LA ROYAL NAVY et Horatio Nelson : Un drôle de cadeau !

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Modérateurs : Général Colbert, Cyril

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Bernard
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Re: Horatio Nelson : Un drôle de cadeau !

Message par Bernard »

Mon cher L'âne, maintenant je comprends mieux. D'aucuns, que je ne citerai pas, ont dû abuser du "Nelson blood" :lol: :lol: :lol:

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Demi-solde
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LA ROYAL NAVY (et Horatio NELSON)

Message par Demi-solde »

Bien que "retardataire", le Swiftsure du capitaine Benjamin Hallowell joue un rôle décisif à Aboukir ; après avoir manqué le début du combat car il cherchait la flotte française plus à l’ouest d’Alexandrie, le Swiftsure accourt au son et à la lueur du canon, rallie la bataille peu avant la nuit, se jette dans la mêlée et engage l’Orient, au niveau de la proue, à bout portant alors que l’arrière-garde française de Villeneuve ne bouge pas. Le Swiftsure, ici au centre, est ainsi aux premières loges lors de l’incendie, puis de l’explosion du 118-canons :

Image

Quand et comment le grand-mât de l’Orient est-il tombé ? Des suites de la canonnade, des incendies ou de l’explosion ? Toujours est-il que Hallowell récupère un bout du grand-mât de l’Orient. Peut-être ce mât en chutant s’est-il pris dans les manœuvres du Swiftsure, peut-être a-t-il été récupéré à la mer. Il s’agit certes d’un trophée, mais il s’agit surtout de bois, fort utile aux charpentiers anglais pour colmater les œuvres mortes ou réparer les espars de leur propre navire.
A noter que ce mât, comme la plupart des mâts de l’époque, se composait de trois tronçons ; le bas-grand-mât, sur lequel on guindait le grand-mât-de-hune, sur lequel ensuite on guindait le grand-mât-de-perroquet. Hallowell évoque le main-mast (en français, le grand-mât...) sans plus de précision ; il semble que le Swiftsure ait récupéré au moins le bas-grand-mât.

Image

« La nature ne forme pas d’arbre capable de faire seul les bas-mâts de la plupart des bâtimens de guerre. Les pins qui passent 80 pieds (25mèt. 945mil.) de longueur sont rares, et l’on n’en voit presque jamais qui porte 30 palmes (0mèt. 870mil.) de grosseur. Il a fallu donc suppléer par l’art au défaut des productions de la nature, et cet art est celui de l’assemblage des mâts. »
(Traité élémentaire de la mâture des vaisseaux à l’usage des élèves de la marine - 1815)

Le bas-grand-mât du Montebello, 118-canons sister-ship tardif de l’Orient (il fit partit de la deuxième "série", mise en chantier sous l’Empire), mesurait 123 pieds de haut pour 39 pouces de diamètre, soit 39,890 mètres de haut pour 1,053 mètre de diamètre.

Image

La plupart des mâts, et les mâts les plus résistants évidemment - le bas-grand-mât, le bas-mât-de-misaine et le beaupré - étaient donc des assemblages ; il fallait de 7 à 12 pins taillés, adentés et cerclés pour constituer un tronçon de mât. Le plan d’un grand-mât d’un vaisseau de 100 canons comme le Victory montre les découpes complexes nécessaires à la solidité de ce main-mast :

Image

Le cercueil de Hallowell n’était par conséquent certainement pas monoxyle taillé dans la masse du mât, mais semble donc de conception assez classique, de forme hexagonale, le bois des planches et le fer des clous venant du mât de l’Orient, comme l’indique le papier qu’Hallowell fit apposé au dos du cercueil :

« I do hereby certify, that every part of this coffin is made of the wood and iron of l’Orient, most of which picked up by his Majesty’s ships under my command, in the Bay of Aboukir.
Swiftsure, may 23, 1799
Ben. Hallowell
 »


Cordialement

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Demi-solde
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LA ROYAL NAVY (et Horatio NELSON)

Message par Demi-solde »

Benjamin Hallowell offre ce cercueil à l’amiral Nelson le 23 mai 1799, soit presque 10 mois après Aboukir.

« My Lord,
Herewith I send you a coffin made from the main-mast of l’Orient, that when you have finished your military career in this world, you may be buried in one of your thophies – but that period may be far distant, is the earnest wish of your sincere friend,
Ben. Hallowell
Swiftsure, may 23, 1799
 »[/justify]

A cette date, Nelson semble se trouver à Palerme d’où il commande le blocus de Naples et de la république parthénopéenne. Son pavillon va bientôt passer du Vanguard au Foudroyant.

Image

Hallowell et son navire participent à ce blocus :

Image

Le 23 mai 1799, le Swiftsure fait-il alors à Palerme une escale, des vivres et de l'eau ?...


Cordialement

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Cyril Drouet
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LA ROYAL NAVY (et Horatio NELSON)

Message par Cyril Drouet »

Demi-solde a écrit :
21 nov. 2017, 00:50
Le 23 mai 1799, le Swiftsure fait-il alors à Palerme une escale, des vivres et de l'eau ?...
A cette date, Nelson avait regroupé ses forces dans l'éventualité de faire face à l'escadre de Bruix qu'il savait en Méditerranée depuis neuf jours.

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Joker
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Funérailles de Nelson

Message par Joker »

Le 08 janvier, la dépouille de Nelson est emmenée le long de la Tamise de Greenwich à Whitehall, passant la nuit précédant les funérailles à l'Amirauté. C'est un cortège de 60 bateaux...
Le 09 janvier, le convoi sur la Tamise n’a été qu’une répétition du même, à terre, avec les voitures, les rues interdites à la circulation pour ceux qui n’ont pas de billet d’admission, celles réservées à ceux qui ont un billet d’admission… et ça commence dès 9h du matin avec les milliers de personnes invitées et attendues.
Le cortège commence à s'ébranler vers 11h du matin et met trois heures à arriver à la cathédrale.
Ensuite c'est parti pour cinq heures de cérémonie. En présence de sept altesses royales, seize comtes, une trentaine d’amiraux, une centaine de capitaine de vaisseaux, quasi tous les survivants du Victory. Et en l'absence de la veuve, et surtout de la maîtresse.



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Joker
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Partie de cache-cache entre Villeneuve et Nelson

Message par Joker »

Le 30 mars 1805, le vice-amiral Villeneuve trompe la surveillance de l’amiral Nelson, appareille de Toulon à la tête d’une escadre de 11 vaisseaux dont le Bucentaure et quatre vaisseaux de 80 canons, 6 frégates et deux corvettes. Il transporte les troupes embarquées du général Lauriston et part rejoindre Ganteaume à la Martinique…

Il a des ordres à la fois précis (rallier la Martinique et attendre 40 jours) et vagues : il ne sait pas pourquoi. L’Empereur cache à Villeneuve les visées stratégiques de son plan génial ; une régate avec les Anglais pour les attirer loin, très loin, le plus loin possible aux Antilles, avec plusieurs escadres différentes pour avoir le champ libre quelques jours pour débarquer sur leurs côtes avec la flottille. Comme c’est simple. Le « Grand Dessein » de Napoléon fait reposer le plan de départ sur les épaules de Ganteaume (escadre de Brest). Missiessy commande celle de Rochefort, Villeneuve celle de Toulon, Gravina celle du Ferrol. Il faut d’ailleurs débloquer le Ferrol avant d’attirer les Anglais de l’autre côté de l’Atlantique. Donc le 30 mars, Villeneuve appareille…

Pendant ce temps, Nelson… Nelson refait l’erreur tactique qu’il a commise en Egypte : il se trompe sur les intentions de l’escadre française. Il joue décidément de malchance. Déjà en janvier, Nelson s’était trompé. Etant averti de la sortie de la rade de l’escadre de Villeneuve le 18 janvier, il avait quitté son point d’ancrage, suivi sa route, n’avait pas aperçu les Français… Et virant de bord, était parti les chercher en Egypte.

Cette fois-ci, Nelson pense ruser : il est de retour au point de ralliement anglais en Méditerranée, devant Toulon. Il tente de piéger Villeneuve en simulant un départ sur Barcelone, s’assurant d’être vu et vire ensuit sur la Sardaigne. Ce faisant, il poste une frégate entre la Sardaigne et la côte barbaresque pour intercepter Villeneuve qui, croit-il, tombera dans son piège. Pas du tout…

Villeneuve est chanceux, et profite d’un renseignement inespéré : il rencontre un bateau de Raguse qui le prévient de la présence de l’escadre anglaise à Palmas. Au lieu de passer au sud de Majorque comme Nelson l’espérait, il vire au nord et échappe ainsi à l’escadre anglaise. Que fait Nelson ? Il attend son ennemi… Villeneuve qui ne l’a pas attendu arrive à Cadix le 09 avril et fait la jonction avec les Espagnols de Gravina qui commande à sept vaisseaux, une frégate et deux bricks… Nelson le cherche encore et apprend, enfin, sa présence. Mais il n’est mis au courant de la route véritable des français que le 19 avril ! Villeneuve est en route vers la Martinique où arrive le 16 mai, croyant rejoindre Ganteaume et Missiessy, ne trouvant ni l’un ni l’autre et les attendant plusieurs semaines.

Bientôt rejoint par Magon le 2 juin qui lui apporte ses instructions et remplace Missiessy, il va les suivre à la lettre : il appareille, part donc « faire du mal » aux Anglais, leur prendre le rocher du Diamant, et le 6 juin, apprend d’un navire anglais capturé que Nelson est à ses trousses depuis le 10 mai… Il n’hésite pas, change de plan, remonte sur l’Europe, suivi de près par Nelson, à quatre jours de là.

Nelson encore une fois se trompe : il bifurque vers Gibraltar où il pense que se rend Villeneuve. Mais Villeneuve remonte sur Brest… Le grain de sable se produit pour lui le 19 juin quand un brick anglais, le Curieux, ex français, envoyé par Nelson annoncer à l’Amirauté son retour des Antilles, croise au loin l’escadre de Villeneuve. Il annonce la position de l’escadre le 9 juillet à l’Amirauté qui réagit de suite : tout le monde quitte ses positions, et doit partir à la chasse, barrer la route de la Manche à Villeneuve. Nelson pendant ce temps, continue de le chercher…
Villeneuve arrive au Cap Finisterre le 20 juillet et se retrouve face aux escadres anglaises venues l’intercepter, celles de l’amiral Calder…


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Demi-solde
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Re: Partie de cache-cache entre Villeneuve et Nelson

Message par Demi-solde »

Joker a écrit :
30 mars 2020, 19:52
Le grain de sable se produit pour lui le 19 juin quand un brick anglais, le Curieux, ex français, envoyé par Nelson annoncer à l’Amirauté son retour des Antilles, croise au loin l’escadre de Villeneuve.
Un grain de sable qui illustre parfaitement une caractéristique des prises anglaises ; le navire est alors rarement rebaptisé, gardant souvent son nom aux consonances françaises (comme le HMS Révolutionnaire qui combattit notamment à la bataille du cap Ortegal). Le Curieux, lui, est effectivement une corvette de 16 canons française, lancée en 1800 :

Image

Le navire fut pris d'assaut dans la nuit du 4 février 1804 dans le port de Fort Royal en Martinique, malgré les filets anti-abordage clairement visibles sur cette peinture :


Le HMS Curieux naviguera sous pavillon anglais...

Image

Image

... jusqu'à son échouage le 22 septembre 1809 aux Saintes. Afin d'éviter qu'il ne retombe dans les mains françaises, l'équipage l'abandonnera en y mettant le feu.


Cordialement

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Général Colbert
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Re: LA ROYAL NAVY et Horatio Nelson : Un drôle de cadeau !

Message par Général Colbert »

La couverture du numéro 50 de l'excellente revue LOS ! qui vient de paraître :
Image

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Capitaine Lacharge
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Re: LA ROYAL NAVY et Horatio Nelson : Un drôle de cadeau !

Message par Capitaine Lacharge »

Sur cette photographie prise récemment, il a l'air plutôt dépité.
Image
Note: La main visible sur la photo à gauche n'est pas la sienne mais la mienne !

Au plaisir
Capitaine Lacharge (Gérard Bourlier)
www.2dragons.be
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