme Hubert

Message par gendarme Hubert » 28 oct. 2005, 18:12

Pas de quoi faire reculer l'ennemi.
Je n'ai pas les références en tête, mais je sais que lors d'une campagne en ALLEMAGNE ou AUTRICHE, je ne sais plus si c'est des habitants ou des troupes en armes qui ont dit avoir senti les français arriver.
Je vais tâcher de vous retrouver cette référence.

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 28 oct. 2005, 18:32

Oter ces fameuses bottes a du être bien pénible pour l'Empereur. Las Cases, évoquant l'odorat de Napoléon, parle d'hyperesthésie.

Joséphine

Message par Joséphine » 28 oct. 2005, 19:04

En dehors des campagnes, Napoléon observait une hygiène très rigoureuse.
Lorsqu'il rentrait d'un parcours à cheval en fin de journée, il gardait souvent les bottes et ne prenait pas le temps de se changer avant de présider un Conseil, sans que cela ne présente aucun souci, tant il avait pris de soin à sa toilette du matin.
Les bains qu'il prenait duraient en moyenne 1 H 30 à 2 H ....

En campagne, évidemment, ce souci était relégué au dernier plan, l'essentiel étant de trouver à se nourrir pour vivre, et parfois pour survivre.



:salut:

Chat-Braque

Message par Chat-Braque » 28 oct. 2005, 20:09

Drouet Cyril à écrit :
………………………
Oter ces fameuses bottes a du être bien pénible pour l'Empereur. Las Cases, évoquant l'odorat de Napoléon, parle d'hyperesthésie.
………………………


Vous devez sûrement connaitre cette lettre dont je suis incapable de retrouver les sources (étaient-elles seulement fiables?) où il demandait à Joséphine de ne pas se laver car il arrivait sous quelques jours…??
… (à propos d'hyperesthésie)

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 28 oct. 2005, 20:42

Oui, j'ai déjà entendu parler de cela. Mais je ne sais ce qu'il faut en penser...


Cela va assez peu de paire avec cette anecdote contée par Constant :
"J'ai déjà dit que l'empereur avait un dégoût très prononcé pour les odeurs ; aussi ne manque-t-il pas de le témoigner quand j'introduisis dans sa chambre cette pauvre fille, qui, sans doute, avait cru faire un grand plaisir à Sa Majesté en se couvrant ainsi d'essences. Mais enfin elle était si jolie, si séduisante, qu'en la regardant l'empereur sentit s'évanouir son antipathie.
Il y avait deux heures à peu près que j'étais sorti de la chambre à coucher, lorsque j'entendis sonner à casser le cordon, j'entrai bien vite et ne trouvai que la jeune personne. L'empereur était dans son cabinet de toilette, la tête appuyée sur ses mains. "Constant, s'écria-t-il en me voyant, emmenez-moi cette petite ! Elle me fera mourir avec ses odeurs, cela n'est pas supportable. Ouvrez toutes les fenêtres, les portes...mais surtout emmenez-la ! Dépêchez-vous."

Classe.

A Sainte-Hélène, Napoléon se souvriendra d'une de ses conquêtes d'un soir avec émotion par le fait que la jeune fille n'avait pas la moindre odeur.


Salutations respectueuses.

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