[ARTILLERIE] LA MITRAILLE

Partagez autour de l’armement, de l’équipement et des pratiques des soldats des guerres napoléoniennes.

Modérateurs : Général Colbert, Cyril

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Cyril Drouet
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Re: Pulvérisation de mort "massive"

Message par Cyril Drouet » 27 sept. 2017, 19:33

En parlant de Coignet et d'artillerie, voici une "amusante" rencontre entre le célèbre mémorialiste et un boulet autrichien à la bataille d'Essling :

"Il était défendu de passer derrière la ligne pour satisfaire à nos besoins. Comme il y avait là des sapins, on aurait pu s'y cacher et dégarnir nos rangs. Il fallait donc, malgré la pudeur, se poster devant le front de bandière. J'y allai à mon tour, ayant soin de faire face à mes compagnons. En ce moment, un boulet qui ricochait, me couvrit de terre et faillit me casser les reins. Je me sauvai sans prendre le temps de relever ma culotte et trouvant un peu dur le papier que m'avaient servi les Autrichiens."
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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mrphilou
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Re: Pulvérisation de mort "massive"

Message par mrphilou » 27 sept. 2017, 22:51

L'enclouage de sa propre pièce était puni de mort. Il s'agissait de la dernière extrémité pour ne pas que la pièce tombe à l'ennemi.
Si j'avais su j'aurai pas vnu !!!

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Demi-solde
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Re: Pulvérisation de mort "massive"

Message par Demi-solde » 28 sept. 2017, 01:03

Un mitraillage célèbre...

Image

Cordialement

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C-J de Beauvau
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Re: Pulvérisation de mort "massive"

Message par C-J de Beauvau » 28 sept. 2017, 08:09

cyril a écrit :
27 sept. 2017, 19:03
Que devaient ressentir les soldats sous pareils canonnade? une indescriptible peur...
où comme Coignet une simple ignorance....qui lui permet dès sa première bataille un acte de courage.
De nombreuses jeunes recrues ne connaissaient pas les effets des canons !
« Arrêtez-le, les gars ! » s’était écrié un pauvre jeune Irlandais, qui tenta de bloquer le boulet avec le pied ; celui-ci fut mis en pièces, ce qui rendit l’amputation inévitable. » "Histoire Du Monde."
A Waterloo, tous les canons (à l’exception des quelques obusiers présents) furent mis en batterie en vue de leurs objectifs. Chaque pièce était un monstre crachant du feu et de la fumée. Les gens nés vers la fin du XVIIIe siècle n'étaient pas habitués à un nombre de décibels supérieur à la moitié de ce que nous considérons comme normal en notre siècle d’avions à réaction etc .... Les jeunes soldats formant le gros des armées alliées durent considérer ce vacarme comme épouvantable.
Les Anglais ayant adopté une disposition sur deux rangs, de tels boulets ne pouvaient guère causer de dégâts d’autant que, sur l’ordre de Wellington, les hommes se couchaient dans toute la mesure du possible. Parce qu’à cheval, les officiers constituaient des cibles plus faciles à atteindre, mais la trajectoire des boulets étant visible par beau temps, les cris de leurs hommes les alertaient. Lorsque les soldats adoptaient une formation en colonne ou en carré, le problème devenait différent ; le boulet traversait alors la formation, brisant tout sur son passage. « Vers le soir », écrivait à propos de Waterloo un officier du 40e, « le régiment étant en colonne, un boulet décapita le capitaine Fisher à mes côtés et mit 25 hommes hors de combat. Durant de longues années de service, je n’ai jamais vu projectile plus destructeur. »
Modifié en dernier par C-J de Beauvau le 28 sept. 2017, 08:51, modifié 2 fois.
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Re: Pulvérisation de mort "massive"

Message par C-J de Beauvau » 28 sept. 2017, 08:13

Cyril Drouet a écrit :
26 sept. 2017, 15:41
A la mitraille pouvait s'ajouter un boulet. Témoignage de Levavasseur (Souvenirs) à la bataille d'Amstetten (5 novembre 1805) :

"On parvient à y introduire un boulet et on enfonce avec peine de la mitraille par dessus. Le cliquetis du sabre est presque sur nos canons. Le canonnier Collot étend le bras, la mèche allumée, pour mettre le feu ; on crie : "Gare !" Nos hussards s'écartent de part et d'autre dans le bois et il se fait une petite embrasure humaine en avant de la bouche à feu. Un colonel russe, couvert d'or et de broderies, fond sur mon canonnier pour lui couper le bras ; le coup part, la pièce se brise dans les tourillons et le colonel tombe sur elle. L'explosion renverse après lui plus de quarante chevaux montés et blessés et une si grande quantité d'hommes, tant Russes qu'Autrichiens et Français, que ce monceau forme sur la route un obstacle infranchissable."
Selon "HistoireDuMonde"
Lors des attaques de la cavalerie française, les canonniers anglais chargeaient leurs pièces d’un boulet rond, coiffé d’une boîte à mitraille ; la grêle de balles semait le désordre dans les premiers rangs et le boulet provoquait des dégâts jusqu’au dernier rang.
Sans l’explosion apparemment des canons .
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[ARTILLERIE] LA MITRAILLE

Message par C-J de Beauvau » 28 sept. 2017, 08:25

les innovations en matière d’artillerie dans cette période furent le fait des Anglais. Ainsi, le major Henry Shrapnell inventa la boîte sphérique qui portera son nom et qui associait les avantages du boulet et de la boîte à mitraille. Compte tenu de la durée voulue de la combustion, le canonnier choisissait parmi un lot de fusées ; le shrapnell explosait au-dessus des rangs ennemis.
L’Artillerie britannique l’adopta en 1803 et, pendant 25 ans, les autres pays cherchèrent en vain à le copier. En 1808, lors de la campagne de Vimeiro, Wellington l’utilisa et il écrivit ensuite à son inventeur pour lui dire que « la boîte à mitraille sphérique avait contribué à la victoire ». Plus tard, il douta des qualités de ce projectile ; il avait eu l’occasion de voir le général Simon, tombé entre ses mains lors de la bataille de Busaco (1810). « Il avait reçu plusieurs éclats au visage et dans la tête, mais on avait réussi à les lui retirer, comme on eût fait de simples grains, de plomb à canard dans le cas d’un chasseur blessé par un ami. Il n’était pas grièvement blessé ». Wellington en conclut que « les blessures infligées par le shrapnel ne handicapent pas les personnes qui reçoivent ces éclats et ne les empêchent pas de continuer à se battre. » Il continua à expérimenter cette arme et vit qu’elle était particulièrement efficace lorsqu’elle était chargée de balles de fusil.
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Re: Pulvérisation de mort "massive"

Message par L'âne » 28 sept. 2017, 08:28

J. de Kerckhove, Mémoires :
Bataille de la Moskowa (lundi 7 septembre 1812)
« Un coup de canon part de l'une de nos batteries pour donner le signal de l'attaque : au même instant, une autre de nos batteries fait une décharge de plus de cent bouches à feu. Alors, quelle scène épouvantable ! Une épaisse fumée se répand, l'air est fendu en tous sens par les boulets et la mitraille, la terre tremble, elle semble se transformer en salpêtre et en souffre, un violent ronflement se fait entendre, le bruit du fer et de l'airain, le sifflement des boulets, l'explosion des obus et de la mitraille, la fusillade qui s'engage sur tous les points, le fracas et le tumulte des armes, les harangues, les cris de commandement et de rage, les lamentations des blessés, tout se confond.»

Sergent Bertrand, Mémoires :
17 novembre 1812 Krasonïé
"J'attendais avec ravissement que la cuisson fut complète, lorsque tout à coup nous recevons des boulets et de la mitraille. L'un de ces projectiles m'enleva la poêle et son contenu. Je n'eus d'autre mal qu'une secousse très force dans la partie droite du corps, mais, de désespoir, je me mis à pleurer ! »
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Re: Pulvérisation de mort "massive"

Message par C-J de Beauvau » 29 sept. 2017, 00:40

Et oui la chance, la guigne, le hasard ou les conjonctions de circonstances favorables ou défavorables ! ?? Mort du maréchal Lannes à Essling

Lannes profite d'un moment de calme pour se promener en compagnie du général Pouzet, son ancien instructeur des volontaires du Gers ; celui-ci est tout d'un coup atteint par une balle, et meurt sur le coup. Bouleversé, Lannes s'éloigne du cadavre et va alors s'asseoir sur une petite butte. Là, un petit boulet de trois livres venant d'Enzersdorf, après avoir ricoché, vient le frapper à l'endroit où ses genoux sont croisés .Sa rotule gauche est brisée, les os sont fracassés, les ligaments, déchirés et les tendons, coupés. L'artère poplitée est rompue. Quant à la jambe droite, elle a le jarret déchiré. Transporté sur l'île Lobau, il y est, après un grand conciliabule , amputé de la jambe gauche par Larrey. Dans la matinée du 23 mai, on le transporte sur la rive droite du fleuve, l'installant dans une des maisons d'Ebersdorf. Durant quatre jours, l'état du maréchal paraît satisfaisant, et Lannes parle déjà de se faire fabriquer une jambe artificielle . Mais dans la nuit du 27 au 28, il est pris brutalement de fièvres et de délires. Son état s'aggrave et aucun des médecins présents, Larrey, Yvan, Paulet et Lannefranque, ne peut le sauver de la gangrène qui s'est déclarée. Le 29 mai, Napoléon, extrêmement affecté, restera une demi-heure au chevet de son ami, qu'il sait désormais condamné ; même le docteur Frank, sommité viennoise, ne peut que confirmer le pronostic. Jean Lannes meurt le 31 mai au matin, entre cinq et six heures. Au secour ! mais Duchesne et Fleming ne sont pas nés et la Pénicilline non plus!
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Re: [ARTILLERIE] LA MITRAILLE

Message par lucien » 07 août 2019, 13:10

A joindre au dossier.
Artillerie - 5eme Rgt à Pied 1.jpg
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