[CHEVEUX] La Mode militaire

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Modérateurs : Général Colbert, Cyril

barthelemy

Les militaires et l'odeur de la poudre

Message par barthelemy » 27 août 2017, 23:46

vieux con ?

oh.... shocking ! :)

à Sainte-Hélène, même les anglais se moquaient de lui, avec ses tenues Ancien Régime et sa perruque poudrée ! :D

à croire que le gouvernement de Louis XVIII avait choisi volontairement le pire... :evil:

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C-J de Beauvau
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[CHEVEUX] Suppression de la queue de chevelure dans l'armée française au camp de Boulogne en mai 1804

Message par C-J de Beauvau » 28 sept. 2017, 23:42

Pourquoi donc a-t-on supprimé cette queue de chevelure si utile ? Le savez vous ? Se distancier de l'ancien régime ?

JR Coignet n’a-t-il pas été sauvé par elle d’un coup de sabre qui l’a coupée en partie mais n’a fait que l’assommer en Italie ?!

Voici une anecdote prise dans les carnet du colonel Bial

Pendant ma maladie, j'avais négligé ma tenue, et mes cheveux étant tellement embrouillés que le coiffeur me conseilla de les couper. Il faut rappeler, en passant, que l'on portait encore les cheveux longs et rattachés en queue par un nœud appelé catogan. Je me décidai donc à les faire couper avant de quitter Calais pour rejoindre mon corps, déjà parti depuis quelques jours. A mon arrivée, je fus rendre visite au colonel qui, dès qu'il m'aperçut, s'arrêta pour m'inspecter des pieds à la tête (à la tête surtout) et manifesta d'abord une grande surprise. Il devint ensuite cramoisi et je crus qu'il allait tomber à la renverse. Il faut dire que le colonel Schreiber était encore tout à fait « ancien régime », et, de plus, suisse d'origine, mais suisse dans toute la force du terme. Bonhomme au demeurant et bon officier de garnison, très à cheval sur les principes.
Donc, après m'avoir examiné, le colonel me dit :
« Comment ! Vous avez fait couper votre queue ! Vous ne deviez pas ! Quel exemple allez-vous donner à vos camarades et subordonnés ! » Et il marchait de long en large, animé d'une colère toujours croissante, répétant sans cesse « Un officier sans queue ! Un officier sans queue ! Ah où en sommes-nous, grand Dieu ! » Cette scène me donnait envie de rire, et comme je me disposais à partir, ne pouvant plus y tenir, il me dit : « J'en suis fâché pour vous, mais je ne puis faire autrement que de vous mettre aux arrêts. C'est trop grave, voyez-vous ! Au surplus, j'en rendrai compte à qui de droit. Je le regrette pour vous, mais c'est trop grave. Comment ! Se faire couper la queue sans permission ! Et, où allons-nous, alors ! »
Comme je l'ai déjà dit, le faisais mes arrêts d'une façon fort agréable, lorsqu'au bout d'une dizaine de jours, le colonel me fit appeler : « Capitaine, me dit-il, voici un papier qui vous concerne, lisez ». Et je lus que le Premier Consul me nommait membre de la Légion d'Honneur, nouvellement instituée, pour prendre rang à compter du 26 prairial, an XII. On pense si cette nouvelle me remplit le coeur de joie et de fierté. Il y avait près de douze ans que j'étais parti de ma province comme simple volontaire. A 19 ans, j'étais lieutenant et, un an plus tard, je remplissais les fonctions de capitaine. J'avais aussi conscience d'avoir fait tout mon devoir. Mais, tant d'autres n'en avaient-ils pas fait autant ? Quoiqu'il en soit, le Premier Consul n'avait pas oublié les promesses faites le lendemain de Marengo. Mon sabre d'honneur se changeait en une belle croix sur ma poitrine. J'avais 30 ans, sans autre ambition que celle de servir mon pays et de contribuer à la grandeur de la France.
« A propos, me dit-il, je lève vos arrêts à l'occasion de votre nouvelle distinction. Mais je ne vous cache pas que je ne puis comprendre qu'elle soit donnée à de simples soldats. C'est le renversement de tous les principes de la hiérarchie ! Où allons-nous ! Où allons-nous ! répétait-il sans cesse ».
A cette satisfaction personnelle vint s'en ajouter une nouvelle, d'un ordre inférieur, mais qui me donna gain de cause d'une façon inespérée. Ne voilà-t-il pas qu'il prend fantaisie au Premier Consul de mettre l'armée à la Titus ? En effet, un ordre du jour vint enjoindre à tous les chefs de corps de faire couper les cheveux à tous : officiers, sous-officiers et soldats. Grande rumeur et grand désappointement pour ceux qui tenaient fortement à leurs queues, mais il fallait obéir. Le Maître n'avait-il pas donné l'exemple ? De plus, on apprit que le Premier Consul allait passer en revue toute l'armée pour s'assurer lui-même de l'exécution de cet ordre.
J'étais peut-être le seul officier de tout le camp de Boulogne qui fut à l'ordonnance. Mon tour était venu de rire et de plaisanter sur les queues et sur ceux qui les portaient encore... je fus voir mon vieux colonel que je trouvai tout atterré par cette mesure. J'ai déjà dit que c'était un vieux beau, très routinier, qui regrettait de ne pouvoir plus se plâtrer avec de la poudre et de la pommade. « Eh bien, mon colonel ! Que dites-vous de cela ? Si vous ne coupez pas votre queue, on va vous mettre aux arrêts à votre tour ? lui dis-je en riant ».
« Allons ! trêve de plaisanteries ! C'est une mesure indigne ! Nous allons être tous dégradés comme des forçats ».
Sa face toute couperosée par l'abus des fards, devenait cramoisie sous l'influence de la colère. Et s'il était furieux que j'eusse fait couper ma queue, il était encore plus furieux d'être obligé de couper la sienne... ! Quoiqu'il en fut, il fallut bien se laisser tondre et tout le monde fut tondu.... sauf quelques entêtés qui obtinrent de conserver leurs queues, tel que les généraux de cavalerie d'Haupoult, Bessières et Legrand, ainsi que le colonel Mouton.
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Re: Suppression de la queue de chevelure dans l'armée française au camp de Boulogne en mai 1804

Message par Demi-solde » 29 sept. 2017, 00:51

C-J de Beauvau a écrit :
28 sept. 2017, 23:42
Pourquoi donc a-t-on supprimé cette queue de chevelure si utile ? Le savez vous ? Se distancier de l'ancien régime ?
La duchesse d’Abrantès nous donne sa version de ce changement de coiffure :

« Junot venait de passer une revue. Il pleuvait et ceux des soldats qui avaient de vieux et même de bons chapeaux, portaient, il faut en convenir, non seulement une sotte, mais une incommode coiffure. Junot, après avoir quitté son habit mouillé, se mit dans une bergère, les pieds dans de bonnes pantoufles, et là, pensant à ses enfants (c’est ainsi qu’il appelait les grenadiers), il se mit tout à coup à dire :

- Je ne veux pas de ces chapeaux !… De quelque manière qu’ils soient posés, il y a toujours une corne qui fait gouttière. Je n’en veux pas !

J’avais reçu la veille une caisse de Paris expédiée par Mlle Despaux, et, en vraie femme, je crus que Junot parlait de mes chapeaux et je lui dis tranquillement :

- Comme je trouve qu’ils vont bien, je les porterai. Et puis cela ne te regarde pas, tu n’y entends rien.

Junot, comme tous ceux qui poursuivent une idée qui les occupe fortement, ne crut pas que je pouvais parler d’autres chapeaux que ceux de ses grenadiers et, me regardant, il me dit avec le plus beau sang-froid :

- Je voudrais bien t’y voir, toi, avec le temps qu’il fait aujourd’hui ! Une corne sur le nez et l’autre au milieu du dos.

Je me mis à rire. Nous nous expliquâmes, et Junot rit avec moi. Mais les chapeaux cornus lui revenaient à l’esprit. Il se mit en tête de changer la coiffure de ses enfants, et dès lors il ne pensa plus qu’à faire réussir son projet. Car ce n’était rien moins qu’un plan très vaste, et Junot voulait que toute l’armée subit le changement qu’il avait d’abord l’intention de faire adopter à la division de grenadiers.
Il désirait qu’il n’y eût pour toute la ligne qu’une seule et unique coiffure, le schako et le bonnet de grenadiers ; de même pour la cavalerie, le casque de dragons excepté. Mais ce qui devait offrir des difficultés, c’était de faire abattre toutes les queues de l’armée ; car c’était, puisqu’il faut le dire, pour arriver à une tonte générale, que Junot réformait surtout les chapeaux, mesure à laquelle l’aidait merveilleusement leur inconvénient naturel.

- C’est une chose odieuse, disait-il, de voir, un jour de pluie, un soldat avec son habit couvert d’une pâte blanchâtre et graisseuse, ses cheveux mal contenus dans le sale ruban qui les retient, le front et les joues ruisselants d’une eau laiteuse, et tout cela recouvert d’un mauvais feutre mal retapé qui ne préserve le soldat ni du vent, ni du soleil, ni de la pluie. Et c’est pour ce beau résultat que vous faites au soldat une retenue de dix sous par semaine, qui seraient bien mieux employés à la masse de linge et de chaussure. S’il avait les cheveux coupés, sa santé s’en trouverait mieux, parce que rien n’est plus facile à tenir propre que des cheveux coupés. La chose est donc avantageuse en entier pour lui.

Junot parla de son projet à ses officiers généraux. Tous l’adoptèrent avec transport. Depuis longtemps, à partir du sous-lieutenant jusqu’au général en chef, les officiers de l’armée entière avaient les cheveux coupés, et, pour le dire en passant, le général Lannes et le général Bessières étaient les seuls de tout ce qui entourait le premier consul, qui eussent gardé leur étrange coiffure. Aussitôt que Junot eut l’assentiment de ses officiers, il écrivit à l’empereur pour lui faire part de son projet et demander son autorisation. L’empereur, avec son coup d’œil rapide, aperçut tout le bien que le soldat pouvait retirer de l’exécution d’un pareil plan. Mais il ne voulut pas l’imposer. Junot reçut pour réponse l’ordre d’aller à Paris pour conférer directement avec l’empereur de cette affaire. Junot partit à l’instant. L’empereur lui dit que le projet était bon, qu’il désirait le voir exécuté, mais qu’il ne voulait pas que ses soldats fussent contraints à couper leurs cheveux. »


Cordialement

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Les militaires et l'odeur de la poudre

Message par Général Colbert » 30 sept. 2017, 07:14

Ah, faudrait savoir ! S'il portait une perruque poudrée, il a forcément senti l'odeur de la poudre !!!!! :D :D :D ;) :twisted:
Ce qui pouvait le faire éternuer : il a donc affronté ce danger là......mais je ne vais pas le "blanchir" pour autant !!!!!!!! :lol: :lol: :lol: :mrgreen:

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Re: Suppression de la queue de chevelure dans l'armée française au camp de Boulogne en mai 1804

Message par Cyril Drouet » 30 sept. 2017, 08:18

"Sous l'Empire, il fut ordonné, au grand mécontentement des hussards, de supprimer la queue et les cadenettes, coiffure à laquelle ils tenaient essentiellement et dont on n'obtint que difficilement la suppression par la résitance des colonels qui regardaient cet ornement comme inhérent à la tenue. Le 5e Hussards fut le dernier régiment qui fut contraint de se soumettre. Plusieurs fois, sur le point de faire exécuter cet ordre, le colonel avait cédé au chagrin de la troupe ; mais une dernière injoction formelle du ministre de la Guerre ne permettant plus de différer davantage, il fallut céder à la nécessité, et à cet effet, je proposai au colonel d'en finir tout d'un coup sans laisser aux hussards le temps de la réflexion ; il adopta mon idée qui eut un plein succès. Ordinairement notre marche était partagée par une halte plus ou moins longue pour laisser reposer les chevaux et les ressangler : ce fut ce monent là qui fut choisi.
Le régiment, pied à terre, la bride dans le bras gauche, reçut le commandement de mettre le sabre à la main et de faire par le flanc droit ; puis, dans cette position, l'ordre fut donné à chacun de couper la queue de son chef de file ; cette exécution se fit spontanément et d'une manière si prompte et si inattendue qu'en moins de quelques minutes, huit cents queues restèrent sur le terrain que nous abandonnâmes aussitôt sans laisser aux hussards la faculté de faire leurs adieux à un ornement auquel ils tenaient tant."
Hyppolyte d'Espinchal, Souvenirs militaires.



"Notre régiment reçut l'ordre de couper toutes les queues, c'est à dire de se tailler les cheveux à la Titus. Quand j'appris cette nouvelle, un coup de sabre ne m'eût pas fait plus de mal. Je pleurai de désespoir. Je voyais plusieurs sous-officiers et soldats qui n'étaient pas plus contents que moi, je ne savais pas comment faire pour éviter de faire couper ma queue, j'avais envie de déserter de dépit. Je partis donc du village sans que l'on s'en aperçut et j'allai droit à Coblence, où je rencontrai Florentz, trompette de la compagnie d'élite du régiment ; il était aussi dépité que moi [...]
Nous noyâmes notre chagrin dans une dizaine de bouteille de vin du Rhin, après quoi nous nous trouvâmes gris, marchant bras dessus bras dessous. Nous fûmes rencontrés dans la ville par M. René, adjudant au régiment, qui nous demanda ce que nous faisions là [...] Il nous persuada de retourner au village vers nos compagnies où nous arrivâmes tant bien que mal en faisant des folies qui avaient rapport à notre situation [...] Alors mon camarade de lit, Billard, que je rencontrai, m'emmena à notre logement où il me fit coucher et je m'endormis bientôt. Le croiras-tu, mon ami, que l'on ménagea ma sensibilité jusqu'à profiter de l'instant où je dormais pour m'expédier ma queue, puisque c'est en méveillant que je me trouvai tondu."
Chevillet, Ma vie militaire (1800-1810).
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: Suppression de la queue de chevelure dans l'armée française au camp de Boulogne en mai 1804

Message par C-J de Beauvau » 30 sept. 2017, 09:00

Certes tous ces témoignages sont intéressants, mais ma demande première était de savoir pourquoi la supprimer, alors que celle-ci était une protection , et semblait faire l'unanimité ?
Hygiène , supprimer un symbole de l'ancien régime ? Le savez vous ?
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Re: Suppression de la queue de chevelure dans l'armée française au camp de Boulogne en mai 1804

Message par Cyril Drouet » 30 sept. 2017, 10:00

La mode à la Titus est née sous la Révolution. Outre la mode et le désir d'uniformisation, on peut ajouter que les cheveux courts étaient plus faciles d'entretien et plus pratiques pour le port du shako.
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Re: Suppression de la queue de chevelure dans l'armée française au camp de Boulogne en mai 1804

Message par Le Briquet » 05 oct. 2017, 12:36

La queue ne protège réellement que si elle est bien tressée, avec un tuteur en bois il me semble, et n'est belle que si elle est bien entretenue. Pour ce faire ça demande du soin et de la collaboration entre soldats. Nul doute que ce n'était pas toujours le cas sur l'ensemble d'une armée. Je pense que les écrits de la duchesse d’Abrantès illustrent bien les autres inconvénients de cette queue.

La queue n'est toutefois pas partout supprimée, elle reste dans certaines unités de la Garde Impériale, justement comme un signe distinctif.

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